Chapitre XII : Le sultan

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« Louanges à notre Seigneur ! Louanges à notre Seigneur ! Louanges à notre Seigneur ! répétait Mahmud éfendi avançant vers le sultan tout en agitant les bras cérémonieusement dans un zèle frôlant la comédie. »

Une fois assez près du souverain, le pacha s’inclina et lui baisa la main. 

« Mon Seigneur ! Je vous ramène notre agent Servetseza ! annonça le jeune homme.

– Bien ! fit le sultan, puis en détournant le regard vers la jeune femme restée inclinée au niveau de l’entrée, Approchez donc Servetseza ! »

La kalfa s’exécuta aussitôt et avança solennellement en restant ainsi courbée jusqu’à son seigneur. Arrivée à son niveau, elle se mis à genoux et se saisit d’un des pans de la redingote du monarque avant de le baiser. 

« Servetseza, ma chère Servetseza ! s’exclama affectueusement le sultan en regardant la jeune femme, Vous voilà enfin rentrée ! Revoir votre doux visage m’emplit de bonheur ! Dieu merci, vous avez pu mener à bien votre mission et dévoiler les plans des ennemis de la nation ! Je vous en prie relevez-vous donc ! »

Sur ces ordres la kalfa se remise debout, gardant la tête baissée en signe de respect. Le jeune souverain alla rejoindre son siège derrière le somptueux bureau. Mahmud éfendi quant à lui, bien que quelque peu resté en retrait, gardait les mains jointes face à son seigneur.

« Mes amis ! reprit soudainement le sultan d’une voix forte et décidée, Vous qui êtes mes plus proches confidents et ce, depuis bien avant mon intronisation, si je vous ai réunis aujourd’hui ici même sur le yacht impérial, c’est car l’heure est grave et que le temps presse. Notre glorieux empire vit peut-être la période la plus troublée de toute son histoire. »

Le jeune souverain marqua une légère pause en regardant successivement ses deux interlocuteurs. Mahmud éfendi acquiesçait à chaque parole de son seigneur tandis que Servetseza restait stoïque comme à son habitude.

« Ce n’est pas un secret et vous le savez tout aussi bien que moi, poursuivit le sultan, Depuis l’irruption de la Grande Peste, notre empire est plus que jamais troublé. La banqueroute du Trésor, la destitution et l’assassinat de mon oncle le sultan Abdülaziz par les Jeunes-Ottomans, suivi du règne chaotique de mon frère aîné Murad V qui déboucha sur la guerre contre la Serbie, n’ont qu’aggravé la crise… »

Le monarque s’arrêta de nouveau. Jeune homme de seulement trente-quatre ans, il s’était retrouvé à la tête d’un immense empire multi-ethnique s’étalant sur trois continents, alors que rien ne l’y prédestinait. D’un naturel très calme et réfléchi, son discours était bien rôdé, sachant précisément où il voulait en venir. Cependant la destitution de son oncle était un événement qui l’avait beaucoup marqué et encore aujourd’hui sa simple mention l’éprouvait. Mahmud éfendi, issu d’une famille de hauts-fonctionnaires et lui-même fils d’un ancien Kapudan Pacha*, connaissait bien le nouveau sultan et crut bon d’intervenir :

« Oui Votre Majesté. Nous ne le savons que trop bien… C’est pourquoi nous vous assurons que vous pourrez compter sur Servetseza et moi-même ! N’est-ce pas Servetseza ? interrogea l’éfendi se retournant et tendant la main vers la jeune femme. »

La Circassienne ne réagit pas à la sollicitation de son interlocuteur, le mettant quelque peu dans l’embarras.

« Je n’en doute pas Mahmud éfendi ! J’ai autant confiance en vous qu’en Servetseza, répondit le sultan à qui la scène avait décroché un timide sourire, Je sais que dans notre Empire rongé par les intrigues, je peux compter sur vous.

– Merci Votre Majesté, C’est toujours un honneur que de vous servir, dit Mahmud éfendi en essayant de rester le plus solennel possible, C’est si regrettable que notre grand empire en soit arrivé là ! Dire que même votre propre frère a comploté avec les Jeunes-Ottomans ! »

À la plus grande surprise du jeune homme, ces derniers propos irritèrent fortement le sultan qui tapa du poing sur le bureau tout en se levant de son siège faisant sursauter l’éfendi.

« Mahmud Celâleddin éfendi ! Mon frère Murad n’est pas un traître ! s’écria le souverain d’une voix puissante qui tranchait nettement avec son ton habituel, Ces vils comploteurs que sont les Jeunes-Ottomans ont vu dans la naïveté et la bonté naturelle de mon pauvre frère un prince facilement manipulable. Ils ont déguisé l’assassinat de notre oncle en suicide puis n’ont cessé de propager des diffamations à son égard en l’accusant d’être responsable de la banqueroute du Trésor. Ensuite par leur belles paroles ils ont fait miroiter la prospérité de notre empire à mon frère s’il suivait leur politique. Mais mon aîné n’est pas à blâmer. Comme tous les princes et princesses impériaux, il a passé sa vie “enfermé” dans une prison dorée. Il n’avait aucune idée des véritables enjeux qui se tramaient… sans compter ses troubles mentaux qui survinrent peu de temps après son intronisation… »

S’étant rendu compte de son honteuse maladresse, Mahmud Celâleddin remonta ses lunettes sur non nez et se ressaisit avant de reprendre :

« Oui Votre Majesté, vous avez raison. Veuillez excuser mon impertinence, je… je ne pensais pas à mal. Cela ne se reproduira plus ! dit-il en s’inclinant. 

– Soit ! s’exclama le sultan en se rasseyant, Surveillez vos paroles à l’avenir, nous n’avons point de temps à perdre avec de tels écarts !

– Oui Votre Majesté ! acquiesça le jeune fonctionnaire en baissant la tête. »

Désormais calmé, le monarque put se réinstaller plus confortablement dans son fauteuil avant de repasser aux explications.

« Comme prévu et suite aux éléments compromettants que nous a rapporté Servetseza, j’ai convoqué Midhat Pacha ce matin au Palais. Je doit l’y retrouver après cette entrevue. Officiellement pour discuter à propos de la constitution. Comme je sais que ce sujet lui tient très à cœur, il ne pourra pas se défiler. Ce sera alors l’occasion de nous en saisir et de l’arrêter pour haute trahison et complot contre l’état. Ainsi, je et par extension l’État, serai débarrassé de la tutelle que les Jeunes-Ottomans croyaient imposer ! Il est vrai que ce sont leurs manigances qui m’ont portées sur le trône. Et que, depuis le jour où j’ai ceins l’épée de mon illustre ancêtre Osman Ier* jusqu’à aujourd’hui, j’ai tenu les promesses faites à Midhat Pacha lorsqu’il était venu s’entretenir avec moi en vu de renverser mon frère Murad V. Jusqu’à aujourd’hui donc je les ai laissés faire. Je me suis contenté de régner et surtout d’observer. Je remercie par ailleurs grandement Midhat Pacha qui a montré, à ses dépends, au jeune prince inexpérimenté que j’étais, comment se jouait la politique. Désormais il est grand temps pour moi de gouverner et de prendre les reines de mon pays à pleines mains ! 

– Mais... la constitution mon Seigneur ? Ne limite-t’elle pas votre pouvoir ? interrogea Mahmud Pacha

– Je suis le plus fervent partisan de la constitution et du parlement ! déclara le sultan de sa voix profonde, Tout autant que Midhat Pacha, j’en suis l’artisan ! Avoir une constitution qui garantit l’égalité de tous mes sujets quelle que soit leur race ou leur confession avec un parlement au sein duquel siègent côte à côtes des députés Turcs, Grecs, Arabes, Arméniens, Juifs, Slaves, Albanais, Circassiens et Kurdes, tous élus par le peuple ottoman, est mon plus grand souhait ainsi que l’aboutissement ultime des réformes commencées par mon grand-père Mahmud II. Mais... au vu de la tournure que prennent les événements, je ne sais pas si le moment est bien venu de livrer notre empire au constitutionnalisme. Je ne me fais pas d’illusion, notre nation est fragile. De l’intérieur, elle se lézarde comme un vieux mur, de l’extérieur les grandes puissances ne cessent d’essayer de saper nos fondations et désormais cette peste s’abat sur nous. Seule une main de fer pourrait, à ce stade, maintenir ce délicat équilibre. Si la situation l’exige, je n’hésiterai pas à suspendre la constitution et à dissoudre le parlement. Ce serait une décision faite à contrecœur. Le monde entier aurait dès lors les yeux rivés sur moi en me faisant passer pour un despote. Mais si tel devrait être le prix à payer pour le salut de ma patrie alors je m’en acquitterai ! Et je sais que tôt ou tard l’histoire me rendra justice !

– Vous avez raison mon Seigneur ! s’enjailla le pacha, Le parlement était une bonne idée afin de prouver au monde que toutes nos minorités sont entendues mais je crains tout comme vous que quelques puissances étrangères et notamment la perfide Russie ne se servent des députés slaves ou orthodoxes afin d’influencer notre politique ! Voyez déjà comment tout récemment elle a poussé la Serbie et le Monténégro à essayer de rompre leur vassalité en prenant les armes contre nous ! Dieu merci nous les avons vaincus mais je suis persuadé que la Russie n’a pas dit son dernier mot ! Je suis sûr que les Russes sont derrière l’assassinat de Vehib Pacha et qu’il ne vont pas tarder à profiter de cela pour nous attaquer dans le Caucase ! Même les journaux le disent votre Majesté ! Nous devrions prendre les devants et renforcer la garnison à Kars»

Ces dernières paroles agacèrent Servetseza qui jeta un discret regard irrité au pacha. Elle aussi avait lu les journaux mais selon elle, ce n’était pas le coup des Russes mais bien des Jeune-Ottomans qui chercheraient à déclencher un conflit avec le puissant voisin afin de pousser le Royaume-Uni à intervenir. 

« Je suis bien conscient de tout cela Mahmud éfendi, répondit le jeune sultan d’un ton posé en désignant la petite pile de journaux qui se trouvait devant lui, Tout ce qui se passe ou se dit dans mon empire, je le sais ! Et il y a quelque chose de bien pire qui se trame…

– Quelque chose de pire ? Pire que les Russes ? interrogea Mahmud éfendi fort déconcerté. »

Soudain, le sultan se leva de son siège et s’avança vers le globe terrestre qui trônait devant lui. Il le fit tourner doucement d’une main, tandis que de l’autre il caressait sa moustache.

« Oui… Bien pire… répondit le sultan d’un ton particulièrement préoccupé, Il y a, dans notre empire un tel complot qui se trame, que si nous ne le déjouons pas dans les plus brefs délais, les conséquences en seraient dramatiques tant pour notre empire que pour le reste du monde. C’est pourquoi je suis en train de mettre en place ce réseau d’espionnage dont vous faites tout deux parti, l’Umur-u Hafiye* »

Le jeune sultan marqua une courte pause comme pour reprendre son souffle et mettre de l’ordre dans ses idées. Mahmud éfendi et Servetseza écoutaient toujours solennellement leur souverain. Seul le premier osait quelques expressions faciales.

« Lorsque la Grande Peste a éclaté, expliqua le souverain, mon cher oncle Abdülaziz alors sultan, a créé cette branche spéciale de l’armée impériale que l’on appelle le Tabur-ı Mahsusa, organisée par le müşir* Omer Pacha Latas en personne. Tout deux consentirent à placer à sa tête le commandant Vehib Pacha, fidèle second d’Omer Pacha. Après la mort de ce dernier, mon oncle prit lui-même la gestion du Tabur-ı Mahsusa car il n’avait pas confiance en Nedim Pacha, alors grand vizir, qui se révéla n’être qu’un pion des Russes, ni en ses successeurs Midhat Pacha puis Hüseyin Avni Pacha. Or donc, après le renversement suivi de l’assassinat de mon oncle par ces deux derniers, la gestion du Tabur-ı Mahsusa glissa du Palais à la Sublime Porte. Chose qui perdure encore aujourd’hui. Ainsi lorsque Vehib Pacha fut assassiné, le premier à en être informé fut Midhat Pacha. Et si Servetseza n’avait pas intercepté le message, je ne l’aurais appris que ce matin par le biais des journaux. Voyez-vous comme les Jeunes-Ottomans sont en train de subtiliser le contrôle de l’état devant mon nez en me croyant totalement ignorant de leurs agissements ?

– Oui, ces sombres crétins vous pensent coupé de la réalité du pays et désintéressé des affaires d’état comme vos frères cadets les princes Mehmed Reşad éfendi et Mehmed Vahidüddin éfendi ! enchérit Mahmud éfendi d’un ton dénigrant

– En effet… Mais ce n’est pas toute l’affaire. Laissez-moi vous expliquer notre véritable source d’inquiétude, poursuivit le padichah, Le jour de son assassinat, Vehib Pacha a fait envoyer un télégramme. Un télégramme de la plus haute importance. Le commandant l’avait destiné au Palais. Vehib Pacha était un soldat fidèle et dévoué à l’empire. Malgré le changement instauré par Midhat Pacha, il se bornait à ne vouloir communiquer qu’avec le Palais ! Cependant, par je ne sais quelle manigance, ce télégramme s’est retrouvé envoyé à la Sublime Porte, au bureau de Midhat Pacha. Grâce à Servetseza nous en connaissons désormais le contenu. Le télégramme en question était un message d’alerte demandant de toute urgence des renforts car deux marchands azéris auraient indiqué à Vehib Pacha qu’une immense vague de Pestiférés se dirigeait tout droit sur Kars !

– Mon Dieu ! s’exclama Mahmud Celâleddin stupéfait, Que Dieu nous vienne en aide !

– J’ai d’ores et déjà détaché le 4ème régiment de dragons fort de mille deux cents hommes sous le commandement de Zeybek Halil Pacha. Si Dieu le permet, ils arriveront à temps pour porter secours à la garnison de Kars. Ce qui m’inquiète d’avantage est plutôt cette affaire d’assassinat… Avec les éléments que nous a apportés Servetseza, tout porte à croire que ce sont les Jeunes-Ottomans qui sont derrière cela tout en essayant d’incriminer les Russes. Devant de telles provocations, le tsar déjà échauffé par notre guerre contre la Serbie, sera obligé d’intervenir militairement contre nous. Notre armée n’étant pas prête à un tel conflit, cela tournerait très probablement au désastre. Les Jeunes-Ottomans iraient ainsi quémander le soutiens du Royaume-Uni en échange de la mise sous tutelle de notre Empire !

– Quelle infâme machination mon Seigneur ! s’exclama le jeune fonctionnaire, Mais… une chose me taraude… Sans remettre en cause ce que vous venez de dire, je ne comprends pas… Je ne comprends toujours pas pourquoi cette société secrète, les Jeunes-Ottomans, c’est-à-dire des personnes se revendiquant Ottomanes, œuvrent-elles à placer notre pays sous domination britannique ? Et pourquoi avoir assassiné Vehib Pacha ? Ne pourrait-ce pas être l’œuvre des Russes ?

– Mahmud éfendi ! Réfléchissez un peu voyons ! interjecta le sultan, Vehib Pacha étant loyal au Palais, les Jeunes-Ottomans ont tout intérêt à le faire disparaître. Ainsi Midhat Pacha pourra placer un de ses hommes à la tête du Tabur-ı Mahsusa et avoir le contrôle de la ligne de défense orientale. Quant aux Russes, le tsar Alexandre II, bien que baigné dans l’antagonisme traditionnel de nos deux empires, est un homme fort prudent et diplomate, jamais il ne se risquerait à de telles manigances. Ceci est bien l’œuvre des Jeunes-Ottomans. S’ils complotent ainsi avec le Royaume-Uni c’est parce qu’ils désirent renverser notre empire et proclamer une république. Les Britanniques nous imposeraient alors une véritable tutelle leurs donnant ainsi le contrôle des détroits et de la route des Indes. Les Jeunes-Ottomans eux, se placeraient à la tête de ce nouveau régime. Le moment est malheureusement très bien choisi. Nous sommes plus que jamais isolés sur la scène internationale. Le Royaume-Uni continue de jouer son traditionnel double jeu avec nous, la chute de Napoléon III nous a retiré le soutien français, l’Autriche-Hongrie tient absolument au statu quo et la Russie nous est toujours hostile. Seule nous reste l’Empire Allemand. Peut-être est-ce vers lui que nous devrions désormais nous tourner ? Le chancelier Bismarck a d’ailleurs insisté pour envoyer une délégation militaire allemande inspecter les défenses de Kars.

– Vraiment mon Seigneur… cela me désole réellement que de constater ce que la quête de pouvoir peut pousser à faire ! s’indigna le jeune homme »

À ces mots, Servetseza jeta un regard totalement désabusé à Mahmud éfendi.

« Oui Mahmud éfendi… reprit le souverain, L’arrestation de Midhat Pacha, portera un coup d’arrêt aux Jeunes-Ottomans. Ils seront ainsi privés de leur membre le plus puissant et le plus influent. Une fois la tête coupée, nous poursuivrons leurs derniers membres jusque dans les moindres recoins de l’Empire. Nous devons d’ailleurs découvrir au plus vite comment le télégramme de Vehib Pacha s’est retrouvé au grand vizirat, ce qui porte fortement à croire que les Jeunes-Ottomans possèdent des contacts au sein du Tabur-ı Mahsusa. Nous devons également nous assurer que Celâl Celâleddin bey tiendra ses engagements et qu’il ne se ralliera pas à leur cause ! À ce sujet, j’aimerais m’entretenir avec vous en privé Servetseza. »

Ainsi le sultan Abdülhamid congédia Mahmud éfendi et le reste de la conversation se déroula en huis-clos entre le souverain et sa servante. Pendant ce temps, le yacht impérial qui avait levé l’ancre, voguait majestueusement vers la rive asiatique du Bosphore.

De son côté, Celâl Celâleddin bey qui, lui aussi, au même moment traversait le détroit dans un bateau-mouche à vapeur, entraperçut ce qu’il reconnut être le yacht impérial qui levait l’ancre. La présence de ce navire officiel ici, ne manquait pas de l’interroger fortement.

Une fois amarré, Celâl bey mit le pied, pour la première fois depuis bien longtemps, sur la rive asiatique de Constantinople. Une tout autre facette de la capitale se présentait à lui. Bien moins familière. Une atmosphère plus détendue s’en dégageait. Bien moins fourmillante et plus populaire, c’est presque si on pouvait se croire dans une tout autre ville. De là, c’est à peine si l’on apercevait le Péra, niché sur sa colline, quartier occidentalisé et mondain qu’il avait l’habitude de fréquenter. Alors qu’ici, les gens semblaient plus simples, plus authentiques.

Longeant les quais, Celâl bey effectua le reste du trajet en voiture jusqu’à la gare de Haydarpaşa. Située sur la partie asiatique de Constantinople, elle était desservie par les trains à destination de l’Anatolie, dont celui qui devait emmener Celâl à Ankara. Une fois dans l’enceinte du bâtiment abritant le terminal déjà noir de monde, le jeune officier promena son regard tout autour de lui, cherchant des yeux son train. Bien que l’impressionnante gare de style néo-classique fut fort charmante, l’atmosphère qui y régnait était très différente de Sirkeci, là où Celâl bey avait quitté l’Orient-Express un jour plus tôt. De surcroît, on trouvait peu de passagers dans cette gare plutôt destinée au fret. Comme la station était située sur les rives du Bosphore, des dockers en bras de chemise brayant à tout va entre deux coups de sifflet, chargeaient directement les marchandises arrivées par voie ferrée, sur les bateaux qui étaient amarrés par dizaines.

Ayant trouvé son train, Celâl bey s’y engouffra aussitôt. Plutôt rustique et au confort sommaire en comparaison aux luxueux wagons de l’Orient-Express, ici on ne trouvait point de lustres en cristal, non plus d’intérieurs habillés par les plus fines tapisseries. Celâl bey s’installa néanmois sur une banquette matelassée, qu’il trouva plutôt confortable.

Le jeune homme constata également le fort contraste des passagers de ce train avec celui de la veille. Certes aussi cosmopolite que pouvait l’être la société ottomane mais seulement en grande majorité des personnes assez modestes. Un rapide coup d’œil lui suffit à analyser les voyageurs de ce train. Tout d’abord il y avait devant lui, au fond du wagon, cette famille arménienne dont les deux enfants qui ne cessaient de se plaindre bruyament dans leur langue, donnaient une grande peine aux parents qui tentaient de les tenir assis.

Plus près de Celâl bey, sur sa gauche, était installé un jeune couple, probablement turc comme la femme portait un élégant voile de tulle, mais paraissant surtout assez pressé. Le mari interpella le tout jeune soldat chargé de la sécurité à bord afin de lui demander, non sans un certain air d’agacement, l’heure du départ. Le garde lui répondit que le train ne partirait sûrement pas avant 9h30 et ce, seulement après que les ouvriers eurent finis de décharger la cargaison ; le passager s’en irrita fortement et congédia le pauvre conscrit d’un geste de la main tandis que sa compagne tentait de le calmer.

Déportant son regard vers les portes, Celâl bey vit un pauvre derviche qui, coiffé d’un grand turban et affublé d’un large caftan, avançait avec peine ainsi blotti sous sa vieille cape de mauvaise étoffe. Le tout sous la surveillance du jeune soldat de garde. Comme le religieux s’approchait de Celâl, il posa sa main sur son épaule et le sollicita :

« Jeune homme, veux-tu bien m’aider à rejoindre mon siège ? Tu seras fort aimable. »

L’homme d’une bonne quarantaine d’années, s’exprimait avec un l’accent guttural typique de l’Est de l’Anatolie. Aussitôt, Celâl bey se leva et le prit par le bras afin de le guider à travers le wagon.

« Voilà mon cheikh, installez-vous à votre aise ! dit l’officier en lâchant le religieux.

– Oh mais je ne suis pas un cheikh, mon ami ! Je ne suis qu’un pauvre derviche itinérant ! corrigea le soufi en prenant place sur la banquette, Que Dieu te bénisse ! Ma pauvre jambe gauche me fait encore des siennes !

– Je vous en prie, puisse votre jambe se rétablir, dit Celâl bey toujours gêné par les remerciements.

– Ah cette satanée jambe ! Cela fait bien longtemps qu’elle est paralysée, ce n’est pas aujourd’hui qu’elle se rétablira ! reprit le derviche riant tout en tapant sur la-dite jambe, Tant que j’y suis aurais-tu l’heure mon enfant ?

– Oui bien sûr ! répondit le jeune homme en se hâtant de tirer sa belle montre de platine de la poche de son gilet, Il est 9h30, le train ne devrait pas tarder à partir.

– Merci bien ! Tu es si aimable ! déclara le religieux qui, ayant aperçu la photographie de Vesîme hanım à l’intérieur du couvercle ne put s’empêcher de sourire, Pourquoi ne pas t’installer en face de moi ? Nous ferons ainsi le voyage ensemble. Nous ne nous connaissons pas mais ne dit-on pas que la meilleur façon de connaître une personne est de voyager avec elle ? »

Celâl bey réfléchit un petit moment. Il savait qu’il devait se montrer prudent durant toute la durée de sa mission à commencer par son trajet, durant lequel il ne devait faire confiance à personne. Surtout depuis les révélations de Servetseza. Si le sultan avait des espions, les Jeunes-Ottoman, les Britanniques et les Russes avaient eux aussi probablement les leurs disséminés dans tout l’Empire. Mais quel danger pouvait venir d’un pauvre derviche ? Surtout qu’il s’exprimait d’une façon très dialectale et usait de tournures que seul un véritable anatolien pouvait connaître. Jamais un espion étranger ne pourrait avoir une telle maîtrise du parler provincial et les Jeunes-Ottomans, si Celâl bey avait bien compris, étaient des intellectuels de la capitale issus de milieux occidentalisés, jamais ils ne pourraient si bien imiter un religieux mystique. Le jeune officier convaint ainsi d’accepter l’invitation et s’installa en face du derviche.

« À la bonne heure ! Un voyage est toujours plus sympathique à deux que seul ! s’exclama le religieux visiblement satisfait de voir le jeune homme s’installer avec lui.

– Oui. En… effet ! approuva Celâl bey vaguement »

« Qu’ai-je à craindre d’un pauvre derviche boîteux ? Même s’il s’avère être hostile, cette fois-ci j’ai pris les devants, j’ai mon revolver chargé sur moi prêt à faire feu. Je ne me ferais pas surprendre comme dans l’Orient-Express ! pensait Celâl bey »

Comme le sifflement strident du départ retentit, Celâl bey, en bon maniaque de l’heure, ressortit de sa poche sa montre à gousset non sans un certain enthousiasme si caractéristique des premiers usages que l’on fait d’un objet nouveau. Le cadrant indiquait 9h35.

« Peut-être assez sommaire comme train mais il est tout de même plutôt à l’heure ! » constata le jeune homme non sans afficher sa satisfaction.

Avant de refermer le couvercle de platine finement gravé, il admira un temps sa douce Vesîme qui y figurait dans sa pose assise élégamment et regardant de ses yeux pétillants vers le photographe, le sépia faisant ressortir à merveille son teint pâle contrastant avec ses cheveux sombres joliment coiffés.

« Ah Vesîme ! pensa le jeune homme, Si seulement tu savais dans quoi je me suis retrouvé embarqué ! Si tu savais toute la vérité… peut-être ne me regarderais-tu pas aussi tendrement. Peut-être bien que tu ne daigneras même plus m’adresser ne serait-ce qu’un seul regard ! Oui… je crois qu’au final ta servante dévergondée avait raison… Tout est fini entre nous… jamais plus je ne pourrais te revoir ! À l’heure qu’il est ton père doit sûrement être en train de se faire arrêter pour haute-trahison. Et je n’imagine même pas ta réaction lorsque tu vas l’apprendre ! Pardon ! Je demande pardon, pardonne-moi Vesîme ! J’espère qu’un jour tu pourras me comprendre et que tu me pardonneras ! Sinon ma vie n’aura plus aucun sens ! Ah maudit soit le jour où j’ai reçu ce foutu télégramme de convocation ! Je ferais mieux de… »

« Jolie montre ! dit soudain le derviche en tirant inopinément Celâl bey de ses pensées.

– Oui. Merci, c’est un cadeau, répondit le jeune homme un peu gêné.

– La personne qui te l’a offerte doit beaucoup tenir à toi alors. »

Celâl bey regarda la photographie de Vesîme hanım.

« Oui… sûrement… finit-il par répondre d’un air triste

– C’est sans doute cette charmante demoiselle ? dit le derviche en désignant la photographie du couvercle de la montre.

– Oui…

– Ta fiancée j’imagine. »

Le jeune homme, toujours courbé sur sa montre, ne l’avait pas quitté des yeux jusque là. Les derniers mots du religieux lui retournèrent davantage le cœur. Après un moment de flottement, il se ressaisit.

« Non… C’est… juste une amie, corrigea-t’il en refermant sa montre »

Alors que le train commençait à s’ébranler et que Celâl bey s’installait plus commodément dans son siège, une voix féminine vint l’interpeller à sa plus grande surprise.

« Celâl ! Où étais-tu ? Je t’ai cherché partout ! s’exclama cette voix réprimandante, à la fois profonde et sensuelle dont la familiarité avait le don d’agacer sitôt le jeune officier. »

Se retournant afin de voir son interlocutrice, le militaire reconnut aussitôt la jeune femme qui, coiffée d’un yachmak*, se présentait à lui. Profondément confus il eut grande pêne à masquer sa totale surprise.

—-

*Kapudan Pacha : Titre qui désigna de 1401 à 1867 le grand amiral de la flotte ottomane et gouverneur du Pachalik de l’Archipel (correspondant aux actuelles îles et côtes anatoliennes de la mer Égée ainsi que Chypre)

*Ceindre l’épée d’Osman : La cérémonie d’intronisation du sultan de l’Empire Ottoman. Équivalent du couronnement en Europe, c’était une cérémonie essentielle qui devait se tenir dans les deux semaines suivant l'accession du sultan au trône. Elle avait lieu dans la nécropole d'Eyüp, sur la Corne d'Or dans la capitale Constantinople. Même si le voyage depuis le palais de Topkapı, où résidait le sultan, était court, le voyage en bateau se faisait en grande pompe. Le fait que l'emblème de l'intronisation du sultan était une épée était hautement symbolique : cela montrait que l'office dans lequel il était intronisé était d'abord et avant tout celui d'un guerrier.

*Umur-u Hafiye : littéralement “les affaires d’espionnages”.

*müşir : maréchal

*yachmak : (du turc "yaşmak") Voilette en mousseline composée de deux parties. Une partie couvrant le bas du visage à partir du dessous du nez, tout en le laissant paraître de part la transparence du textile ; et une autre couvrant le haut de la tête laissant dépasser la chevelure. Très en vogue au XIXème siècle parmi les femmes musulmanes aisées de la capitale ottomane. Couvrant symboliquement tout en laissant paraître au travers, il permettait de se montrer en public sans déroger à la morale religieuse, un peu à l’instar des chapeaux à voilettes à la mode durant la même période en Occident.

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Défi
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-Malgré les rumeurs stupides, NON, l'hommande n'était PAS lanchie, elle n'a JAMAIS été lanchie, c'est scientifiquement IMPOSSIBLE, et pour ceux qui prétendent que le sécrase de l'écondat était évenu dans les interveaux du bosniaquet de la védrique (oui, oui, certains disent vraiment cela !), c'est impossible AUSSI, puisqu'ils ne sont ABSOLUMENT PAS liés ENTRE EUX. Retournez à l'ECOLE, ou bien documentez-vous, par PITIE !
-Les experts s'accordent tous (je dis bien, TOUS !) pour dire que, non, l'auding (anglicisme utilisé par les experts pour évoquer ce que nous appelerions plus communément l'autrianée, ou encore l'hospin) n'a pas provoqué l'intent de la delaine.
-Et, enfin, argument ultime s'il en est : en 2008 (entre 2008 et 2010, plus précisemment), une telle affaire avait déjà eu lieu : en effet, le 27 Novembre 2008, le tix avait commencé à dériber un stépagor, ce qui avait effrayé tout le village, puisque le tix était censé seulement grabonner les zurices poursées par la Genvie. Je suis d'accord avec vous, lorsque l'on voit un stépagor pour la toute première fois, c'est effrayant, dans la mesure où l'auraite dudit stépagor donne l'illusion d'être dangereuse. Pourtant, il n'en est rien : c'est ce que les experts (notamment Clément Verlier, éminent expert s'il en est) avaient admis à la fin de leur enquête, le 12 Mai 2009. Pendant un an, un mois et six jours, jusqu'à l'arrêt total du stépagor, les rumeurs et les théories du complots plurent. Certains affirmaient même que le stépagor provoquerait la fin du monde. Les experts tentèrent de faire taire ces rumeurs stupides, mais toujours, d'autres naissaient. Le pire, c'est que beaucoup de personnes demandaient qu'on fasse quelque chose à propos du stépagor, mais impossible : le stépagor est naturel, l'Humain n'y est pour rien dans sa création, et tenter de le supprimer complètement le rendrait beaucoup plus dangereux que si on le laissait naturellement exister. C'est notamment ce qui se passa pour 10% des quarante experts qui tentèrent de faire disparaître le stépagor sans savoir ce que le stépagor était vraiment. Les défunts étaient des scientifiques réputés : Jean-Marie Raffaé, trépassé le 12 Janvier 2008, Damien Jezza, décédé le 9 Mars 2008, May-Lee Aubard, défunte le 16 Avril 2008, et Sébastien Meuraut, emporté le 12 Mai 2008. C'est à ce moment-là que les autres experts restants, notamment le très réputé Clément Verlier, réalisèrent que, en laissant le stépagor exister de lui-même, il n'y avait aucun danger supplémentaire. On ramenta donc les ausses des estinctes, ce qui provoqua bien évidemment le rivalent du biscal. Les experts continuèrent (bien entendu) de surveiller le stépagor de très prêt, et un jour, surprise : l'intes de l'estion que les scientifiques utilisaient afin de moncer l'accalmée et le voisiron du stépagor, ainsi que le rocain, l'implican et le willion du tix (anglicisme souvent utilisé pour parler de l'inzaine, en langage non-scientifique) se mirent à ne plus donner signe de "vie". Et, sept semaines plus tard, le 27 Juin 2010, le stépagor disparut, laissant sa place à l'iningie que l'on connait maintenant.
Nous ignorons pour l'instant pourquoi le stépagor est de retour aujourd'hui (et ce, depuis environ deux mois), mais ce qui est certain, selon Clément Verlier, qui pratique toujours : "Le stépagor est exactement comme les colices qu'on trouve sur les vallemands de gardarites. Les colices existent, elles sont là. Alors, oui, bien sûr, elles sont bellionelles, stantes, assadeuses, connates et écondes, mais franchement, cela vous viendrait-il à l'idée de bakhrober les colices ? Non, je ne crois pas, car, bien qu'elles soient tout à fait complises, les colices, comme le stépagor, sont, malgré tout, deux choses parfaitement debreuses et essaires."
Et là, Clément Verlier a un bon argument : le stépagor est debreux. Tout simplement. Un autre expert, Geoffrey Whang, a complété l'affirmation de son collègue Clément Verlier : "Loin d'être dangereux, il est fort probable que le stépagor soit en réalité tout à fait utile à la vie humaine. Si on en croit les nombreuses expériences, le stépagor serait dôté de minuscules liques. Bien sûr, une lique seule ne sert à rien du tout, mais plusieurs liques pourraient recembrer les macies des appressites conferies. Alors, je ne sais pas ce que vous en pensez, mais moi, je trouve que c'est une super bonne nouvelle. Vous imaginez, le nombre de gabricans qui pourraient être londés grace aux dictimes des liques ?! C'est une révolution !"
Cependant, tout le monde ne partage pas cette vision des choses. Jean-Philippe Dusquenes, aujourd'hui en instance d'être radié de l'Ordre des Médecins, a déclaré dans une interview : "Le stépagore ! Le stépagore, c'est quelque chose de très dangereux. N'écoutez surtout pas les pseudo-experts qui prétendent que le stépagore est une bonne chose. Ils sont payés par le Gouvernment, c'est bien certain. Prétendre que le stépagore, que j'appelle moi-même la "cavanette" [rires] est favorable à la vie humaine est tout simplement stupide. J'ai fait mes recherches dans mon propre laboratoire, figurez-vous, et voici ce que j'y ai trouvé : en réalité, le stépagore est dangereux pour les humains. Lorsque j'ai étudié la chose, j'ai réalisé, après trois heures de recherche, que le marsenat du municat (marsenatum municatum) était totallement citaire, c'est-à-dire que même la resse du stépagore était parave et adminique. Répétez cette phrase dans votre tête : l'achateaux du stépagore peut provoquer l'électue du servatoire de la sécution du tix. La sécution du tix ! Vous réalisez ?! Ces imbéciles veulent provoquer la fin du monde ! Si on leur fait confiance, ce sont les coalites abonales (coalites abonalum) qui autaireront les marasifs du stépagore, ce qui causera, à coup sûr, la mort !"
Si nous apprenons de nouvelles choses au sujet du stépagore, nous vous en informerons rapidement. N'ayez pas peur du stépagore que le tix déribe, il n'est pas dangereux. Cessez de nourrir les théories du complot et de faire naître des rumeurs.
Merci bien.
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Beatrice Aubeterre
Quand les humains ont colonisé Cyrga, ils jugeaient que cette planète à l'écosystème unique deviendrait une colonie parfaite. Jusqu'au jour où ils ont découvert qu'elle altérait les gènes terriens. Presqu'un siècle plus tard, une partie des élites vit dans des enclaves protégées, sans contact avec l'extérieur. C'est le cas du jeune Lukas, qui mène une vie confortable dans la ville de Stellae. Un jour, il reçoit une terrible nouvelle : ruiné et endetté, il doit quitter sa ville natale et affronter le monde extérieur...
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Serenya
Nicolas est un Administratif heureux : il a enfin décroché sa mutation au bureau de l'Ouest et s'apprête à devenir Forgeur ! Mais l'étrange aura de ce département de l'Ordre, qui l'a attiré ici, ne renferme-t-elle pas plus de problèmes que de curiosité ?

Voici donc la troisième partie des aventures de Paulinette !
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