Chapitre IX : “Le véritable ennemi”

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Pris de stupeur, Celâl bey n'y comprenait plus rien. À quoi pouvait donc rimer tout cela ? Ça n'avait aucun sens. Pourquoi et surtout comment la servante aurait-elle écouté la conversation ? D'après Midhat Pacha, la porte était épaisse et quand bien même, pourquoi lui en parlerait-elle ?

Servetseza fixait son interlocuteur dans le plus profond des yeux comme si elle attendait une réponse de sa part.

Celâl bey la repoussa avant de reprendre.

« P-pourquoi ? Pourquoi avoir écouté à la porte ? Et... comment as-tu fait ? Elle était très épaisse !

– N'as-tu jamais écouté aux portes ? Un simple verre suffit. De plus, comme monsieur le pacha ne veut boire que dans des verres de la plus grande qualité, toute notre verrerie est en cristal anglais. Le cristal anglais étant bien meilleur conducteur de son, la tâche était d'autant plus facile.

– Tu es donc au courant de tout... conclut le militaire, Pourquoi as-tu fait cela ? Quel est ton but ? »

Servetseza qui s'était éloignée légèrement de son interlocuteur, baissa la tête puis la releva progressivement.

« Celâl bey... reprit-elle, Si tu as été envoyé ici pour recevoir une mission, moi aussi j'ai la mienne, expliqua-t'elle calmement et sereinement. »

Le jeune homme écoutait avec appréhension. Qui était vraiment cette jeune servante ?

« Serais-tu une espionne russe ? accusa Celâl bey »

Ce à quoi Servetseza répondit par un rire abondant. Le jeune homme la regarda alors avec consternation. 

« Moi ? Une espionne russe ? C'est bien la chose la plus ridicule que je n'ai jamais entendue ! s'exclama Servetseza, Ce sont eux qui m'ont tout pris ! Ma vie, ma famille, ma dignité et ma patrie ! Jamais je ne les servirais !

– Alors parle ! ordonna Celâl bey, Arrêtes donc de tourner autour du pot et dis moi qui tu es réellement ! »

Tout en parlant, le jeune officier balayais la pièce du regard. Bien que la servante affirmait ne pas être un agent russe, elle avait laissé échapper qu'elle avait été envoyée ici en mission. Restait-il encore à savoir pour qui elle travaillait. Était-elle venue l'assassiner comme on avait lâchement assassiné le commandant du Tabur-ı Mahsusa ? Elle était peut-être de mèche avec l'assassin ! Dans l'éventualité d'une confrontation, Celâl bey se mit sur ses gardes. En temps qu’officier diplômé, il avait été entraîné à ce genre de confrontations en huis-clos. Bien que le combat à mains nues n’était pas son fort, contrairement à l’escrime, où il excellait, Celâl bey savait exactement comment réagir. Cependant, il ne prendrait pas l’initiative tant qu’il ne serait pas certain de l’hostilité de la servante. De plus sa malle se trouvant hors de portée, il ne pouvait récupérer son revolver afin de l’en menacer.

Celâl bey avait froncé ses épais sourcils noirs, tandis que Servetseza continuait de l'observer sereinement.

« Celâl bey, commença-t'elle, Ce que je m'apprête à te révéler est extrêmement important ! Et à la fin, il va falloir que tu fasses un choix. Un choix encore plus important ! »

Sur ces mots, la servante se rapprocha de quelques pas de son interlocuteur.

« J'ai été envoyée ici par Sa Majesté le Sultan en personne, commença Servetseza. »

Celâl n'en fut que plus choqué.

« Sa Majesté le Sultan ? répéta-t'il

– Oui, en personne ! reprit la servante.

– Mais... Dans quel but ? demanda le jeune homme doutant quelque peu des paroles de son interlocutrice.

– Dans le but de garder Midhat Pacha à l'œil, expliqua-t'elle, Sa Majesté le Sultan se méfie fortement du sadrazam car il a joué un rôle majeur dans les coups d'état qui ont renversés les deux précédent padichah*. Et bien que ce soit grâce à lui que Sa Majesté le Sultan ait pu accéder au trône, Midhat Pacha n'en reste pas moins une personnalité dangereuse pour la stabilité du pays. De plus, Sa Majesté l'accuse d'avoir fomenté l'assassinat du sultan Abdülaziz en déguisant cela en suicide. Et pour finir, bon nombres d'éléments portent à croire que le grand vizir planifie le renversement de la monarchie en faveur d'une république... »

Celâl bey écoutait tout cela avec consternation. Servetseza venait de lui confirmer tout les doutes qu'il avait précédemment eut au sujet de Midhat Pacha. Mais encore fallait-il croire aux dires d'une simple servante qui se prétendait au service du sultan. Pouvait-il lui faire confiance ? Il en doutait fortement. 

« C'est de la diffamation que tu fais là ! s'écria le jeune homme en pointant la servante du doigt, Penses-tu réellement que je vais croire les propos d'une impotente ancienne esclave ! Qui me dit que tu ne te joues pas de moi ? Que crois-tu faire ? Essayerais tu de me faire enfermer pour avoir comploté contre le grand vizir ? Contre l'Empire ? Ça suffit, sors de ma chambre avant que je ne te fasse jeter dehors par Midhat Pacha ! »

Servetseza gifla violemment Celâl bey.

« Je ne suis pas une esclave ! lança-t'elle rouge de colère, Certaines circonstances m'ont peut-être réduite à cet état, mais je ne suis pas née et je ne suis plus esclave ! Si tu savais qui j'étais, avant d'être esclave puis servante, tu ne t'adresserais pas à moi de la sorte ! Sais-tu ce que signifie être esclave ? Être déchu de sa qualité de personne, être réduit à la condition d’un vulgaire objet ayant à peine plus de droits que cette chaise ? continua-t'elle les yeux presque larmoyants »

Celâl bey, se remettant de la gifle qu'il avait pris, se rendit compte qu'il était peut-être allé un peu trop loin. Jamais il n'avait fait pleurer une femme. Le jeune homme savait que ses propos pouvaient parfois être hautains et orgueilleux, bien qu’il détestait cela au fond de lui. 

« Oui, tu as raison, reprit Celâl bey après avoir rassemblé ses esprits, J'ignore tout de toi… et j’ignore d’avantage ce que signifie être esclave. Je… je te présente mes plus plates excuses… Je te demande pardon si j'ai pu t'offenser par mon discours indigne d'un éfendi ! Maintenant, veux-tu bien sécher tes larmes et reprendre où tu t'es arrêtée ? »

Servetseza détourna le regard en affichant un visage qui traduisait bien le dégoût que lui inspirait son interlocuteur.

« Tu peux garder tes "plus plates excuses" ! Elles ne me rendront pas ma dignité ni tout ce que j’ai perdu ! reprit-elle pleine de dédain, Je me demande bien ce que Vesîme hanım peut bien te trouver... Tu n'es qu'un goujat qui se prétend éfendi ! Tu es visiblement né avec une cuiller en argent, que dis-je en or, dans la bouche ! Et tu as une profonde méconnaissance des gens que tu juges de rang inférieur. Du moins, c'est ce que j'ai pu conclure de toi en une journée d'observation... Mais soit. Si Sa Majesté juge bon de te mettre dans la confidence, alors je m'y plierai. »

Celâl bey n'en revenait pas. C'était bien la première fois que l'on s'adressait à lui de la sorte. Il avait toujours été habitué aux discours courtois, aux courbettes et aux salutations les plus distinguées. De par son rang et celle de sa famille, on lui avait toujours montré le plus grand respect et même à l'académie militaire, il avait été traité en conséquence. 

« Tu sembles douter de la culpabilité de Midhat Pacha, reprit la servante, Ou du moins tu refuses de l'admettre.

– Oui... J'ai toujours connu Midhat Pacha, répondit Celâl bey, Avant même qu'il ne soit nommé grand vizir. C'est pour moi plus un ami de la famille qu'une personnalité politique. Puis il a tant fait pour l'Empire. Dans le vilayet du Danube, quand il en était le gouverneur, il a su concilier chrétiens et musulmans. Turcs, Valaques, Slaves et Grecs ! Il a fait appliquer à la lettre le Hatt-i chérif  de Gülhane* !

– Certes… Mais as-tu entendu parler des « Jeunes-Ottomans » ? interrogea Servetseza d’un ton sombre.

– Les… « Jeunes-Ottomans » ? répéta Celâl bey inerrogateur, Cela me dit vaguement quelques chose… je crois avoir entendu mon père y faire allusion lors d’un entretien avec des représentants français. Qu’est-ce donc ? »

La jeune servante fit quelques pas dans la pièce aux abords du lit avant de reprendre :

« Tiens ! Tu me prends au sérieux maintenant ? Il est normal que tu ne saches pas ce que sont les Jeunes-Ottomans. Car c’est une société secrète. Un groupe farouchement opposé au pouvoir impérial et dont le but ultime est, nous pensons, de prendre le contrôle de l’Empire.

– Mais pourquoi donc feraient-ils une chose pareille ? Ne sont-ils pas des ottomans ? demanda le jeune officier étonné.

– Oh que si ; ils sont Ottomans ! répondit la jeune femme en émettant un rire bref, Nous soupçonnons les Britanniques d’en être les instigateurs et de soutenir en sous-main cette société secrète. Les Jeunes-Ottomans comptent parmi eux uniquement des gens des plus hautes sphères de la société ottomane. Des écrivains, des journalistes, des militaires et des politiques ! Je ne m’avancerais pas à citer tout les membres connus mais sache que le célèbre romancier Namık Kemal, le directeur du lycée de Galatasaray Ali Suavi et surtout… Midhat Pacha en sont les membres les plus éminents !

– Midhat Pacha ?! répéta Celâl bey choqué au plus haut point, Tu prétends que Midhat Pacha est un Jeune-Ottoman ? »

Servetseza poussa un long soupire.

« Je ne prétends pas, j’affirme... reprit-elle ennuyée, Quand vas-tu te rendre à l’évidence ? Son double discours lors de votre entretien et ses circonvolutions tout au long de la journée te laissant juste sous-entendre ses véritables idéaux, n’ont-ils éveillé aucun soupçon chez toi ? »

Celâl bey resta un moment songeur.

« Si… maintenant que tu le dis, c’est vrai qu’il n’a pas arrêté de tourner autour du pot. Il a toujours attendu que j’interprète ses dires avant de me révéler ses pensées. De telle manière qu’il ne s’est jamais "mouillé" le premier. Lorsqu’il voulait me parler de renverser la monarchie ottomane, il a fait en sorte que je le dise le premier. Et seulement alors il s’est expliqué... »

Celâl bey toujours pensif s’arrêta à nouveau avant de reprendre.

« Mais quand bien même Midhat Pacha serait un de ces Jeunes-Ottomans, tout ceci n’a pas de sens ! Je veux dire, dans quel but de tels hommes brillants chercheraient-ils à prendre le pouvoir aux dépends de Sa Majesté le Sultan ? Et pourquoi les Britanniques voudraient nous déstabiliser en soutenant une telle entreprise ? Si notre empire s’effondre, c’est la fin de l’Europe assurée ! Se croient-ils en sécurité sur leur île ? De plus, les Britanniques sont nos alliés. Ils nous ont largement soutenus durant la Guerre de Crimée et le premier ministre Benjamin Disraeli nous est très favorable, contrairement à son prédécesseur William Gladstone !

– Celâl Celâleddin bey ! Comme tu es naïf ! s’exclama Servetseza que le discours de son interlocuteur n’avait pas manqué d’amuser, Oui tu es si naïf qu’on te croirait sorti tout droit de ta coquille ! Mais c’est compréhensible... Toute ta vie durant tu t’es plié aux obligations qu’impliquaient ton rang et à l’académie militaire tu as dû te contenter d’obéir aux ordres, n’est-ce pas ? Nous ne somme pas si différents que ça en fait... »

La jeune servante marqua un temps d’arrêt comme pour remettre ses idées en place.

« Poses-toi les bonnes questions, Celâl bey. Qui est le véritable ennemi ? demanda-t-elle à son interlocuteur en posant ses mains sur son visage crispé, Je te le demande : Qui est le véritable ennemi de l’Empire selon toi ? Les Pestiférés ? Certes, ils sont une terrible menace depuis leur irruption il y a de cela une dizaine d’années. Cependant la Grande Peste ne nous menace pas nous mais l’ensemble de l’humanité. Et puis, il semblerait que nous soyons en mesure de les contenir. Dans ce cas, les Russes me diras-tu, sont nos véritables ennemis. Mais encore une fois, tu fais fausse route. Certes, les Russes n’ont jamais cessés d’avoir des vues sur nos terres. Ils sont de terribles adversaires, et les guerres que nous avons dû livrer contre eux ont coûtés très cher à l’Empire. Je hais les Russes. Je les hais du plus profond de mon cœur pour ce qu’ils ont fait dans le Caucase. Mais il existe un ennemi encore plus dangereux. Un ennemi qui ne se situe pas à des centaines de lieues de la capitale. Un ennemi que ne se trouve pas de l’autre côté d’une frontière. Non ! Cet ennemi-là est immédiat. Cet ennemi-là est déjà au cœur même de l’Empire. Il porte le fez, parle le turc et va même à la mosquée le vendredi. Mais à l’insu de tous, il complote contre l’Empire avec la bénédiction des Britanniques. Bien sûr, ils occupent tous des hauts postes à responsabilité au sein de l’Empire, ou sont assez influents pour lever les masses. Ils possèdent un réseau tentaculaire dans tout l’Empire. Leurs desseins ? Placer l’Empire Ottoman sous protectorat britannique. Car ils estiment que c’est la seule manière de nous sauver de la Grande Peste et de l’effondrement. Voilà qui est l’ennemi ! Voilà ce que sont les Jeunes-Ottomans ! »

Celâl bey n’en revenait toujours pas. Les explications de Servetseza lui avaient fait le même effet que la gifle de tantôt. Bien qu’il soit complètement abasourdi par la quantité d’informations qu’elle venait de lui lâcher, tout faisait sens. Tout concordait. Mais si même Midhat Pacha, le grand vizir, était lui aussi un traitre, en qui devait-il avoir confiance ? En qui pouvait-il désormais avoir confiance ? En cette énigmatique servante qui se prétendait au service du sultan en personne ? Mais alors, qui allait lui donner les indications pour sa mission ? Sa mission même était-elle toujours valide ? Tout ceci ne manquait pas de semer le doute chez Celâl bey.

« Qu.. qui es-tu réellement ? Tu n’es pas qu’une simple esclave affranchie au service de Sa Majesté le Sultan ; n’est-ce pas ? dit Celâl bey les yeux écarquillés.

– Qui je suis réellement ? reprit Servetseza, Je ne suis personne. Je ne suis plus personne. Je ne veux être personne ! Je ne suis que l’objet de Sa Majesté désormais. Mais cela importe peu pour toi et ta mission.

– Certes... fit Celâl bey, Mais... Pourquoi me révéler tout cela ? J’aurais pu être un de ces Jeunes-Ottomans. Qui te dis d’ailleurs que je n’en suis pas un ? C’est vrai. Midhat Pacha est un des plus proches amis de mon père ! Quoi de plus douteux ? »

La jeune femme laissa s’échapper un léger rire. Elle leva ensuite ses grands yeux d’azur vers son interlocuteur.

« Celâl bey, dit-elle, ne sous-estime pas les services de renseignement de sa majesté. Nous savons très bien que toi et ta famille êtes de fidèles sujets ottomans. Ta famille, d’origine tatare provient de Köstence*. Vous êtes une prestigieuse lignée de militaires et avez quitté le Dobroudja pour Constantinople en 1269 [1853] fuyant la Guerre de Crimée. Guerre durant laquelle ton père et ton grand-père se sont illustrés, recevant même l’ordre du Medjidié des mains de Sa Majesté le Sultan Abdülmecid. »

La servante marqua un temps d’arrêt afin de se rapprocher du jeune officier, qui la dévisageait plus consterné que jamais.

« Comment ? s’écria Celâl bey, Qu... Qu’attends-tu de moi dans ce cas ? 

– Comme je l’ai précédemment dit, Sa Majesté le Sultan a confiance en toi. Il veut bien miser sur ta fidélité à l’Empire, expliqua Servetseza en fixant Celâl bey, Tout dépend de toi cependant. Jusqu’où es-tu prêt à aller pour nous prouver ta fidélité ? Serais-tu prêt à trahir la confiance de Midhat Pacha ? À le condamner lui et toute sa famille, incluant Vesîme hanım ? »

Le jeune homme recula d’un pas.

« Je... Mais ! En quoi Vesîme hanım serait-elle inculpée ? Les accusations qui visent son père ne la concernent en rien ! s’écria le jeune homme désemparé.

– Comme moi tu la connais, répondit la servante, Lorsqu’elle apprendra la condamnation de son père, crois-tu vraiment qu’elle restera les bras croisés ? Elle cherchera forcément à connaître la vérité. Et une fois qu’elle saura toute la vérité, pourras-tu la regarder à nouveau dans les yeux ? »

Le jeune homme ne savait quoi répondre. D’un côté, en tant qu’officier militaire il se devait de servir son pays à tout prix. Mais de l’autre, s’il acceptait, il se devrait alors de fermer les yeux sur la condamnation de Midhat Pacha. Il serait alors probablement démis de ses fonctions et exilé. Se serait alors perdre à jamais Vesîme hanım.

« Désormais la balle est dans ton camp, reprit la jeune femme, Que choisis-tu ? Soit tu es avec nous, soit tu es contre nous. Si tu acceptes, tu devras continuer ta mission comme si de rien n’était. La menace qui plane sur notre empire est bien réelle et nous devons découvrir au plus vite la vérité sur l’assassinat du commandant. Je t’indiquerai alors la nouvelle marche à suivre et... »

Celâl bey porta sa main à sa tête. Une violante douleur lui saisit le crâne. 

« Je... j’ai besoin de m’asseoir... dit-il avec grande peine en coupant son interlocutrice, Veux-tu bien m’accorder un petit instant de répit ? »

Le jeune homme se laissa tomber sur le lit qui se trouvait juste derrière lui. Il se mit alors à trembloter et fut pris de nausée.

« Qu... que m’arrive-t-il ? se demanda Celâl bey

– On dirait que le cyanure commence à faire son effet... constata la jeune femme »

À ces mots le jeune ayant un sursaut d’énergie se leva d’un bon.

« Le cyanure ? Que m’as-tu fais sale garce ?! s’écria-t’il violemment avant de s’affaiblir à nouveau et de porter sa main à son visage.

– J’ai empoisonné ton repas, répondit Servetseza d’un calme olympien. 

– Pourquoi donc ? questionna Celâl bey dont la respiration se faisait soutenue.

– Simple précaution au cas où tu te serais montré... "peu coopératif" expliqua la jeune femme, Bien sûr, si tu acceptes de coopérer, je t’injecterai l’antidote que voici... Encore une fois le choix t’appartient. »

Le militaire s’effondra par terre. Il serrait les dents sous le coup des violents maux de tête qui devenaient de moins en moins supportables. 

« Soit ! Au diable Midhat Pacha ! Au diable Vesîme hanım ! s’écria-t’il s’étant résigné les larmes aux yeux, Donne-moi l’antidote ! Je jure fidélité à Sa Majesté le Sultan et me dévoue corps et âme à ma patrie ! »

Servetseza s’agenouilla alors près du jeune homme. Elle ouvrit un petit boîtier noir qui contenait une seringue ainsi qu’un flacon. La servante injecta alors son contenu dans le bras de Celâl bey.

« Bien, reprit la servante, Tu nous seras d’une grande aide pour démanteler le réseau des Jeunes-Ottomans. Demain, tu feras comme si de rien n’était et une fois parti de chez Midhat Pacha, je te donnerai les nouvelles directives. Pour l’instant, tu as grand besoin de repos. »

Servetseza aida alors Celâl bey à se relever avant de le coucher sur son lit. Elle le borda puis quitta discrètement la pièce.

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*padichah : titre de souverain d'origine persane, équivalent à empereur

*Hatt-i Chérif de Gülhane : (du turc "Gülhane Hatt-ı Şerifi) signifiant "L'édit noble de la Maison des Roses, est la première réforme des Tanzimat, préparée par le sultan Mahmud II et signée par son fils le sultan Abdülmecid Ier en 1839. Il garantit entre autres la propriété et l'égalité de tout les sujets ottomans sans distinction de religion.

*Köstence : (prononcé Keustendjé) nom de Constanța (aujourd’hui en Roumanie) durant la période ottomane.

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Si nous apprenons de nouvelles choses au sujet du stépagore, nous vous en informerons rapidement. N'ayez pas peur du stépagore que le tix déribe, il n'est pas dangereux. Cessez de nourrir les théories du complot et de faire naître des rumeurs.
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