Chapitre VIII : "Servetseza"

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Une fois le dîner terminé, on resta encore à table deux bonnes heures à discuter de sujet divers et variés, évitant bien sûr de faire allusion à la mission devant le personnel servant de la maison. Celâl bey raconta à Midhat Pacha toute son aventure de l'Orient-Express et comment, avec ce vieux médecin allemand, ils avaient fait face aux comtadjis bulgares. Le grand vizir en profita pour ajouter que ce genre de troubles se faisaient de plus en plus courants  dans les Balkans et que du temps où il était gouverneur du vilayet du Danube* rien de tout cela n'aurait pu arriver.

Ainsi se déroula la soirée et seulement quand l'horloge sonna les dix heures, on songea à arrêter la conversation. Midhat Pacha, supposant que son hôte devait être fort fatigué après une telle journée, ordonna qu’on lui prépare un bain ainsi que son lit pour le coucher. On montra alors sa chambre à Celâl bey pendant qu'un valet se chargea de monter son bagage. 

La chambre en question était une pièce spacieuse se trouvant à l'étage. De grandes fenêtres donnaient sur l'ombre d'un cerisier dénudé à cause de l'hiver. Le jour, la lumière devait fort joliment illuminer cette pièce. Mais en cette heure avancée du soir elle était plutôt sombre. Au fond de la chambre contre le mur trônait un imposant lit drapé de blanc. Celâl bey s'en approcha en faisant grincer le vieux parquet. Le lit était parfaitement apprêté et la couverture avait été tirée afin de faciliter la tâche de l'hôte. Le jeune homme tâta le matelas. « Il a l’air très confortable ! se dit-il ». Avant même qu'il ne s'en rendît compte, il s'était jeté dessus et se retrouva allongé sur le dos en travers du lit.

Celâl bey se tourna sur sa droite et regarda la porte qui s'y trouvait. Ce devait être celle qui donnait sur la salle de bain attenante à la chambre s'il avait bien compris les indications de Servetseza. Il se disait qu'il devrait prendre un bain d'ailleurs. Il essaya de se lever. En vain... la fatigue avait déjà commencé à engourdir ses membres. Et ce lit, douillet comme il faut, chaud comme un nid de loir, le tirait petit à petit dans les bras de Morphée. Tous les souvenirs de cette journée et des jours précédent commençaient à envahir son esprit. Entre rêve et songe, la frontière est infime.

Mais des pensés désagréables vinrent le tirer peu à peu de son engourdissement. Il repensa à sa conversation avec Midhat Pacha. En y réfléchissant bien, certains propos du vizir étaient plutôt douteux. Les rumeurs qui circulaient à son sujet étaient-elles donc vraies ? Le tout puissant Midhat Pacha songeait-il réellement à renverser la monarchie ottomane ? Était-il à la solde des Britanniques comme certains le laissaient entendre ? Non non non ! Cela ne pouvait être vrai ! Du moins, Celâl bey refuserait d'y croire. C'est vrai, pourquoi le grand vizir, alors qu'il est au sommet de sa puissance, comploterait avec les Britanniques contre l'Empire Ottoman ? Qu'aurait-il à y gagner alors qu'il jouit d'une très grande popularité ? Il aurait tout à y perdre. 

Ah ce ne sont que des fadaises ! Des on-dit de bas étages ! Ce sont sûrement quelques obscurs fonctionnaires cloîtrés toute la journée dans un bureau et voulant s'attirer les bonnes grâces du Sultan qui doivent en être à l'origine ! En s’appuyant sur l’anglophilie de Midhat Pacha, ils ont dû en déduire, dans leur sombre bêtise, qu'il était un agent britannique ! C'est vrai qu'il boit du thé anglais, sa servante est habillée en soubrette anglaise et il a de bonnes relations avec Disraeli. Mais cela ne constitue en aucun cas une preuve ! pensa Celâl bey.

Ce genre de réflexions demandant beaucoup de concentration, Celâl bey avait laissé s'échapper son sommeil. Et comme une pensée en amenant une autre par la dérivation de l'esprit, il s'était mis à cogiter sur sa future mission. S’étant levé, il arpentait désormais la chambre de long en large. Sa mission débuterait dès demain en prenant le train pour Ankara. Jamais il ne s'était rendu autant à l'Est. Et pourtant si l'on regarde une carte, Ankara occupe une place centrale par rapport à l'Anatolie qui compose la majeure partie de la portion asiatique de l'Empire Ottoman. Alors aller à Kars aux confins de l'empire, c'était pour lui une expédition en Extrême-Orient. Pire encore, il serait désormais en première ligne. Au contact de la Grande Peste.

Celâl bey n'avait en vérité aucune idée de ce que cela pouvait bien être. Certes, comme tout le monde, il savait qu'un terrible mal à mi chemin entre la rage et la peste ravageait l'Asie. Mais c'était à peu près tout. On disait que les Pestiférés se mettaient frénétiquement à la recherche de chair humaine et qu'il leur était alors impossible de se maîtriser. Mais même cela, Celâl avait du mal à le concevoir. Pour lui, tout ceci lui semblait irréel. Cela ressemblait plus à ce genre de contes que l'on raconte aux enfants par une froide nuit d'hiver afin de les forcer à fermer les yeux.

Mais ne blâmons pas là l'ignorance d'un jeune homme issu des milieux privilégiés de l'empire. Car c'était aussi la manière de penser de toutes les personnes qui ne vivaient pas au contact de la zone de quarantaine. Tenez, parlez donc de toute cette histoire à un Londonien et il vous rira au nez tant elle lui semblerait sordide ! La nature humaine est ainsi faite. De telle manière qu'elle refusera de croire en un danger jusqu'à ce qu'il soit imminent. Les services de censure, et pas seulement ceux de l'Empire Ottoman mais aussi du monde entier ayant également leur part de responsabilité. Très peu d'informations parvenaient jusqu'à la population au sujet de la situation en zone de quarantaine.

Toute cette cogitation l’ayant lassé, Celâl bey regagna sa place sur son lit en soupirant. En se rasseyant, sa main droite vint alors au contact de son manteau qui était posé sur le lit. Sentant quelque chose à l'intérieur, il tira son vêtement vers lui avant de plonger ses doigts dans sa poche. Le carnet que lui avait donné ce marin français plus tôt dans la journée ! Malgré la fatigue, Celâl bey l'examina longuement. C'était un vieux cahier tout abîmé. La couverture s'écaillait, les pages étaient cornées et jaunies.

J'ai promis, bien malgré moi, à ce Français que je le lirais. Ça m'aidera peut-être à me changer les idées... se dit Celâl bey

À cet instant, on toqua à la porte. Le jeune homme lâcha le carnet en sursaut avant d'autoriser l'entrée. C'était Servetseza qui tenait des linges bien pliés dans ses mains. 

« Je viens vous apporter des serviettes propres au cas où vous voudriez prendre un bain, ce que je vous conseille vivement de faire, dit la servante se tenant toujours sur le seuil.

– Merci, posez-les donc là, répondit Celâl bey en désignant la table de chevet, Et à l'avenir je me passerai bien de vos "conseils"

– Bien monsieur "Celâl Celâleddin", dit la jeune femme d'un ton condescendant en se dirigeant vers la table de chevet. »

Le jeune homme fixait avec défiance la servante qui, après avoir déposé les serviettes, retournait vers la porte. Une fois sur le seuil, elle jeta un regard dans le couloir. Celâl bey observait la scène dubitativement. Soudain elle ferma la porte en la verrouillant. Surpris, il se leva d'un bond.

« Mais ! Qu'est-ce que vous faites donc !? s'indigna Celâl bey »

La servante se retourna lentement.

« Je m'assure juste que personne ne viendra nous déranger, répondit-elle d'un ton calme.

– N-Nous déranger de quoi !? interrogea le jeune officier toujours aussi surpris, Que veux-tu ?

– Oh ! Mais vous commencez déjà à me tutoyer ? Comme c'est mignon ! répondit Servetseza narquoise. »

Celâl bey détestait plus que tout qu'on le reprenne sur sa politesse qu'il estimait irréprochable. La remarque l'irrita d'autant plus que cela venait d'une simple servante.

« Tu n'es qu'une servante, je ne vois pas pourquoi je te vouvoierais ! se justifia Celâl bey d'un ton supérieur, Que me veux-tu à la fin ?

– Du calme Celâl bey ! répondit-elle en se rapprochant de son interlocuteur, Je veux simplement discuter avec toi.

– Hein ? Mais... quoi ? Quelle discussion ? Es-tu folle ? Je n'ai pas de discussion à avoir avec toi ! Et puis je ne t'autorise pas à me tutoyer ! s'écria-t'il d'un ton stupéfait.

– Mais chut ! Moins fort voyons ! Tu ne veux quand même pas réveiller tout le monde ! repris la jeune femme en retenant son rire, Et puis pourquoi ne pourrais-je pas te tutoyer alors que toi même tu me tutoie ? continua-t'elle en s'asseyant sur le lit.

– Non mais je n'y crois pas ! La voilà qui s'assied sur mon lit maintenant ! Que me veux-tu à la fin ? Toute la journée tu n'as fait que m'observer, tu as même écrasé mon pied à midi et là tu viens, t'installes sans manière dans ma chambre et exiges une conversation avec moi ! s'indigna Celâl bey encore debout.

– J'ai dit vouloir "discuter" et non "converser", répondit la servante.

– Quelle différence ? Ne joue pas sur les mots je te prie !

– La nuance est que mon objectif est clair... Alors veux-tu m'accorder cette discussion ? reprit-elle d'un ton plus calme »

Celâl bey, bras croisés soupira un moment et analysa la jeune femme de haut en bas. Assise sur le bord du lit, elle avait légèrement croisé ses longues et fines jambes. Les mains posées en arrière elle se tenait légèrement arquée, laissant ainsi deviner son élégante silhouette. Installée de la sorte, la servante fixait son interlocuteur de ses grands yeux bleus.

« Soit ! fit finalement Celâl bey toujours dans la même position, Dis-moi donc ce que tu as à me dire ! Mais vite !

– Ah enfin ! Te voilà devenu raisonnable ! déclara la servante, Tout d'abord pour commencer j'aimerais dire que j'ai beaucoup entendu parler de toi. 

– Ah bon ? Comment ça ? interrogea le jeune homme

– Et bien de par mon rôle de servante, il se trouve que j'ai droit à toutes sortes de confidences. Surtout de la part de Vesîme hanım qui m'apprécie beaucoup, ce qui est réciproque, expliqua Servetseza 

– V-Vesîme hanım te parle donc de moi ! s'exclama Celâl bey en rougissant.

– Oh mais c'est qu'il rougit ! Comme c'est mignon ! se moqua la jeune femme en lâchant un léger rire, C'est Vesîme hanım qui te fait cet effet là ?

– Non absolument pas ! Enfin si ! Mais... quel effet ? C'est juste que nous sommes amis de longue date comme nos pères sont très proches et que n'aillant pu la voir depuis un certain temps, j'aimerai avoir de ses nouvelles, s'expliqua le jeune homme.

– Mais oui bien sûr ! s'exclama la servante qui n'était point dupe, Pourquoi réagis-tu comme un enfant ?

– Bon ! Si tu m'as fait toute cette scène pour me parler de sujets qui en plus d'être totalement futiles, ne te regardent en aucun cas, tu peux disposer car je ne t'écouterai pas ! déclara Celâl bey agacé tout en agitant les bras. »

Sur ces paroles, Servetseza se leva d'un bond.

« Celâl Celâleddin bey hein ? reprit la servante d'un ton songeur, Quel prénom original ! C'est presque un doublon ! Pourquoi un tel nom ? »

Celâl bey ne répondit pas et se contenta de continuer à la fixer comme pour bien lui faire comprendre son agacement.

« Alors ? Tu ne sais peut-être pas toi-même en fin de compte ? dit-elle d'un ton taquin.

– Est-ce que je te demande des explications sur ton nom moi ? répliqua le jeune officier »

La servante s'était mise à se promener dans la pièce comme si elle la visitait.

– Tu peux... répondit-elle, Ce n'est qu'un prénom après tout. Un des nombreux noms que l'on m'a donné. Même si je dois avouer que je tiens particulièrement à celui-là. Mais je suppose que tu sais déjà ce qu'il signifie...

– C'était bien Servetseza ? Oui ? Et bien cela signifie "digne des plus riches" en persan si je ne me trompe pas, déclara Celâl bey.

– Oui c'est exact, confirma la jeune femme, C'est Sa Majesté le Sultan qui me l'a donné lorsque je suis entrée à son service en temps que kalfa. Sa Majesté n'était même pas encore prince héritier à l'époque. Je n'avais alors que quinze ans. La première fois qu'il m'a vue il a, selon ses propres dires, immédiatement pensé à la première épouse de feu son père le Sultan Abdülmecid en l'honneur de laquelle il m'a nommée ainsi.

– C'est... une jolie histoire... fit le jeune homme que la petite anecdote semblait avoir intéressé. »

Puis après un moment de suspend, Celâl bey reprit : 

– Ma mère tenait absolument à m'appeler Celâleddin car c'est ainsi que se nommait son père. Cependant comme mon oncle s'appelait déjà ainsi mes parents m'ont choisi ces deux prénoms afin de marquer une différence, expliqua le jeune homme sur un ton calmé, C'est aussi simple que cela. Ça y est ? Ta curiosité est-elle satisfaite ? »

Servetseza rit doucement en portant sa main à sa bouche comme pour se retenir.

« Pourquoi donc ris-tu ? Est-ce une explication si stupide que cela ? demanda Celâl bey légèrement offensé.

– Non ! Non pas du tout ! répondit son interlocutrice en secouant la main et le sourire aux lèvres, C'est juste que l'origine de ton nom était un sujet récurent avec Vesîme hanım. Lorsqu'elle me parlait de toi, elle finissait souvent en se demandant pourquoi on t'avait mis un tel nom. Mais pas méchamment rassures-toi ! Tu sais comment elle est je suppose.

– Oui... répondit le jeune homme d'un ton pensif, Vesîme hanım... j'aurais aimé la revoir encore une fois. Peut-être même ne la reverrai-je plus jamais... »

Sur ces dernières paroles, un profond silence envahit tout à coup la pièce. Un silence presque morbide. Le temps semblait s'être arrêté et chacun des deux interlocuteurs était perdu dans les méandres de ses propres songes.

– Oui... À moi aussi... elle va me manquer terriblement... reprit Servetseza en brisant soudainement le silence »

Celâl bey se retourna tout à coup interpellé par ce que venait de dire la servante.

« Hein ? Comment ça ? demanda le jeune officier intrigué par ces drôles de propos.

– Et bien je crains de ne plus pouvoir revoir Vesîme hanım, s'expliqua la jeune femme, Et ce serait la seule chose que je regretterai...

– Et pourquoi donc ? interrogea Celâl bey ne comprenant pas la situation. »

Servetseza se rapprocha très près de son interlocuteur. Puis en posant ses mains sur le torse du jeune homme qui ne manqua pas d'être gêné.

« Votre discussion avec Midhat Pacha... J'ai tout écouté... révéla-t'elle »

——

*vilayet du Danube : Vilayet (subdivision) de l'Empire Ottoman situé sur les bords du Danube et de la mer Noire ayant pour chef lieu Rusçuk (actuelle Roussé)

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