Chapitre VII : La mission

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Une fois le repas terminé Servetseza débarrassa la table et Midhat Pacha emmena Celâl bey dans son bureau. C'était une pièce bien plus petite que le salon où il fût reçu plus tôt. Sombre, elle était éclairée par une unique fenêtre ronde telle un hublot de navire. Du reste la pièce était assez chargée sans être encombrée d'objets en toutes sortes. De grandes bibliothèques entouraient un meuble de bureau en chêne vernis. Midhat Pacha vint justement s'asseoir derrière sur son grand fauteuil encadré de bois sculpté. Il alluma une lampe à huile et s'installa confortablement en croisant les jambes avant d'inviter Celâl bey à s'asseoir également.

« Mon cher Celâl comme chacun d'entre-nous ne le sait que trop bien, commença le grand vizir, notre monde et plus particulièrement notre empire vit une période critique. La terrible Grande Peste qui a détruit toute l'Asie est à nos portes. Après avoir fait tomber la Chine, l'Asie Centrale ainsi que la Perse. La Perse dont nous avons offert l'asile au Chah Nassereddin. Les seules puissances réussissant à se maintenir en Asie sont la Russie, bien qu'elle a dû abandonner la Sibérie, les Britanniques en Inde et nous, l'Empire Ottoman... Il est également possible que le Japon ait réussi à se maintenir mais comme toute communication ayant été perdue avec eux, rien ne permet de l'affirmer avec certitude. Quand bien même, nous sommes en première ligne face à la Peste et si nous tombons c'est toute l'Europe qui s'effondre. Le "bon côté" des choses, c'est que nous avons désormais le soutien indéfectible de la France et du Royaume-Uni. Il n'est plus question non plus de dissoudre notre empire comme ont longtemps essayé les grandes puissances. Même si je doute fort que la Russie ait abandonné ses vues sur notre territoire. Au contraire, je pense très fortement que le Tsar est plus que jamais convaincu de la "légitimité" de la Russie à contrôler les détroits ainsi que Constantinople. Il doit déjà se voir en protecteur de l'Europe en lieu et place de notre Empire contre les Pestiférés. Mais ! Nous ne laisserons pas cette occasion aux Russes ! Notre Tabur-ı Mahsusa a déjà prouvé son efficacité quant à la défense de nos frontières contre la Peste. Cependant ! »

Midhat Pacha coupa net et se leva en prenant appuis sur son bureau. 

« Cependant ! reprit-il, Et je vais y venir laisse moi juste un petit instant. »

Le vizir se dirigea vers un meuble à tiroirs avant de l'ouvrir et y tira une pipe en ébène. Puis il retourna vers son bureau et sortit de la poche de sa redingote une petite boîte à tabac.

« Tu permets que j'allume ma pipe ? demanda le sadrazam

– Oui oui, bien sûr aucun problème vous êtes chez vous ! répondit Celâl bey qui joua avec les fins cheveux bruns qui dépassaient de son fez.

– Donc où en étais-je ? s'interrogea le vieux pacha en serrant les dents pour tenir sa pipe le temps de l'allumer.

– Le Tabur-ı Mahsusa, répondit Celâl bey 

– Ah oui ! reprit Midhat Pacha en secouant son allumette pour l'éteindre, Donc oui le Tabur-ı Mahsusa. Notre fer de lance contre les Pestiférés. Nous avions lors de sa création mis à sa tête un vieux pacha, un de ces vétérans de la Guerre de Crimée. Un vieux grognard, un de ces durs à cuire increvables, je ne sais même plus comment il s'appelait. Enfin bref le problème est que justement... il est mort... assassiné. Abattu froidement d'une balle de revolver à bout portant devant ses propres soldats. Ce n'est pas vraiment la mort de sa personne qui nous dérange car il avait la fâcheuse tendance à tenir tête aux ordres émanant de la Porte. C'est plutôt le fait qu'il ait été assassiné de la sorte. D'après son secrétaire qui était aux premières loges un homme habillé en derviche avec le visage dissimulé a réussi à infiltrer la forteresse de Kars par on ne sait quel subterfuge, sans éveiller aucun soupçon.

– Mais, et les soldats en garnison ? Personne n'a-t'il été capable de l'attraper après qu'il ait commis son crime ? s'indigna Celâl bey.

– Malheureusement... répondit le pacha en soufflant une fumée grise qui embauma la pièce, L'assassin se serait totalement évaporé. Aussitôt que les soldats eurent essayés de s'en saisir, il se serait jeté depuis la fenêtre du bureau du commandant qui donnait sur le vide. Bien sûr toute la ville de Kars a été mise sous régime martial, toute entrée et sortie étant interdite. Du reste, si tu n'as pas entendu parler de cette affaire jusque là, c'est que les services de censure de Sa Majesté sont redoutablement efficaces. Un peu trop peut-être à mon goût, haha ! Enfin, il ne fallait bien sûr en aucun cas que cette affaire fuite. Car tout porte à croire, à notre avis, que se sont les Russes qui en sont à l'origine.

– Les Russes ?! Pourquoi donc feraient-ils une chose pareille ? Veulent-ils donc la fin du monde ? se révolta Celâl bey en prenant appuis de ses deux mains sur le bureau.

– Doucement mon jeune ami ! dit Midhat Pacha, Doucement. Comme je te l'ai dis plus tôt, tout porte à croire que les Russes veulent se faire les défenseurs du monde face à la Grande Peste. Ils veulent saisir l'occasion des troubles que cela provoque dans notre empire pour s'accaparer nos terres. S'ils arrivent à prouver aux yeux des puissances que nous ne sommes pas aptes à défendre l'Europe des Pestiférés, ils auront leur bénédiction pour nous envahir. 

– Mais tout de même qu'est-ce qui vous porte à croire cela ? insista Celâl bey toujours aussi surpris.

– Héh ! C'est là que j'allais y venir ! expliqua le vizir en remontant ses petites lunettes sur son grand nez, Juste avant son assassinat le commandant du Tabur-ı Mahsusa nous a fait parvenir un télégramme que voici d'ailleurs. »

Midhat Pacha sortit un papier de son tiroir en le tendant vers son interlocuteur.

« Deux marchands azerbaïdjanais de retour d'Elizavetpol l'avait informé que des troupes russes étaient en mouvement dans le Caucase, poursuivit-il.

– Dans le Caucase ? s'étonna Celâl bey, Mais je croyais que cette région avait été mise en quarantaine et déclarée Terra nullius suite à l'effondrement de l'armée russe face aux Pestiférés. Le Tsar même n'avait-il pas annoncé qu'il renonçait au Caucase lors de la Conférence de la Corne d'Or ?

– Certes, fit le grand vizir en inhalant un peu de fumée, Mais j'y vois bien là un mouvement typiquement russe : Reculer pour mieux avancer par la suite, expliqua-t-il puis comme à lui-même, Contrairement à nous qui ne faisons que reculer...

– Vous pensez donc que ce n'était qu'une manœuvre des Russes que de se retirer volontairement en attendant le moment opportun pour revenir en force ? interrogea le jeune homme

– Hé oui ! confirma Midhat Pacha en opinant du chef les yeux écarquillés, Jusqu'à maintenant les Russes n'étaient pas en position de force. Après la défaite que nous leur avons infligée lors de la Guerre de Crimée toute leur armée était à réorganiser. C'est pour cela que lorsque la Grande Peste s'est déclarée ils n'avaient d'autre choix que de reculer. Mais la donne a changé. Les Russes ont mis en place d’importantes réformes et sont plus puissants que jamais. De notre côté nous sommes plus vulnérables que jamais. Je ne vais pas te cacher que nous sommes en banqueroute. Les finances vont très mal. De plus les récents événements ont encore une fois de plus prouvé l'instabilité de notre régime...

– Oui, cela est tout à fait vrai, admis Celâl bey, Mais je ne comprends pas ce que vous voulez dire par "instabilité de notre régime". Seriez-vous en train de remettre en question... le... le fondement même de notre empire ? demanda le jeune homme inquiet. »

À ces mot, le sadrazam se leva et se mit à rire vivement de son ton grésillant. Il passa ensuite ses doigts sur les yeux.

« Celâl bey ! Mon bon Celâl ! reprit le pacha en quittant sa place pour se rapprocher de son interlocuteur, Te rends-tu bien compte de ce que tu viens de sous-entendre ? 

– Euh... o-oui... je crois bien, répondit le jeune officier un peu abasourdi par le ton du vieil homme. »

Midhat Pacha éclata de rire et applaudi.

« Tu "crois" ! Haha non tu ne crois pas ! Tu es un garçon intelligent et les gens intelligents ne croient pas, ils sont convaincus ! Donc vas-y, reformule ta question. Je t'en prie. Nous ne sommes que tous les deux ici. Personne ne nous écoute. Servetseza sait que je ne tiens absolument pas à être dérangé lorsque je suis en rendez-vous et la porte est assez épaisse pour ne laisser aucun son passer. Donc vas-y repose-moi ta question et de manière plus ouverte cette fois-ci, dit le vizir.

– Avec tout le respect que je vous dois je n'en vois point l'intérêt, répondit Celâl bey de plus en plus désorienté.

– Moi je le vois.

– Tout ceci est absurde !

– Pas le moins du monde !

– À quoi rime donc tout ce manège mon pacha ? demanda Celâl bey fatigué de ces échanges qui lui semblaient stériles.

– À rien ! Absolument rien de bien méchant, expliqua le grand vizir, Celâl bey comme je te l'ai déjà dis, tu es pour moi comme un fils et rien de ce que je sais ou pense n'est un secret pour toi. Je veux juste te faire prendre conscience de quelque chose...

– Sauf votre respect mon pacha, j'aimerais mieux prendre connaissance de ma mission, répliqua le jeune homme impatienté en commençant à se lever, Cette mission qui je le rappelle est la principale raison de ma venue chez vous. J'ai une grande considération pour vous et de la même sorte que vous me considérez comme un fils je vous considère comme un père. Vous êtes le tout puissant Midhat Pacha, le sadrazam de l'Empire Ottoman et je sais ô combien je suis privilégié de pouvoir discuter de la sorte, si amicalement avec vous. Mais si j'en crois le télégramme et vos dires, la situation semble être on ne peut plus critique. Le commandant du Tabur-ı Mahsusa a été assassiné, les Russes sont en marche et je ne sais toujours pas quelle est ma mission ! De plus vous semblez saisir chaque occasion pour vous détourner du sujet ! Où essayez-vous donc d'en venir ? »

Midhat Pacha qui, toujours debout, avait fait le tour de la pièce se réinstalla à son bureau.

« Celâl bey ! Je ne te connaissais pas aussi impatient et impulsif ! s'étonna le vieil homme, Ah soit ! Il faut bien que jeunesse se passe ! J'étais ainsi à ton âge aussi. M'indignant, me révoltant, haussant le ton pour tout et n'importe quoi ! Tel un vrai romantique ! Pour répondre à ta question il n'y a nul but derrière tout cela si ce n'est que de converser avec toi. Je veux juste te sonder connaître ton avis sur divers sujets. Tu es un officier diplômé maintenant je ne puis plus m'adresser à toi comme à un vulgaire soldat en te donnant simplement l'ordre de ta mission et te congédiant aussitôt ! Tu as raison l'heure et grave et le temps presse mais quoi qu'il arrive tu ne pourras partir avant demain donc nous avons toute la journée pour parler de ta mission. Tu dîneras et dormiras avec nous par ailleurs. Servetseza est au courant et elle a sûrement dû déjà apprêter ta chambre. Donc, Celâl bey je t'en prie rassis toi et nous continuerons là où nous nous étions arrêtés. »

Celâl bey soupira longuement avant de se rasseoir. 

« Voilà qui est mieux ! acclama le vizir, Donc là où je voulais en venir. Ce que je voulais te dire et que tu as manifestement compris malgré ton refus de le répéter comme s'il s'agissait d'un blasphème. C'est que... oui ! Je remet notre forme de gouvernement en question ! Oui je remets la monarchie en question ! La sacro-sainte monarchie ottomane ! La plus vielle monarchie d'Europe ! Oui ! Je l'assume ! En quoi la maison d'Osman ne serait-elle pas infaillible ? Certes c'est depuis Selim Ier une maison califale mais cela n'en fait pas des envoyés de Dieu ! Et si la source de toute la décadence de notre empire était la maison impériale elle-même ? »

Le jeune officier était resté bouche bée devant un tel discours. Comment pouvait-on remettre en cause la monarchie ottomane ? La raison d'être même de l'Empire Ottoman ! Cela reviendrait à renier l'auteur d'un livre ! À prendre une œuvre d'art tout en rejetant l'artiste ! pensa Celâl bey.

« V-Vous... vous rendez bien compte de ce que vous dites ? répondit le jeune officier tremblant d'un mélange de panique et de stupéfaction, Si quelqu'un venait à entendre notre conversation s'en serait fini pour vous comme pour moi ! Rassurez-moi vous ne le pensez pas ! »

Le sadrazam qui s'était calmé regarda longuement dans le vide, fit tourner le globe qui trônait sur son bureau et ouvrit la bouche.

«  Non... non ! Je n'y pense pas voyons ! Je... constate, s'expliqua Midhat Pacha, L'homme observe le monde et il constate. Il ne juge pas. Qui suis-je moi seul pour porter un jugement ? Alors que justement c'est l'arbitraire que je dénonce ici... Il faudrait être fou pour confier le pouvoir entre les mains d'un seul homme !

– C'est pourtant ce que nous faisons...

– C'est bien là le problème !

– Mais c'est ainsi que se font les grands empires !

– Mais ce n'est pas comme cela qu'ils perdurent... »

Sur ces derniers échanges Celâl bey fut pris d'une soudaine idée. En repensant à toute la conversation quelque chose devint évident pour lui. Derrière ces mots le vizir cachait quelque chose.

« Venez en plutôt au fait, dit le jeune homme subitement, depuis le début ne serait-ce pas là une confidence que vous seriez en train de me faire ? Une confidence pour laquelle vous m'avez jugé digne de confiance ? »

Le sadrazam fixait Celâl bey d'un regard interrogateur les lunettes sur le bout du nez.

« Poursuis donc je t'écoute ! fit-il en l'invitant de sa main. »

L'officier se mit alors à douter. Était-ce finalement une bonne idée ? Ne se méprenait-il pas sur les intentions de son interlocuteur ? Ne serait-il pas sur le point de dire une énormité qu'il regretterait par la suite ?

« Qu’y a-t'il mon garçon ? Tu as perdu ta langue ? Continue donc ! insista le pacha.

Inspirant discrètement Celâl bey se résolut.

« Ne... Ne seriez-vous pas en train de penser à renverser Sa Majesté le Sultan ? »

Il eut un moment de silence. Un silence tellement gênant que si Celâl bey, comme il le nota dans ses mémoires, avait eut le pouvoir de décider il aurait voulu mourir à cet instant.

Midhat Pacha éclata de rire.

« Détrôner Sa Majesté le Sultan ! Alors qu'il vient à peine de ceindre l'épée d'Osman ? Non ! Non celui-là  je veux le garder plus longtemps ! Haha ! Certes j'ai été de ceux qui ont renversé feu son oncle Abdülaziz mais il le fallait ! Pour le bien de la patrie ! 

– Pour le bien de la Patrie ? se révolta Celâl bey en posant ses deux mains sur le bureau avec force, Ça n'a apporté que davantage de désordre ! Avec tout l'estime que ma famille et moi avons pour vous jamais ni mon père ni moi-même n'avons approuvé cela ! 

– Oui oui ! Je sais ! Je sais ! répliqua le vizir, Et ton père me l'a ô combien reproché ! Mais il est vrai que du fait de son poste et bien malgré lui, ton père est quelque peu coupé des hautes sphères du pouvoir. Par ce fait, vous n'avez pas une vue d'ensemble de tout ce qui peut se tramer dans la capitale. Et je peux t'assurer que détrôner Abdülaziz était nécessaire ! Il s'était montré incapable d'empêcher la banqueroute et de mater les rebellions dans les Balkans ! De plus, il se laissait mener à la baguette par ce chien d'Ignatiev ! Ce vautour que le Tsar a placé à l'ambassade de Russie ! Oh et je t'entends déjà me parler de Murad ! Certes, ce n'est pas un mauvais garçon et nous avions grand espoir en lui de par ses idéaux libéraux et ses liens avec la franc-maçonnerie, mais ses crises de démence le rendaient inapte à gérer les affaires d'état ! Donc si cela peut te rassurer je fonde tous mes espoirs dans ce nouveau souverain Abdülhamid deuxième du nom ! Et je suis très confiant ! Comme tu le sais très bien, ensemble nous avons mis en place une constitution à laquelle a même collaboré le célèbre écrivain Namık Kemal. Sa Majesté a, de plus, ouvert un parlement ! Tu te rends compte ? le Parlement Ottoman ! C'est une première dans l'histoire de l'Empire ! Que dis-je dans tout l'Orient ! Même les Russes n'ont pas de parlement ! Donc rassure-toi mon jeune ami ! Jamais je ne comploterais contre l'Empire comme aiment à le faire croire mes nombreux détracteurs ! »

Puis le vieux pacha sortit de son gousset une jolie montre finement ornée.

« Oh qu'il est tard ! Bon assez tergiversé ! Laisse-moi te parler de ta mission et nous irons dîner ! »

A ces mots Celâl bey se réinstalla confortablement dans son siège comme pour mieux écouter.

« Donc comme je te l'ai expliqué plus tôt la situation dans l'Est étant critique on a voulu que je m'occupe de l'affaire en personne en ma qualité de grand vizir. De ce fait, j'ai été chargé de désigner un homme de confiance afin d'enquêter sur les circonstances de l'assassinat du commandant du Tabur-ı Mahsusa. Et comme je te l'ai maintes fois rappelé plus tôt, il n'y a pas en ce monde un homme en qui j'ai plus confiance que toi. Il est naturel que mon choix se soit porté aussitôt sur ta personne. Je veux donc que tu te rendes dans l'Est à Kars et que tu fasses la lumière sur toute cette histoire. L'enjeu est grand. Plus grand qu'il n'y paraît. Si les Russes sont bien derrière tout cela, il s'agit de les prendre de court. Si nous arrivons à prouver l'ingérence des russes dans cette affaire alors nous aurons le soutien des grandes puissances et la Russie n'aura d'autre choix que de faire machine arrière. Comme je l'ai dit le temps presse ! Ce n'est qu'une question de temps avant que les Russes n'arrivent. Tu partiras donc demain dès l'aube. Je t'ai pris un billet pour le premier train pour Ankara. Nos lignes de chemins de fer se terminant là-bas tu devras te débrouiller pour rejoindre Kars. Si les communications avec Kars ont repris d'ici là, il te sera aisé de rejoindre une caravane de marchands. Sinon tu verras sur place, mais j'ai entièrement confiance en toi. Bien entendu tu ne devras révéler le contenu de ta mission à personne et je te conseille de rester le plus discret possible durant ton voyage. Porte plutôt tes vêtements civils que ton uniforme d'officier. L'Est est une région dangereuse et instable. Un militaire isolé est toujours une cible de choix. Pour finir voici un dossier qui contient à peu près tout ce que tu dois savoir sur ta mission complétant ce que je viens de te résumer à l'instant. Bien entendu si jamais il doit tomber entre d'autres mains arrange-toi pour le détruire. Voilà c'est à peu près tout. Des questions ? 

– Non, répondit Celâl bey solennellement. »

A cet instant on toqua à la porte.

« Entrez ! hurla Midhat Pacha de très forte voix comme la porte était épaisse »

C'était Servetseza qui annonça à son maître que le dîner était prêt et qu'on avait apprêté la chambre pour leur hôte. Sur ces mots le vizir se leva en invitant son invité à se rendre dans la salle à manger afin d'y dîner.

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Cependant, tout le monde ne partage pas cette vision des choses. Jean-Philippe Dusquenes, aujourd'hui en instance d'être radié de l'Ordre des Médecins, a déclaré dans une interview : "Le stépagore ! Le stépagore, c'est quelque chose de très dangereux. N'écoutez surtout pas les pseudo-experts qui prétendent que le stépagore est une bonne chose. Ils sont payés par le Gouvernment, c'est bien certain. Prétendre que le stépagore, que j'appelle moi-même la "cavanette" [rires] est favorable à la vie humaine est tout simplement stupide. J'ai fait mes recherches dans mon propre laboratoire, figurez-vous, et voici ce que j'y ai trouvé : en réalité, le stépagore est dangereux pour les humains. Lorsque j'ai étudié la chose, j'ai réalisé, après trois heures de recherche, que le marsenat du municat (marsenatum municatum) était totallement citaire, c'est-à-dire que même la resse du stépagore était parave et adminique. Répétez cette phrase dans votre tête : l'achateaux du stépagore peut provoquer l'électue du servatoire de la sécution du tix. La sécution du tix ! Vous réalisez ?! Ces imbéciles veulent provoquer la fin du monde ! Si on leur fait confiance, ce sont les coalites abonales (coalites abonalum) qui autaireront les marasifs du stépagore, ce qui causera, à coup sûr, la mort !"
Si nous apprenons de nouvelles choses au sujet du stépagore, nous vous en informerons rapidement. N'ayez pas peur du stépagore que le tix déribe, il n'est pas dangereux. Cessez de nourrir les théories du complot et de faire naître des rumeurs.
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