Chapitre III : l’Orient-Express

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Le train avait quitté la gare depuis plusieurs heures déjà et traversait actuellement la campagne lorraine dans la pénombre de la nuit. L'intérieur, lui, était très bien éclairé. De grands lustres de cristal projetaient leur lumière sur les riches tapisseries qui habillaient les parois du wagon et les banquettes luxueuses sur lesquelles étaient assis divers passagers.

Celâl Celâleddin bey prenait régulièrement l'Orient-Express lorsqu'il rejoignait son père ambassadeur de l'Empire Ottoman en France depuis Constantinople. Cependant il était toujours aussi surpris par l’hétérogénéité de ses voyageurs. Des gens de toute l'Europe l'empruntaient et ses wagons étaient un véritable microcosme.

Devant Celâl bey se trouvait une famille avec le père, la mère ainsi qu'une fille d'une dizaine d'années. À sa gauche, trois hommes d'affaire allemands jouaient aux cartes en s'esclaffant bruyamment. Derrière eux était assise une jeune fille seule qui devait être à peine majeure. Celâl bey l'examina longuement. Elle avait le teint pâle avec les joues rosées le tout serti de deux grands yeux bleus brillants tel des perles. Son chemisier léger richement orné, sa longue jupe pastel brodée de fines dentelles et son grand chapeau fleuri de part et d'autres duquel dépassaient des anglaises blondes lui donnaient un air de poupée de porcelaine.

« Comme ses parents sont stupides et déraisonnés de laisser une si jeune fille prendre l'Orient-Express seule, pensa-t-il, Surtout qu'elle semble être de bonne famille... Ne savent-ils donc pas que nous nous apprêtons à traverser quelques régions des plus sensibles d'Europe... Pour preuve même s'ils ne le montrent pas tout le monde est armé ici. Bah ! Après tout ce n'est pas comme si c'était mon problème ! Stupides Occidentaux ! »

Sur ces pensées Celâl bey se leva car les hôtesses s'apprêtaient à préparer les couchettes pour la nuit. 

Dans la nuit, le train atteignit l'Empire Allemand. Au matin fût servit un copieux petit-déjeuner et la journée se passa en traversant la Bavière avec une escale à Stuttgart puis à Munich. Là encore certains passagers descendirent d'autres montèrent. Des passagers clandestins furent découverts et expulsés du train à Salzbourg, première étape austro-hongroise. Le soir, on entra en gare de Vienne. C’est ici que la famille descendit. Les hommes d'affaire furent rejoints par des collègues et on fit monter un couple de Tchèques ainsi que trois juifs.

Comme le trajet était long, certains voyageurs avaient commencé à sympathiser et les allées et venues entre wagons se faisaient plus fréquentes. D'un naturel froid et impassible, Celâl bey n'avait engagé la conversation avec personne, pas même avec ce vieil Allemand assis à côté de lui depuis Stuttgart. L'Allemand lui non plus, peut-être par retenue, n'avait pas osé faire le premier pas et il s'était contenté de réagir par quelques sourires aux plaisanteries que se faisaient les hommes d'affaire allemands entre eux. 

À vrai dire Celâl bey s'était en quelque sorte attaché à la jeune fille qui était seule elle aussi. Bien que refusant de se l'admettre, il se sentait un peu responsable d'elle. Il ne pouvait s'empêcher de jeter quelques coups d'oeil afin de s'assurer qu'elle allait bien. Comme par exemple lorsque les trois juifs avaient embarqué et qu'en allant à leur place l'un d'entre eux avait malencontreusement tapé sa valise contre les genoux de la jeune fille. Celâl Celâleddin bey avait bien failli se lever de son siège pour exiger des excuses, mais il s'était retenu en serrant les dents d’irritation.

Le troisième jour, on atteignit les Balkans dans les territoires sous domination ottomane. Il était midi, le train venait de quitter la gare de Niš et on s'apprêtait à servir le déjeuner aux passagers. À quelques kilomètres seulement de Sofia, le train s'arrêta brusquement. Au beau milieu de la campagne rouméliote. Dans ce cadre idyllique entouré de montagnes et de forêts verdoyantes. Certains passagers qui tentaient de deviner ce qu’il se passait, ne manquèrent pas d’apercevoir minarets et clochers pointants à l’unisson par delà les monts luxuriants.

À cause de l’arrêt brutal du train des couverts étaient tombés et des carafes d'eau s’étaient renversées. Un des hommes d'affaires allemand dont la chemise venait d'être tâchée par du vin jura dans sa langue. Les passagers tantôt surpris tantôt énervés ne tenaient plus assis et la confusion générale s'empara du train. Les hôtesses tentaient de rassurer l'assemblée en expliquant que le train avait sûrement dû percuter un animal ou qu'il devait y avoir un quelconque défaut technique mineur.

C'est alors que retentirent trois coups de feu. Tout les passagers furent pris de panique. Les hôtesses même lâchèrent les plateaux qu'elles tenaient et allèrent se réfugier de toutes jambes vers l’avant du train. Les hommes d'affaires se levèrent et sortir de leur veste des revolvers. « Mein Gott ! » s'écria l'Allemand qui était assit à côté de Celâl bey. Un groupe d'une dizaine d'hommes fit irruption dans le wagon. Certains étaient coiffés de vieux turbans d'autre portaient des kalpaks de fourrure grisâtre mais tous étaient armés jusqu'aux dents. Cartouchières pleines de munitions, revolvers glissés dans la ceinture et Winchesters en mains.

« Qu'est-ce donc que cela ? se demanda l'Allemand dans sa langue en essayant de se lever de son siège.

– Des comitadjis... des terroristes bulgares. Restez donc assis, répondit Celâl bey en allemand tout en tirant son voisin afin qu'il reste assis.

– Oh bonté divine ! Vous parlez donc allemand ! s'exclama l'Allemand.

– Oui bien entendu notre instructeur à l'académie militaire était un Prussien. Un certain Gottlieb Pacha. Mais veuillez baisser d'un ton tâchez de ne pas attirer l'attention sur nous, expliqua Celâl bey.

– Oh vous êtes donc un... militaire ! chuchota l'allemand agréablement surpris. »

Celâl bey opina du chef, puis tendant discrètement la main.

« Celâl Celâleddin bey, dit-il pour se présenter.

– Dr. Sigmund Landa, répondit le vieil homme en saisissant la main du jeune homme. 

– Bien docteur maintenant vous allez suivre exactement ce que je vais vous dire... chuchota Celâl bey »

Les comitadjis avançaient lentement dans le wagon. L'un d'entre eux leva la voix dans un turc plus qu'approximatif avec un fort accent bulgare :

« Vous donnez maintenant argent, objets valeur, armes, tout à nous !

– Oh Nein ! Je ne crois pas ! s'écria un des hommes d'affaires qui, suivit de ses collègues, pointa son revolver sur les Bulgares. »

Un des comitadjis se saisit alors violemment de la jeune fille faisant tomber son grand chapeau. 

« Toi sûr maintenant ? demanda le Bulgare en collant son revolver sur la tempe de la jeune fille tout en la serrant très fortement de son bras, Vous jeter armes à terre ! reprit-il en écarquillant ostensiblement les yeux. »

Les Allemands s'exécutèrent en jurant. Tous les passagers se résignèrent à remettre leurs objets de valeurs ainsi qu'à vider leurs porte-feuille dans le sac que tendaient les brigands. Deux des comitadjis approchèrent Celâl bey et le docteur. Ils leurs demandèrent alors d'ouvrir leurs bagages. Le Dr. Landa s'exécuta en premier, ses valises contenaient diverses fioles ainsi que des traités de médecine. Les Bulgares s'en saisirent aussitôt et examinèrent les flacons avec consternation.

« Héhé oui c'est que je suis médecin, expliqua le vieil allemand dans sa langue, Médecin, docteur si vous préférez. Doktor! Moi Doktor ! Moi soigner malade ! Vous comprenez ? »

Ayant compris, les terroristes tirèrent aussitôt le médecin vers eux.

« Doktor ! Toi venir avec nous ! Soigner Ivan ! dirent-ils en pointant celui d'entre-eux qui tenait la jeune fille en otage avant de pousser le médecin vers le reste de la bande. »

Comme la malle que transportait Celâl était assez imposante, les terroristes insistèrent spécialement pour qu'il l'ouvre. Ce qu'il fît après quelques réticences. La malle en question contenait quelques vêtements bien pliés mais par dessus le tout, et c'était ce qui attirait le plus l'intérêt des brigands, un étui en cuir noir qui contenait un revolver Lefaucheux M1858 ainsi qu'un magnifique sabre d'officier dans son fourreau richement décoré. À la vue de ces véritables trésors, l'un des comitadjis interpella un de ses collègues en bulgare qui accourut aussitôt. Ils ordonnèrent alors à Celâl bey de leur remettre ses armes, ce qu'il s'empressa de faire en les tendants de chaque mains vers ses deux interlocuteurs.

Le premier saisit le sabre par le fourreau, cependant, au lieu de le lâcher, le jeune homme tira sa lame sur le côté afin de l'extraire et égorgea le Bulgare tandis que de l'autre main il pressa la gâchette du revolver tirant à travers son étui sur son second adversaire qui s'effondra.

Le docteur dégaina alors un Derringer de sa manche et tira à bout portant sur le comitadji qui tenait la jeune fille en otage. La minuscule balle vînt se loger dans le crâne rasé du Bulgare. Véritable colosse, le bandit eut le temps de se retourner vers son assaillant et de constater sa blessure mortelle avant de s’effondrer sur le plancher du train dans bruit sourd. La mort de celui qu’ils nommaient Ivan, provoqua une véritable panique chez les Bulgares.

Saisissant l'occasion, les hommes d'affaire récupérèrent leurs armes et firent feu sur les comitadjis. Laissant à peine le temps au médecin de tirer la jeune otage par le bras et de se réfugier derrière une banquette avant qu’une fusillade nourrie n’éclatât entre les brigands et les passagers armés. Le docteur tentait tant bien que mal de couvrir la fille en l'amenant en dessous d'une table tandis que les balles fusaient de part et d'autre du wagon, bientôt totalement embaumé par l’odeur de la poudre. La confusion était totale et Celâl bey satisfait de la réussite de son plan, en profita pour se dirigea vers la locomotive afin de libérer le conducteur. 

Arrivé à l'avant du train, il vit le personnel pris en otage par deux comitadjis qui ne manquèrent pas de le repérer et ouvrirent immédiatement le feu. Celâl bey se jeta derrière une des nombreuses caisses qui étaient entreposées dans le dernier wagon avant la locomotive.

Le jeune officier savait que cet abri sommaire ne tiendrait pas longtemps. Les balles pénétraient de plus en plus profondément dans les caisses de bois qui menaçaient à tout instant de se désagréger. Il se devait de trouver une solution et vite. Il regarda son vieux revolver et compris qu’il n’avait pas droit à l’erreur. Il regretta amèrement de ne pas avoir prit le temps de recharger correctement son arme après la petite session de tir à laquelle il avait participé avec ses amis dans le bois de Vincennes la veille de son départ. Sur les six coups que lui autorisait son Lefaucheux, il ne lui en restait plus qu'un. Comment, lui qui était d’ordinaire si prudent et prévoyant avait pu commettre un tel égarement ? Il donnait des leçons de bon sens aux passagers imprudents mais constatait désormais avec amertume que l’erreur était humaine.

Si la situation ne tolérait aucun écart, Celâl bey devait se montrer intuitif. Il devait faire preuve d’intelligence, user de son bon sens. Entre le bourdonnement sourd provoqué par les détonations sans répit des armes à feu et les railleries provocatrices des comitadjis, le jeune officier essayait de se remémorer ce qu’il avait appris à l’école militaire. Mais rien n’y fit. Impossible de se concentrer dans une telle situation. Impossible de se souvenir des préceptes enseigné par son instructeur. La voix autoritaire et pourtant tranchante de son instructeur Prussien lui paraissait désormais vague et lointaine. Était-ce donc ça ? Était-ce ce fameux sentiment contre lequel on l’avait maintes fois mis en garde à l’école ? Ce sentiment qui, au moment le moins opportun frappait, happait le malheureux soldat, l’officier mal préparé au milieu du champs de bataille. Était-il en train de paniquer ?

Devait-il tenter le tout pour le tout et courir sabre à la main vers ses ennemis dans une charge quasi suicidaire ? Non cette solution là était inconcevable, valait-il encore mieux se rendre plutôt que de trouver la mort stupidement.

Ne voyant aucune riposte venir de Celâl bey, les comitadjis s’approchèrent de sa cachette en vu dans finir avec lui. Le chauffeur, retenu en otage jusque là, tira profit de l’inattention de ses agresseurs pour se saisir de la pelle à charbon et porter un violent coup sur l'un des deux Bulgares qui vint s’écraser, la tête ensanglantée sur la rambarde du wagon.

Fou de rage, le second se jeta aussitôt sur l'employé, entraînant une lutte enragée entre les deux hommes. Le hors-la-loi furieux comme pouvait l’être une bête sauvage acculée, tentait d’arracher la pelle des mains du cheminot. C'était là une opportunité inespérée pour Celâl bey. Sabre en main il s'élança vers le Bulgare qui venait de prendre le dessus sur le pauvre chauffeur qu'il éjecta de la locomotive.

Or il était déjà trop tard pour le comitadji. Ne lui laissant pas le temps de récupérer son revolver, Celâl bey lui trancha la main d'un premier coup de sabre. Le brigand vit son membre se détacher de son corps dans une abondante giclée de sang. Il cria atrocement de douleur.

« Mais qui es-tu donc !? s'écria le comitadji. »

N’eut-il finit sa phrase que Celâl bey plongea son sabre dans sa bouche faisant ressortir le bout de sa lame par l'arrière du crâne.

« Je suis Celâl Celâleddin bey fils de Mehmed Çavuş Pacha ! Retenez donc bien mon nom ! s'écria le jeune homme couvert de sang »

À ces mots et pour remercier leur sauveur, les employés du train acclamèrent chaudement Celâl bey. Finalement le jeune officier avait réussi à se sortir de cette fâcheuse situation. Il savait pertinemment qu’il ne devait son salut qu’à la courageuse initiative du chauffeur, qu’il ne manquât pas de remercier chaleureusement.

Pendant ce temps les passagers étaient venus à bout des derniers comitadjis. Aucun des voyageurs ne fut sérieusement blessé et le Dr. Landa sut soigner ceux qui le nécessitaient. Bien que le wagon fût quelque peu endommagé le trajet reprit dès que possible dans la journée après que la garnison locale soit intervenue pour porter assistance.

Bien que cela puisse être une expérience difficile pour le passager non averti. Les attaques de ce genre étaient un des risques auxquels on devait s'attendre en prenant l'Orient-Express. Et elles semblaient se faire de plus en plus courantes depuis le début de la Peste qui avait apporté une certaine instabilité supplémentaire dans cette région déjà réputée sensible.

Le lendemain matin après avoir traversé toute l'Europe et fait face à une attaque de comitadjis bulgares, le train de l'Orient-Express arriva finalement en gare de Sirkeci à Constantinople. Les passagers arrivaient enfin au terme de ce long voyage. Cependant pour Celâl Pacha qui maudissait son inattention en se jurant de plus reproduire une tel égarement, le périple ne faisait que commencer.

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Nous ignorons pour l'instant pourquoi le stépagor est de retour aujourd'hui (et ce, depuis environ deux mois), mais ce qui est certain, selon Clément Verlier, qui pratique toujours : "Le stépagor est exactement comme les colices qu'on trouve sur les vallemands de gardarites. Les colices existent, elles sont là. Alors, oui, bien sûr, elles sont bellionelles, stantes, assadeuses, connates et écondes, mais franchement, cela vous viendrait-il à l'idée de bakhrober les colices ? Non, je ne crois pas, car, bien qu'elles soient tout à fait complises, les colices, comme le stépagor, sont, malgré tout, deux choses parfaitement debreuses et essaires."
Et là, Clément Verlier a un bon argument : le stépagor est debreux. Tout simplement. Un autre expert, Geoffrey Whang, a complété l'affirmation de son collègue Clément Verlier : "Loin d'être dangereux, il est fort probable que le stépagor soit en réalité tout à fait utile à la vie humaine. Si on en croit les nombreuses expériences, le stépagor serait dôté de minuscules liques. Bien sûr, une lique seule ne sert à rien du tout, mais plusieurs liques pourraient recembrer les macies des appressites conferies. Alors, je ne sais pas ce que vous en pensez, mais moi, je trouve que c'est une super bonne nouvelle. Vous imaginez, le nombre de gabricans qui pourraient être londés grace aux dictimes des liques ?! C'est une révolution !"
Cependant, tout le monde ne partage pas cette vision des choses. Jean-Philippe Dusquenes, aujourd'hui en instance d'être radié de l'Ordre des Médecins, a déclaré dans une interview : "Le stépagore ! Le stépagore, c'est quelque chose de très dangereux. N'écoutez surtout pas les pseudo-experts qui prétendent que le stépagore est une bonne chose. Ils sont payés par le Gouvernment, c'est bien certain. Prétendre que le stépagore, que j'appelle moi-même la "cavanette" [rires] est favorable à la vie humaine est tout simplement stupide. J'ai fait mes recherches dans mon propre laboratoire, figurez-vous, et voici ce que j'y ai trouvé : en réalité, le stépagore est dangereux pour les humains. Lorsque j'ai étudié la chose, j'ai réalisé, après trois heures de recherche, que le marsenat du municat (marsenatum municatum) était totallement citaire, c'est-à-dire que même la resse du stépagore était parave et adminique. Répétez cette phrase dans votre tête : l'achateaux du stépagore peut provoquer l'électue du servatoire de la sécution du tix. La sécution du tix ! Vous réalisez ?! Ces imbéciles veulent provoquer la fin du monde ! Si on leur fait confiance, ce sont les coalites abonales (coalites abonalum) qui autaireront les marasifs du stépagore, ce qui causera, à coup sûr, la mort !"
Si nous apprenons de nouvelles choses au sujet du stépagore, nous vous en informerons rapidement. N'ayez pas peur du stépagore que le tix déribe, il n'est pas dangereux. Cessez de nourrir les théories du complot et de faire naître des rumeurs.
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