Pourquoi j'écris ?

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Pourquoi j'écris ?

Pour préciser ma pensée, mon but est de concilier cette "voix intérieure", d'où l'utilisation de la poésie et la réflexion philosophique.

La philosophie ne fait qu'un avec la vie, et rien n'est plus important, rien n'est plus urgent que le bonheur.
Seulement, il n'existe pas un, mais des chemins vers le bonheur : mon objectif (modeste) c'est de faire quelques pas ( 15 ) sur ce chemin;

Le sens de l'écriture, c'est aussi de partager le bonheur, car un bonheur partagé est plus solide, mais c'est à chaque lecteur de choisir de me suivre, ou non !

Il n'y a aucun bonheur sans liberté

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Anne et Julien sont au restaurant. Leur discussion est très animée.


Anne
— Je ne suis pas d'accord avec toi, cette femme ne méritait pas d'aller en prison !


Julien
— Tu plaisantes ! Elle a quand même tué son mari de trois coups de fusil de chasse, dans le dos ! Une solidarité féminine plutôt malvenue dans ce contexte !


Anne
— Oui, mais après avoir subi quarante sept ans de violences conjugales, de menaces de mort, d'abus sexuels sur elle et sur ses filles ! Il a quand même été reconnu qu'elle présentait des syndromes post-traumatiques inhérents aux femmes battues ! Tout cela n'est quand même pas arrivé par hasard.


Julien
— Là n'est pas la question, je ne doute pas de la réalité de son calvaire toutes ces années, mais de là à se faire justice elle-même ! Rien ne peut justifier un tel geste. Si tout le monde en faisait autant, où irait le monde et à quoi servirait la justice ?

Anne
— Non mais, tu t'entends ? Tu crois que c'est aussi simple ? Tu imagines le courage qu'il lui a fallu ? Elle le connaissait depuis l'âge de quinze ans ! Tu ne te dis pas que si la justice avait été moins déficiente, laxiste même toutes ces années, elle ne serait pas allée jusqu'à commettre l'irréparable ?

Julien
— Mais ce n'est pas une excuse ! Ok, elle le connaissait depuis longtemps... Et alors ? Le meurtre en est-il moins odieux pour autant ? Nous sommes dans un État de droit, et non au Far West ! Toute personne doit se soumettre au respect des lois. Figure-toi que c'est la principale caractéristique des régimes démocratiques. Sinon, c'est la porte ouverte à tous les abus !

Anne
— Je suis d'accord avec toi sur ce point. Mais sais-tu que la veille du jour où elle a commis ce crime, son fils avait mis fin à ses jours, ne supportant plus le fait d'être battu ? On peut comprendre le geste de cette mère.

Julien
— Oui, je suis au courant. C'est vraiment très triste, mais en ce qui concerne le meurtre dont nous parlons, ce n'était vraiment pas un cas de légitime défense, comme cela a été plaidé au tribunal par l'avocat de la Défense.

Anne
— Qu'est ce que tu en sais ? Vous, les avocats, on se demande parfois si vous n'avez pas une pierre à la place du coeur. Pour moi, il ne s'agit pas d'autre chose ! Le tuer, signifiait pour elle de ne plus avoir à subir ces violences au quotidien, ne plus craindre pour la vie de sa famille.

Julien
— Mais sa réponse a été disproportionnée ! Prendre trois balles pour avoir donné un coup de poing, c'est un peu cher payé, tu ne trouves pas ?

Anne
— Oui, sur le principe et sans tenir compte du passé violent de cet homme, on peut en effet trouver ce geste disproportionné. Mais je continue à penser malgré tout, qu'elle ne méritait pas ces dix années de prison. Je pense qu'elle avait des circonstances atténuantes et qu'elle aurait même dû être relaxée.

Julien
— Des circonstances atténuantes ! Mais la relaxer aurait été comme donner " un permis légal de tuer " à toutes ces femmes battues. Tu imagines un peu ?

Anne
— Il faut toujours que tu exagères ! Sans aller jusque-là, je suis sûre que ce verdict en aurait calmé plus d'un !

Julien
— Tu ne penses pas ce que tu dis ! Ces hommes sont malades et méritent d'être soignés, comme n'importe qui.

Anne
— Le problème est que dans ce genre de cas de figure, les femmes n'osent pas porter plainte. Elles ont peur de leurs maris et de ne pas être crues si elles vont en parler à la police. Et lorsque parfois, certaines parviennent à franchir le pas, elles peuvent alors être amenées à subir de terribles représailles. Sans compter qu'elles ne peuvent plus rentrer chez elles. Même se tourner vers leurs familles leur est impossible, car leurs maris sauraient alors où aller les chercher. Elles se retrouvent seules dans un total dénuement. Et si elles ont des enfants, c'est encore pire ! Pour toutes ces raisons, beaucoup préfèrent se taire et subir, jusqu'au jour où, parfois, c'est elles que l'on retrouve sans vie et il est trop tard.

Julien
— N'exagère pas ! Aujourd'hui, il existe des structures d'accueil pour les prendre en charge, il y a des psychologues à leur disposition, même au sein des commissariats. Non, je t'assure, subir des violences conjugales n'est plus considéré comme une fatalité de nos jours. Elles ont les moyens de se défendre !

Anne
— Oui, c'est vrai, les choses ont évolué, mais tout cela est encore loin d'être suffisant. Ces structures ne sont pas assez nombreuses et l'anonymat comme la parole des victimes ne sont pas toujours respectés.

Julien
— Évidement, mais pour l'instant, ont-elles d'autres choix ? C'est le silence qui tue et non l'inverse.









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