Chapitre 2

6 minutes de lecture

Le magnifique Sawyer est encore en train de surveiller les environs lorsque Madame Jones s'affaire dans la cuisine.

- Quand vous aurez un moment, il faudra que nous voyons ensemble la façon dont vous voulez tenir la maison, me dit-elle de sa voix terne.

- Comment ça "nous" ? Je suis la nouvelle Madame Grey et moi seule décide à présent. Christian est bien trop primate pour s'occuper de la décoration, des menus etc. Restez à votre place Madame Jones.

Elle reste stoïque, à me regarder de ses yeux à moitié clos. Une pause gênante s'installe, mais je ne flanche pas et ne décroche pas mon regard du sien. Puis elle finit enfin par baisser les yeux. Hmm je pourrais jouir de mon propre pouvoir !

- Que voulez vous manger ce soir, continue-t-elle comme un robot, j'ai fais... du bœuf bourguignon.

- Dégueulasse. Dégagez ce soir, je ferai un truc moi-même.

Une autre pause s'installe puis elle bouge de nouveau. Elle est tellement bizarre cette bonne femme, on croirait réellement une machine humaine. D'un pas lent, elle dépasse le comptoir et sort de la pièce.

- Si vous me cherchez je serai en train de récurer les chiottes. Comme toujours...

Sawyer pouffe de rire en pensant être discret. Non bébé, tout ce que tu feras je le remarquerai. Damn, mais regardez cet étalon la vache ! Pourquoi a-t-il fallu que je me marie en moins de trois mois quelle cruche !

En commençant à cuisiner, je ne cesse de jeter des regards à Sawyer, et je suis absolument ravie de constater qu'il entre dans mon petit jeu. Je décide soudainement de faire une pause et manger une banane, oui, j'en ai très envie.

Le soir, Christian et moi nous retrouvons seuls dans la cuisine, et je lui sers la magnifique pièce de viande que j'ai grillé rien que pour lui. Un homme comme lui a besoin de viande pour ses beaux muscles. Je suis vraiment bizarre : ça m'excite de le voir déchiqueter des morceaux de ses dents blanches. Je crois que je suis encore émoustillée par l'homme de garde.

Et sans que je comprenne comment, nous nous mettons à parler de gosses. Vraiment j'ai même pas compris comment.

- Mais tu voudras des enfants quand même, je demande inquiète.

- Oui. Mais pas tout de suite, je suis en train de bouffer la ça ne voit pas ? Et toi tu me causes de vomi, de caca et de cris insupportables.

- Mais... mais ! Tu en voudras n'est-ce pas ?

- Tu es conne ou bien ? Je viens de dire que oui ! Pour l'instant je ne suis pas prêt à te partager. Avec personne.

Aww, comment résister à de telles paroles ? Je souris de nouveau en me noyant dans ses yeux. Il me tend un morceau de steak piqué par les dents de la fourchette. Avant que je ne le prenne en bouche, il me le retire. Mais quel bougre ! Lorsqu'il me le retend, je me jette dessus.

- AÏE MA JOUE ! je hurle.

Le sang commence à couler à flot.

Le lendemain est une toute autre journée, il est temps de retrouver le travail. Je suis de charmante compagnie puisque Sawyer me suis comme un toutou. Lorsque j'arrive dans le bureau, je suis chamboulée de voir qu'il a été entièrement redécoré. Les vieilles affaires puantes et moches de Jack Hyde ont disparu.

Après avoir fait ma tête faussement choquée, Elizabeth (la meuf du DRH avec une tronche de souris) débarque avec un sourire crispé.

- Ana, on désespérait de vous revoir, dit-elle avec un balai dans le cul.

Ca sonne comme un reproche. Pétasse. Qu'est ce que tu crois ? Une lune de miel épique ça ne dure pas que deux semaines, je vous jure la jalousie...

- Dis donc Liz, j'ai l'impression de m'être trompé de porte.

- Oh oui il fallait bien tout remettre en ordre pour lécher le cul de la nouvelle éditrice.

- Ah ? Et qui est la nouvelle éditrice ?

- Je vous en prie Ana, cessez ce suspense ridicule ! Les spectateurs ne sont pas assez cons pour croire que ça peut être quelqu'un d'autre que vous. Vous avez eu une promotion, évidemment ! Puisque vous êtes la femme du nouveau grand patron, il fallait bien vous embrasser les fesses.

J'allais riposter mais Hannah, une ex collègue entre dans mon bureau. Je croyais lui avoir remit les pendules à l'heure à celle là ! Le pire c'est qu'elle est toute contente de me revoir, elle a oublié tout ce que je lui ai dit ou quoi ?

- Je vous laisse vous installer, reprend Liz, et bonne chance. Mais... tout vous réussit.

Cette dernière pique est vraiment de trop. Est-ce que ce rongeur à conscience que je peux la virer d'un claquement de doigt ? Mais peut-être après cette pie d'Hannah qui commence déjà me gonfler. Ca me ramène au temps où nous étions égales et que je faisais semblant d'être sa pote. Elle ne la fermait jamais. Mais soudain quelque chose attire son regard, et elle se tait enfin. Puis...

- Dis donc, dit-elle d'une voix suave, qui est ce superbe mâle ?

Je suis son regard. AH NON BITCH !

- C'est Sawyer mon garde du corps. Pas touche manouche, il est à moi !

Ses yeux s'ouvrent ronds, puis je deviens rouge comme une pivoine.

- Je veux dire... il ne doit pas être distrait tu comprends, il veille sur moi. Alors t'approche pas. Il faudrait lui trouver une place quelque part.

Hannah pousse un soupire qui pue le cul et continue de le dévisager.

- Ohhh, je sais ou il peut rentrer.

Calme toi Ana, respire. Je dois faire un effort surhumain pour ordonner à ma main de ne pas gifler cette petite putain.

- Un peu de professionnalisme Hannah ! je crie. Je te paie pas pour exhiber tes petites miches, allez au travail ! Va me chercher un café !

Son sourire s'efface et elle reprend un semblant de sérieux. Elle baisse les yeux devant moi, oh oui j'aime ça.

- Bon, heu, la plupart des dossiers n'ont pas bouger. Et il faudra que je change ton adresse mail. Elle est encore à ton nom de jeune fille.

- Laisse comme ça pour le moment, c'est moi qui décide, d'ou tu te permets ? Oh, et je t'ai déjà sommé de me vouvoyer maintenant !

Elle sort en trombe du bureau, n'assumant probablement pas la soufflante que j'étais en train de lui filer. Ceci dit, en sortant, elle ralentit et aguiche Sawyer du regard. OH HELL NO !

Un peu plus tard dans la matinée, j'étais en rendez vous avec un de nos nouveaux auteurs lorsque Christian débarque de nulle part, l'air énervé. Enfin, comme toujours n'est-ce pas.

- Monsieur vous permettez, il faut que je parle à Mademoiselle Steele, tonne Christian de sa voix supérieure.

- Ah non, non, nous n'avons pas finit tous les deux, je rétorque fâchée.

Mon mari bug un instant, surpris par l'ordre que je viens de lui donner. Eh oui chéri, dans ce bureau c'est moi la patronne !

- Heu pas de problème, rétorque l'auteur, je vais aller me prendre un café.

Il sort en trombe et manque de se prendre Sawyer de plein fouet... puis lui fait de l'œil lui aussi. Je n'exagerais pas quand j'expliquais a quel point ce mec est sexy.

- Je t'ai envoyé un mail tout à l'heure, c'est curieux il n'y a pas de Ana Grey chez SIP.

Et voilà c'est ainsi que nous entamons une énième dispute complètement débile, insipide et fade. Comme d'habitude quoi. De nouveau je me fais passer pour la fille indépendante qui a besoin de travailler dans sa vie, il me fallait bien une qualité pour être une héroïne digne de ce nom. Et je lui assure que je dois garder mon identité ici, car les autres pensent déjà que j'ai été pistonnée. Bref, conversation chiante et sans intérêt. Puis d'un claquement de doigt nous nous réconcilions et tombons dans les bras l'un de l'autre. Hmm baiser au travail est un nouveau fantasme à étudier sérieusement. Surtout quand mon garde du corps n'est pas loin.

Le soir en sortant du travail, je retrouve mon prince de mari avec ma limousine de princesse, la vie est trop belle ! Dire qu'avant je n'étais qu'une pouilleuse dont la vie n'a pas été tendre. Tous ces enculés qui se sont foutus de ma gueule au lycée, je pourrais me venger aujourd'hui, d'une façon ou d'une autre. Je pourrais couler leurs familles, les détruire mouahahah ! Moi Ana la moche, je suis la femme la plus puissante de cette ville désormais. Même plus que la femme du maire de Seattle, cette vieille peau est sur le bout.

- Sawyer monte avec Taylor, toi tu montes avec moi, me dit Christian en m'embrassant.

- Sawyer ne vient pas ? Ah merde.

- Comment ça ?

- Non rien ! Je peux conduire ?

- Celle là ? T'es maboule ou quoi ?

J'insiste mais il se montre intransigeant. Ah, quel maniaque mon cinquante nuances. Il me regarde cependant avec un regard différent, quelque chose se trame mais je ne sais pas quoi. Ca ne peut pas être mauvais en tous cas, vu son air guilleret.

- J'ai une belle surprise pour toi bébé.

Je lui souris soudain comme une enfant. Qu'est ce que ce bougre qui peut tout s'offrir pourrait faire comme surprise ? Je suis soudainement prise de frénésie.

- Alors en route.

Annotations

Recommandations

É. de Jacob
Ce recueil ne représente à mes yeux qu'une tentative, car je ne me suis jamais adonné jusqu'ici à l'écriture de la poésie. Il s'agit uniquement d'un exercice visant à me garder alerte en attendant qu'une histoire supplémentaire ne se profile dans les méandres créateurs de mon cerveau.
1602
3564
348
190
É. de Jacob
Bellia avait les foules et le grouillement humain en horreur elle se demandait si cela pouvait être dû à sa peur elle se disait des choses tellement bizarres depuis longtemps du genre le requin du Groenland peut vivre cinq cents ans et des arbres pendant plus de cinq mille ans alors que moi, paraît-il, je ne suis que poussière un tas de molécules à l’espérance de vie éphémère elle se sentait si nulle si dérisoire pataugeant en plein désespoir une ridicule et minuscule étincelle perdue au cœur du feu d’artifices du Big bang originel cette fois-là étendue dans l’herbe fraîche d’un doux soir elle contemplait la Grande Ourse dans le noir et pensait que si elle n’était qu’une poussière elle préférait vivre à l’écart de cette humaine misère en retrait le plus éloigné possible des autres poussières loin de leur folle agitation et désespérance de leurs désillusions et de leurs souffrances soudain une étoile filante traversa l’espace étoilé et aussitôt en elle vibra une luminescence qui implanta dans son âme une parcelle de Divinité lui procurant l’impression d’une renaissance elle ne comprit pas ce qu’il lui arrivait mais elle en ressentit les puissants effets parvenant avec grand peine à
787
1864
138
150
Antoine STOCK
Phénix est un recueil d'histoire se passant dans un même monde.
Le Phénix, cet oiseau légendaire dont le sang rendrait immortel. Ales le vénérait comme Dieu, mais il va partir à sa recherche afin d’obtenir une goutte de son sang afin de soigner sa sœur. Mais sa quête se situe à la fin d'un cycle et le début d'une nouvelle ère. Et Ales va se retrouver mêlé à tous ça, découvrant petit à petit la vérité de son monde. Pourtant, il va apprendre que personne ne connait la vérité.
13
34
543
113

Vous aimez lire MrParodies ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à Scribay !
Sur Scribay, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
0