Chapitre 1

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Je me regarde dans le miroir et le reflet qui m'est offert est désopilant. Je suis toute de blanc vêtue, ma robe traîne derrière moi et un voile recouvre mon visage blafard. Je me souviens comment tout à commencé, comment moi Ana Steele, je me regardais dans le miroir avant d'aller rencontrer l'homme le plus important de Seattle. Cet ancien reflet peut paraître différent : une fille coincée et affublée de tics qui se fringue avec des guenilles.

Et aujourd'hui, je vois une autre personne, une jeune femme sur le point de se marier. Une femme bientôt riche qui se tape le mec le plus sexy du pays, une femme bien fringuée, une femme avec un bon boulot. Jamais je n'aurais cru que je deviendrais cette femme, celle que je vois dans le miroir. Au fond j'aime penser que je suis toujours la même, après tout mes gros yeux globuleux sont toujours flippants, et j'ai toujours cette foutue frange dégueulasse. J'aurais bien opté pour l'originalité le jour de mon mariage, mais je n'ai pas envie d'effrayer les invités avec mon front, et puis au moins, j'ai eu des boniches pour me coiffer. Terminé les combats avec ma crinière intenable : je pourrais me payer des assistants pour tout et n'importe quoi.

Le stresse est à son comble lorsque je retrouve mon bien aimé devant l'hôtel. Il est beau, il est fort, il est autoritaire, il est fabuleux, il est parfait. Christian sourit comme un enfant lorsqu'il soulève le voile de ma tête, et je m'empourpre en imaginant ce que l'assemblée qui me fixe est en train de penser. Christian échange son consentement sans me lâcher des yeux, puis il finit par glisser un anneau à mon doigt, un anneau qui nous a coûté une blinde évidemment.

Je prends une bonne respiration et débite le speech de mon propre consentement. Je promets de l'aimer, et de le chérir dans la santé comme dans la maladie, bla bla bla vous connaissez ces conneries. Cette abrutie de Kate Kavanagh se pointe un poil en retard pour me présenter la bague de Christian, mais quel cas soc' celle là ! Elle n'en manque pas une ! Je hume le parfum du mur de roses blanches derrière nous pour m'apaiser, puis j'enfile sa bague au doigt princier de Monsieur. Oui... princier, j'aurai peut-être trouvé mon prince charmant après tout, digne de mes Disney adorés. Toutes mes peurs, mes inquiétudes sur notre avenir, sur les besoins de mon promis, tout s'envole au moment même ou je dis "oui".

Il est miens et je suis sienne, nous sommes liés à jamais. Nous nous embrassons devant une salve d'applaudissements que je n'entends même pas. En revanche je ne peux pas passer à côté du cri strident que pousse Kate :

- Y'A DES APÉRICUBES !

La continuité de la fête se poursuit dans la bonne humeur, je remercie la famille – heu, notre famille, nos amis et même des gens que je ne connais même pas. Après que Kate nous ait offert un pathétique numéro de tecktonic sur la piste de danse, les musiciens décident enfin de passer un slow, il était temps c'est mon mariage merde, maintenant que je peux, il faudra que je pense à les virer ceux-là. Christian prend ma main et me fait tourbillonner jusqu'au milieu de la salle. Nous sommes vite rejoint par Grace et Carrick. Celui-ci tangue déjà sous les effets de l'alcool, et Grace me dévisage avec envie. Cette vieille peau a toujours été bizarre avec moi et avec son fils. On dirait qu'en grandissant, Christian a finit par taper dans l'œil de sa fausse mère. Tandis que nous valsons, le couple de vieux se rapproche de nous.

- Très belle réception Drizella, heureusement que je me suis occupée de tout, me dit Grace en dansant piètrement.

- Moi c'est Anastasia !

Je vois cette perruche de Mia, cette horrible mère de Carla, mon soi-disant père Ray, mon "ami" José Rodriguez de la Merguez, Eliott, et je vois même Ethan le frère de Kate. Ah ben non pardon, il se fait zapper dans les films, désolée. Je vois également Kate boire à même la bouche dans la fontaine de chocolat, sous les regards interloqués des invités.

Au cours de la fête, j'entends Christian m'interpeller.

- Mme Grey ?

J'ai un beug, et ma bouche s'ouvre grand. Voilà qui m'a prit de court.

- ... c'est moi, dis-je avec un sourire.

- Il est temps de bouger, j'en ai marre de te partager avec la populace. Et en plus j'ai très envie de te passer dessus comme un camion.

Mon entrejambe s'enflamme aussitôt, j'avais attendu ça toute la journée, la pression a besoin de tomber. Nous nous enfuyons sous l'arche sous une salve de riz qui nous tombe sur la tête. En sortant les paparazzis nous aveuglent de leurs flashs, les bâtards, un peu de respect merde ! Tout le monde crie nos prénoms, chahute, rit aux éclats, c'était un mariage parfait.

Avant de monter dans la luxueuse limousine, je me retourne et lance mon bouquet de roses blanches. La pièce florale atterrit directement dans les mains non preneuses de Eliott Grey. Kate se met à rire si fort que les fenêtres en tremblent. Mon pauvre gars, bon courage et RIP d'avance. Il jette le bouquet dans les mains de sa sœur Mia.

- Regardez c'est moi qui l'ai eu ? Qui va m'épouser ?! Je suis tellement seule, n'importe qui s'il vous plaît ! Je n'ai pas mes règles en ce moment, c'est maintenant ou jamais !

- Mia eat my pussy !

Tiens, la copine étrangère de Mia était de retour. Nous montons dans le véhicule puis emmerdons le monde entier.

Nous prenons l'avion, nous baisons, nous allons à Paris, nous baisons, nous visitons de prestigieux musés, nous baisons, nous allons voir de grandes pièces de théâtre, nous baisons, nous faisons du vélo sous l'arc de triomphe et puis nous baisons. Encore et encore. La vie devient absolument parfaite, sans soucis. Il m'offre un bracelet à un million avec pleins de breloques dégueulasses, il a vraiment des goûts de merde, il a cru que j'étais une gamine ou quoi. Dans les breloques se trouve une tour eiffel en argent, pleins d'autres trucs, et même une bite... en argent également. Quel romantique mon cinquante nuances.

Nous avons fini par atterrir à Nice, et nous sommes déjà en train de se dorer la pilule sur la plage.

- Tu me mets de la crème sur le dos s'il te plait, demandé-je à mon mari.

- Si tu insistes.

Il pousse les bretelles de mon maillot mais je lui demande de l'enlever complètement.

- Tu es conne ma pauvre femme, c'est hors de question. Tu en montres déjà bien assez.

- Tu es con mon pauvre homme, je suis plus couverte que toutes les autres femmes ici.

Christian finit par aller nager, et lorsqu'il revient il m'engueule car j'ai enlevé mon haut et que je me suis endormie sur le dos. Mmmh jaloux chaton ? J'aime. Bref on continue de s'engueuler pour des conneries, on commence bien notre vie de mariés. Le soir cependant, l'atmosphère se réchauffe. Je suis de nouveau à me regarder dans un grand miroir pendant que Christian me tresse les cheveux. Qui dit cheveux tressés dit baise torride. Je ne sais toujours pas pourquoi, c'est juste une habitude dérangée de mon mari dérangé.

- Vous avez encore désobéi Mme Grey, que vais-je devoir faire...

- Vous y habituer.

- Ce n'est pas mon genre.

Il m'embrasse le cou et la surface de ma peau se recouvre de frissons. J'ai beau être Ana Grey aujourd'hui, mais les habitudes sont tenaces, et je manque de jouir déjà, rien que pour ça. Il me pousse sur le lit, et m'attache les deux poignets et les deux chevilles au lit à l'aide de menottes. Il allonge son corps nu sur le miens, le salop a du manger trop de gâteau au mariage !

- Tu m'aimes ? me demande-t-il avec sa voix qui pue le cul.

- Tu sais très bien que je t'aime, dis-je de ma respiration saccadée.

- Alors pourquoi tu désobéis ?

- Parce que je le peux !

Il s'enfonce en moi comme une bête et je crie de toute ma gorge.

Pour quelqu'un qui détestait les mots « je t'aime » il n'y a pas quelques semaines de cela, je le trouve bien demandeur maintenant. Nous nous le répétons constamment, et chaque fois est plus magique que la précédente. Après notre baise torride nous recevons un appel vidéo de Ros la lesbienne, un des bras droits de Christian.

Elle nous informe que Grey Enterprises Inc. a subit un incendie criminel, et sur la vidéo de surveillance je reconnais ce connard de Jack Hyde sous cette casquette ridicule. Mon ancien patron (après que je lui pique le poste hi hi) et prédateur sexuel avait pété complètement un câble et avait tenté de me violer.

- Ros, dit Christian, faites un rapport et envoyez-le à Andrea. Mais arrêtez vos approches, c'est une femme mariée pigé.

Puis il coupe la conversation.

- Mais pourquoi Jack ferait ça enfin c'est dingue !

Je vois à son air faussement dramatique qu'il me cache quelque chose, et je parviens à lui tirer les vers du nez : il est fort probable que son crash d'hélicoptère n'était pas un accident. Puis il m'annonce... qu'il faut rentrer. Merde alors, adieu les cocktails divins. Retour à la réalité. En même temps de quoi je me plains, j'ai une vie de princesse maintenant lol !

Plusieurs heures étaient passées, et lorsque nous entrons à l'Escala, nous sommes accueillis par Taylor, Mme Jones la bonniche, une meuf inconnue, et un autre gars super canon que je ne connais pas également. Mais genre quand je dis canon je ne blague pas. Miam j'en oublierais que je suis mariée. Dommage. Il approche et me serre la main, j'en suis toute retournée.

- Je suis Sawyer Madame. Et voici ma collègue Prescott.

Je m'en fou de ta poulette bébé, continue de me regarder avec tes yeux bleu océan. Je vais fondre sur place.

- Ils seront responsables de ta sécurité, m'informe Christian dont j'avais oublié la présence.

- Oh donc Monsieur ne va pas me lâcher ? D'accord, oui fort bien, aucun problème.

- Ne vous inquiétez pas, vous ne remarquerez même pas ma présence.

- Ça m'étonnerait, dis-je d'une voix assurée.

Gail n'avait pas bronché depuis notre arrivée, ses paupières sont toujours à moitié closes. Puis soudain elle s'allume comme un robot.

- Vous voulez que j'aille vous faire à bouffer comme toujours ?

- Pas pour moi Madame Jones, mais faites un thé à ma femme.

- Pas de problème, je serai dans la cuisine, comme toujours...

Je la suis comme un petit chien. Christian monte à l'étage, Taylor et Prescott descendent au garage et Monsieur Canon se pose discrètement non loin de moi. Cool, j'aime bien sa compagnie, il a l'air très sympa ah ah.

Tout le monde est à mes ordres, c'est tellement bon, je suis la reine des lieux. Je m'y habituerai très vite. Rien ne peut plus perturber mon bonheur...

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