13.1 Les véritables scouts

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Un sentiment d'appréhension me submergea pendant que nous marchions vers la forêt de pins. Je dévisageais mes partenaires, me promettant de faire de mon mieux pour ne pas les entraîner vers d'autres dangers, comme dans la grotte.

Alors que nous nous enfoncions de plus en plus depuis une bonne heure, Bertrand stoppa net.

— On est bête, on aurait pu prendre le goûter, lança-t-il.

— Arrête de penser avec ton ventre, répondit Axel.

— Oui et bien justement lorsque je commence à réfléchir avec mon estomac, j’ai ma tête qui ne fonctionne plus, expliqua Bertrand en se tournant vers Aimé, hilare. Non, sans commentaire...

— Ah, non ! s'exclama Aimé. Je ne l’ai même pas pensé.

— Oui, c’est ça… Tu n’as même pas pensé que de toute façon, j’étais bête sans avoir faim. Je ne te crois pas.

— Ah non ! Je riais d'avance, car je savais que tu allais ressortir le coup du : « Comme Bertrand, il est bête », railla-t-il en imitant Bertrand. T’es, vraiment, trop prévisible !

— Ah ouais… Et celle-là, tu l’avais prévu ! s’exclama Bertrand avant de mimer une gifle.

— Aussi ! se moqua-t-il.

Bertrand, vexé, prit la tête de la marche et accéléra.

— Mais attends ! Je te taquine...

Nous forçâmes le pas pour ne pas nous faire distancer. Mais au bout de quelques mètres, Bertrand trébucha. Nous nous précipitâmes.

— Stop ! cria-t-il. Trop tard…

Le sol se déroba sous mes pieds. Nous chutâmes dans un trou profond d’environ un mètre cinquante.

— Tout va bien, je n’ai rien, informa Axel, alors que j’essayais de me dépêtrer du filet et des tiges de bambou, placés là sciemment.

— Ouais et bien bouge ! Car tu m’écrases, lui répondit Bertrand.

— C’est quoi ce délire ? lança Aimé.

Soudain, j’entendis un grondement à l’extérieur du trou. Je reconnus alors le bruit qui nous avait fait détaler dans la forêt, le premier jour de notre arrivée. Des formes hirsutes marron tambourinaient sur des jerricans. Axel lâcha un cri d’effroi.

— Des trolls !

— Macarel ! Ce sont ces enfoirés, lança Bertrand.

— Hé ! Mais je les reconnais, ils étaient avec l’autre ce matin au camp, s'exclama l’un des assaillants, avant de retirer son masque en toile de jute.

— On a chopé des espions, hurlait l’un.

— Ils vont morfler, ces salauds, cria un autre.

— Les vrais scouts… champions !... Le reste, c’est du bidon ! s’écriaient encore d’autres.

Bertrand se hissa hors du trou sous les huées et nous aida à sortir. Une fois à l'extérieur, une vingtaine de surexcités, affublés de toiles de jute, nous encerclèrent.

— On aurait pu se péter une jambe, enragea Bertrand.

Il tenta de se jeter sur le jeune qui nous avait reconnus, mais il fut plaqué au sol par une dizaine de scouts avant qu’il ne puisse l’atteindre. Je me fis ceinturer par plusieurs autres, qui m’attachèrent les mains dans le dos et me mirent un sac de toile sur la tête.

— Avance, me cria l’un d’eux, tout en me poussant.

Je fis quelques pas, trébuchai et m’étalai à terre. Deux personnes me relevèrent sans ménagement et me guidèrent. Pendant que je continuais à marcher à l'aveugle, j’entendais Bertrand vociférer.

— Les gars, vous êtes là ? cria Axel apeuré.

— Oui, répondis-je.

Un coup de bâton s'abattit entre mes omoplates.

— La ferme ! s’écria celui qui m'avait frappé.

Pierre et Aimé manifestèrent leur présence, Bertrand, quant à lui, continuait à pester de plus belle. Même si un peu de lumière filtrait au travers du tissu, ce n’était qu’un balai d’ombre à mes yeux. Je remarquai au bruit de mes pas étouffés que nous avions quitté le chemin, et les quelques branches qui se brisaient sous mes pieds me permirent de déduire que nous coupions à travers bois.

— À genoux ! me cria-t-on en me poussant à la renverse.

Couché sur le ventre, les mains toujours attachées dans le dos, je peinais à me relever. Lorsque je réussis enfin à me redresser, on m’ôta le sac de la tête. Axel, Aimé et Pierre étaient à mes côtés. Bertrand, ficelé de la tête aux pieds, était allongé et se tortillait comme un ver, invectivant ceux qui s'approchaient de lui. Nous nous trouvions au milieu d’une petite clairière entourée de plusieurs cabanes faites de branches.

— Macarel ! Attendez que je vous chope ! s’époumonait Bertrand, tout en continuant à se débattre.

Des coups de sifflet retentirent. Je me retournai, et vis un jeune, mince et grand, qui s’approchait de nous. Il était torse nu avec un short beige et un foulard fait de toile de jute. Ses sifflements avaient initié une grande agitation. Des scouts sortaient de toutes parts. Il me fallut quelques instants pour me rendre compte qu’il s’agissait d’un appel à rassemblement, et qu'ils se positionnaient tous en carré autour de nous. Alors que la formation s’installait, celui qui l'avait lancé tenait un bâton qu’il cognait machinalement sur la paume de l’autre main.

— Scout toujours ! cria le jeune au sifflet.

— Prêt pour te servir ! lui répondirent-ils en cœur.

— C'est plutôt : « pour servir son prochain », répliqua Axel.

— Ce n’est vraiment pas le moment, lui murmura Pierre en le gratifiant d’un coup de coude pour le faire taire.

— Qui sont-ils ? demanda le jeune au sifflet.

— Ce sont des espions, chef Boris, précisa un des scouts.

— Ce n’est pas vrai... un autre Boris ! soupira Aimé.

Il reçut un coup de bâton dans le dos en réponse.

— Ça t’amuse ? cria son assaillant.

— D’habitude, je suis plutôt partisan de la non-violence, Man. Mais là, si tu veux, je peux faire une exception rien que pour toi, menaça Aimé en lui adressant un regard noir.

— Non… Non… On reste calme, lançai-je. Nous sommes venus pour récupérer Christophe, un membre de notre équipe. Nous pensons qu’il est ici.

— Et bien, tu as raison, acquiesça Boris. Christophe m'a rejoint. Où est-il, au fait ?

— Il est à la corvée de bois, expliqua un jeune scout.

— Va me le chercher !

— Tout de suite chef Boris ! répondit-il en esquissant un rapide garde-à-vous.

— Le scout est loyal et obéi au chef, voilà une notion qui vous est complètement étrangère, nous lança Boris, ironique.

— Attends. Non, surtout ne me dis pas. Je parie que c’est toi le chef ? demanda Aimé.

— Et que c’est toi qui as fixé cette règle ? renchérit Pierre.

— C’est la loi des scouts ! cria l’un des jeunes.

— Ouais ! Ouais ! répondit d’un ton blasé Aimé. Ce serait plutôt sa loi des scouts.

— Il faut obéir à son chef, car le chef est pur, dans ses pensées, ses paroles et ses actes. Lança un autre.

— Ce n’est pas tout à fait ça, rectifia Axel. C’est plutôt : « le scout est pur et… »

Il n’eut pas le temps de finir la phrase que les jeunes se mirent tous à le huer. Boris leva le bras, et le silence retomba.

— Voilà, lança-t-il, ceux qui pervertissent la vérité pour que nous les vrais scouts restions prisonniers en ces terres. Mais moi, je vous l’annonce haut et fort. Moi, votre chef, je vous libérerai, hurla-t-il en brandissant le bâton qu’il tenait à la main.

À ces mots, une clameur monta dans la clairière. Il leva à nouveau le bras, et le silence s’installa.

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