Le consentement

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Ma première expérience intime a été une véritable catastrophe. Principalement à cause d’une multiplication d’erreurs. La première a été de le faire avec un ami, et non un amoureux. Ce qui fait une grande différence. Nous avons cru qu’avoir notre première fois ensemble souderait nos liens. Ce qui n’a pas du tout été le cas. La seconde a été l’absence de désir. En y repensant, je me suis souvenu de la notion de consentement. Et j’ai réalisé que je n’avais pas du tout été consentante.

Je ne sais plus l’âge que j’avais à l’époque. Je ne tiens pas particulièrement à m’en souvenir, et ce n’est pas le plus important. Tout a commencé de façon idiote. Je lui avais raconté un rêve que j’avais fait dans lequel nous passions tous les deux à l’acte. Nous en avons reparlé, et l’idée a finit par faire son chemin. Par la suite, nous avons plus ou moins simulé l’acte, sans aller jusqu’au bout. Je garde un bon souvenir de ce moment-là. C’était plutôt beau et intense. Malgré cela, j’étais réticente à aller plus loin. Il a beaucoup insisté. Un jour, alors que nous étions tous les deux dans sa chambre, sur son lit, il a insisté une dernière fois. Et c’est là que j’ai cédé, et que je lui ai dit "allez viens". Ce n’était même pas un "oui". C’était plutôt le seul moyen que j’avais pour qu’il arrête de me le demander. Je n’en avais pas envie. Je ne suis pas sûre d’avoir eu au moins une fois du désir pour lui.

Nous nous sommes donc vite retrouvés dénudés. Puis, au moment fatidique, il n’y est pas arrive. Il a essayé plusieurs fois, mais rien n’a fonctionné. Je n’ai pas été surprise de la tournure que prenaient les choses. Dès le départ, rien n’allait. Cela n’avait rien à voir avec la dernière fois. Tout était mécanique, sans réelle tendresse ni envie. À l’opposé de ce que doivent être les choses dans ce genre de moments. Le faire avec un ami n’est jamais une bonne idée. Sans sentiments ni désir cela ne sert à rien. On ne parle pas assez du consentement. Pourtant ce n’est pas un simple mot. Il y a encore trop de situations comme celle-ci, où on accepte non pas par envie mais par nécessité. Pour que l’autre nous laisse tranquille et pour avoir la paix. On se laisse trop souvent avoir par des supplications ou du chantage. Ce qui est incompatible avec l’acte en lui-même.

Je ne lui en veux pas du tout. C’est aussi en partie de ma faute. Nous étions jeunes, et nous avons réellement cru que ça allait renforcer notre amitié. À la place, cela a été un fiasco total et un moment gênant pour tous les deux. Aujourd’hui encore, je ne suis pas sûre que ça compte comme première fois.

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