Je venais d'avoir dix-huit ans

Une minute de lecture

Je venais d'avoir dix-huit ans. Nous habitions à côté d'un couple plus âgé que mes parents fréquentaient. Nous les connaissions bien. Un jour je me suis retrouvée seule avec le mari. De mémoire il s'est toujours montré gentil avec moi. Il a fait une plaisanterie sur ma poitrine en l'effleurant. Je suis revenue plus tard en me retrouvant une fois de plus avec lui. Il a abordé le sujet en m'expliquant qu'il plaisantait et que comme j'avais grandi mes seins se voyaient plus. Il a continué en disant qu'il ne voulait pas faire l'amour avec moi, qu'il aimait simplement ça. Il m'a approché et m'a demandé si il pouvait poser sa tête dessus. Ce qu'il a fait. Puis il m'a demandé si il pouvait les toucher. Lorsque j'ai senti ses mains se glisser sous mon vêtement j'ai dit en vitesse non. Plus tard j'ai entendu ma mère dire à mon père "il a essayé de me toucher les seins".

Je ne sais pas pourquoi je n'ai rien dit, pourquoi je l'ai laissé poser sa tête sur ma poitrine. J'étais une gamine de 18 ans naïve et stupide, comme on peut l'être à cet age-là. Mais je sais que ce n'est pas une excuse valable. Je sais que je m'en voudrai toute ma vie de l'avoir laissé aller aussi loin.

J'ai montré ce texte à quelques personnes qui m'ont tous répondu la même chose : "pourquoi tu n'as rien dit?" Comme si il était facile d'avouer qu'on a laissé faire.

Je partage cette histoire pour que ceux qui la lisent ne fassent pas la même erreur que moi, celle d'attendre 10 ans pour en parler. Même si la culpabilité est là le bourreau est le seul responsable. L'abus n'est en aucun cas excusable. Votre corps n'appartient qu'à vous seul. N'oubliez pas.

Annotations

Vous aimez lire stonequaffle19 ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à Scribay !
Sur Scribay, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
0