42. Jouissance

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Vendredi soir, la paperasse ne parvient plus à occuper mon esprit. Les minutes semblent ralentir, le travail n’avance pas. Je commence me dire que je ferais mieux de rentrer quand on frappe à la porte.

— Entrez !

À ma grande surprise, Giulia apparaît, vêtue dans un tailleur noir des plus classe.

— Surprise !

Elle ferme la porte derrière-elle. Je trotte jusqu’à elle et l’embrasse sauvagement. Elle se retrouve plaquée dos au mur, et mes doigts remontent sa jupe le long de sa cuisse. Je lui avoue à souffle perdu :

— Deux semaines ! C’est trop long deux semaines !

— C’est pourquoi j’ai pris un RTT.

— Génial !

— Je voulais voir ta secrétaire.

— Comptable.

— C’est pareil.

— Si tu l’appelles, et que tu lui dis de se déshabiller, elle le fera ?

— T’es jalouse et curieuse, constaté-je.

— Oui, et amoureuse. Elle vient, si elle est à mon gout, j’ai peut-être une idée de gage qui devrait te plaire.

— Ah ?

— Oui.

— Et ?

— Et ?

— Et c’est quoi ?

— Tu verras.

— Tu sais bien que je n’aime pas ne pas savoir.

— C’est pour ça que ça m’amuse un peu.

Je torpille Giulia de mon œil vert, mais elle conserve un sourire narquois et énigmatique. Confiante est curieuse, je vérifie à travers le mur la présence de Clémence. Je tends la main vers le téléphone et compose son numéro de poste. Je la regarde décrocher.

— Oui ?

— Toujours envie d’un gage ? — Elle ne répond pas. — Peux-tu venir ?

Elle se lève, toque timidement à la porte.

— Entre.

D’un coup d’œil surpris, elle remarque Giulia, mais elle ferme tout de même la porte à clé. Elle s’avance, puis s’immobilise avec une précision millimétrée, à mi-chemin entre la porte et le bureau. Elle garde les épaules droites, les yeux vers le sol.

— Je te présente Giulia. Elle a peut-être quelque chose pour toi. Si tu es à son gout.

— Ça me va.

Je m’adosse au bureau, laissant Clémence entre les mains de ma belle Italienne. Voir ma belle brune tourner comme un faucon autour d’une souris est quelque chose de très excitant. Giulia a une personnalité forte, sûre d’elle, pour laquelle j’ai une certaine admiration. Elle est comme une panthère, joueuse et libre de tout. Elle s’assure tout de même :

— Ça te déplaît que ça soit moi ?

— Non, Madame.

— Déshabille-toi, que je puis te voir en vrai.

Clémence exécute, déchaussant d’abord ses talons, puis pliant soigneusement ses vêtements, jusqu’ à être en sous-vêtements. Elle reste fière, le visage froid. Elle baisse sa culotte de dentelle puis dégrafe son soutien-gorge. J’ai toujours été satisfaite de ma poitrine, pourtant je lui envie d’avoir cette poitrine ferme et ronde, pointant avec arrogance comme si la pesanteur lui était inconnue. Giulia, en passant derrière elle, ne la regarde pas. C’est moi qu’elle observe et surprend dans ma contemplation. Son regard pétille dans le jeu, et fait une moue d’un air de dire que Clémence est pas mal, puis sans prévenir plaque ses deux mains sur les fesses charnues et les masse doucement. Elle ne me lâche pas du regard, cherchant à y lire la jalousie. Puis, elle glisse ses doigts à l’intérieur des cuisses. Face à moi, la lèvre inférieure de Clémence tremble d’un trouble exquis. Giliua continue ses caresses en remontant de la raie culière vers les creux du dos. Giulia passe ses mains sur les hanches de Clémence, brûle son ventre par de simples caresses autour du nombril, puis de remonter vers la poitrine. Il ne fait nul doute aux battements de cœurs de Clémence que son imagination s’enflamme. Giulia palpe avec fascination le torse gonflé, fait s’assombrir les aréoles et durcir au mieux les tétons. Les paupières de Clémence s’entreferment, trahissent le plaisir de ces préliminaires. À fleur d’ongles, Giulia parcoure tout son épiderme, puis lorsqu’elle la sent bouillonnante, elle s’arrête.

— Bien. Pas bouger.

Giulia avance vers moi, puis fait glisser ma veste de mes épaules.

— Prête à jouer ?

J’opine du menton.

— Tu me déshabilles ?

Giulia déboutonne mon chemisier alors je fais de même, tandis que Clémence reste immobile à quelques pas de nous. Une fois nos épaules mises à nues, Giulia défait ma ceinture. Je sauve mes jambes du pantalon et fais tomber sa jupe au bas de ses escarpins. Giulia en ensemble de dentelle noire se baisse pour la ramasser et me laisse en chaussures dépareillées, string et soutien-gorge ocres et violets face à la comptable. Les phalanges de Giulia reviennent vers moi, se perdent dans les méandres de mon tatouage. Elle demande à Clémence :

— Elle est belle, non ?

— Oui.

— Enlève-lui son soutif.

Un peu timide et tremblante, Clémence s’approche de moi pour passer ses bras de part et d’autres de mes côtes et détacher mon soutien-gorge. Ses seins effleurent ma peau malgré elle. Son embarras se devine tandis que des pulsations lourdes fourmillent dans mon ventre. Contre toute attente, Giulia me fait un cadeau en lui ordonnant :

— Embrasse ses seins.

Guidée par la main de Giulia dans ses cheveux, Clémence enveloppe délicatement mon téton de sa bouche. Sa langue le palpe délicatement, ses lèvres l’aspirent avant de passer à mon mamelon tatoué. Mes seins se transforment, se gonflent au maximum. J’envoie un soupir de remerciement à direction de Giulia. Mon amante enlève son propre soutien et guide le visage de Clémence vers son sein.

Voir Giulia se faire lécher dans mon bureau est une scène surréaliste. La jalousie reste de côté car je sais qu’aucun sentiment n’interfère dans le jeu. A contrario, le plaisir de Giulia m’excite incroyablement. Elle susurre un nouvel ordre :

— Enlève-nous le bas.

Ma compagne libère Clémence qui vient alors descendre mon string, puis le tanga de Giulia. La belle Italienne reste adossée à mon bureau, sa peau tiède collée contre mon flanc droit, puis elle désigne deux fées sur mon tatouage.

— Tu lui fais ça.

Clémence déglutit d’appréhension avant de s’agenouiller avec soumission. Ses lèvres se posent presque avec aversion sur mon pubis, et la pointe de sa langue le fend.

— Ça te dégoûte ? demandé-je.

Elle ne répond pas et sa bouche bée davantage pour me savourer de toutes ses papilles. Giulia retient ses cheveux en lui murmurant :

— Doucement, vas-y tout doucement, très doucement. Élodie est une fleur rare, très fragile, qui a besoin de beaucoup de douceur pour s’apprivoiser.

Comme guidée par ces mots, Clémence me transmet de la douceur et des baisers plus voluptueux. Lorsqu’un soupire m’échappe, Giulia tire le visage à son sexe :

— Montre-moi comment tu t’y prends.

Ma belle Italienne se faisant lécher, c’est doublement excitant, et ne plus sentir la langue de Clémence sur ma vulve est d’autant plus frustrant. Heureusement, lorsqu’elle sent le plaisir monter trop vite, ma chérie m’offre à nouveau quelques précieuses minutes. Elle alterne ainsi équitablement, assez pour créer de la frustration, assez pour décupler l’envie, assez pour que le plaisir décuple exponentiellement le désir. Giulia, très vite n’en plus elle-même. Les deux mains en appui sur le bureau, incapable de guider notre esclave, elle bêle de plaisir. Clémence prend un malin plaisir à nous faire gémir puis à nous abandonner. Sans relâche, elle passe à l’une, puis à l’autre, jusqu’à l’ultime coup de langue.

Ma belle Italienne cède la première, plante ses doigts autour du crâne de la comptable, puis se crispe en écrasant son visage contre son pubis. Voir tout son corps trembler ainsi, ça termine de m’enflammer. Lorsque Clémence revient à moi, l’orgasme me pourfend au premier coup de langue. Je me liquéfie littéralement sous ses lapements incessants.

Ma chérie me garde étreinte dans ses bras, pendant que Clémence reste à genou en position de soumission, le visage souillé par nos eaux-de-vie.

Lorsque je tourne mes yeux vers elle, ma belle Italienne m’embrasse, et laisse même nos langues jouer quelques secondes. Cependant elle n’oublie pas notre servante, car elle lui ordonne rapidement :

— Allonge-toi sur le bureau.

Clémence s’assoit sur le bois entre mes dossiers, puis une fois mes trombones et post-its balayés, elle descend doucement les épaules pour poser sa tête sur le tapis de souris. Giulia me dit :

— Dans la vie, faut de l’équité.

Nous écartons chacune une cuisse de la comptable, ouvrant son fruit juteux brillant de cyprine. Sous son clitoris rouge saillant, son vagin se contracte, comme s’il était vivant, mue par une inspiration. Giulia, de quelques caresses à l’intérieur de la cuisse, flatte la beauté parfaite de Clémence, juste pour faire durer un peu l’attente. D’un regard entendu, Giulia et moi avançons nos bouches vers son con détrempé. Partageant les lapements, jouant sur l’ensemble de sa vulve, goûtant son nectar et chahutant son rubis, nous lui volons très rapidement des gémissements adorables.

Alternant nos coups de langues, nous faisons jouir à deux la petite comptable en moins de deux minutes.

Nous nous sommes rhabillées sans dire un mot. Giulia ouvre me petit réfrigérateur et je m’approche d’elle pour la remercier à voix basse. Elle se redresse avec une bouteille de champagne. Je l’embrasse sur la joue et lui dis :

— Merci.

— On se boit une flûte.

— On va picoler chez Marion.

— Ouais, mais faut bien remercier l’implication du service comptabilité.

— Je croyais que t’étais jalouse ?

— Bien sûr. Je n’avais pas envie que tu fasses des choses sans moi. Mais je n’ai rien contre un plan à trois.

— Dire que tu te disais hétéro, me moquai-je.

— Que veux-tu, j’ai fini par y prendre goût.

Elle se déplace vers Clémence et me répond à haute voix.

— En vrai, je voulais te faire plaisir. Champagne ?

Clémence hésite.

— Vas-y, je me fais un whisky, dis-je.

Giulia pose deux flûtes tandis que je me remplis un verre de Port Charlotte. Giulia lève son verre, s’appuie sur mon bureau et poursuit :

— Disons qu’avant de te rencontrer, je ne m’étais jamais posé la question. Les hommes patients n’existant pas, il a bien fallu me remettre en question. Mais jusqu’à ce fameux kebab, je pensais qu’amour est égal un homme plus une femme.

— C’est le kebab qui t’a fait réfléchir ou la douche ?

— La douche ce n’était qu’une étincelle. C’est toi, les doigts gras de frites, le regard continuant à me déshabiller, et tes mots si convaincants qui m’ont… Bim ! Élodie t’a raconté notre rencontre ? — Clémence secoue la tête. — On s’est mis sur la gueule, elle m’a mordu la joue et puis elle a essayé de me violer dans les vestiaires. Je l’ai laissée faire, elle m’a invitée un manger un kebab, et elle a emménagé chez moi. Le tout en quelques heures.

— C’est ce qu’on appelle un coup de foudre, sourit Clémence.

— Maintenant dis-nous. Ça t’a plu ?

Elle hoche de la tête, boit une gorgée de champagne puis hasarde :

— Si vous êtes d’accord. Je recommencerai bien. Les yeux bandés, ou attachée, avec des contraintes, des petits étouffements.

Giulia l’interrompt d’un ton glacial :

— Non. C’était un one-shot.

Clémence détourne les yeux vers moi pour partager son malaise, mais je défends ma compagne.

— Je préfère aussi que ça reste quelque chose de rare. Je sais faire mal, mais qu’à ceux que je déteste.

— Je peux avoir du plaisir à faire souffrir, confie Giulia. Mais pas quelqu’un que j’aime bien. Je ne te connais pas, mais je t’aime bien. Je ne comprends pas comment on peut aimer se faire maltraiter.

— Ne pas avoir à réfléchir, se laisser faire, juste à avoir à obéir et à découvrir les sensations, c’est la liberté.

— Non, c’est l’inverse, corrigea Giulia.

— C’est la liberté de l’esprit. Rien à penser, aucune décision à prendre. Pas de décision, pas de responsabilité, même pas celle du plaisir de l’autre personne. Aucun poids, aucune charge, juste faire ce qu’on me demande.

— Je comprends, dis-je. C’est un moyen de décompression. Ça te vide la tête.

— Aussi.

Giulia ne parvient pas à faire preuve d’empathie, donc elle fait une moue désapprobatrice. Je demande quand même pour sortir du sujet :

— T’as aimé, donc, même sans ces contraintes ?

— Ouais. C’était… époustouflant. Je ne suis pas une lécheuse de chatte expérimentée mais…

— T’as été géniale, la rassuré-je.

— La quelle a meilleure goût ? surenchérit Giulia.

Clémence la désigne, soit par diplomatie, soit peut-être parce qu’un arrière-goût de mes menstruations a gâché l’expérience. Je préfère ne pas demander. Sans tirer à pile-ou-face, je maintiens ma décision ferme de ne pas renouveler l’expérience. Je redeviens la responsable du service, la tête sur les épaules et expose la situation en y apportant mes arguments. Le premier est celui préserver la relation de travail, le seconde est celui préserver l’équilibre avec Giulia. Cette soirée doit rester une parenthèse heureuse dont on gardera un bon souvenir. Après, ça ne sera que de la surenchère, des liens, des sévices, peut-être de plus en plus humiliants ou risqués. Lisant le regard de détresse de Clémence, même si elle parvient à me fendre le cœur, je campe sur mes arguments. Giulia, émue par l’importance que je donne à mes sentiments, reste silencieuse.

Nous nous séparons, après une bise amicale, et avec le souvenir de cette curieuse expérience à trois.

Il est plus tard que prévu quand je me gare dans la petite rue de Marion. Giulia stationne derrière-moi. Elle sourit en descendant :

— Au moins avec une voiture pareille, je ne risquais pas de te perdre.

— Lucas est déjà là, je pense.

J’avance jusqu’à la porte. J’enlace Giulia, hume son parfum léger et épicé, et lui murmure :

— Merci pour le plan à trois.

— Je n’ai pas envie de recommencer. Mais j’ai trouvé ça plus marrant que prévu.

— T’as pas envie de recommencer ?

— Je sais où tu veux en venir. Non, et Marion n’est pas du tout mon genre.

Je l’embrasse passionnément. Je veux qu’elle sente toute l’affection que j’ai pour elle, qu’elle ne se pose aucune question, ni qu’elle s’inquiète de mes sentiments. Sa langue semble avide car elle s’active comme jamais. Son cœur s’emballe. La porte s’ouvre et Marion me demande :

— Vous savez que ce n’est pas interdit de s’embrasser à l’intérieur.

Giulia replace une mèche de cheveux en rougissant et lui sourit :

— Bonsoir Marion.

— Bonsoir Giulia. Bienvenue chez moi.

Elle lui fait la bise. Mon frère s’avance, avec le sourire. J’aimerais tant que Tristan mette à son tour ses idées de côté et accepte ainsi Giulia. Marion voit sa fille toujours assise dans le salon et l’appelle :

— Maëlys !

La petite vient. Elle nous fait la bise et demande :

— T’es Giulia ?

— Oui.

— Comme Maman n’a plus le droit de dormir toute nue avec Élodie, ça veut dire que t’es son amoureuse ?

— Tout à fait, dis-je.

— Et du coup, vous allez dormir toutes nues ?

— Peut-être pas ce soir, élude Giulia.

— Non, parce que vous me dîtes si vous allez faire du bruit.

J’éclate de rire. Marion s’en tient à un sourire un peu confus. Giulia ne s’en formalise pas et chasse le sujet en lâchant :

— Ça sent bon !

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