4. La malédiction d'Icare

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WARNING /!\ : Scène de viol = Thor (seme) / Loki (uke) au début du chapitre.

donc si cela est trop violent, je vous invite à sauter le passage entre les deux WARNING ci dessous, la scène est là pour faire avancer la relation entre Tony, Loki et Thor mais il n'est pas obligatoire de la lire pour comprendre. Je ne tolère en aucun cas cet acte perfide et cruel, cependant je ne la retirerais pas car c'est ainsi que j'ai écris le chapitre il y a quelques années et je considère que je n'ai pas à justifier mon choix.

Merci de votre compréhension :)

/!\ WARNING /!\

Loki rejoignit sa chambre, un sourire narquois aux lèvres. Il pouvait entendre les pas forts de son frère qui le suivait. Il était en colère. Il entra dans la pièce avec la ferme intention d'en rajouter. Décidément, il adorait jouer avec le feu.

Mais quand Thor referma, que dire : claqua la porte à son tour, il arriva quelque chose à laquelle il ne s'attendait pas. Thor attrapa son poignet et tenta de l'attirer à lui mais Loki ne se laissa pas faire. Il était un homme, et cet homme détestait qu'on lui impose les choses. Et Thor pouvait bien être en colère, le haïr autant qu'il le souhaitait, il n'avait aucun compte à lui rendre.

Il lança un crochet du droit en direction du visage du fils d'Odin qui l'esquiva à la dernière minute. Ce dernier saisit le fils de Laufey par les cheveux et le poussa contre un mur. La tête du jeune dieu heurta violemment la surface dure. Il ne sentit rien mais des petits filaments de lumière dansèrent devant ses yeux. Ils avaient beaux être de constitution divine, cela ne les rendait pas immortel pour autant.

Thor n'attendit pas qu'il se remette, il prit le menton de Loki dans sa main et l'embrassa de force, mordant au passage la lèvre inférieure de son demi-frère d'adoption. Du sang coula le long de son menton mais il n'en eut cure. Il passa sa jambe droite entre celles de Loki le forçant à plier les genoux. Son autre bras entoura sa hanche, le rapprochant davantage.

Mais Loki reprit ses esprits et poussa son frère. Thor lâcha prise sous la force de Loki mais ne l'entendit pas de cette façon. Loki lui asséna un coup de poing dans la mâchoire qui fit mouche mais Thor ne broncha pas d'un millimètre. Bien au contraire, son visage de marbre s'assombrit davantage, à tel point qu'on y put lire toute la colère qu'il ressentait. D'un coup que Loki ne vit pas, il frappa le visage de ce dernier avec une telle force qu'il en vacilla pour finalement tomber. Thor se rapprocha de lui et se saisit de ses cheveux d'une poigne de fer. Il leva le visage de Loki vers lui et grogna à son oreille.

« - Je te préviens Loki, ne joue pas à ça ... plus avec moi. ».

Il l'embrassa de nouveau avec plus de force. Leurs dents claquèrent et Loki voulut se défaire encore une fois de la poigne de son frère. Mais malgré sa force divine, Thor renforça sa prise et le plaqua au sol. Loki eut le souffle coupé sous la masse.

« - Arrête Loki, tu sais très bien que tu ne fais pas le poids. »

Oui, il el savait mais il pouvait essayer. Loki n'était pas de ceux qui abandonnait rapidement. S'il le connaissait, il l'aurait su. Le ciel nocturne s'assombrit plus encore et le tonnerre gronda. La pluie se remit à tomber et un éclaire déchira le ciel. Loki put voir une part de son frère qu'il ne connaissait pas. Dans la pièce plongée dans l'obscurité, le visage tordu par la colère , les traits tordus de son frère apparurent grâce à un autre éclaire qui zébra le ciel de New York. Thor maintient son frère au sol alors qu'il défaisait la ceinture de ce dernier et ôtait son pantalon.

« - Thor, arrête ! lança Loki qui commençait sérieusement à trouver la situation dangereuse. »

Mais il ne l'écouta pas. Il le fit taire par un baiser davantage violent, brûlant d'une passion qu'il ne lui connaissait pas. Quand il entendit qu'il ôtait également son vêtement, il paniqua. Il rompit le baiser. La voix brisait par la panique. Emotion qu'il ne connaissait que trop peu pour ne pas lui céder complétement.

« - Mais putain arrête ! Tu vas arrêter oui ! ».

Cela ne servit à rien. Il sentit avec horreur le sexe dur et brulant de son frère contre lui. Ce dernier lui mordillait le cou en grondant. Tandis que Loki psalmodiait des supplications pour que son frère le laisse en paix.

Thor le pénétra sauvagement sans le préparer, ni même le prévenir. Loki gémit de douleur, s'arquant sous son frère. Mais il ne cria pas. Il avait trop de fierté pour montrer sa déchéance. Il contient donc tout son malheur au coeur de ses poumons, les scellant par la seule force de sa vengance qu'il imaginait déjà terrible.

Il pouvait le sentir le déchirer. Thor entama un ballet de va et vient incessant. Il râlait contre son oreille et Loki pleurait en silence sans lâcher une seule larme. Comment la situation avait pu dégénérer à ce point. il savait qu'il avait dépassé les bornes. Il connaissait les sentiments de son "frère" à son égard. Ils n'avaient aucun lien de sang et Thor espérait qu'un jour ils gouvernèrent Asgard ensemble sur le même trône, lié à jamais. Il avait ce droit d'espérer mais jamais il n'aurait dû le forcer de cette façon. Car le dieu malicieux ne considérait Thor que comme ce qu'il avait toujours été pour lui : son frère d'adoption et en son temps, un ami. C'est pour cette raison qu'il se sentait doublement profané.

Il avait cessé toute résistance et ne ressentait aucun plaisir, la douleur le prenait dans ses bras épineux et son coeur se serra douloureusement. Soudain Thor gémissant, jouit au bout d'une dizaine de minutes qui furent pour Loki interminablement douloureuses. Sa réputation n'était plus à faire car malgré cela il était toujours d'une vigueur à faire pâlir tout homme existant. Son amour, non assouvi depuis tout ce temps, prenait corps en un dragon de passion. Ou de poison si Loki avait eut le choix de la formule.

« - Alors Loki, je ne t'entends pas ? Tu ne t'amuses pas ? ».

Il releva son frère qui avait cessé de se débattre. Il le mit à genoux devant lui et l'obligea à faire face à sa vigueur. Loki écarquilla les yeux. Qu'il ait fait de lui sa chose, passe. Il le lui ferait payer de toute manière, au centuple. Mais jamais il ne s'abaisserait à ça. Pas de son plein gré en tout cas.

Il poussa Thor et il amorça d'ailleurs un sortilège de dématérialisation pour fuir mais Thor le frappa au visage et lui prit les cheveux et la mâchoire pour le forcer à le prendre. Ce qu'il fit. Il ne pût rien faire face à la puissance de son frère, à sa hargne.

"- Si je sens tes dents, Loki ..."

La menace resta en suspent mais Loki imaginait très bien la violence dont son frère pouvait faire preuve dans un accès de colère. Il se résigna. Thor pénétra sa bouche dans un râle de victoire. Il le prit de cette façon pendant plusieurs minutes. Loki commençait à avoir mal à la mâchoire d'autant que c'était Thor qui rythmait la cadence. Il était au bord de la nausée.

Comment a-t-il osé ? L'ordure ... Siffla mentalement Loki fou furieux, ivre de colère et d'amertume.

Il se libéra dans sa bouche, laissant un Loki pantelant.

/!\ WARNING /!\

« - Ne joue plus à ça. A jouer avec le feu, tu t'es brûlé les doigts. ».

Loki se mit à rire. Au début, ce qui ressemblait à un sifflement strident et horrifique se transforma en un rire froid et cinglant qui fit presque peur à Thor. L'avait-il fait tomber dans la folie ? Le dieu nordique regrettait déjà ses actes. Qu'avait-il fait ...

« - Mon frère, ne crois-tu pas que je n'ai jamais cesser de jouer ? Toi le grand Thor, le fils d'Odin. Regarde ce que tu as fait ? Trouves-tu cela à ton goût ? cracha-t-il d'un venin aussi puissant que la force de Thor. As-tu aimé me prendre de force ? Comme un catin ?».

Bien sûre, Loki avait cessé de jouer au moment même où il avait compris que la situation avait dégénéré. Jamais il n'avait souhaité que cela arrive. Mais il avait dépassé les limites. Il était allé trop loin et il le savait. Il avait pris des risques et s'était mordu les doigts. Mais il ne regrettait rien car désormais il savait. Il savait ce qu'il lui restait à faire. Sa vérité était dévoilée, aussi claire que la pleine lune lors d'une nuit sans nuage.

Ce dernier regarda Loki à moitié nu qui se relevait. Il constatât l'atrocité qu'il avait infligé à son frère et avec horreur, il se rendit compte qu'il y avait prit du plaisir, un plaisir sauvage emplit de violence et de passion. La nausée le prit alors qu'il réalisa qu'il avait prit son frère de force, deux fois. Il était un monstre.

Il croisa le regard de Loki qui pétillait d'animosité. Il savourait les remords qui étreignirent le fils d'Odin. Mais il se vengerait, à n'en point douter et cela Thor le savait aussi. Il posa sa main sur sa bouche et se retourna pour quitter la pièce.

"- Je ne t'entends plus, Thor ? Tu ne t'amuses pas ? Clama Loki en reprenant les mots exacts que Thor avait employé quelques instants plus tôt."

Loki se retrouva seul dans le noir mais quand la porte se referma d'elle-même, il vit quelque chose qu'il aurait préféré ne pas voir. Anthony Stark se trouvait dans l'escalier, cacher dans l'ombre. Il avait vu Thor sortir de la chambre. Mais qu'avait-il entendu ? Depuis combien de temps était-il là ?

Quand la porte fut refermée totalement, Loki sombra dans la colère, une colère pure. Il se dirigea dans la salle de bain en se déshabillant complètement et de son poing frappa le miroir avec une telle force qu'il se brisa en mille infimes morceaux. Puis il prit une douche, brûlante. L'eau brulait sa peau avec d'autant plus de mordant qu'il avait une température corporelle naturellement basse mais elle brulait aussi le souvenir de Thor, ce Thor qui l'avait humilié. Mais il se vengerait. Les Ases lui en seraient témoins !

~\0o0/~

Tony s'était fait avoir. Mais alors qu'il bricolait sur une de ses armures, il se dit que finalement c'était un peu comme un jeu entre eux. Qui de lui ou de Loki céderait le premier ? Qui allait manger l'autre ? Pourquoi ne pas jouer ?

Il rigola tout seul. Après tout, Loki était bel homme. Grand, svelte et athlétique. Un visage masculin aux traits fins mais non dépourvu d'une virilité certaine. Et ces yeux ... Il se serait damné pour eux ! D'un bleu profond et magnétique dans lesquels il plongerait bien pour l'éternité.

Il quitta donc son atelier dans la ferme intention de se « venger » du dieu de la malice. Il alla au bar et prépara deux verres d'un whisky de 20 ans d'âge. Puis après s'être changé pour troquer son survêtement par un jean bleu foncé et une chemise noire, il se dirigea à l'étage en prenant pour une fois l'escalier. Bien lui en prit car il se stoppa net sur les dernières marches. Il n'en revenait pas. Il entendait des gémissements à travers la porte de la chambre de Loki au même moment où éclata un orage. Mais il sursauta quand il entendit Loki supplier.

« - Mais putain arrête ! Tu vas arrêter oui ! ».

Il voulu intervenir et se précipita à la porte après avoir posé les verres sur une marche. Mais il se stoppa encore une fois. Qu'allait-il faire ? Etait-ce Thor ? Qui cela pouvait-il être de toute manière ... Thor était surement devenu fou pour en arriver à ce point-là. Il allait entrer et quoi ? Une pichenette de Thor et il traversait l'immeuble entier. Sans oublier qu'il n'avait pas d'armure, pas même un gant pour menacer le dieu. Avait-il le temps de retourner à l'atelier ? Non, surement pas. Et dans sa chambre ? Non, elle était à l'étage du dessus.

C'est perdu dans ses pensées qu'il entendit Thor à travers la porte. Loki parlait mais il n'entendit pas exactement. Il se rua dans l'escalier pour se cacher. C'est à ce moment-là que Thor quitta la chambre. La colère et la culpabilité marquaient son visage en une crispation et une grimace très franche.

Tu m'en diras tant ! pensa Tony.

Puis il croisa le regard de Loki quand la porte se referma. Il put y lire toute la honte et l'humiliation sur les traits de son visage. Il comprit qu'il ne devait pas y aller. Le laisser pour accuser le coup sans qu'il pense être davantage humilié.

Une colère sourde gronda dans sa poitrine et son coeur. Il voulait se venger de Thor maintenant. Que diable lui était passé par la tête ?! Son propre frère en plus ! Enfin demi-frère. Non, frère d'adoption. Mais ça ne changeait rien au problème ! Absolument rien !

Il but cul-sec les deux verres de Whisky qu'il avait amené et quitta l'étage pour retrouver ses propres quartiers. Il sorti une autre bouteille d'un meuble dans la ferme intention de la terminer avant le lendemain matin. Il sombra petit à petit dans un sommeil léger fait de rêves entrecoupés par des visions exquises, hantés par un dieu malicieux aux cheveux noirs et yeux bleus.

Le lendemain matin, le réveil fut rude pour Tony. Même si d'ordinaire, il encaissait plutôt bien les soirées arrosées, dans le cas présent sa tête menaçait d'exploser. S'il prenait son café à côté du Bourdon de Notre-Dame, il se sentirait tout aussi bien ! Thor n'avait pas vraiment dormi non plus, d'ailleurs après les évènements de la veille, il avait quitté la tour et n'était revenu qu'à l'aube.

Loki non plus n'avait pas dormi. Il avait réfléchi longuement et n'avait pas vu le temps passer. En fait, c'était assez étrange comme sensation. L'aube arriva trop vite à son goût pourtant il aurait pu compter les secondes qui s'égrainaient.

Quand 9 heure sonna, il décida qu'il était temps de descendre. Il se vêtit donc de façon midgardienne (jean bleu claire et tee-shirt noir, le tout sur une paire de boots) et se prépara. Quand il se vit dans la salle de bain, sa peau portait encore les traces de la veille : des rougeurs sur la mâchoire notamment et une ou deux traces sur les bras. Le métabolisme des Dieux avait beau être plus rapide, Thor avait frappé fort mais grâce à un subtile sortilège, il les camoufla même si l'idée d'y aller toutes traces visibles pour obliger Thor à se retrouver devant son incommensurable faute était tentante.

Quand il descendit, l'ambiance était morbide. Tony était assis dans un fauteuil à lire le journal et son regard noir déviait régulièrement sur Thor qui se morfondait au bar. Il constata que la Sorcière Rouge se tenait dans la salle d'à côté. Elle lisait un livre dans un canapé avec Vision. Natasha était en train de se préparer à sortir. Quand elle le vit, elle lui sourit mais vit que quelque chose n'allait pas.

« - Loki, souhaitez-vous m'accompagner ? ».

Il descendit le reste des marches attirant l'attention de son frère et du milliardaire. Il ne se déstabilisa pas. Au contraire, il prit son attitude la plus hautaine et majestueuse qu'il put. Et il commença par saluer les occupants.

« - Mon frère. Dit-il en le regardant comme à l'accoutumé. »

Un sourire accompagna ses mots surtout quand le visage de Thor disparut sous un voile de tristesse et de colère mêlée.

« - Stark. Continua-t-il avec un air faussement intéressé. »

Il se dirigea vers la belle rousse sous le regard neutre du milliardaire. Que pouvait-il penser maintenant ?

« - Avec plaisir, mais le docteur Banner ne souhaite-t-il pas vous accompagner ?

- Il n'est pas disponible et il a d'autres choses à faire.

- Alors c'est avec joie que je vous offre ma compagnie. Où allez-vous ? demanda-t-il en sachant pertinemment que les deux hommes le regardaient.

- Je me rends au consulat de Grande-Bretagne pour diverses affaires.

- Alors soit. Dit-il en indiquant la sortie. Loki s'approcha d'elle et lui proposa son bras.

Si Loki était fière d'une chose, c'était de l'éducation que lui avait apporté sa mère.

New York était déjà en pleine ébullition. Les voitures par centaines roulaient et créaient un brouhaha urbain. Ils marchèrent calmement et en silence pendant à peu près 45 minutes. Natasha lui avait fait part de sa volonté de ne pas prendre de transport en commun ni la voiture même si Tony lui en mettait autant qu'elle le voulait à sa disposition.

« - Prendre le temps de vivre fait du bien de temps à autre. Lui avait-elle dit. »

Il comprenait ce choix. Combien de fois s'était-il échappé sur Asgard pour se promener seul, sans escorte dans les montagnes et dans la forêt. Il aimait sa liberté, quand on ne l'enfermait pas bien sûre.

Pendant qu'ils marchaient tranquillement, les gens se retournait sur leur passage. Si au début, le dieu pensait que les midgardiens reconnaissaient l'agresseur de leur monde, il n'en était rien. En même temps, ils formaient un couple surréaliste. La belle Natasha Romanov aux cheveux de feu et aux lèvres pulpeuses que beaucoup reconnaissait et un bel inconnu. Même si la population de New York se souvenait de l'invasion chitori dirigée par un dieu d'une galaxie lointaine. Il ne s'e rappelait pas son nom ni même son physique. Seul le souvenir des Avengers restait vif.

S'il avait choisi une vie normale faite de paix et d'amour c'est surement de cette façon qu'il l'imaginerait. Se promener tranquillement avec une magnifique femme telle que la Veuve Noire, leur image passant d'une vitrine à une autre. Ne penser à rien d'autre. Pourtant la jeune femme interrompit ses pensées.

« - Que s'est-il passé ? demanda-t-elle. »

Elle restait évasive pour ne pas le faire fuir. A lui de dire ce qu'il voulait, même s'il mentait (et elle le verrait), le but était de le faire parler, qu'il s'ouvre à elle.

« - Qu'est-ce qui vous fait dire qu'il s'est passé quelque chose ?

- Pourquoi ne répondez-vous pas ? ».

Elle était vraiment futée.

« - Thor est quelqu'un d'assez enjoué au quotidien. Son air maussade de ce matin en dit long. Quand a Tony ... Disons que je le connais assez pour savoir quand il cache quelque chose. Vous ne voulez vraiment pas m'en parler ?

- Si vous y tenez. Mon frère et moi nous sommes comment dire ... disputés. Et Stark en a été un témoin plus ou moins direct.

- Quel était le sujet de la « dispute » ? demanda-t-elle innocemment. »

Cela lui rappela la douleur qui lancinait dans son dos et le reste. Il se renfrogna et Natasha comprit qu'elle n'en saurait pas plus. Le reste du voyage se fit dans le silence à l'exception de quelques remarques sur leur environnement.

Ils arrivèrent à l'ambassade où ils furent accueillis par l'ambassadeur : un homme d'une quarantaine d'année, grand et musclé, des cheveux blonds plaqués en arrière et des yeux d'un bleu quasi transparent. Il s'avança vers Natasha et lui prit la main pour lui apposer un baiser aérien.

« - Mlle Romanov, vous êtes, comme toujours, d'une beauté à faire pâlir les roses d'un jardin britannique. »

Natasha le remercia d'un sourire charmeur qui étonna Loki qui ne put s'empêcher de pouffer à la remarque de l'ambassadeur. Ce dernier remarqua enfin la présence du dieu.

« - Et vous êtes ? demanda-t-il en levant un sourcil.

- Loki, Loki Laufeyson.

- Nous nous sommes déjà rencontrés ? Votre visage me semble familier »

Natasha s'empressa de détourner l'attention de l'homme qui dévora Loki des yeux. Elle ne put s'empêcher de se demander pourquoi Loki faisait cet effet à chaque homme qu'il rencontrait. Mais elle passa rapidement à autre chose. L'ambassadeur les emmena dans son bureau. Ce qui énerva Loki, c'était que cet homme étrange se trouvait dans son angle mort. Comme un prédateur et cela, Loki détestait.

Ils s'assirent devant le bureau et enfin l'ambassadeur se trouva en face du dieu.

« - Je vous remercie d'être venu. Commença-t-il.

- Vous aviez l'air très préoccupé lorsque nous nous sommes entretenus au téléphone. Continua Natasha.

- Et bien, c'est que la situation est préoccupante. Voyez-vous, les émeutes anti-mutants ont repris de façon violentes. Avec l'aide d'un mutant vivant sur le sol américain mais de nationalité britannique, nous sommes parvenus à obtenir une promesse de « concordat ». Seulement, il faudrait que l'un des Avengers se rendent là-bas pour contresigner l'acte.

- Et qui est ce mutant ? demanda Natasha curieuse.

- Il tient une école pour jeunes surdoués et il a été un acteur fort du traité de Paris. Il se fait appeler le Professeur X mais son vrai nom est Charles Xavier.

- Et bien s'il n'y a pas d'autres solutions, je vais m'y rendre cette semaine. Dit Natasha. »

L'ambassadeur afficha un sourire carnassier.

« - Dans ce cas, permettez que je vous accompagne. Déclara ce dernier. »

Natasha parut surprise.

« - Vous n'avez pas d'autres obligations ? ».

Loki s'interposa entre la jeune russe et l'ambassadeur. Il matérialisa son armure asgardienne ainsi que son casque de guerrier.

« - Ne croyez-pas que je ne sais pas reconnaitre un simple humain d'un être surdéveloppé. Je ne le répèterais pas deux fois : Qui êtes-vous ? »

L'ambassadeur rigola puis sa peau se modifia pour devenir une ravissante jeune femme.

A un détail près : sa peau était couverte d'écailles bleues et ses cheveux étaient de feu. De nouveau, elle reluqua le dieu.

« - Je me disais bien que votre nom m'était familier Loki d'Asgard.

- En revanche, je n'ai pas le plaisir de vous connaître. »

Natasha se leva et posa une main sur le bras de Loki pour qu'il range son poignard.

« - Je m'appelle Mystique et je suis une amie du Professeur. ».

L'entrevue dura encore près d'une heure pour préparer le voyage de Natasha. A plusieurs reprises, Loki lui proposa de l'accompagner mais poliment, elle déclina l'offre. Une fois, la réunion terminée, ils rentrèrent à la tour. Mais ce qu'ils découvrirent s'apparentait à un véritable chaos .

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Mais pour le moment, je dois prendre mon service, la tempête qui commence à faire rage à l’extérieur ne m’ennuie pas du tout bien au contraire, je prépare mon chariot tranquillement le temps que ma collègue arrive et nous voilà partis pour faire la première tournée de la matinée, chaque chambre a été réhabilitée lors de la réfection totale de l’hôpital il y a maintenant deux ans, en apportant des couleurs pastels, un mobilier neuf est adapté à la convalescence des patients ainsi que quelques tableaux de nature mortes pour égayer les tristes moments que certains patients subissent, mais pour nous entrer dans ces chambres c’est la promesse d’un contentement indéfinissable, on ne sait jamais ce que nous allons trouver en ouvrant la porte, nous connaissons nos patients bien sûr, mais de nouveaux arrivants durant la nuit, une perte de connaissance ou bien d’autres choses nous permets de nous demander ce qu’il va y avoir derrière la porte.
Cette petite fille qui se profile au détour d’un couloir m’a tout de même interpellé, il est tôt et personne ne doit sortir de sa chambre pour le moment, je me dirige vers le fond du couloir en demandant à ma collègue de commencer, j’arrive à l’endroit où je l’ai vu en regardant de chaque côté de ce long couloir, personne, bizarrement j’ai l’impression qu’elle est la tapie dans un coin et qu’elle va surgir en criant pour me faire peur, pourtant il n’y a personne, je reprends la direction de ma collègue en prenant soin de me retourner régulièrement mais rien, en entrant dans la première chambre j’explique à ma collègue ce que je crois avoir vu, elle rit, il fait encore noir à cette heure de la matinée et le temps à l’extérieur ne laisse pas présager que cela va s’éclaircir de sitôt. On entame déjà la troisième chambre quand l’étage est plongé dans le noir, une coupure d’électrique sûrement dû au mauvais temps, fort heureusement les hôpitaux sont équipés de générateur de secours les coupures de l’alimentation électrique en milieu hospitalier peut avoir de graves conséquences, quelques minutes suffisent pour que le relais se mette en route, on est dans une chambre, j’entreprends de sortir pour être sûr qu’aucun patient ne panique suite à ce noir prenant pour une personne en difficultés médicales, j’avance doucement à tâtons sachant que les soignants en premier ne doivent pas paniquer dans ses moments-là, cependant, le générateur ne s’est toujours pas mis en route, il nous faut donc vérifier que personne ne sorte des chambres, même en avançant doucement j’ai l’impression de progresser dans un trou noir, je connais ces couloirs par cœur depuis le temps que je travaille ici, pourtant, ce dernier me parait d’une longueur indéfinissable.
Je suis toujours dans le couloir à tâtonner sur les murs pour me diriger, un froid glacial vient de me traverser, il doit y avoir une fenêtre ouverte quelque part, une sirène sifflante me traverse les tympans, dans le même temps la lumière revient, bien moins scintillante que d’habitude sûrement dû au générateur, mais ce son sifflant qui me donne l’impression de crier dans mes oreilles n’est toujours pas éteint, alors que je me retourne pour trouver l’origine de cette sirène, je me retrouve devant une porte verte foncée un numéro sur celle-ci attire mon regard, B36, j’ai dû m’éloigner bien trop loin de mon service car je ne connais pas cette chambre, le couloir ne me dit rien non plus toute ces portes vertes foncées, la peinture ternies ne me donne pas envies de travailler dans ce service, les murs sont d’un jaune poussin criard qui ferait fuir un enfant sur le point d’être hospitalisé, personne dans les couloirs, au moins aucun patients ne s’est aventuré le temps de la coupure électrique tout le monde est resté calme. Néanmoins, je ne suis pas vraiment tranquille, je me dirige vers le fond du couloir en regardant ces portes tour à tour, à mi-chemin j’entends du bruit vers le fond, une porte est ouverte, une discussion, quelques rires aussi, personne ne semble avoir été perturbé. En arrivant à hauteur de cette porte je vois une infirmière et un médecin bien qu’un peu proche l’un de l’autre à mon goût, la tenue de la soignante m’interpelle, une blouse bleue clair échancré avec un tablier blanc par-dessus, une petite montre ancienne accrochée à son tablier me fait penser à du Vintage, des collants blancs et des chaussures blanches également et un calot posé sur l’arrière de ses cheveux avec une croix rouge au centre de celui-ci me ferait sourire en temps ordinaire, le médecin porte une simple blouse blanche et une croix rouge est également sur le côté de son bras droit, une scène de cinéma américain des années 50-60, voilà à quoi ils me font penser à cet instant précis, je n’aurais pas pu faire autrement que prendre cela à l’ironie si le médecin ne tenta pas de faire glisser ses mains le long de ses jambes, il était bien entendu que la situation allez devenir embarrassante, je me permise donc de tousser discrètement qui eue pour effet de mettre les deux protagonistes en position droite face à moi, l’infirmière tentant de se réajuster discrètement comme prise en faute. Pourquoi ils me regardaient aussi bizarrement que moi me laissait perplexe, le médecin avança vers moi en me fixant gravement il passa derrière moi, revint devant et me demanda d’où me venait cette tenue, il commença à me faire une leçon sur les tenues vestimentaires obligatoire, c’était le monde à l’envers, je m’apprêtais à parler lorsque cette fichu sirène se remise à retentir, ils se glissèrent tous les deux sous le bureau, je restais là à les regarder stupéfaite lorsque le médecin sortit sa tête de dessous le bureau en hurlant de les rejoindre si je ne voulais pas mourir, je me précipité d’instinct, que se passait-il à cet instant précis, je me posais autant de questions que possible, que déjà la sirène recommençait à faire sortir un son strident, le médecin et la soignante se relevèrent, je fis de même.
Le médecin demanda à l'infirmière de passer dans les chambres vérifier que tout le monde allait bien avant de partir il se retourna vers moi et m'ordonna d'en faire de même en oubliant pas de changer ma tenue une fois l'inspection faite. Je ne me fis pas prier pour toquer à la première porte qui s'offrit devant moi, j'entre doucement, je me retrouve face à une chambre très sobre, un lit à barreau blanc, une table de nuit en bois blanc également, un petit lavabo dans un coin de la pièce avec une serviette, des rideaux d'un vert épinards, une couverture en laine jaune avec des rayures orange et, outre cet endroit froid comme la justice je peux voir au travers de la fenêtre des barreaux du haut en bas, mais où suis-je, je ne me souviens pas d'avoir vu cela dans les étages de mon secteur de travail, mais pour le moment je ne vois pas de patient dans ce lit froid, les couvertures sont repliées, que dis-je jetés plutôt sur le lit comme quelqu'un qui se serait levé précipitamment, je demande singulièrement s'il a quelqu'un, une petite voix frêle à peine audible me dit oui au-dessous du lit, je me penche ce qui me permet de voir une petite fille très blanche de peau avec une chemise de nuit aussi longue que celle que ma grand-mère mettait lorsqu'elle allait se coucher, vous pensez si cela me faisait frissonner, je lui tendis la main pour l'aider à sortir de sous le lit, arrivé dans la luminosité de la petite lampe posée négligemment sur la table de nuit, je reconnus la petite fille que j'avais vu dans le couloir quelques heures plus tôt, je lui souris, elle me regardait craintivement, puis quelques minutes plus tard elle me souriait également, je l'as pris dans mes bras pour la remettre dans son lit, je la bordais doucement en lui demandant ce qu'elle avait comme maladie, elle ne me répondit pas, elle se retourna en me disant qu'elle était fatiguée et qu'elle voulait se reposer un peu, je l'as regardait un moment puis, je sortis de la chambre, j'entrepris donc de frapper à une autre porte en l'ouvrant en même temps, la même chambre que la précédente se tenait devant moi, un vieux monsieur me cria qu'il n'avait pas besoin de mes services, que je devais faire demi-tour rapidement et le laisser tranquille, puis, il me demanda sur un ton grincheux de m'habiller d'une façon plus décente la prochaine fois que j'entrerais dans sa chambre, je restais là à le regarder abasourdi, moi, une jeune femme libérée certes, mais toujours impeccable sur mon lieu de travail, je mets un point d'honneur à toujours avoir mes tenues professionnelles impeccablement repassé et ce monsieur ose me dire que m'a tenue n'est pas descente, de quel droit, alors que j'allais lui dire ma façon de penser sur son ton exécrable l'infirmière du bureau arrive en courant, elle me demande de me dépêcher de la rejoindre dans le couloir, je la suis, non sans fusillés du regard ce monsieur imperceptible, lorsque je me retrouve à ses côtés un brouhaha incandescent se fait entendre, des cris d'hommes retentissent de l'autre bout du couloir, le médecin arrive à grands pas avec une… Sœur, j'ai l'impression d'être en plein rêve, une bonne sœur avec tout son attirail chapelet et compagnie longue soutane bleu noir, avance en ouvrant chaque porte, comble d'horreur une troupe de militaire les suis et entre dans chaque chambre ouverte par la sœur, le médecin avance rapidement vers moi et me jette un tablier blanc d'infirmière en me criant de manière non audible de l'enfiler en vitesse, l'infirmière me mets un calot sur le haut de la tête en me faisant un clin d'œil, je reste droite, sans vraiment comprendre, à côtés d'elle Dans un murmure, je l'entends dire « ils vont la trouver » je l'interroge du regard, elle me montre la porte de la chambre de la petite fille je ne sais pas pourquoi, mais à ce moment-là je me sens indécise je regarde ces militaires au fond du couloir entrer ma-nu milita-ri dans ces chambres en hurlant, ils sont si différents des militaires que je connais, leurs uniformes me sembles marron foncé presque passés, devant une poche à munitions , une petite musette et un béret vert, agrémentés d'une arme à répétition manuelle par verrou j'ai déjà vu ce fusil, mais je ne me souviens plus où ni de quelle marque, je suis sûr de l'avoir déjà vu mais j'ai un trou de mémoire qui me stresse énormément, mais pour le moment je pressens un gros souci avec cette petite fille, que va-t-il se passer s'il la trouve, que veux dire l'infirmière, alors que je continus à me poser beaucoup de questions en voyant les militaires se rapprocher j'entrevois la petite ouvrir doucement la porte, les larmes coulent sur son petit visage, elle me fend le cœur, sans vraiment réfléchir je fonce sur cette petite je referme la porte derrière nous personne a dû nous voir, du moins c'est ce que j'espère à ce moment précis, il me faut réfléchir rapidement alors que j'entends les militaires approchés de la porte, je m'engouffre sous les couvertures de ce lit affreux j'emporte la petite en passant en la blottissant au fond du lit, je retire en vitesse le calot mis sur mes cheveux je les ébouriffe pour sembler malade je fais signe à la petite de ne pas bouger, bien que je ne comprends rien à ce qui se passe je sens que si je ne fais rien pour elle, son futur risque de n'être que malheur, détresse et disgrâce, la sœur ouvre violemment la porte de la chambre, je retourne péniblement ma tête comme un malade le ferait, je râle, je grogne, les militaires entrent regardent sous le lit, derrière le rideau, durant quelques secondes qui me semblent passer en minutes ils inspectent la chambre visuellement, puis un signe de la tête d'un des leurs et ils ressortent comme ils sont entrés, la porte n'étant pas refermée je fais signe à la petite avec un doigt sous le lit de ne pas bouger. Je continue d'entendre les portes claquer brutalement sur les murs des chambres, puis dans un bruit énergique je revois la horde de militaires passer dans ce couloir froid, suivis de la bonne sœur et du docteur qui s'empresse de leur crier qu'il leur avait bien dit qu'elle n'était pas ici. Mais que veulent-ils, a une petite fille innocente, je bondis du lit pour regarder brièvement dans le couloir, le calme est pratiquement revenu, les malades sortis de leurs chambres discutent avec l'infirmière que déjà je vois le médecin revenir et se diriger vers notre chambre, il me remercie chaleureusement, je m'empresse de lui demander pourquoi, la soignante venue nous rejoindre dès que les patients avaient regagné leur chambre s'assit sur le lit et prend la petite dans ses bras, une explication, je ne veux qu'une explication alors que le silence pèse dans cette petite chambrée. Le médecin m'avoue alors que la petite n'est pas malade du tout ses parents ont été emmenés dans un camp de concentration et les militaires recherchent la petite pour qu'elle les rejoigne, je m'assois également, je pense qu'à ce moment précis je suis aussi blanche qu'un malade, je ne comprends absolument pas, les camps de ce genre ne sont plus d'actualités à notre époque, c'est impossible, le médecin me regarde surpris, il ne me comprend pas non plus, après un long moment de silence il se permet de me demander si j'ai reçu un coup sur la tête ou si je suis amnésique, le monde à l'envers, je ne peux m'empêcher de rire, ils sont tous revêtus de vêtements des années 50-60 et ils me demandent si je suis amnésique peut-on s'interroger sur ce qu'il se passe réellement, il me faut analyser la situation, ce n'est pas possible alors que je reste circonspect, je ne peux m'empêcher de prendre un air sérieux en scrutant le regard de mes interlocuteurs puis prise dans un élan d'éclair je me mets à m'esclaffer, un rire franc d'une hilarité hors du commun je commence à comprendre, j'étais tellement prise dans ce tourbillon quotidien criant de vérité que je n'ai pas pensé un instant que j'étais embarqué malgré moi dans une réalisation cinématographique, tout concorde, le fait que je ne connaisse pas ce couloir, ces chambres d'aspect ancien, les tenues vestimentaires des personnes qui m'entourent, j'ai vraiment été sotte de ne pas comprendre tout de suite.
Je sors de la chambre en continuant de rire franchement, faisant un petit clin d'œil au médecin, je reprends la direction du fond du couloir d'où je suis arrivée quelques heures plus tôt pour repartir dans mon service, mes collègues doivent sûrement me chercher partout. En traversant ce dédale de couloir je vois toujours les mêmes portes je ne me souviens pas d'avoir traversé aussi longuement ce couloir, en me retournant je peux voir le médecin, l'infirmière et la petite dans l'encadrement de la porte, ils me regardent interloqués. Pourtant, je n'arrive pas à retrouver mon secteur toujours les mêmes portes se profile continuellement de chaque côté je me sens perdu je n'avais pas marché aussi loin, du moins je ne m'en souviens pas, face à moi une lumière blanche scintille, elle m'aveugle presque, mais en me dirigeant vers sa direction je peux entrevoir la forme d'une fenêtre au bout de ce couloir. Je m'en approche, il fait déjà jours quelle heure peut-il être, instinctivement je regarde ma montre, 5 h 45 du matin ! impossible, il ne ferait pas jour à cette heure-ci en plein hiver, la pile de ma montre doit être arrivée en fin de course, pourtant les aiguilles continuent inlassablement de trotter, arrivé face à la fenêtre je peux me rendre compte que des barreaux orne également celle-ci, mais en regardant au travers je crois que je suis bien plus blanche que la neige qui jonche la cour qui se tient face à moi… je reste indécise, je me sens étourdie, comme une fringale, si ce n'est que je n'ai nullement faim, j'ai légèrement froid, je transpire, mes jambes sont à la fois lourdes et moites, des picotements dans les mains et sur l'épine dorsale, je plisse les yeux je ne veux pas voir, non c'est impossible, je ne peux regarder le paysage qui se tient face à moi, je ferme les yeux un instant pour faire disparaitre ce qui me semble être un mirage, je les rouvre doucement comme pour faire durer ce moment de solitude totale et finalement rien ne change, toujours le même panorama face à moi. Totalement déroutant, les habitations, les murs, le parking de l'hôpital, tout a disparu une vaste place recouverte de neige sur lequel sont garés des dizaines de voitures de camions militaires assez ancienne pour être dans un musée, un véhicule surmonté d'une croix rouge doit être une ambulance, cette place, entourée d'un muret de briques rouges lui-même surmonté de fil barbelé. Au plus loin que mon regard se perd, je ne vois pas d'immeubles, les routes elles-mêmes paraissent différentes elles sont pavées il me semble et tous ces militaires au milieu de cette place que font-ils, que gardent-ils que l'intérieur soit imaginaire c'est une chose, mais comment ont-ils fait pour l'extérieur cela ne ressemble pas à un décor de cinéma c'est beaucoup trop grand cela va beaucoup trop loin au visuel, je ne comprends vraiment pas…
J'ai le sentiment que tout m'échappe à cet instant précis, alors que je me retourne pour défier ce couloir si long, si froid, si ;;;;;;;;;;;;; , je vois à l'autre bout du couloir cette petite fille, elle est habillée, bien peignée, un manteau bleu marine, une capeline exactement elle me sourit me fait un signe de la main, je m'avance vers elle, non sans penser au spectacle de dehors qui se répètent encore dans mon esprit, j'ai beau chercher je n'arrive pas à comprendre, arrivé près d'elle je me baisse pour être à sa hauteur, elle me donne fier comme Artaban un dessin que l'on accroche sur le frigidaire pour faire la fierté de son jeune auteur, sur celui-ci une petite fille entourer de son papa et de sa maman un soleil jaune citron le sourire bien grand, de l'herbe verte tendre et au-dessous « merci » signé Blanche.
C'est ainsi que j'apprends le prénom de cette petite fille, Blanche, elle se retourne et avec un petit sourire me dit « au revoir » je n'ai pas le temps de la rappeler une coupure de courant vient encore je plie mon dessin pour le mettre dans ma poche, je commence à longer le mûr doucement à tâtons comme quelques heures plus tôt un froid glacial me traverse une nouvelle fois puis le courant revient, le bruit autour de moi me semble familier en marchant lentement je vois ma collègue au bout du couloir, je ne peux m'empêcher de lui faire signe en criant et en courant vers elle, mes patients sont là, je les vois en passant devant leur chambre. Ma collègue me demande si je me sens bien, oui, dis-je, puis-je m'empresse de lui expliquer ce que j'ai vu au bout de ce couloir, je m'excuse machinalement pour mon absence, "mais tu t'es absenté que cinq minutes, me dit-elle", non ! bien sûr que non, quand j'ai regardé par la fenêtre il faisait jour, le soleil était haut dans le ciel il devait être au moins 11 heures, "tu as pris un coup de jus" me dit-elle en explosant de rire « regarde » ce faisant elle tire le rideau d'une chambre, il fait encore noir pas possible non franchement ce n'est pas possible. Au même moment, une sirène d'urgence retentit, c'est un patient il y a un souci on se précipite dans sa chambre, une vieille dame d'environ soixante-dix ans en arrêt cardiaque je commence un massage cardiaque pendant que collègue va chercher un chariot d'urgence et un médecin lorsqu'ils arrivent je leur hurle « c'est bon elle revient » le médecin la prend en charge, un brancardier l'emmène tout de suite…
Lorsque se termine mon service je descends au vestiaire fatigué et pleine de questions dans la tête, je croise le médecin à qui je m'empresse de lui demander des nouvelles de la vieille dame, il me dit « elle va bien plus de peur que de mal », j'apprends dans le même temps que la famille vient de la faire transférer dans un autre hôpital dans une autre région pour être plus proche d'elle, en sortant du vestiaire il fait demi-tour me tend une feuille de papier plié « elle m'a demandé de te donner ça » je fronce les sourcils « à bon » lui dis-je, je l'ouvre machinalement « merci pour la deuxième fois » signé Blanche…
Après bien des tortures psychologiques pour essayer de comprendre la matinée de travail que je viens de passer, je me décide en rentrant à aller faire un tour sur le net, en faisant des recherches poussées sur les camps de concentration je retrouve un article sur une petite fille qui aurait échappées à une mort certaine grâce à une inconnue, lorsque je vois la photo de cette petite je m'aperçois qu'il s'agit de Blanche, la même Blanche à qui j'ai fait un massage cardiaque il y a quelques heures. J'approfondis mes recherches ne voulant pas vraiment croire ce que je lis et pourtant maintenant je peux comprendre d'après des chercheurs américains, que j'ai dû traverser un vortex spatio-temporel au moment de la coupure électrique, qui m'aurait emmené dans le passé. Je m'endors ce soir-là avec la certitude d'avoir été une aide essentielle à la survie de cette petite et que malgré le fait que je sois réaliste, notre destin à toutes les deux étaient surement liés dans une vie antérieure.
Extraordinaire…
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Irma
Début d'un concours jamais terminé...
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