Partie 1

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J'étais perdu.

Je ne savais plus qui j'étais.

J'ai commis des choses affreuses.

Et pourtant ... 

Tu ne m'as pas abandonné.

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Jean Paul "Forvillem" MALACHANE

Hommage aux enfants de Claude C….. Les gardiens de notre « belle bleue », en haut de la colline, Toujours à scruter l’horizon, sont talentueux dans leurs costumes anonymes. Même quand la ville dort, impavide, sous la lune rousse jusqu’à l’aurore et bien après, les navires, tranquilles, tracent leur route
Lorsque tout s’allume à l’est,
Que l’aube est flamboyante et dorée
Promesse apaisante d’une radieuse journée
Déjà là ; ils veillent …..
Au solstice d’été, pour la saint Jean,
Lorsque les enfants sautent au-dessus des feux,
Les braises dansantes et les crépitements
Toujours là, ils veillent…..
Les nuits de pleine lune, le mistral vainqueur,
De notre astre, le reflet argenté, aiguisé comme un poignard
Sur les flots dormants nous attire comme Pierrot.
Encore là, ils veillent…..
Quand le brouillard envahit les plages et la ville
Et que sans cesse, au large, retentissent les cornes de brume,
Les navires semblent perdus, errant sans repères
Histoire d’enfants et de corsaires
Encore et toujours, ils veillent…..
Lorsque Eole et Poséidon se conjuguent
Pour déchaîner les flots et la pluie, sous le bruit assourdissant des vagues
Cherchant vainement à fendre les rochers
Les humains admirent de loin ce fabuleux spectacle
Eux sont toujours là, ils veillent….
Après les tumultes marins, après la chaleur accablante
Lorsqu’enfin arrive l’été indien,
Sous des cieux dorés, leur vision se sublime,
Aux premières loges du grand théâtre, privilégiés ils sont.
Ils sont récompensés, ils veillent ....
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Défi
Patricia Duchossois


Il était tôt ce matin quand je suis parti, mais peu importe, j’aime mon travail au point de ne pas compter mes heures, cependant, cela ne m’a pas permis de me constituer une famille propre à moi-même, je n’ai pas vraiment le temps de chercher le père de mes futurs enfants, ni le temps de sortir en fait.
J’arrive bientôt malgré le temps qu’il fait depuis quelques jours, la neige nous a envahie comme une amie qui s’invite et qui ne veut plus partir parce qu’elle est bien avec vous. Ce manteau neigeux qui recouvre les routes et les maisons donnent envie de plonger chaque pas dans cette poudreuse douce et onctueuse telle une crème chantilly recouvrant un gâteau au chocolat attisant l’appétit autant que l’œil. C’est peut-être une façon pour moi de braver cette vie insipide qu’est la mienne, je ne peux pas me plaindre ni envier autrui je l’ai choisi cette vie, mais seul mon travail donne un peu de piquant dans ma vie de tous les jours.
Le grand bâtiment blanchâtre d’ordinaire, me paraît encore plus blanc que d’habitude, plus étincelant, scintillant de milles feu comme-ci il avait revêtu une robe de mariée ornée de mille diamants translucides. Je passe les portes comme d’habitude en faisant un petit signe de la tête à la personne qui se trouve derrière la vitre de l’accueil pour me diriger d’un pas décidé vers les vestiaires.
J’entre vivement en souriant, je sais que va commencer les médisances sur ce temps qui provoque bien des tracas à mes collègues qui n’aiment pas ce temps froid, la circulation des routes difficiles qui les obligent à se lever tôt pour faire chauffer les voitures ou arriver avant l’heure de départ des autobus pour être sûr qu’ils circulent bien ce jour-là et qui, pour certains espèrent qu’ils ne partent pas pour avoir une journée de congés forcés sont toujours des excuses pour alimenter la médisance sur le mauvais temps.
J’enfile mon uniforme vert pastel, qui tranche avec tout ce blanc et je me dirige tranquillement vers la cafetière pour boire un petit café fumant avant de commencer une journée de travail contraignant. Une façon de se réchauffer les doigts engourdis par vingt minutes de trajet à un ou deux degrés, qui sait.
Après avoir vérifié que j’ai tout mon matériel dans mes poches, je monte inlassablement les deux étages qui me séparent de mon secteur, je pourrais prendre l’ascenseur, mais je profite toujours de ce début de matinée pour faire un peu d’exercice que je n’ai absolument pas le temps de faire en dehors de ces murs.
Les salutations habituelles et d’usages avec les médecins de nuits qui attendent l’arrivée de leurs confrères et le ballet incessant des infirmières qui attendent notre arrivée avec impatience commence toujours à faire un peu plus de bruit que quelques heures auparavant.
Je m’informe des nouvelles de la nuit et m’empresse de poser des questions à mes collègues concernant les patients, y a-t-il eu des événements particuliers, je pense toujours aux patients réfractaires aux hôpitaux qui pensent mener la vie dure aux soignants pour le plaisir de les ennuyer durant leur temps de travail. Il y a ceux qui ont peur de passer une nuit à l’hôpital et qui pense que seule la présence des infirmières serait réconfortante pour eux et puis il a ceux qui aiment se faire dorloter et qui profite toujours d’un séjour hospitalier pour profiter des petits plaisirs qu’offre une infirmière au chevet d’un patient, refaire leur lit, tapoter leurs oreillers leur apporter de l’eau ou bien discuter un petit moment tout simplement. Outre le travail fastidieux que nous faisons j'aime principalement le contact avec les gens, c'est dans ces moments de fragilités que l'homme montre sa véritable nature, la défaillance pour certains est un signe de faiblesse que personne n'aime montrer aux autres alors si pour faire passer leur infériorité momentanés en étant austère ou rebutant face aux soignants il ne se gêne en rien cependant j'aime mon métier, donc je ne leur en veux pas c'est pour ce sentiment de protection envers mes semblables que je me sens chez moi dans cet hôpital.
Mais pour le moment, je dois prendre mon service, la tempête qui commence à faire rage à l’extérieur ne m’ennuie pas du tout bien au contraire, je prépare mon chariot tranquillement le temps que ma collègue arrive et nous voilà partis pour faire la première tournée de la matinée, chaque chambre a été réhabilitée lors de la réfection totale de l’hôpital il y a maintenant deux ans, en apportant des couleurs pastels, un mobilier neuf est adapté à la convalescence des patients ainsi que quelques tableaux de nature mortes pour égayer les tristes moments que certains patients subissent, mais pour nous entrer dans ces chambres c’est la promesse d’un contentement indéfinissable, on ne sait jamais ce que nous allons trouver en ouvrant la porte, nous connaissons nos patients bien sûr, mais de nouveaux arrivants durant la nuit, une perte de connaissance ou bien d’autres choses nous permets de nous demander ce qu’il va y avoir derrière la porte.
Cette petite fille qui se profile au détour d’un couloir m’a tout de même interpellé, il est tôt et personne ne doit sortir de sa chambre pour le moment, je me dirige vers le fond du couloir en demandant à ma collègue de commencer, j’arrive à l’endroit où je l’ai vu en regardant de chaque côté de ce long couloir, personne, bizarrement j’ai l’impression qu’elle est la tapie dans un coin et qu’elle va surgir en criant pour me faire peur, pourtant il n’y a personne, je reprends la direction de ma collègue en prenant soin de me retourner régulièrement mais rien, en entrant dans la première chambre j’explique à ma collègue ce que je crois avoir vu, elle rit, il fait encore noir à cette heure de la matinée et le temps à l’extérieur ne laisse pas présager que cela va s’éclaircir de sitôt. On entame déjà la troisième chambre quand l’étage est plongé dans le noir, une coupure d’électrique sûrement dû au mauvais temps, fort heureusement les hôpitaux sont équipés de générateur de secours les coupures de l’alimentation électrique en milieu hospitalier peut avoir de graves conséquences, quelques minutes suffisent pour que le relais se mette en route, on est dans une chambre, j’entreprends de sortir pour être sûr qu’aucun patient ne panique suite à ce noir prenant pour une personne en difficultés médicales, j’avance doucement à tâtons sachant que les soignants en premier ne doivent pas paniquer dans ses moments-là, cependant, le générateur ne s’est toujours pas mis en route, il nous faut donc vérifier que personne ne sorte des chambres, même en avançant doucement j’ai l’impression de progresser dans un trou noir, je connais ces couloirs par cœur depuis le temps que je travaille ici, pourtant, ce dernier me parait d’une longueur indéfinissable.
Je suis toujours dans le couloir à tâtonner sur les murs pour me diriger, un froid glacial vient de me traverser, il doit y avoir une fenêtre ouverte quelque part, une sirène sifflante me traverse les tympans, dans le même temps la lumière revient, bien moins scintillante que d’habitude sûrement dû au générateur, mais ce son sifflant qui me donne l’impression de crier dans mes oreilles n’est toujours pas éteint, alors que je me retourne pour trouver l’origine de cette sirène, je me retrouve devant une porte verte foncée un numéro sur celle-ci attire mon regard, B36, j’ai dû m’éloigner bien trop loin de mon service car je ne connais pas cette chambre, le couloir ne me dit rien non plus toute ces portes vertes foncées, la peinture ternies ne me donne pas envies de travailler dans ce service, les murs sont d’un jaune poussin criard qui ferait fuir un enfant sur le point d’être hospitalisé, personne dans les couloirs, au moins aucun patients ne s’est aventuré le temps de la coupure électrique tout le monde est resté calme. Néanmoins, je ne suis pas vraiment tranquille, je me dirige vers le fond du couloir en regardant ces portes tour à tour, à mi-chemin j’entends du bruit vers le fond, une porte est ouverte, une discussion, quelques rires aussi, personne ne semble avoir été perturbé. En arrivant à hauteur de cette porte je vois une infirmière et un médecin bien qu’un peu proche l’un de l’autre à mon goût, la tenue de la soignante m’interpelle, une blouse bleue clair échancré avec un tablier blanc par-dessus, une petite montre ancienne accrochée à son tablier me fait penser à du Vintage, des collants blancs et des chaussures blanches également et un calot posé sur l’arrière de ses cheveux avec une croix rouge au centre de celui-ci me ferait sourire en temps ordinaire, le médecin porte une simple blouse blanche et une croix rouge est également sur le côté de son bras droit, une scène de cinéma américain des années 50-60, voilà à quoi ils me font penser à cet instant précis, je n’aurais pas pu faire autrement que prendre cela à l’ironie si le médecin ne tenta pas de faire glisser ses mains le long de ses jambes, il était bien entendu que la situation allez devenir embarrassante, je me permise donc de tousser discrètement qui eue pour effet de mettre les deux protagonistes en position droite face à moi, l’infirmière tentant de se réajuster discrètement comme prise en faute. Pourquoi ils me regardaient aussi bizarrement que moi me laissait perplexe, le médecin avança vers moi en me fixant gravement il passa derrière moi, revint devant et me demanda d’où me venait cette tenue, il commença à me faire une leçon sur les tenues vestimentaires obligatoire, c’était le monde à l’envers, je m’apprêtais à parler lorsque cette fichu sirène se remise à retentir, ils se glissèrent tous les deux sous le bureau, je restais là à les regarder stupéfaite lorsque le médecin sortit sa tête de dessous le bureau en hurlant de les rejoindre si je ne voulais pas mourir, je me précipité d’instinct, que se passait-il à cet instant précis, je me posais autant de questions que possible, que déjà la sirène recommençait à faire sortir un son strident, le médecin et la soignante se relevèrent, je fis de même.
Le médecin demanda à l'infirmière de passer dans les chambres vérifier que tout le monde allait bien avant de partir il se retourna vers moi et m'ordonna d'en faire de même en oubliant pas de changer ma tenue une fois l'inspection faite. Je ne me fis pas prier pour toquer à la première porte qui s'offrit devant moi, j'entre doucement, je me retrouve face à une chambre très sobre, un lit à barreau blanc, une table de nuit en bois blanc également, un petit lavabo dans un coin de la pièce avec une serviette, des rideaux d'un vert épinards, une couverture en laine jaune avec des rayures orange et, outre cet endroit froid comme la justice je peux voir au travers de la fenêtre des barreaux du haut en bas, mais où suis-je, je ne me souviens pas d'avoir vu cela dans les étages de mon secteur de travail, mais pour le moment je ne vois pas de patient dans ce lit froid, les couvertures sont repliées, que dis-je jetés plutôt sur le lit comme quelqu'un qui se serait levé précipitamment, je demande singulièrement s'il a quelqu'un, une petite voix frêle à peine audible me dit oui au-dessous du lit, je me penche ce qui me permet de voir une petite fille très blanche de peau avec une chemise de nuit aussi longue que celle que ma grand-mère mettait lorsqu'elle allait se coucher, vous pensez si cela me faisait frissonner, je lui tendis la main pour l'aider à sortir de sous le lit, arrivé dans la luminosité de la petite lampe posée négligemment sur la table de nuit, je reconnus la petite fille que j'avais vu dans le couloir quelques heures plus tôt, je lui souris, elle me regardait craintivement, puis quelques minutes plus tard elle me souriait également, je l'as pris dans mes bras pour la remettre dans son lit, je la bordais doucement en lui demandant ce qu'elle avait comme maladie, elle ne me répondit pas, elle se retourna en me disant qu'elle était fatiguée et qu'elle voulait se reposer un peu, je l'as regardait un moment puis, je sortis de la chambre, j'entrepris donc de frapper à une autre porte en l'ouvrant en même temps, la même chambre que la précédente se tenait devant moi, un vieux monsieur me cria qu'il n'avait pas besoin de mes services, que je devais faire demi-tour rapidement et le laisser tranquille, puis, il me demanda sur un ton grincheux de m'habiller d'une façon plus décente la prochaine fois que j'entrerais dans sa chambre, je restais là à le regarder abasourdi, moi, une jeune femme libérée certes, mais toujours impeccable sur mon lieu de travail, je mets un point d'honneur à toujours avoir mes tenues professionnelles impeccablement repassé et ce monsieur ose me dire que m'a tenue n'est pas descente, de quel droit, alors que j'allais lui dire ma façon de penser sur son ton exécrable l'infirmière du bureau arrive en courant, elle me demande de me dépêcher de la rejoindre dans le couloir, je la suis, non sans fusillés du regard ce monsieur imperceptible, lorsque je me retrouve à ses côtés un brouhaha incandescent se fait entendre, des cris d'hommes retentissent de l'autre bout du couloir, le médecin arrive à grands pas avec une… Sœur, j'ai l'impression d'être en plein rêve, une bonne sœur avec tout son attirail chapelet et compagnie longue soutane bleu noir, avance en ouvrant chaque porte, comble d'horreur une troupe de militaire les suis et entre dans chaque chambre ouverte par la sœur, le médecin avance rapidement vers moi et me jette un tablier blanc d'infirmière en me criant de manière non audible de l'enfiler en vitesse, l'infirmière me mets un calot sur le haut de la tête en me faisant un clin d'œil, je reste droite, sans vraiment comprendre, à côtés d'elle Dans un murmure, je l'entends dire « ils vont la trouver » je l'interroge du regard, elle me montre la porte de la chambre de la petite fille je ne sais pas pourquoi, mais à ce moment-là je me sens indécise je regarde ces militaires au fond du couloir entrer ma-nu milita-ri dans ces chambres en hurlant, ils sont si différents des militaires que je connais, leurs uniformes me sembles marron foncé presque passés, devant une poche à munitions , une petite musette et un béret vert, agrémentés d'une arme à répétition manuelle par verrou j'ai déjà vu ce fusil, mais je ne me souviens plus où ni de quelle marque, je suis sûr de l'avoir déjà vu mais j'ai un trou de mémoire qui me stresse énormément, mais pour le moment je pressens un gros souci avec cette petite fille, que va-t-il se passer s'il la trouve, que veux dire l'infirmière, alors que je continus à me poser beaucoup de questions en voyant les militaires se rapprocher j'entrevois la petite ouvrir doucement la porte, les larmes coulent sur son petit visage, elle me fend le cœur, sans vraiment réfléchir je fonce sur cette petite je referme la porte derrière nous personne a dû nous voir, du moins c'est ce que j'espère à ce moment précis, il me faut réfléchir rapidement alors que j'entends les militaires approchés de la porte, je m'engouffre sous les couvertures de ce lit affreux j'emporte la petite en passant en la blottissant au fond du lit, je retire en vitesse le calot mis sur mes cheveux je les ébouriffe pour sembler malade je fais signe à la petite de ne pas bouger, bien que je ne comprends rien à ce qui se passe je sens que si je ne fais rien pour elle, son futur risque de n'être que malheur, détresse et disgrâce, la sœur ouvre violemment la porte de la chambre, je retourne péniblement ma tête comme un malade le ferait, je râle, je grogne, les militaires entrent regardent sous le lit, derrière le rideau, durant quelques secondes qui me semblent passer en minutes ils inspectent la chambre visuellement, puis un signe de la tête d'un des leurs et ils ressortent comme ils sont entrés, la porte n'étant pas refermée je fais signe à la petite avec un doigt sous le lit de ne pas bouger. Je continue d'entendre les portes claquer brutalement sur les murs des chambres, puis dans un bruit énergique je revois la horde de militaires passer dans ce couloir froid, suivis de la bonne sœur et du docteur qui s'empresse de leur crier qu'il leur avait bien dit qu'elle n'était pas ici. Mais que veulent-ils, a une petite fille innocente, je bondis du lit pour regarder brièvement dans le couloir, le calme est pratiquement revenu, les malades sortis de leurs chambres discutent avec l'infirmière que déjà je vois le médecin revenir et se diriger vers notre chambre, il me remercie chaleureusement, je m'empresse de lui demander pourquoi, la soignante venue nous rejoindre dès que les patients avaient regagné leur chambre s'assit sur le lit et prend la petite dans ses bras, une explication, je ne veux qu'une explication alors que le silence pèse dans cette petite chambrée. Le médecin m'avoue alors que la petite n'est pas malade du tout ses parents ont été emmenés dans un camp de concentration et les militaires recherchent la petite pour qu'elle les rejoigne, je m'assois également, je pense qu'à ce moment précis je suis aussi blanche qu'un malade, je ne comprends absolument pas, les camps de ce genre ne sont plus d'actualités à notre époque, c'est impossible, le médecin me regarde surpris, il ne me comprend pas non plus, après un long moment de silence il se permet de me demander si j'ai reçu un coup sur la tête ou si je suis amnésique, le monde à l'envers, je ne peux m'empêcher de rire, ils sont tous revêtus de vêtements des années 50-60 et ils me demandent si je suis amnésique peut-on s'interroger sur ce qu'il se passe réellement, il me faut analyser la situation, ce n'est pas possible alors que je reste circonspect, je ne peux m'empêcher de prendre un air sérieux en scrutant le regard de mes interlocuteurs puis prise dans un élan d'éclair je me mets à m'esclaffer, un rire franc d'une hilarité hors du commun je commence à comprendre, j'étais tellement prise dans ce tourbillon quotidien criant de vérité que je n'ai pas pensé un instant que j'étais embarqué malgré moi dans une réalisation cinématographique, tout concorde, le fait que je ne connaisse pas ce couloir, ces chambres d'aspect ancien, les tenues vestimentaires des personnes qui m'entourent, j'ai vraiment été sotte de ne pas comprendre tout de suite.
Je sors de la chambre en continuant de rire franchement, faisant un petit clin d'œil au médecin, je reprends la direction du fond du couloir d'où je suis arrivée quelques heures plus tôt pour repartir dans mon service, mes collègues doivent sûrement me chercher partout. En traversant ce dédale de couloir je vois toujours les mêmes portes je ne me souviens pas d'avoir traversé aussi longuement ce couloir, en me retournant je peux voir le médecin, l'infirmière et la petite dans l'encadrement de la porte, ils me regardent interloqués. Pourtant, je n'arrive pas à retrouver mon secteur toujours les mêmes portes se profile continuellement de chaque côté je me sens perdu je n'avais pas marché aussi loin, du moins je ne m'en souviens pas, face à moi une lumière blanche scintille, elle m'aveugle presque, mais en me dirigeant vers sa direction je peux entrevoir la forme d'une fenêtre au bout de ce couloir. Je m'en approche, il fait déjà jours quelle heure peut-il être, instinctivement je regarde ma montre, 5 h 45 du matin ! impossible, il ne ferait pas jour à cette heure-ci en plein hiver, la pile de ma montre doit être arrivée en fin de course, pourtant les aiguilles continuent inlassablement de trotter, arrivé face à la fenêtre je peux me rendre compte que des barreaux orne également celle-ci, mais en regardant au travers je crois que je suis bien plus blanche que la neige qui jonche la cour qui se tient face à moi… je reste indécise, je me sens étourdie, comme une fringale, si ce n'est que je n'ai nullement faim, j'ai légèrement froid, je transpire, mes jambes sont à la fois lourdes et moites, des picotements dans les mains et sur l'épine dorsale, je plisse les yeux je ne veux pas voir, non c'est impossible, je ne peux regarder le paysage qui se tient face à moi, je ferme les yeux un instant pour faire disparaitre ce qui me semble être un mirage, je les rouvre doucement comme pour faire durer ce moment de solitude totale et finalement rien ne change, toujours le même panorama face à moi. Totalement déroutant, les habitations, les murs, le parking de l'hôpital, tout a disparu une vaste place recouverte de neige sur lequel sont garés des dizaines de voitures de camions militaires assez ancienne pour être dans un musée, un véhicule surmonté d'une croix rouge doit être une ambulance, cette place, entourée d'un muret de briques rouges lui-même surmonté de fil barbelé. Au plus loin que mon regard se perd, je ne vois pas d'immeubles, les routes elles-mêmes paraissent différentes elles sont pavées il me semble et tous ces militaires au milieu de cette place que font-ils, que gardent-ils que l'intérieur soit imaginaire c'est une chose, mais comment ont-ils fait pour l'extérieur cela ne ressemble pas à un décor de cinéma c'est beaucoup trop grand cela va beaucoup trop loin au visuel, je ne comprends vraiment pas…
J'ai le sentiment que tout m'échappe à cet instant précis, alors que je me retourne pour défier ce couloir si long, si froid, si ;;;;;;;;;;;;; , je vois à l'autre bout du couloir cette petite fille, elle est habillée, bien peignée, un manteau bleu marine, une capeline exactement elle me sourit me fait un signe de la main, je m'avance vers elle, non sans penser au spectacle de dehors qui se répètent encore dans mon esprit, j'ai beau chercher je n'arrive pas à comprendre, arrivé près d'elle je me baisse pour être à sa hauteur, elle me donne fier comme Artaban un dessin que l'on accroche sur le frigidaire pour faire la fierté de son jeune auteur, sur celui-ci une petite fille entourer de son papa et de sa maman un soleil jaune citron le sourire bien grand, de l'herbe verte tendre et au-dessous « merci » signé Blanche.
C'est ainsi que j'apprends le prénom de cette petite fille, Blanche, elle se retourne et avec un petit sourire me dit « au revoir » je n'ai pas le temps de la rappeler une coupure de courant vient encore je plie mon dessin pour le mettre dans ma poche, je commence à longer le mûr doucement à tâtons comme quelques heures plus tôt un froid glacial me traverse une nouvelle fois puis le courant revient, le bruit autour de moi me semble familier en marchant lentement je vois ma collègue au bout du couloir, je ne peux m'empêcher de lui faire signe en criant et en courant vers elle, mes patients sont là, je les vois en passant devant leur chambre. Ma collègue me demande si je me sens bien, oui, dis-je, puis-je m'empresse de lui expliquer ce que j'ai vu au bout de ce couloir, je m'excuse machinalement pour mon absence, "mais tu t'es absenté que cinq minutes, me dit-elle", non ! bien sûr que non, quand j'ai regardé par la fenêtre il faisait jour, le soleil était haut dans le ciel il devait être au moins 11 heures, "tu as pris un coup de jus" me dit-elle en explosant de rire « regarde » ce faisant elle tire le rideau d'une chambre, il fait encore noir pas possible non franchement ce n'est pas possible. Au même moment, une sirène d'urgence retentit, c'est un patient il y a un souci on se précipite dans sa chambre, une vieille dame d'environ soixante-dix ans en arrêt cardiaque je commence un massage cardiaque pendant que collègue va chercher un chariot d'urgence et un médecin lorsqu'ils arrivent je leur hurle « c'est bon elle revient » le médecin la prend en charge, un brancardier l'emmène tout de suite…
Lorsque se termine mon service je descends au vestiaire fatigué et pleine de questions dans la tête, je croise le médecin à qui je m'empresse de lui demander des nouvelles de la vieille dame, il me dit « elle va bien plus de peur que de mal », j'apprends dans le même temps que la famille vient de la faire transférer dans un autre hôpital dans une autre région pour être plus proche d'elle, en sortant du vestiaire il fait demi-tour me tend une feuille de papier plié « elle m'a demandé de te donner ça » je fronce les sourcils « à bon » lui dis-je, je l'ouvre machinalement « merci pour la deuxième fois » signé Blanche…
Après bien des tortures psychologiques pour essayer de comprendre la matinée de travail que je viens de passer, je me décide en rentrant à aller faire un tour sur le net, en faisant des recherches poussées sur les camps de concentration je retrouve un article sur une petite fille qui aurait échappées à une mort certaine grâce à une inconnue, lorsque je vois la photo de cette petite je m'aperçois qu'il s'agit de Blanche, la même Blanche à qui j'ai fait un massage cardiaque il y a quelques heures. J'approfondis mes recherches ne voulant pas vraiment croire ce que je lis et pourtant maintenant je peux comprendre d'après des chercheurs américains, que j'ai dû traverser un vortex spatio-temporel au moment de la coupure électrique, qui m'aurait emmené dans le passé. Je m'endors ce soir-là avec la certitude d'avoir été une aide essentielle à la survie de cette petite et que malgré le fait que je sois réaliste, notre destin à toutes les deux étaient surement liés dans une vie antérieure.
Extraordinaire…
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Irma
Début d'un concours jamais terminé...
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