Le cabaret de tous les plaisirs

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Le jour se coucha sur la plus grande ville portuaire du royaume et un vif fourmillement la gagna.

Chaque année la cité attirait des milliers de visiteurs, commerçants et autres honnêtes gens.

Lorsque le soleil brillait dans le ciel, les habitants se plaisaient à déambuler dans les rues pavées, profitant de l'air marin et du chant des oiseaux. La ville était toujours très animée, et il y faisait bon vivre.

Mais dès que la nuit tombait, l'image de carte postale se transformait subitement. Les citoyens rasaient les murs afin de regagner leur chez-soi, au plus vite où ils s'enfermaient à double tour.

Car la ville était en réalité connue pour être le nid de nombre de malfrats en tout genre. Et cela, pour une bonne raison.

Dans cette même bourgade, se trouvait un cabaret. Un grand, beau et célèbre cabaret. Le jour, on pouvait y retrouver des cirques itinérants se produire ainsi quedes groupes de danseurs. On pouvait venir y boire, danser et rire. Le soir, le cabaret était réservé à une clientèle plus secrète, plus sombre.

Le propriétaire de ce cabaret avait été le baron qui avait vécu au centre même de la ville. Il avait possédé un énorme manoir. Lorsque le roi lui avait demandé de rendre sa cité plus attrayante, il avait fait construire le cabaret. Depuis, la ville n'avait jamais été aussi riche et attirante. La popularité du baron auprès de ces citoyens avait grimpé en flèche au fur et à mesure que la qualité de vie augmentait.

Malheureusement, la santé du baron déclinait, il était âgé et l'apogée de sa vie avait été dépassée depuis longtemps. Il finit par mourir dans d'abominables souffrances. Dès lors, sa femme prit les rênes de la ville. Petit à petit, elle la transforma, attirant une nouvelle clientèle.

La baronne était d'une beauté incroyable : elle avait de magnifiques cheveux d'un noir de jais, qui lui tombait jusqu'aux hanches. Ses cheveux étaient pour elle son plus grand trésor. Elle y tenait plus qu'à la prunelle de ses yeux. On disait pourtant qu'ils avaient le pouvoir d'hypnotiser ceux qui avaient la chance de croiser son regard azur. Quant à sa peau de porcelaine, elle semblait refléter les rayons du soleil. Elle était vue comme la réincarnation d'une déesse. Dès sa plus jeune enfance, elle avait su faire chavirer le cœur de nombreux hommes. Elle fut mariée très tôt au baron, d'un mariage arrangé. Tous savaient qu'elle n'aimait pas son mari. Tous savaient également que le baron lui vouait un amour et une admiration sans borne. Il n'avait cessé de la couvrir de cadeaux et de petites attentions. Mais celle-ci s'en moquait. Elle ne pensait qu'à une chose : s'amuser. Et pour cela, le baron devait disparaître.

Lorsqu'enfin, son mari passa l'arme à gauche, elle eut tout le loisir d'assouvir ses désirs. Après un deuil expédié, elle mit la main sur le cabaret.

Pour éviter d'attirer les foudres du roi sur ses manigances, elle laissa le cabaret ouvert au public la journée. Quant à la nuit, elle lui appartenait totalement.

On pouvait trouver dans ce cabaret tous les plaisirs inavoués que chaque Homme nourrit au fond de lui.

Dans la grande salle, les clients attablés, pouvaient commander les mets les plus succulents que la baronne faisait venir des quatre coins du globe. Tout en mangeant, les clients pouvaient contempler un groupe de danseuses qui se produisait sur la petite scène, dans des tenues plus aguicheuses les unes que les autres. Derrière la scène se trouvait un petit couloir menant à de nombreuses pièces. C'était en réalité des chambres, mises à disposition des clients. Là, attendaient des femmes et même des hommes, dans leurs plus simples attributs. Le client n'avait plus qu'à choisir celui ou celle qui lui ferait passer la nuit de ses rêves.

L'étage était réservé à toute sorte de jeux : la baronne avait fait aménagé un casino privatif. Les plus riches clients venaient y dépenser leurs fortunes, en espérant ressortir du cabaret plus richissimes qu'ils y étaient entrés. Bien entendu, cela n'arrivait jamais. En plus de sa beauté surnaturelle, la baronne était dotée d'une vive intelligence. Des jeunes filles et des jeunes hommes, à peine sortis de l'adolescence, déambulaient entre les tables, un plateau de boissons. Leur accoutrement était typique du cabaret : ils portaient des oreilles de lapin blanches, ainsi qu'un simple sous-vêtement noir, surmonté d'un petit pompon blanc, rappelant la queue de ces animaux.

Ce soir-là, l'heure de clôturer arriva et le cabaret se vida petit à petit de ses clients, ne laissant que ceux qui souhaitaient profiter de la nuit encore un peu, tous de sexe masculin. Peu à peu, ils rejoignirent les chambres, accompagnées de jeunes filles, ou pour certains, de beaux garçons.

La baronne attendait patiemment dans la plus grande des chambres. Elle se tenait debout devant le grand miroir mural, et s'admirait. Elle ne portait que de simples sous-vêtements noirs, ainsi que des porte-jarretelles. Elle tenait dans sa main un long fouet à plusieurs lanières. L'homme avec qui elle avait rendez-vous cette nuit, avait des goûts... particuliers. Qu'importe, ce type d'homme payait toujours plus que les autres. Elle avait vraiment envie de s'amuser cette nuit. Dommage que ce rendez-vous ait été fixé depuis longtemps. Sinon, elle aurait organisé une petite soirée comme elle les aimait : avec beaucoup d'alcools, et beaucoup de clients. Elle adorait par-dessus tout lorsque plusieurs hommes s'occupaient d'elles, et aussi certaines femmes. Elle se délectait également du plaisir de certains, lorsqu'ils se plongeaient tout entiers dans leurs désirs, se tournant alors vers leurs semblables et découvrant des désirs qu'ils n'auraient soupçonnés.

Lorsqu'on frappa à la porte, elle se retourna. Un homme entra. Blond, musclé et timide. Pile son fantasme.

— Bienvenue, souhaita-t-elle de sa voix mielleuse qui ensorcelait la gente masculine mais aussi féminine.

Elle s'approcha de lui, traînant son fouet derrière elle.

— Mets-toi à l'aise, je t'en prie.

Le jeune homme ne se fit pas prier. En quelques mouvements, il se retrouva totalement nu devant elle. La baronne se lécha les lèvres lorsqu'elle vit le sexe de son amant d'un soir déjà en érection. C'était sûr, elle allait prendre son pied ce soir.

Elle utilisa tous ses charmes pour que son client prenne le maximum de plaisir. Elle savoura le moment où le fouet s'abattit sur le torse de l'homme, manquant de peu son sexe, et qui lui arracha un cri de pur douleur mêlé de plaisir.

Lorsque le moment vint pour elle d'atteindre l'orgasme, elle cria de plaisir. L'homme la rejoignit alors, et ensemble, ils explorèrent le septième ciel.

Soudain, une vive douleur la cisailla. Elle ouvrit les yeux, et toucha son cou. Lorsqu'elle porta sa main devant elle, elle n'en crut pas ses yeux. Ses longs doiges étaient teintés d'une couleur rouge. La couleur de son sang. Elle regarda alors son amant : il tenait dans sa main un petit couteau ensanglanté. La vie quittait peu à peu le splendide corps de la baronne, alors qu'elle était encore empalée sur le sexe dur de son amant.

Dans la grande salle rouge où se tenaient sept trônes, celui à la droite du trône occupé se mit à briller. Une femme apparut alors. Vêtue d'un simple voile rose transparent, créé avec le plus léger des tissus, elle tenait dans sa main un sceptre surmonté du buste d'un homme. Dans l'autre, elle tenait un peigne en coquillages. Elle tourna sa tête vers l'homme à sa gauche et se lécha la lèvre en souriant.

Luxure était née.

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