Chapitre 13 : Un amour éternel.

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L’homme pleurait, à chaudes larmes qui mouillaient sa chemise. Il pleurait, comme un enfant, avec de longs silences , de lourds sanglots.

Catherine ne lui donnait pas d’âge, avec ses yeux rougis, son visage défait, un homme détruit , brisé .En lisant son dossier , elle eut envie de pleurer avec lui : il avait son âge , la cinquantaine .

Elle prit une voix douce : « sodomie, fessée, bondage ? »

L’homme acquiesça.

« Vous savez, Monsieur K, tout le monde a les mêmes fantasmes.

- Je ne suis pas pervers ?

- Non . «

Catherine soupira : c'est reparti ...

Elle n'avait pas besoin d'être attentive, le dialogue allait se répéter, identique .Elle se mit à l'écoute de ses petites perceptions intérieures: l'enfant était là!

Mais il n'avait que quelques jours : me laissera-t-il aller jusqu'au terme ? Hélas , elle connaissait la réponse : de nouveau , il la ferait revenir au point de départ.

C'est l'analyse qu'il a choisi d'effacer, il préfère garder le souvenir de cette grosse blonde, un brin vicieuse, : toi , il veut t'oublier.

Ma petite Catherine, il ne sert à rien de ruminer ta jalousie et ta rage. Il me faut revenir à cet horrible présent…

« Vous n’avez pas à rougir de vos réalisations virtuelles «

Monsieur K sourit.

Catherine n’osa pas lui avouer, qu’elle avait fait partie de ses « amis « .

Elle appréciait ses créations, nostalgiques, ancrées dans la pop, sixties/seventies.

Notre génération .

" J'aime cette musique !

-Tu es là mon bébé ?

-Oui, à l'intérieur de toi mère : tu as de la chance, c'est une superbe musique.

-Pourquoi veux-tu lui parler, après le baiser : il va encore tout effacer !

- Je n'ai pas le choix, mère, il est l'ascendant, celui qui doit accepter mes choix dans ton futur.

- Mais, il n'est pas ton père ?

- C'est pour cela qu'il doit le devenir, briser ou plutôt enrichir notre lien charnel : à toi de le séduire .

- Il est coriace : écoute !"

« C’est elle qui a…

-prévenu la police ? Evidemment.

-Elle m’aime donc ?

- Elle ne veut pas aller en prison ! Vous avez commis l’irréparable, détruire des années d’identité numérique : seul le suicide pouvait suivre.

-Je l’ai fait pour elle !

- Elle ne vous a rien demandé.

- Je pensais avoir tout détruit ?

- Non, vos créations deviennent anonymes.

- L’idée me plait .

-Vous êtes un rêveur, Monsieur K .«

L'enfant pleurait dans le ventre de Catherine :

" Dès le départ, il veut se détruire.

- Je sais, mon enfant, je sais !

- Mais il choisit le pire des suicides: l'éternelle répétition.

- En même temps, il peut vivre, c'est toute l'ambiguïté du symptôme névrotique :

Il reste fidèle à Dick: Le retour du refoulé, une de ses plus atroces nouvelles;

- Mais, moi aussi je suis le refoulé.

- Tu es aussi un alien, mais tous les fœtus sont des aliens, toutes les mères le savent, mon enfant .

- Les pères aussi le savent et ils ont peur ?

- C'est ta folle exigence d'un désir absolu qui le pousse à s'enfermer dans la boucle , il ne veut pas faire renaître le pur désir.

- C'est bientôt la fin , mère, il faut revenir ! "

Elle le raccompagna . Tous les deux souriaient, comme deux amoureux ! Monsieur K , se voyait retourner dans la matrice, partager sa vie passée , qui sait ?, retrouver Sophie , qui , étrangement avait , maintenant, les traits de la Sylvie de Nerval .

Catherine voyait loin, beaucoup plus loin ! Son cabinet de psycho vivotait, cette loi était la chance de sa vie !

Elle avait accepté de fournir un volontaire, contre un contrat d’exclusivité, elle aurait le droit de soigner tous les pauvres types, détruits par la perte de leurs souvenirs. Et tous ces vampires sentimentaux, prêts à se ruiner pour jouir de cette chair fraîche .

Gourmande, elle se passa la langue sur les lèvres : son chiffre d’affaires allait exploser ...

" Il est parti ?

- Oui mon enfant.

- Tout recommence ?

- Hélas oui, mon petit bébé .

- C'est une belle histoire d'amour que tu vas revivre, mère ?

- Encore une fois, mon enfant, je suis lasse et tu es en moi: je n'ai pas le droit de mettre fin à mes jours.

- Sans la boucle, tu serais morte, depuis des siècles : tu vis dans l'éternité, et nous ne pourrions pas le faire revivre s'il n'avait pas vendu tous ses souvenirs pour rester dans la matrice.

- L'éternel retour ! Quelle horreur ! Répéter à l'identique !

- C'est faux, il y a des différences, des erreurs, comme pour l' ADN, c'est la racine de l'évolution, c'est pour cela que je viens te visiter , mère .

- Quand tu es là, je vois tout, c'est horrible .

- Je vais repartir, je reviendrai après le baiser entre temps tu vivras tout pour la première fois

- Remarque , son choix n'est pas mauvais, c'est beau un éternel amour !

- Qui sait, il acceptera peut- être ma proposition ?

- Je n'y crois pas : il aura , de nouveau ,peur .

- Qui sait ?

- Tu pars ?

- Si je reste, je suis bloquée pour l'éternité..

- A bientôt mon enfant.

- Mère, chante moi la chanson !

- Bien, mon tendre bébé, il est temps de conclure cette tragi-comédie musicale! ... "

"Babe, I'm Gonna Leave You"

Babe, baby, baby, I'm Gonna Leave You.

I said baby, you know I'm gonna leave you.

I'll leave you when the summertime,

Leave you when the summer comes a-rollin'

Leave you when the summer comes along.

Baby, baby, I don't wanna leave you,

I ain't jokin' woman, I got to ramble.

Oh, yeah, baby, baby, I believin',

We really got to ramble.

I can hear it callin' me the way it used to do,

I can hear it callin' me back home!

Babe...I'm gonna leave you

Oh, baby, you know, I've really got to leave you

Oh I can hear it callin 'me

I said don't you hear it callin' me the way it used to do?

I know I never never never gonna leave your babe

But I got to go away from this place,

I've got to quit you, yeah

Baby, ooh don't you hear it callin' me?

Woman, woman, I know, I know

It feels good to have you back again

And I know that one day baby, it's really gonna grow, yes it is.

We gonna go walkin' through the park every day.

Come what may, every day

It was really, really good.

You made me happy every single day.

But now... I've got to go away!

Baby, baby, baby, baby

That's when it's callin' me

I said that's when it's callin' me back home...

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