Face à soi

2 minutes de lecture

Le processus inquisitoire prit fin rapidement. Les dix individus jetèrent un regard réprobateur vers son double. Tel un écho dans une salle hermétique, le mot « coupable » résonna dans la pièce.

Ce qui s’ensuivit le figea sur place. Il y eut comme une éblouissante lumière qui l’aveugla sur le coup. Il ferma ses paupières et resta immobile le temps que le bouquet de phosphène dans ses yeux disparaisse. Après quelques secondes, Sam se risqua à regarder de nouveau. Pendant un instant, il eut du mal à croire à l’effrayante réalité qui se déroulait en face de lui. Une ouverture monstrueuse, formée entre le sol et le toit, vomissait des effluves nauséabonds dans tout le salon. Un son hideux sorti de nulle part lui vrilla les tympans. Ses pensées se bousculèrent dans son crâne tandis que son esprit essayait de se raccrocher à quelque chose de censé face au tableau qu’il avait sous ses yeux. Il s’agenouilla devant ce capharnaüm apocalyptique. Sa raison faillit vaciller lorsqu’il vit son double aspiré dans les entrailles du boyau pendant que tout ce qui se trouvait dans le salon tournoyait aux bords du puits infernal. Sam ressentit soudain les émotions de son binaire. Il en éprouva une indescriptible sensation d’horreur. Il hurla de toute ses forces.

Lorsqu’il cessa de crier, un grand silence régnait là ou jadis l’enfer s’était déchaîné quelques secondes plutôt. La lumière avait de nouveau laissé place à la pénombre. Les meubles, les fenêtres ; tout avait été avalé par la bouche béante. Seule restait la porte. Sam prit soudain conscience de son corps. Le processus de séparation avait mis ses sens à vif.

Des gloussements lui parvinrent des couloirs obscurs. D’un coup, une fillette en pyjama, les cheveux lâchés sur ses épaules, avec une poupée dans ses bras, traversa en trottinant l'un des couloirs sans s’arrêter, puis disparut dans l’une des pièces sombres. Sam avança, tremblant, vers celle-ci. Quand il posa sa main sur la poignée de la porte, celle-ci s’ouvrit avec violence, avant de se disloquer de toute part. Il resta pétrifié devant les ténèbres qui se présentaient à lui. En l’espace d’une seconde, des doigts puissants le saisirent et le balancèrent dans le néant, auquel il plongea dans un long hurlement de terreur.



Annotations

Recommandations

Mona-g

Je te chanterai des mazurkas perdues
Au creux de ton oreille
Et je te dirais qu'elles viennent des montagnes
La à l'herbe ne demande rien à personne
Pour pousser.
0
1
0
0
Défi
Natacha TIBI
Je m'en balance...
5
4
0
1

Vous aimez lire Pasot ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à Scribay !
Sur Scribay, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
0