Chapitre 12

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Encore un peu de répit… Mais nous avons bien avancé. Je profite d’un petit temps de calme pour écrire ces quelques lignes en souvenir de notre périple de ces dernières heures.

Nous étions postés à couvert en haut d’une dune, alors que Sen et Arsène avaient été en repérage pour découvrir le lieu exact du temple où se cachait le Roi-Zombie. Sans mon médaillon, je savais qu’il aurait été impossible de le trouver, caché comme il était au milieu des dunes. Il n’était accessible qu’avec cet objet et au soleil couchant. De ce fait, des gardiens se trouvaient devant, et nos deux comparses nous décrivirent ainsi des ennemis futurs. Cela signifie aussi qu’ils attendaient probablement du monde, à cette heure propice, et nous étions donc sur nos gardes. Krorin nota d’ailleurs l’emplacement du temple sur la fameuse carte magique, afin qu’il soit révélé à tous et facile à retrouver.

Le premier, qui arriva de l’ouest, était un énorme loup-garou mort-vivant, et le poil du razorback se hérissa en même temps que je sentais son aura négative. Mais, comme il était distant d’environ un kilomètre et demi, nous avons trouvé qu’il était plus sage de rester à couvert et de le laisser rejoindre le temple. Cependant, Krorin avait du mal à retenir sa monture, et lorsque celle-ci s’élança, je fus forcée de l’endormir. Je note que notre Maître Nain, lui, fût insensible mon sort… Étonnante, cette vitalité qui l’anime.

Le second, arrivant depuis la même direction, était sans doute encore plus néfaste. Paladin du dieu de la mort, ou anti-paladin devrais-je dire, il venait tranquillement, monté sur son cheval armuré, d’un pas confiant. Par un concours de circonstances malheureux (le nain ayant réveillé de manière douloureuse et caillouteuse sa monture), le razorback fonça comme une furie droit sur l’ennemi sans qu’aucun de nous ne réagisse à part Arsène, qui sauta élégamment sur son dos. Même le nain fût forcé de courir derrière. Pour ma part, ma réaction fut immédiate : je sautais sur mon balai. La discrétion n’était plus de mise. Nous avons combattu vaillamment, Sen tuant le cheval d’un trait dont il a le secret, les autres s’occupant du paladin. C’est au final Ichiro qui acheva la montagne de muscle. Mais cela lui valut une marque du dieu de la Mort, furieux de voir ainsi achevé son fidèle serviteur. Belladone, consciente du danger que rester ici présentait, nous pressa de filer, après avoir réussi à ôter la marque néfaste sur le moine, grâce à la force de ses pouvoirs. Arsène et Sen délestèrent la monture morte de ses fontes, et nous filèrent tous ventre à terre pendant que ces deux derniers effaçaient nos traces. Pendant ce temps, du côté du temple, cela s’agitait. Sen, lorsqu’il nous a rejoints, nous expliqua que nous avions tué le successeur potentiel du Roi-Zombie.

Nous avons couru, galopé et volé longtemps. Nous étions épuisés, tant par le combat que par la fuite. Il fallait absolument que nous nous reposions. S’arrêter en plein désert, au milieu des dunes, n’était vraiment pas envisageable. Et la seule ruine observée jusque-là contenait d’autres ennemis à combattre. C’est le Centaure qui trouva la cache parfaite : dans une faille presque indétectable, une gerbille nous emmena vers les ruines d’une ancienne cité humaine à moitié ensevelie. C’est ainsi que, cachés et à l’abri, nous pûmes enfin nous reposer et panser nos blessures. J’en ai profité pour partager quelques moments tendres avec Nathanaël, car ils étaient précieux. Il ne savait même pas jusqu’à quel point ils m’avaient profondément et définitivement changée. Mais je ne pouvais encore me résoudre à lui dire. Alors je chérissais ces moments de tendresse, profitant du moment présent sans penser au futur...

Nous avons dormi et rêvé de dieux. Par mon fourbi et par Bancorp, nous avons appris qu’une colonne de femmes et d’enfants de la cité où nous avions fait halte précédemment (celle où nous avions délivré Nikolaï et où les mœurs étaient quelque peu perverses). Nous avons vite compris que Malinda se trouvait parmi les prisonniers. Et que tout ce monde-là était emmené à la cité ophidienne pour être sacrifié. Nous avons donc prévenu les nains de la mine : ils étaient les plus près, et ils étaient plus nombreux que nous. Ils pourraient agir vite, les délivrer et les mettre à l’abri. J’espère encore à l’heure où j’écris ces lignes qu’ils l’ont bien fait. Nous n’avons plus de nouvelles d’eux depuis notre refus de les rejoindre. À moins d’utiliser le dernier sort de la lampe magique, nous aurions mis trop de temps. Et le temps nous était compté. Je tiendrai personnellement responsables ces nains du massacre des innocents s’ils sont restés terrés dans leur moine au lieu d’aller les sauver.

Et puis nous parlions de ce dernier vœu, nos esprits ont commencé à tourner la manière dont nous pourrions l’utiliser. Fallait-il le garder ? Comment pouvions-nous en tirer avantage ? Le Roi-Zombie et le bâton étaient protégés par d’autres génies, nous n’avions aucune emprise sur eux. C’est alors qu’une idée a germé dans mon esprit : pourquoi ne pas nous en prendre à sa plus grande alliée ? Pourquoi ne pas demander à notre génie de faire apparaître la reine ophidienne paralysée devant nous immédiatement, afin de la tuer tant qu’elle est sans défense ? Les ophidiens seraient alors désemparés : querelle de succession, recherche de coupable, bref, un désarroi qui nous faciliterait la tâche. Et surtout, une alliée de taille en moins pour le Roi-Zombie. Mes camarades ont souscrit à ma proposition. Elle fût massacrée en une fraction de seconde, l’incompréhension dans les yeux. Nous avons détruit tout ce qui était à détruire, la coupant même en morceaux pour être sûrs qu’elle ne puisse pas être utilisée par la suite. J’ai récupéré quelques effets magiques dont j’étudierai l’utilité au fur et à mesure du temps que je peux y consacrer.

J’avoue, j’étais très fière de mon idée. Même si c’était retors, j’avais usé de têtologie de la manière la plus efficace possible. Et nous avons alors conclu qu’il fallait immédiatement marcher sur le temple et attaquer le Roi-Zombie avant qu’il n’ait le temps de se retourner de ce coup du sort que nous venions de lui infliger.

Nous nous sommes mis en route. Nathanaël montait avec moi sur mon balai. Nous avions pris l’habitude de voyager ainsi ensemble, et mon nouvel engin portait deux personnes sans problème. Les nains sont vraiment des orfèvres dans la fabrication d’objets magiques.

C’est donc de nuit que nous avons commencé à couvrir la distance entre nous et le temple. Or sur la route, une lueur verte attira notre attention. Nous avons découvert une troupe que Sen avait croisé quelques jours plus tôt, en plein combat avec des zombies. Nous leur avons prêté main-forte immédiatement, et le combat nous laissa de belles blessures et quelques frayeurs. Et surtout, la découverte d’alliés envoyés par le Seigneur Vétérini (avec le fameux mot de passe de la roue à aubes dont, heureusement, Belladone se souvenait) ! Mais quels alliés… Je pense qu’ils sont encore un peu plus fêlés que mes compagnons de voyage, c’est dire. Sir Humphrey de Baugard, chef de cette équipée qui déplora un mort après le combat, se battait avec un appareil qui crachait de puissants jets de flamme. Leur monture était aussi haute et grosse qu’une petite colline, et d’une espèce que je n’avais jamais croisée auparavant. Il y avait avec lui un nain inventeur contrôlant des espèces de serviteurs mécaniques, une très belle femme se battant avec deux épées plus grandes qu’elle, et un homme du coin à l’épée de flammes. Des alliés qui, soulagés de savoir que nous avions où était le temple du Roi-Zombie, allaient venir le combattre avec nous.

J’ai profité de ma baguette pour lancer une table de banquet, et nous avons ainsi nourri tout le monde, montures incluses. Yumi soigna les blessures. Nous étions à l’abri sur l’énorme bestiole, sous un dôme d’invisibilité, et nos nouveaux alliés allaient pouvoir se reposer un peu. Tout était prêt pour préparer au mieux nos forces en vue de notre assaut final.

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