Secret

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Malya ferma la trappe avec un soupir, puis frappa avec sa main droite son front.

  • Mais qu'est-ce que j'ai fais ?

La bonne chose, murmura dans sa tête sa voix intérieure.

Et c'était vrai. Le pauvre garçon lui avait vraiment fait énormément de peine. Au moins, elle était sûre de ne pas trop avoir de problème pour le cacher. Léonard ne laissera aucun étranger réclamer le droit d'inspecter cette maison... en espérant que le dégât qu'avait provoqué l'homme loup ne l'oblige à prendre d'autres mesures, et de venir dans le grenier. Lui même n'y allait jamais, sauf sur demande.

  • Non, tout ira bien, se rassura-t-elle en secouant la tête.

Elle descendit les escaliers, pour retrouver dans le salon encore épargné par les eaux son majordome qui tenait une poche de glace encore fraîche.

  • Tenez, posez-la où vous avez mal.
  • Merci, Léonard.

Malya alla s'asseoir sur le canapé noir et blanc, puis posa la glace bienvenue sur son nez encore douloureux. Elle ressentit un vif soulagement en le sentant s'engourdir et annihiler la désagréable sensation. Léonard la regarda moins de cinq secondes avant de se diriger vers la cuisine. Malya, de son coté, attendit tranquillement en devinant qu'il s'apprêtait à préparer à manger par les bruits de grésillements et d'eau bouillonante. Elle se fit la remarque d'essayer de cacher dans ses poches du pain, discrètement, et toute autre chose pouvant passer. Mais le jeune homme loup allait devoir attendre un peu avant de manger autre chose. Elle ne pourrait lui apporter que ça, voire des céréales lorsque Léonard ira dormir.

Ce qui signifie que je vais devoir y aller assez tard dans la nuit, soupira-t-elle mentalement. J'espère qu'il pourra tenir avant que je lui donne plus à manger.

Si elle était à sa place, et à en juger par sa relative maigreur, elle doutait que quelques miches de pain suffira à le rassasier. Malya se souvenait d'avoir entendu et lu que les loups mangeaient de grandes quantités de viande. Mais aussi qu'ils pouvaient jeûner plusieurs jours d'affilés en attendant d'avoir de meilleures proies. Hati avait déjà consommé tous les rôtis, donc logiquement cela devrait suffire. Cependant, pouvait-elle comparer alors qu'il n'était pas tout à fait un loup, mais un être complétement différent ?

Arrrgh, grimaça-t-elle en soupirant de nouveau. Comment je vais m'y prendre ?!

  • Un problème, mademoiselle ? s'enquit Léonard qui arrivait avec une assiette toute chaude de pâtes et de beignets de poisson.
  • Aucun, le rassura-t-elle avec un sourir innoncent en se levant pour s'asseoir à table. J'étais juste pensive.

Léonard fronça les sourcils alors qu'il plaça devant sa protégée son dîner qu'elle accepta en le remerciant. Quand il partit chercher du pain et revenir, il fut surpris de constater que sur les cinq beignets, trois avaient déjà disparu. Il ne s'était absenté que quelques secondes !

  • Mademoiselle a grand appétit ce soir, commenta-t-il avec une pointe d'ironie en déposant sur un plat blanc le pain qu'il découpa en deux grandes tranches.
  • Oh, rougit-elle en jouant momentanément avec une pâte solitaire. Disons que ce qui s'est passé m'a un peu chamboulé.
  • Je comprend. J'ai reçu une consigne par l'appel à ce sujet. Au fait que rien de concret n'est été volé, et si l'on oublit le dégât fait sur le robinet, vos parents vous laisse le choix de faire intervenir ou non la police.
  • Vraiment ? s'étonna-t-elle en laissant de côté son repas, intéressée.
  • Oui. Ils m'ont dit que comme vous viviez ici pour mieux vous concentrer sur vos études, le choix vous appartenait. Si cet événement vous inquiète et que vous craigniez que cela se reproduise, ils consentent à engager des experts pour appréhender le ou les responsables, ainsi que de vous chercher une nouvelle résidence.

Malya n'eut pas à réfléchir pour lui donner sa réponse. Si Malya n'avait pas rencontré au préalabe l'intrus, elle aurait mieux considéré l'offre de ses parents qui était extrêmement rare. Quitter cette ville ne lui aurait pas fait grand-chose. Mais plus maintenant. Elle était sûre que le <<coupable>> ne recommencera ses désastreuses investigations. Et puis, elle lui avait permis de rester, au vue de sa situation qui devait êre désastreuse. Pour elle, plus question de faire machine arrière. Elle le gardera à l'abri aussi longtemps qu'il sera en danger.

  • Si ce n'est que ça, pourriez-vous dire à mes parents de ne pas s'en faire, s'il vous plaît ? lui répondit-elle. Comme vous dîtes, rien de grave ne s'est réellement produit. Si l'on répare le système de sécurité, cela suffira amplement. Je ne souhaite pas ennuyer plus mes parents.
  • Vous ne les dérangez certainement pas, mademoiselle, s'inclina respectueusement Léonard. Mais si telle est votre décision, je vais la rapporter pendant votre repas à monsieur et madame.

Sur ces mots, Léonard s'éloigna pour aller téléphoner. Malya, tout en mangeant ses pâtes, récupéra tout en surveillant le majordome le reste de ses beignets et les morceaux de pain. Ce n'était beaucoup, mais ça devrait le nourrir assez jusqu'au matin.

Une fois qu'elle finit de manger, Malya laissa son assiette à table par la demande de Léonard à cause du sol encore mouillé. La jeune adolescente ne chercha pas plus loin, surtout à cause de la charge qu'elle portait dans ses habits et qu'elle souhaitait s'en délester avant que l'huile des beignets ne se voit, surtout que les poches de son pantalon n'étaient pas épaisses et étaient, comme le reste, d'une teinte bleue claire.

Elle s'excusa vite en pensant à placer ses bras sur les cachettes de son chapardage et monta rejoindre sa chambre, où elle attrapa une pochette dans le tiroir supérieur de son bureau et ôta vite toute la nourriture qu'elle avait récupéré pour ce soir.

Une moue s'installa sur son visage quand elle vérifia le tissus de ses poches qui avaient obsorbé l'huile. Cela dessinait sur chacune une belle marque arcquée foncée et grasse.

  • J'espère que Léonard ne pensera pas à regarder, espéra-t-elle en même temps que Malya s'allongea sur le dos dans le matelas moëlleux.

D'ailleurs... elle n'avait toujours pas récupéré sa couverture.

Tant pis, il peut la garder s'il veut. Le grenier est vraiment glacial. Je peux me passer de couette pour le moment, ma chambre n'est pas trop froide, se dit-elle en fermant un peu les paupières en réfléchissant.

Plus tard, elle allait de nouveau retrouver son mystérieux colocataire. Il faudra qu'elle pense à lui poser des questions un peu plus poussées. C'était la première fois qu'elle rencontrait quelqu'un comme lui. Et bien qu'elle ait déjà lu des livres sur des rencontres inimaginables, d'êtres fantastiques et de mythes improblables, Malya ne revenait toujours pas que cela lui arrivait.

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