Nouvelle couverture

5 minutes de lecture

Malya arrangea ses nouvelles affaires à sa convenance, en plaçant sa boule d'eau de mer sur son unique bureau, juste à côté de sa lampe qui lui servait à s'éclairer lorsqu'elle faisait ses devoirs, son hippocampe trouva sa place avec d'autres breloques, comme la tête rose en plastique d'un chaton souriant et une paire d'aile noire et blanche sur son cartable. Quant à l'attrape-rêve, et au travail spirituel qu'il devait fournir, juste au-dessus de son lit baldaquin du côté où elle dormait, maintenant dénué de couverture.

Maintenant que j'y pense, se rendit-elle compte avec une mine pensive, comment je vais me débrouiller pour la nuit ?... Peut-être qu'il y en a dans des cartons au grenier.

Devrait-elle demander à Léonard ? Elle suivit sa pensée et sortit de sa chambre, ennuyée de devoir embêter son majordome pour ça. Malya n'eut qu'à descendre quelques marches avant de se rendre compte qu'elle ne pouvait vraiment pas le déranger. La jeune fille pouvait entendre d'ici le vieil homme qui parlait toujours au téléphone depuis le salon, rapportant en détail les conséquences de l'intrusion, et devant se répéter plusieurs fois. Non, elle ne pouvait pas le monopoliser pour une chose qu'elle pouvait se procurer seule. Et puis, elle avait encore le temps avant d'aller se coucher.

Décidée, elle fit donc demi-tour, puis une fois dans le couloir menant à sa chambre et d'autre pièces au fond, elle leva la tête. Dans le plafond blanc se trouvait une trappe qui, une fois ouverte, dépliait une échelle afin de monter au grenier. Enfin, il fallait avoir la clef pour la déverrouiller. Celle-ci était dans la chambre de Léonard, la dernière des cinq pièces de cet étage qui se trouvait sur le mur droite. Malya marcha jusqu'à elle et ouvrit sans problème. L'homme ne fermait jamais sa chambre, au cas où sa jeune maîtresse aurait besoin d'aide. La pièce était impeccablement rangée et très aérée. Elle ne comportait qu'un lit simple, une armoire et un bureau. C'est à ce dernier qu'elle se rendit, et y tira le premier tiroir.

Bingo ! Malya trouva l'ensemble des clefs de la maison, dont celle qu'elle avait besoin.

  • Et maintenant, il n'y a plus qu'à monter. J'espère que ce ne sera pas trop dur de trouver le bon carton, marmonna-t-elle en revenant à sa chambre rapidement pour prendre sa chaise afin d'atteindre la serrure de la trappe.

Une fois qu'elle l'attrapa, Malya grimpa sur elle, enfonça la bonne clef après avoir brièvement cherché parmi la vingtaine, et l'inséra avant de la tourner sans difficulté jusqu'à entendre le clac caractéristique. Une fois ceci fait, elle descendit de son perchoir, le mit de côté et attrapa la ficelle qui pendait en hauteur. Quand elle fut dans sa main après s'être mis sur la pointe des pieds, à cause de la hauteur assez importante, elle tira sur elle tout en reculant. Doucement, l'escalier se déplia juste à ses pieds, et l'ouverture dévoila la sombre obscurité des lieux. Un peu sceptique en voyant ça, Malya se hissa tout de même jusqu'à l'ouverture, puis constata qu'elle ne voyait absolument rien, même avec la fenêtre ouverte qu'elle remarqua et qui déversait le jour nuageux qui tombait vite dans un bleu nuit.

  • Génial... maugréa-t-elle en soupirant. Enfin, je crois que Léonard doit avoir une lampe torche sur son bureau.

Effectivement, en retournant en trottinant dans la pièce et en ouvrant les deux autres tiroirs en-dessous du premier qu'elle a fouillé, Malya attrapa avec un air victorieux une lampe noire encore opérationnelle qui s'alluma lorsqu'elle pressa le bouton.

Elle revint ensuite à l'entrée du grenier, son éclairage dans sa main droite et sa main gauche pour se retenir. Une fois au sommet, elle regarda grâce à la lumière les très nombreux cartons agglutinés et empilés les uns sur les autres. Leur quantité lui tira un léger gémissement.

  • Bon... Si je veux pas avoir froid cette nuit, s'encouragea-t-elle néanmoins en pénétrant complétement dans le grenier poussiéreux...

... Et glacial ! Un courant continu s'échappait de la fenêtre, ce qui lui donnait la chair de poule. Avec un grelottement, Malya se frotta les bras et grimaça.

  • Ok. Je vais me dépêcher.

Tout d'abord, elle inspecta les plus gros cartons et ignora ceux qu'elle jugeait trop petit pour avoir une couverture. Les cinq premiers n'apportèrent aucun résultat satisfaisant : ce n'était que de vieux vases, CD et décorations pour la plupart, ou un amas de papier et de documents. Elle poursuivit donc les recherches, et finit par tomber après deux autres tentatives sur des vêtements de son père.

Pourquoi les garde-t-il ? s'étonna-t-elle en levant un smoking noir encore en état pour le regarder. Il a du mal à passer dedans maintenant à cause de son poids !

Elle passa outre et, après l'avoir correctement plié et remit à sa place, progressa plus loin. Après une dizaine de minute à avancer plus au fond, et à extraire divers objets, feuilles et vêtements, elle crut enfin trouver la gemme parmi eux. Manque de chance : la couverture orange qu'elle tira était en partie trouée. En plus, sa laine était rêche et pas très délicate au toucher. Malya en eu une mine dépitée.

  • Zut.

Soudain, un fort vent d'air frais la frappa et la frigorifia, ce qui la fit frissonner désagréablement et laisser tomber sa trouvaille. L'adolescente lança un mauvais regard à la fenêtre, tout près de là où elle se trouvait. Agacée par l'absence de couvertures et le froid qu'elle endurait depuis son arrivée ici, elle se dirigea d'un pas rapide jusqu'à elle et la claqua fortement...

... Suivit d'un grognement humain qui retentit tout au fond du grenier et du mouvement de quelqu'un qui se retournait. Le bruit la figea sur place, en même temps que le sang se retira d'elle.

Il y a une personne ici, il y a un intrus, paniqua-t-elle dans sa tête.

Après quelques secondes, la personne sembla se calmer après avoir profondément respirer. Comme... lorsque l'on avait failli être réveillé, mais que l'on se rendormait dans la foulée. Malya se força de ne surtout pas céder à la peur. Rester maître de ses émotions. La personne ne s'était pas levée, il y avait donc des chances qu'elle ne se soit pas rendue compte de sa présence. Une bonne chose pour elle. Mais maintenant... que devait-elle faire, là, tout de suite ?

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 7 versions.

Recommandations

Défi
OD'UN

J'essuie désolé, mais t'auras pas la Ceryse sur le gâteau, mon papy russe. J'essai que t'es gâteux. Alors, j'te propose vodka aux prunes: elles comptent 37°2 le matin, la brune!
3
3
0
0
Alessandri Jean-Louis
« Bâtard, je te tuerai»…Anghjulu vit alors sa vie changer à jamais. Tout ce dont il rêvait s’écroulait. Cet oncle gras et tuberculeux venait de l’envoyer en Enfer.

Corse, Mai 1768. La petite île Méditerranéenne s’apprête à subir l’invasion française. Louis XV vient de signer le Traité de Versailles avec la République de Gênes, qui, pour payer ses dettes de guerre lui confère le droit sur la Corse. La vie ne sera plus jamais la même pour Anghjulu, métayer de La Porta en Castagniccia, et Arthur, un sergent du Royal de Bretagne qui, malgré leurs destins, leurs camps opposés se rencontreront. Anghjulu se verra, malgré lui, et par un concours de circonstances, emporté dans la tourmente. Il croisera sur sa route Marbeuf, Paoli, De Chauvellin, Buttafuoco. L’histoire rencontre alors l’Histoire.
1
0
14
4
Marie
Quand le dialogue entre mère et fille devient compliqué !
3
9
0
0

Vous aimez lire Dragon Fire ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à Scribay !
Sur Scribay, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
0