Intrusion

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Les passagers de la voiture arrivèrent plutôt rapidement à la résidence de la famille, malgré la circulation quelque peu ralentie. Sans vraiment sans rendre compte, Malya aperçut le portail familier menant à l'immense terrasse du manoir qu'elle habitait depuis cinq mois maintenant.

Léonard sortit de la limousine pour ouvrir manuellement le portail avec la clé numérique qu'il possédait, mais au moment où il posa un pied dehors, Malya vit son visage s'étonner.

  • Tiens ? Les caméras sont abaissées.

Il marcha jusqu'au portail en marmonnant à propos de contacter un technicien au plus vite, puis revint une fois avoir ouvert.

  • Tout va bien ? lui demanda avec suspicion le garde du corps. Y avait-il quelque chose de suspect ?
  • Non, rassurez-vous, lui répondit avec sérénité Léonard. Il y a eu sans doute un dysfonctionnement dans les circuits. Cela a dû se produire durant notre absence. Je vais appeler un professionel dans la journée pour régler le problème.

L'homme se le tint pour dit et n'insista pas. La voiture poursuivit sa progression jusqu'à l'escalier menant à la porte de sa maison. Léonard descendit de nouveau, contourna la voiture et ouvrit la portière à Malya.

  • Nous voici enfin arrivé, mademoiselle. Entrez sans plus tarder, je vais vous faire amener vos affaires.
  • Merci, Léonard, dit-elle avec un bref hochement de tête.
  • Madame et monsieur, veuillez rassurer ses parents que leur fille a été raccompagnée sans soucis.
  • Bien sûr, accepta la dame. Mais je pense toujours que vous devriez prendre avec vous l'un des membres de notre association pour garder la maison en votre absence.
  • J'y penserai, mais Mr. et Mme. Lumen insistent que leur fille vive dans un environnement plus sain pour cette année. Et puis, cette ville comporte le moins de criminalité, sans parler qu'il n'y a que le strict nécessaire dans cette maison. Enfin, s'ils venaient à changer d'avis, je vous le ferai savoir. Vos services sont excellents.

Le majordome salua une dernière fois leurs protecteurs avant de fermer la limousine, puis d'en faire de même au conducteur qui partit sans attendre, les laissant seuls dans la résidence. La jeune adolescente, qui était restée également pour les saluer, marcha après leur départ jusqu'à la grande porte en bois polis, puis posa sa main sur la poignée dorée avec un léger soupir.

Et voilà. Je suis rentrée.

Oui, elle était revenue chez elle. Et, bien qu'elle en ait l'habitude, savoir que personne ne l'y attendait, ni ne lui demanderait comme s'était passé son voyage lui serra un peu le cœur.

  • Mais bon, les choses sont ainsi... chuchota-t-elle pour chasser son humeur légèrement triste.

Elle abaissa sa main, puis la porte s'ouvrit sans le moindre bruit, dévoilant un grand hall d'entrée au carrelage en damier... complétement trempé et sali de trace terreuse. La jeune fille pouvait entendre distinctement le << phhit >> très distinct de l'eau qui s'écoulait d'un robinet sans doute endommagé. Sans parler de la dizaine de serviettes qui traînaient éparses par terre, complétement imbibées d'eau, dans le but certain d'essayer de nettoyé le gâchis.

  • Hein ? s'étonna Malya en ouvrant de grands yeux, trop choquée pour dire autre chose, ou même réagir.
  • Que se passe-t-il, mademoiselle ? l'interrogea Léonard avec sa valise et ses feuilles d'exercices.

Après avoir vu l'état du hall, le pauvre homme en laissa tomber ce qu'il tenait, dans le même état que sa jeune protégée. Cependant, contrairement à elle, il se reprit très vite et se précipita vers la salle la plus proche : la cuisine.

Reprenant enfin ses esprits, Malya le suivit en prenant garde à ne pas glisser sur le sol désormais glissant. Léonard l'atteignit bien vite, à la fois pressé et inquiet. Lorsqu'il arriva à l'entrée sans porte, la pâleur et l'expression outragée qu'il prit laissa suggérée à la jeune fille que ce qui l'attendait n'allait pas la décevoir. Effectivement, une fois à sa hauteur, elle comprit pourquoi l'eau s'échappait ainsi, avec une surprise en plus : le robinet automatique avait été à moitié arraché, laissant échapper une cascade continue d'eau qui s'élevait en arc pour retomber se répandre partout. Ce n'était pas tout.

Dans le frigo encore ouvert dont le ou les visiteurs imprévus avait oublié de mettre le système de fermeture que les deux victimes s'empressèrent d'aller vérifier. Il y traînait quatre emballage de viande, où devait avoir été mis du rôti à en juger par les ficelles encore rougeâtre, qui avaient été sauvagement déchiquetés avec leur contenu disparu. Un paquet de céréale ouvert soufflé au miel, que Malya avait le souvenir de ne pas avoir été entammé, était déposé dans l'un des placards laissé ouvert. L'intrus avait du y manger sur le grand plan de travail, à en juger par les quelques restes laissé pendant son repas, bien que leur tracé laissait suggérer que le ou les responsables voulut les récupérer. En somme, ils avaient été pillés durant leur absence.

Par de rapides œillades, Malya avait constaté que Léonard passait d'incrédule à furieux à fur et à mesure des observations.

  • C'est intolérable ! s'écria-t-il en regardant une dernière fois les dégâts ( surtout le robinet cassé ). Mademoiselle, restez-ici je vous prie, je m'en vais vérifier qu'il n'y ait personne dans la maison.

Malya ne protesta pas, et elle resta sur place pendant que Léonard patrouilla dans l'habitation à la recherche de potentiels intrus, ainsi que de voir s'ils y ont fait plus.

oOo

Plus tard, Malya était partie pour trier dans toutes ses affaires après avoir récupérer sa valise laissée l'entrée, sous la demande et les excuses de Léonard qui voulut s'entretenir avec ses parents. Car, à part la nourriture et le dommage subit sur le robinet, il n'y eut pas autre chose. Le peu de bien que les parents de Malya leur avaient laissé, comme la télévision grand écran sur le mur de son salon, l'horloge mécanique, les meubles relativement chers, ses affaires personnelles ( hormis sa grosse couverture blanche qu'elle avait découvert disparu de sur son lit, sûrement prise par les empreintes terreuses curieusement nues encore humides laissées sur son parquet propre ), rien de trop important n'avait été concrètement volé. Alors, avant d'appeler la police, le majordome voulait leur avis si cela en valait réellement la peine.

De son point de vue, Malya comprenait surtout que le ou les intrus avaient surtout eu faim et s'étaient nourris, et avaient peut-être chercher à étancher la soif en forçant sur le robinet. Ce qu'ils n'ont apparemment pas pu. Elle se sentait un peu mal à l'aise que des personnes aient pu s'introduire ici, mais ses soucis furent vite oubliés alors qu'elle sortit les souvenirs qu'elle avait rapporté.

Ce n'était pas grand-chose : seulement une boule d'eau avec du sable marin de la mer qu'ils avaient étudié, avec un porte-clé d'un hippocampe argenté et la plume d'une mouette reliée à un attrape-rêve.

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