22. Emma

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NDA : Je vous conseille d'écouter la chanson de James Brown, It's a Mans mans mans world quand Emma mettra elle-même la chanson, pour accentuer l'effet sensuel de la scène:) J'en dis pas plus.

La maison de Pablo était une maison très simple, contrairement à la sienne, plus grosse que trois immeubles réunis. Le jardin était entretenu, avec des nains de jardins qui la fit rire. D'une des portes fenêtres du salon, elle vit de la lumière et sonna à la porte, le dessert en main. Celle-ci s'ouvrit sur le jeune homme, tout souriant.

  • Hey, s'exclama-t-il en passant nerveusement une main dans ses cheveux.
  • Salut, j'ai apporté le gâteau, je l'ai fait moi-même avec un de mes petits frères.
  • Oh, fallait pas, merci.
  • Ben techniquement, j'en mangerai aussi donc je l'ai pas fait pour rien.

Il rit à sa remarque et la laissa entrer. Emma observa le salon qui s'ouvrait directement devant elle. Le style était casanier, avec un énorme canapé aux coussins multicolore, et un lecteur vinil posé sur un meuble en bois. Emerveillée, elle s'y approcha. Sur sa droite, étendu tout autour de la porte fenêtre, une bibliothèque entière de vinils y était exposée. Led Zeppelin, Queen, en passant par Elvis Presley et Stevie Wonder, rien ne manquait. Un piano était posé contre le mur opposé, ainsi qu'une guitare appuyée dans l'angle de la pièce. La télé se noyait entre tous ses éléments musicaux.

  • Ta famille est musicienne ?
  • Mon père adore ça, et ma mère s'y prête aussi. J'ai hérité de leurs goûts.
  • C'est... wow. Et tu joues d'un instrument ?
  • Ouais, la guitare. J'ai essayé le piano plus petit mais les classiques, c'est pas trop mon truc.

Il s'en alla dans la cuisine pour déposer le gâteau et revient deux secondes plus tard, disposé à l'installer convenablement. Il paraissait plus stressé qu'avant de passer un examen.

  • Et tes parents ? demanda-t-elle en se tournant vers lui.
  • Ils sont allés manger dans un restaurant pour... pour nous laisser seuls.

Ce n'étaient pas les siens qui allaient la laisser avec un garçon pour la soirée. Elle trouva ce geste très aimable. Digne d'un gentlemen, il lui prit sa veste et la pendit à l'entrée. En le voyant en chaussette, elle enleva ses talons, par peur de salir le sol. Le canapé était le plus moelleux qu'elle ait pu expérimenter de toute sa vie. Un gémissement de plaisir s'échappa de ses lèvres quand elle s'assit dessus.

  • Il date de l'époque de mon arrière-grand père, expliqua-t-il en la voyant apprécier le confort.
  • Les anciennes choses sont les meilleurs, affirma-t-elle. Malheur à moi, mes parents préfèrent la modernité.

Il eut un rire nerveux.

  • Ouais, je suis passé plusieurs fois devant chez toi. Désolé, ici c'est peut-être un peu pauvre mais je...
  • Je t'arrête tout de suite. Je m'en fous complètement. Certains de mes amis ne sont pas aussi riches que moi et ça ne change rien à notre relation.

Il parut rassuré. Dans le lycée Lander, il y avait les gens aisés qui payaient la scolarité de leurs enfants avec grand plaisir, et ceux qui obtenaient une bourse après quarante milles demandes. C'était le problème des écoles privées. Mais c'était soit ça, soit l'enfant finissait dans une école scientifique. Et pour ceux qui n'aimaient pas les sciences, ils devaient vivre à deux heures de la ville pour trouver un lycée généraliste. Un beau bourbier qu'avait crée la préfecture dans leur région.

  • Je... tu veux de la musique ?
  • Ouais, avec plaisir.

Il s'approcha de sa bibliothèque, pensif.

  • Personnellement, j'aime beaucoup le Rock'n'roll.
  • Fan d'Elvis Presley ? s'amusa-t-elle.
  • Ça se voit tellement ?

Les disques du chanteur mythique occupaient presque trois étagères entières. Parfois, il s'agissait des mêmes, mais enregistrés des années plus tard.

  • Nooon, pas le moins du monde, ironisa-t-elle.

Il était vrai que le genre se prêtait bien à ce genre de soirée. Elle avait l'impression de plonger en plein dans les années 50, surtout avec la décoration du salon.

Pablo avait l'air d'un garçon très sympathique. Déjà, à la soirée, il avait attiré son attention de par sa gêne, mais à présent, il ne s'embêtait plus à détourner le regard. Il la dévorait tout entier, de la tête aux pieds. Emma, dans ses moments là, se sentait heureuse. Comme si elle ne vivait qu'à travers le regard des garçons, comme si c'était quelque chose de vital pour elle. Nécessaire pour se sentir bien dans sa peau, pour oser se regarder dans le miroir. Elle savait que c'était dangereux. Le jour où plus personne ne porterait ses yeux sur son corps, elle sombrerait dans une sombre dépression.

Mais elle se disait qu'elle était jeune et que sa beauté n'était pas prête de disparaître. Alors elle en profitait. Elle osait. Après tout, on avait qu'une vie.

  • Désolé pour l'autre soir, s'excusa-t-il une nouvelle fois en s'asseyant à côté d'elle.
  • Je croyais qu'on oubliait ça ?
  • Ouais, on oublie, mais je... tu t'es sûrement sentie mal après ça, mais c'était pas mon intention.
  • Je sais.
  • Tu m'en veux pas ?

Elle soupira.

  • Tu crois vraiment que si je t'en voulais, j'aurais débattu avec autant de ferveur pour que mon père me laisse sortir juste pour venir te voir ?

Un sourire retroussa ses pommettes.

  • Non.
  • Bien.

Elle s'adossa au canapé, continuant de jeter un coup d’œil à tout ce qui se trouvait autour d'elle. La décoration était superbe. C'était une comme ça qu'elle voulait dans sa future maison. Avec plein de couleurs, des bougies partout sur les meubles, et, à la place des vinils, des livres à faire craquer les étagères. Le Paradis sur terre.

  • Donc, tu es en première aussi ? demanda-t-elle pour commencer la conversation.
  • Oui ! Je suis dans la classe de l'ancien désigné, Lucas Layne et sa nouvelle petite-amie.
  • Raven, informa-t-elle avec un goût amer dans la bouche.
  • Ouais, c'est ça. J'ai encore un peu de mal avec les prénoms.
  • Je te rassure, elle ne mérite même pas qu'on retienne son prénom. Ce qu'elle a fait est juste psychopathe, tout ça pour sortir avec lui. Sans elle, Leila serait quand même en vie à l'heure qu'il est.
  • Tu crois vraiment que c'est entièrement sa faute ? Enfin, je veux dire, les véritables fautifs, c'est Erwin et Leila non ?

Elle tourna la tête dans sa direction, les sourcils froncés.

  • Aussi oui, mais si Leila a couché avec Erwin, c'était parce que Raven l'y a poussé. Elle était dévastée par la mort de son père et elle était facilement manipulable.
  • Mais pourtant, tu parles à Erwin comme si de rien n'était.

Elle resta sans voix. Elle aurait voulu dire que c'était différent, complètement différent, mais n'avait pas les arguments. Le pardon était venu tout seul pour le jeune homme. En même temps, ils se connaissaient depuis l'enfance, et il était un peu le leader du groupe, le créateur en quelque sorte. Certes, Raven avait été sa meilleure amie, mais... c'était différent.

  • On pourrait parler d'autre chose ?
  • Bien sûr.
  • Tu comptes faire quoi plus tard ?
  • Conservateur de musée. J'adore les œuvres d'art, s'en occuper serait vraiment un rêve pour moi. J'ai pris l'option histoire de l'art cette année, et je regrette pas du tout.
  • Wow, t'as l'air vraiment enthousiaste pour tes études.
  • Pourquoi, toi non ?

Non. Ce qu'elle voulait, c'était passer sa vie dans les soirées, à danser, sentir les yeux des garçons se poser sur elle et faire des tas de connaissances. Les études l'ennuyaient un peu. Elle ne comprenait juste pas à quoi ça lui servirait dans sa vie de savoir que Napoléon s'était fait nommé empereur en 1800. Certains répondait « pour la culture général », mais la culture général, elle l'envoyer se faire cuir un œuf. Elle lisait assez de livres pour connaître plus de choses qu'un premier de la classe. Étudier des heures et des heures pour tout oublier une semaine plus tard était inutile. Une perte de temps.

  • Pas vraiment, grimaça-t-elle. Je préfère profiter de la vie et ne pas m'embêter avec le stress des examens. Je te rassure, mes parents essaient de me faire changer d'avis depuis mes premières années de collège, en vain. Je suis, et je resterai un esprit libre.
  • J'aime bien les esprits libres. Ils ont un fort caractère.

Elle planta ses yeux bleus dans les siens.

  • T'es sérieux ?
  • Ouais. C'est souvent les gens qui possèdent un fort caractère qui réussissent le mieux dans la vie. Ils ne se font pas manipuler, et ils ont pas besoin des autres pour vivre.

Emma esquissa un sourire triste. Si seulement. Sans les autres, elle se serait déjà jetée du haut de la fenêtre de sa chambre depuis longtemps. Son ventre choisit ce moment précis pour gargouiller comme un fou. Super. Elle adorait son corps, sincèrement. Niveau gêne, il n'y avait pas mieux. Il choisit d'en rire.

  • On dirait qu'il réclame à manger.
  • Désolée.
  • Pas de soucis, de toute façon faut manger les pizzas tant qu'elles sont chaudes.

Il disparut dans la cuisine. Elle en profita pour regarder ses messages. Erwin n'était pas venu aujourd'hui en cours ; elle avait appris par le biais de William que Lucas s'était cassé le doigt et que sa mère les avait emmené chez leur grands-parents. Elle n'avait pas compris pourquoi au début, puis des rumeurs s'étaient rapidement propagées : Lucas se serait fait frappé par son père, et la mère des jumeaux aurait pris peur de son mari. Emma trouvait étrange que Charles Layne se montre tout à coup violent sans raison, lui qui avait accueilli tout le groupe un Noël avec enthousiasme. Et surtout, elle jugeait que Lucas en avait assez bavé pour encore subir des coups de la part d'un de ses parents. La vie était vraiment injuste. C'était dans ces moments là qu'elle se rendait compte de la chance qu'elle avait : sa famille était unie, stable et aimable. Elle aurait beau se plaindre toute sa vie, elle restait la fille la plus chanceuse du monde.

Pablo revint quelques minutes plus tard avec un plateau de morceaux de pizzas prédécoupées, et chaudes.

  • Ce sont les pizzas de mon père, l'informa-t-il, fier de les lui présenter.
  • Non, c'est vrai ? s'exclama-t-elle, surprise. Oh mais c'est... c'est ta famille qui tient la pizzeria de la ville ?
  • Ouais, c'est elle, fit-il en posant le plateau sur la table.
  • J'y ai mangé les meilleures pizzas du monde, je t'assure. Avec mon frère, quand j'étais en troisième, on y allait presque tous les weekends pour les ramener à la maison. Et quand il y avait un anniversaire, c'était là-bas qu'on les commandait.

L'amusement brillait dans ses yeux. Il était vraiment mignon quand il souriait.

  • Quand mon père m'a demandé comment tu t'appelais et que j'ai dis Emma Rovel, il s'est retenu de me prendre dans ses bras. Apparemment, vous êtes ses clients favoris.
  • Je ne savais même pas que tu étais son fils.
  • J'y travaille de temps en temps, surtout en été. Mais avec les cours et tout ça, je préfère me concentrer sur ce que j'ai à faire.
  • Attends, une question. Comment tu savais mon nom ?
  • Tu es populaire. Tout le monde connaît ton nom.

Comme elle aimait ce genre de réponse. Un sentiment de satisfaction se logea sur les traits de son visage.

  • Et tu n'as pas peur des critiques des gens si tu passes du temps avec moi ?

Il haussa les épaules.

  • Je me dis que ça en vaut la peine.

À force de sourire, elle allait finir par avoir des crampes aux joues. Elle se sentait vraiment bien en sa compagnie. C'était totalement différent de ce qu'elle avait pu expérimenter avec Alexis ; à cette pensée, son cœur se serra. Il lui avait envoyé un message hier pour la tenir au courant de l'arrivage d'une robe de soirée. Elle ne lui avait rien dit sur la fête, ni sur sa rencontre avec Pablo. Pourquoi le ferait-elle ? Parfois, elle se disait qu'elle avait vraiment un problème. Un homme de trente ans l'attirait tout autant qu'un garçon de seize ans. Et pour les deux, même si l'impression et l'ambiance différait, elle se sentait bien. À l'aise. Attirée. Très attirée.

  • Pourquoi tu me regardes comme ça ? demanda-t-il.

Elle se pinça la lèvre.

  • Je te regarde comment ?
  • Comme si... comme si tu voulais...

La honte le fit rougir et il s'arrêta de parler.

  • Oui ?
  • Rien, laisse tomber.
  • Tu n'as aucune gêne à avoir avec moi. Dis-le.

Elle voulait le pousser à franchir la ligne. Le mettre en confiance était la première chose à faire dans une relation comme la leur. Elle voyait bien qu'il se sentait lui aussi attiré, mais c'était comme si il luttait contre ses sentiments. Pourquoi lutter, quand se laisser faire était bien plus agréable ?

  • Comme si tu voulais m'embrasser, lâcha-t-il dans un souffle.
  • J'étais en train d'y réfléchir, justement.
  • Et ?

Son cœur battait la chamade. Même après des années d'expérience, la magie de ces instants ne disparaissait jamais.

  • Et le problème c'est que, si je t'embrasse, je ne suis pas sûre d'être capable de m'arrêter.

L'admiration se lisait clairement sur son visage. Il se demandait certainement d'où elle tirait ces répliques digne des plus grands romans d'amour. Eh ben, c'était facile. Des romans, justement. Comme quoi, lire était plus utile que les feuilles de révision sur Napoléon.

  • Tu penses pas qu'on devrait d'abord manger les pizzas ?
  • Tu fais passer les pizzas avant moi ?
  • Disons que j'ai faim.

Elle éclata de rire. Il la regarda rire avec passion. De l'extérieur, il paraissait calme, tranquille, mais à l'intérieur, son corps s'enflammait. Cette fille le mettait dans tout ses états. En l'espace d'une minutes, il avait ressenti le chaud, le froid, le tiède et le brûlant submerger son cœur. C'était tout simplement extraordinaire.

  • Mangeons-les dans ce cas.

Les pizzas étaient délicieuses, comme d'habitude. Leur goût lui avait manqué. Cela faisait plusieurs mois qu'elle n'en avait pas commandé ; elle se promit d'en acheter tous les jours à partir d'aujourd'hui. Peu importe si elle mettait dix milles euros par mois dans des pizzas. Cette famille le méritait, ils étaient vraiment serviables et gentils. Surtout leur fils. Pablo était loin de ressembler à tous ces idiots qui remplissaient les salles de classe. Il avait l'air intelligent, attentionné, et sympathique. Très sympathique même.

Les parts disparurent toutes en une demi-heure. Emma s'essuya la bouche avec sa serviette et but un verre d'eau fraîche pour se rafraîchir. C'était bon, mais ça donnait soif.

  • Excellent, vraiment. Ton père est né pour faire des pizzas.
  • Il sera content quand je lui dirai, rit-il.

Peu de temps après, Pablo décida de goûter son gâteau, impatient. Il avoua être très gourmand : pour sa part, Emma préférait le salée, mais elle ne rechignait pas devant de bons desserts.

  • Mon frère a insisté pour mettre des fruits confits, j'espère que t'aimes ça.
  • J'adore, assura-t-il avec une envie sincère de le goûter. Combien tu as de frères ? J'ai l'impression qu'à chaque fois que tu en parles, il y en a un nouveau qui apparaît.
  • C'est seulement une impression. En vérité, j'en ai deux petits : Diego et Timothée. Mon grand frère s'appelle Sasha, mais il a déjà dix-neuf ans.
  • Et ça t'aurais pas aimé une sœur à la place ?
  • Non, pas vraiment. En vérité, on s'habitue. Certes, ça bouge beaucoup, mais c'est pas aussi chipie que les filles. Et puis grâce à eux, je suis beaucoup plus à l'aise avec mes amis masculins. Je les considère de la même manière, inconsciemment.
  • J'aurais aimé avoir un frère ou une sœur, mais ma mère a eu un problème de circulation du sang après ma naissance et elle a pas pu avoir un second enfant.
  • Oh, je suis désolée.
  • Pas de soucis. Quand j'entends mes potes se plaindre de leurs frères et sœurs, je ne regrette pas.

Elle eut un petit rire et entama sa part de gâteau. Diego avait peut-être un peu trop forcé sur le sucre, malgré les indications de leur père. Elle grimaça et attendit la réaction de Pablo. Apparemment, ça ne semblait pas le déranger.

  • J'adore, complimenta-t-il en posant sa main devant sa bouche pleine.
  • Ça me rassure alors.
  • Non, vraiment, c'est parfait.

La dégustation dura bien dix minutes. Il prit du temps pour savourer sa part. Quant à Emma, elle l'avait déjà fini depuis plusieurs minutes. Il reposa son assiette et s'installa au fond du canapé. Un silence de malaise prit place.

  • Est-ce que... est-ce que tu veux le faire ? demanda finalement Emma.

Il ferma les yeux quelques secondes.

  • J'en ai envie, mais j'ai un peu peur pour tout te dire.
  • C'est normal, sourit-elle. Pour ma première fois, j'étais si crispée que le garçon en question m'a demandé au moins dix fois si j'allais bien. Au final, l'angoisse disparaît dans l'action.

Il ne semblait pas très convaincu.

  • Je t'assure ! Surtout avec une spécialiste comme moi, tu verras.

Elle se leva, mais au lieu de se diriger vers lui, elle s'approcha de la bibliothèque et s'empara d'un disque de James Brown. Elle avait eu l'occasion d'utiliser un lecteur vinil chez Raven, elle aussi fan de musique, ce qui lui permit de savoir comment positionner le disque. Les premières notes de sa chanson la plus connue, un slow des années 60, se répercuta entre les murs du salon. Its a mans mans mans World. De suite, elle se plongea dans l'ambiance. La voix du chanteur plongea son corps entier dans une sorte d'euphorie intérieur, qu'elle garda pour le moment. Pablo se montra rassuré par la musique. Elle en profita donc pour marcher dans sa direction et se positionner sur ses cuisses, en amazone. Cette posture était sa favorite. Elle encadra son visage avec ses mains et approcha leurs visages. Leurs lèvres se scellèrent quand le refrain résonna. Pablo embrassait avec douceur, sans précipitation. C'était comme atterrir sur un nuage : tout n'était que velours, bien-être. Ses mains s'aventurèrent sur ses hanches et il l'attira vers lui, geste qui fit naître en elle un milliard de frissons.

Elle en voulait plus. Le désir la consumait déjà toute entière, et pourtant, Dieu savait comme elle se retenait. Si ça ne tenait qu'à elle, elle lui aurait déjà arraché la chemise et descendu le pantalon. Pourtant, elle respecta le fait qu'il s'agissait de sa première fois. La musique aidait à la détente, mais il restait légèrement tendu.

  • Eh. Laisse les émotions te submerger. Prends plaisir à te noyer. C'est le seul moment dans lequel tu peux mourir en paix.

Ce conseil le fit sourire.

  • Je ne suis pas en train de me noyer, Emma. Je suis en train d'émerger.

Il lui dévora ses lèvres, comme il l'avait fait lors de la soirée. Elle le reconnut dans ce geste : c'était la première fois qu'un garçon l'embrassait avec autant de passion que l'avait fait Alexis. Ses doigts s'activèrent pour déboutonner chaque bouton de sa chemise, non sans difficulté. Quand à lui, il lui enleva son tee-shirt mais n'osa pas dégrafer son soutien-gorge. C'était certainement la première fois qu'il s'apprêtait à voir une fille nue.

  • N'aie pas peur, lui murmura-t-elle en conduisant ses mains derrière son dos.

Tout en plantant son regard dans le sien, son soutien-gorge tomba, et son regard fut irrémédiablement attiré par sa poitrine. À ce moment là, elle le sentit durcir pour de bon. La vraie partie de plaisir commençait.

Quand elle défit son pantalon pour le baisser, il récupéra rapidement le préservatif qu'il avait dans la poche. Tous leurs vêtements finirent au sol, et eux allongés par terre, s'embrassant fougueusement au rythme de la voix de James Brown. Le bruit du plastique les coupa dans leur élan et un juron franchit les lèvres du jeune homme.

  • Merde, j'arrive même pas à l'ouvrir.
  • C'est bon, laisse-moi faire, rit-elle.

Ce n'était pas la première fois qu'elle le faisait. La plupart des garçons n'y pensaient même pas, mais ce n'étaient pas eux qui stressaient pendant un mois en attendant d'avoir ses règles. Et la dernière chose qu'elle voulait, c'était se retrouver avec un enfant sur les bras. Ou une maladie dans le corps. Ni l'un ni l'autre ne l'attirait.

Aussi, elle l'aida à le mettre et ils continuèrent leur danse, sensuelle derrière les notes du Its Mans Mans Mans World qui se répétait inlassablement.

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