14. Erwin

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Erwin ne savait plus quoi faire. Cela faisait trois jours que Madden faisait sa sauvage, désertant la classe dès que l'occasion que présentait et détournant les yeux chaque fois qu'il la poussait à s'adresser à lui. Son comportement commençait à l'agacer. Il avait l'impression d'être le méchant, l'unique fautif de leur tragédie. Il n'allait pas dire non plus qu'il n'avait rien à voir là-dedans, mais comment lui expliquer qu'il ne se rappelait de rien ? Personne ne le croyait. En se réveillant le lendemain du fameux soir dans son lit, avec Leila couchée à ses côtés, il avait juste cru que la jeune fille était entrée dans sa chambre la nuit et s'était glissée sous ses draps par inadvertance. Une explication totalement improbable, certes, mais sur le moment, cela avait été le plus logique. Puis son frère avait débarqué, furieux. La première chose qui l'avait frappé, c'était qu'il ne s'était pas énervé contre lui. Lucas s'était déchaîné sur Leila, avait tenu des propos qu'Erwin n'avait pas compris, hors du contexte dans lequel il se trouvait. Tout avait été un peu flou ce matin là. Son amie était repartie, et deux heures plus tard, ses parents l'attendaient dans le salon.

La vidéo avait été publiée.

Erwin n'oublierait jamais l'effroi qui s'était emparé de lui quand il avait vu les images. D'habitude, il se serait senti mal à l'aise sous le regard insistant de sa mère, et celui déçu de son père, mais à ce moment là, tout s'était écroulé. Il avait été seul dans son désespoir, le seul à encore tenir debout même si l'envie de s'effondrer avait été forte. Pour lui, la vidéo avait été trafiquée. Il eut besoin de beaucoup de temps avant d'admettre que c'était bien lui.

À partir de ce jour, l'illusion dans laquelle il avait vécu durant toute son adolescence disparut. Madden fut la suivante à voir la vidéo, et elle le quitta juste après, malgré qu'il l'ait suppliée devant le palier de sa maison, à genoux et les mains jointes, en quête d'une minuscule lueur d'espoir. Elle lui avait claqué la porte au nez. Deux jours plus tard, ils perdirent Leila. Son corps fut retrouvé dans le cours d'eau qui traversait la ville. Elle s'était coupée les veines juste avant, histoire d'être certaine de ne pas se manquer.

Erwin se souvint de cette période de sa vie comme si c'était hier. Et après tout, c'était hier. Seulement quelques mois avant les vacances d'été. Sa perte était encore fraîche dans leur mémoire. Cependant, ce n'était pas vraiment sa mort qui les avait détruit mais son contexte. Toutes les tragédies qui s'étaient enchaînées, dépassant largement les simples histoires de lycéens ennuyés. La police avait fouillé dans ses affaires, supprimé la vidéo du web et les avait interrogés un par un pour tenter de connaître la raison de son suicide. Il n'y en avait pas eu, mise à part ces images gravées à vif dans l'esprit d'Erwin. Et après tout, pour les autorités, c'était une preuve suffisante. Cependant, ils ne réussirent pas à mettre la main sur l'auteur de la publication et décidèrent d'oublier ce fichier, bien trop sensible pour la famille et ses proches.

Jusqu'à ce que Madden ne découvre la lettre de Leila.

Erwin avait alors compris que le drame n'en était qu'à son début. Lucas, qui avait été au centre de tout ça, devint le souffre douleur du lycée. Il n'était sorti avec Raven que peu de temps après la mort de Leila, et là fut son erreur. Parce que sortir avec la coupable d'un suicide, c'était comme se suicider soi-même.

Malgré tout, Lucas restait son frère, et Erwin s'était promis que, peu importe les événements, il le protégerait. Les gens pouvaient dire ce qu'ils voulaient à son propos, il ne se démonterait pas. Il était son jumeau, sa moitié, et depuis petits, il ne s'étaient jamais abandonnés. Ce n'était pas maintenant que ça allait arriver.

Il se réveilla le samedi matin avec un mal de tête affreux. La veille, il avait passé la nuit à envoyer des messages à Madden, jusqu'à ce qu'elle le bloque à une heure du matin. S'il rassemblait tous les messages envoyés, il pourrait en faire un roman et l'envoyer à un éditeur. De mauvaise humeur, il descendit dans la cuisine pour se préparer le petit déjeuner.

  • Il était temps, fit remarquer sa mère en le voyant.

Elle lui ébouriffa les cheveux en passant derrière lui. Il aimait ça d'habitude, mais ce matin-là, cela l'énerva plus que tout. Il grogna et versa le lait dans son bol.

  • Il est quel heure ?
  • Midi.

La moitié de la bouteille se renversa sur le plan de travail. Il releva vivement la tête.

  • Midi ? répéta-t-il. Merde, je pensais qu'il était dix heures ou un truc comme ça.
  • Tu devais être fatigué.

Il aimait sa mère pour le simple fait qu'elle lui trouvait des excuses à sa place. Si seulement elle savait... Cette dernière s'empara de l'éponge et essuya la table pour lui.

  • Moi en tout cas, j'ai eu le temps de repasser le linge, j'ai désherbé autour des mûriers et des pruniers et j'ai arrosé les radis.
  • Maman, on a un jardinier pour ça.
  • Je sais, mais j'aime bien aussi m'occuper de notre jardin, haussa-t-elle des épaules. Cette après-midi je corrigerai les travaux de mes élèves et je regarderai un film.
  • Mmm. Lequel ?
  • Je verrai bien. Je t'appellerai s'il y en a un qui t'intéresse.
  • Non, c'est bon. Je dois étudier, j'ai un devoir de philo mardi.
  • Déjà ?

C'était la question qu'il s'était posé quand leur prof leur avait annoncé la date, mais bon, il avait déjà étudié les trois quarts par ennui, alors ça ne lui posait pas de problème. Il haussa avec lassitude les épaules en prenant de petites gorgées du lait.

  • Si vous voulez aller faire une ballade en vélo aussi avec ton frère, pour profiter des derniers jours de chaleur.

Il faillit s'étouffer. Tout en reposant son verre sur la table, il la regarda avec curiosité.

  • T'es sérieuse ? Depuis quand tu veux qu'on fasse des ballades à vélo ensemble ?

Son regard se fit triste. Il s'en voulut d'avoir répondu de cette manière. Leur mère essayait juste de leur faire faire des activités ensemble, histoire de se convaincre que tout allait bien et que ses deux fils vivaient comme n'importe quels jumeaux sur terre.

  • Désolé, c'est juste que... déjà qu'il a du mal à supporter les trajets jusqu'au lycée, alors je n'imagine pas une ballade en vélo.

Elle se limita à lui adresser un petit sourire de consolation puis repartit vers le salon en silence. Erwin s'appuya sur le plan de travail et soupira bruyamment. Ce genre de conversation le matin ne contribuaient pas à sa bonne humeur. Au contraire, ça lui rappelait que sa vie familiale était un chaos complet, et que jamais il n'arriverait à faire ce que toutes les familles normales font. Passer du temps ensemble, avoir des bons souvenirs en leur compagnie. Tous les dîners étaient ponctués de disputes, et tous les moments agréables laissaient un goût amer. Parce que les moments agréables n'étaient pas des moments heureux. Plus rien n'était heureux dans cette maison. Même pas eux.

Quand il retourna dans sa chambre, il posa son casque sur les oreilles et écouta sa chanson préférée, une qui ressemblait parfaitement à sa situation et qui le définissait mieux que personne. Il s'assit sur son balcon, ses genoux ramenés près de son torse et ferma les yeux.

Cold bones, yeah, that's my love

She hides away, like a ghost

Does she know that we bleed the same ?

Don't wanna cry but I break that way

Cold sheets, but where's my love ?

Where's my love de SYML. Il l'avait découverte durant l'été, et depuis, il ne pouvait plus s'en passer. Il s'y reconnaissait dans chaque mot, chaque note. La femme aimée, dans cette chanson, était morte. Au fond, il ne voyait pas grande différence avec Madden. Elle n'était plus la même depuis leur rupture. Plus rien ne la faisait sourire, plus rien de l'amusait. Rien qui ne venait de lui en tout cas. Et ça faisait mal. Savoir qu'il ne comptait plus pour elle lui faisait terriblement mal. Parce qu'elle comptait, elle. Il pensait à elle chaque jour, chaque matin au réveil. Il gardait espoir, se convainquait lui-même qu'un beau jour, elle lui pardonnerait, elle le croirait et qu'ils reprendraient leur vie d'avant.

Ce qu'il n'avait pas compris, c'était que jamais ils ne pourraient reprendre leur vie d'avant. Parce que dans cette vie d'avant, il n'y avait pas le fantôme de Leila, ni le Mur qui les avait désignés de force, ni les âmes torturés qu'ils étaient. Avant, tout était plus simple. Mais ce n'était qu'après être passé par l'enfer qu'on se rendait compte combien le Paradis était beau.

Puis il y avait cette phrase dans la chanson, cette phrase qui le brisait en milles morceaux rien qu'en l'écoutant.

Just come home.

Rentre juste à la maison.

Il aurait voulu lui hurler cette phrase. L'inscrire sur un de ces petits papiers qu'il lui avait lancé en cours d'anglais. Rentre à la maison. Avec moi. Dans mes bras.

Erwin balança sa tête en arrière. La brise caressait doucement son torse nu, comme Madden avait l'habitude de le faire avec le bout de ses doigts. Pourquoi chaque élément ramenait toujours tout à elle, putain ? Ne pouvait-il pas se passer une journée sans qu'un souvenirs d'elle ne lui traverse l'esprit ? Parce que oui, maintenant il n'y avait que des souvenirs. Plus « elle » vraiment, seulement « le souvenir d'elle ». C'était tout ce qui lui restait.

Il ôta violemment son casque à la fin de If you've bled, I bleed the same et se leva, mécontent de s'être laissé aller aussi facilement. Elle ne voulait pas de lui. Elle lui avait fait clairement comprendre. Alors pourquoi s'acharnait-il ? Si le baiser dans les toilettes des filles ne servait que d'un prétexte pour le repousser, pourquoi toujours revenir ? Il était fatigué de lutter, il voulait juste... Juste passer à autre chose. Commencer autre chose. Aller de l'avant, puisqu'elle même avait si bien réussi à le faire.

Gabrielle avait annoncé qu'elle donnait une fête vendredi prochain. Ce serait pour lui l'occasion de rencontrer des gens. Et s'il ne rencontrait personne, il aurait au moins essayé. Il avait oublié la sensation d'être avec quelqu'un d'autre que Madden, mais ressentait de l'excitation à cette idée. Une excitation recouverte d'un voile de tristesse, mais c'était déjà ça.

Il sortit de sa chambre et entra dans celle de son frère sans toquer. Il ne se rendit compte de son erreur que quand il le vit cacher quelques chose précipitamment au sol, derrière le volet de sa fenêtre. Debout sur le balcon, Lucas posa une main sur son cœur quand il le reconnut.

  • Idiot, j'ai cru que c'était Maman.

Le soulagement effaça légèrement sa colère. Il était trop content de ne pas avoir été découvert par un de ses parents.

  • Qu'est-ce que tu trafiques ? demanda Erwin en refermant la porte derrière lui.

Lucas hésita. Après tout, c'était son frère, il avait le même âge que lui, pas un de ces adultes aux moralités ennuyantes. Il se baissa et récupéra la cigarette jetée au sol.

  • Tu veux ?

Erwin écarquilla les yeux tout en riant à moitié. Il devait avouer que Lucas était courageux. Ses parents gardaient un œil constant sur lui depuis l'épisode de la moto, et malgré tout, il se risquait à fumer sous leur propre toit. Soit il n'avait pas peur des conséquences, ayant déjà connu pire, soit il les provoquait volontairement. Un peu des deux peut-être.

  • T'es sérieux là ?
  • Tu veux ou pas ?

Erwin s'avança jusqu'au dehors, observant avec hésitation la cigarette.

  • On devient pas addict à la première bouffée non ?
  • La première bouffée, c'est pour s'étouffer. Après on commence à y prendre plaisir.
  • Tu veux que je m'étouffe, conclut-il en relevant un sourcil.
  • Faut bien commencer quelque part.

Erwin s'empara délicatement du papier, ne sachant comment le prendre dans les mains. Il copia ce qu'il avait l'habitude de voir dans les films. Une légère angoisse s'empara de lui. Comment fallait-il s'y prendre ? Comme inspirer la fumée ?

  • Comme si tu aspirais de l'air, lui répondit Lucas avant même qu'il ait à lui poser la question.
  • C'est bien du tabac, pas autre chose ?

Cette question se posait d'elle-même. Après qu'il l'ait vu parler avec ces gars bizarres à l'entrée du lycée, il ne se fiait plus trop de ce qu'il prenait.

  • Oui, t'inquiètes. Fais moi confiance.

Erwin ne douta pas de son frère. Il le savait sincère. Aussi, il porta la cigarette à ses lèvres et inspira. Immédiatement, une grimace déforma ses traits. Il eut l'impression d'avoir la gorge obstruée, l'empêchant de respirer correctement. Une toux le secoua violemment, cherchant à recracher quelque chose d'invisible. Lucas reprit la cigarette avec un sourire amusé.

  • Alors ?
  • Comment... comment peux-tu vouloir fumer après ça ? demanda-t-il, le visage rouge.

Il avait l'impression d'étouffer. Soit il l'avait mal inspirée, soit ce n'était définitivement pas pour lui. Et après tout, il n'avait pas envie de passer sa vie dépendant de cette herbe nocive.

  • Ça détend, répondit Lucas en inspirant lui-même la fumée toxique. Puis j'ai pas vraiment l'impression d'être dépendant, je fume quand j'en ai envie.
  • Fais gaffe quand même, apparemment il faut du temps avant que la dépendance s'installe.
  • Pourquoi, tu t'es renseigné ? rigola-t-il.

Erwin secoua la tête en lâchant un petit rire. Bien sûr que non il ne s'était pas renseigné, c'était William qui lui avait dit. Ce dernier avait suffisamment d'expérience dans le domaine pour ressembler à une campagne de prévention quand il parlait. Et dire qu'il n'avait que dix-sept ans. Il s'appuya sur la rambarde pour observer leur jardin d'un air pensif. Ça faisait longtemps qu'il n'avait pas partagé un moment pareil avec son frère. Ils n'existaient que de rares moments durant lesquels chacun mettaient ses problèmes de côté pour se concentrer sur le moment présent. Juste profiter de l'instant, en compagnie de son jumeau. Car deux âmes nées ensembles ne pouvaient jamais rester séparées bien longtemps.

  • T'es venu pour quoi ? finit par demander Lucas.
  • Un conseil.

Il eut envie de lui demander pourquoi il le considérait utile pour lui donner des conseils, mais se garda de tout commentaire.

  • Je crois que je vais abandonner avec Madden.

Ce ne fut pas la fumée qui le fit tousser, mais la surprise qui l'avait prit de court.

  • Pardon ?
  • J'abandonne, répéta Erwin.
  • Tu peux pas, fut tout ce qu'il réussit à dire. Le Mur vous a nommé, vous pouvez pas passer à côté en l'ignorant.
  • J'ai pas le choix. Elle ne veut pas de moi. Et puis tu sais quoi ? C'est qu'un Mur, non ? Une tradition débile tenue par des gens dont on se fout complètement. Pourquoi on devrait lui obéir ?
  • Tu crois vraiment qu'après vingt ans d'existence, le Mur va s'arrêter de fonctionner juste parce que tu as décidé que c'était une connerie ? Crois-moi, tous les désignés se sont dit la même chose au début. Au final, plus tu cherches à l'éviter, et plus il te brise.
  • C'est qu'un Mur, souffla Erwin, retenant les larmes de rage de couler. Un putain de Mur de merde. Toutes les tragédies qui ont suivi l'annonce des désignés ne sont que des coïncidences, c'est impossible autrement.
  • Crois ce que tu veux. Quand tu auras tout perdu, tu songeras que sortir avec une fille qui ne veut pas de toi, c'est pas si terrible que ça.

Souvent, il avait pensé qu'une sorte de malédiction entourait cette paroi en pierre. Qu'une nuit, une sorcière était venue pour l'ensorceler et que depuis, tous ceux qui se refusaient de se plier au Mur étaient punis. Mais peut-être était-ce seulement ce que les gens en faisait qui était dangereux. La croyance de cette malédiction s'était tellement répandue que tout le monde en avait peur. Les gens critiquaient, insultaient, poussaient les désignés à commettre l'irréparable. Ça constituait l'événement de l'année. Sauf que le divertissement avait arrêté d'en être un quand Leila était allée jusqu'à se donner la mort l'année précédente. Erwin avait alors cru que la tradition s'arrêterait là. C'était allé trop loin, beaucoup trop loin.

Et pourtant, voilà où il en était maintenant.

  • T'as un conseil pour attirer les filles ? lui demanda-t-il, songeant à la soirée de vendredi.
  • Erwin, je te le déconseille vivement. Concentre-toi sur elle.
  • C'est ma vie, ok ? Qui va me blâmer pour faire ce que j'ai envie de faire ?

Le regard de Lucas se fit désobligeant, à la limite du sévère.

  • Le Mur. Le lycée entier. Moi.
  • Toi ?
  • Oui Erwin, moi. J'ai pas envie que tu vives la même chose que moi.
  • Je ne vivrai pas la même chose, personne ne veut que je...
  • S'il te plaît, fais ce que veut la tradition. Ne te dévie pas du chemin, ou tu en paieras le prix. Tu n'es pas le premier à vouloir faire ce qui te plaît. Toi qui aimes l'histoire, tu devrais savoir qu'il est inutile de répéter plusieurs fois la même erreur.

S'il avait pu sauter du balcon pour le convaincre, il l'aurait fait. Erwin trouva singulier qu'il se mette carrément à le supplier. Ça ne lui ressemblait pas du tout.

  • Tu sais quelque chose.

Ce n'était pas une question, mais plutôt une affirmation. Il savait quelque chose, et l'empêchait de faire une connerie. Seulement, quoi ? Lucas fut pris au dépourvu.

  • Je sais juste ce que tous les autres savent. Obéis, et il ne se passera rien. Ça a toujours été comme ça et ça le restera.

Il trouva son comportement louche mais n'ajouta rien. Le temps finirait bien par lui donner des réponses. Ce qu'il avait appris avec Lucas, c'était qu'il ne fallait jamais forcer les choses.

  • Tu y vas à la soirée de vendredi ? demanda-t-il pour changer de sujet.
  • Non. Il faut que... que je règle un truc avec Raven. Après ça, si tout ce passe bien, on avait prévu d'aller au cinéma ce soir là.
  • Régler quoi ?
  • Un truc.
  • Merci, mais quoi ?
  • C'est pas tes affaires.

Il comprit qu'il ne fallait pas insister.

  • Et vous allez voir quoi ?
  • Je sais pas, c'est elle qui avait choisi le film, elle ne voulait pas me le dire.
  • Pourquoi tu parles au passé ?
  • Parce que, répéta-t-il en appuyant sur chaque mot comme fatigué de les répéter, comme je l'ai dit, il faut que je règle un truc.
  • Un truc du genre... dans le lit ?

Lucas tourna lentement la tête dans sa direction, avec un air de « t'es sérieux ? » dans le regard.

  • Tu crois vraiment que la séance de cinéma va dépendre de ce qu'on fait dans le lit ?
  • Qu'est-ce que j'en sais, vous faites des trucs bizarres tous les deux alors ça m'étonnerait pas.

Lucas leva les yeux au ciel et jeta la cigarette du haut du balcon. Erwin se pencha légèrement pour voir où elle atterrissait.

  • Si tu brûles les roses de Maman, tu vas l'entendre.
  • C'est tombé dans le buisson.
  • Non, dans les roses, je l'ai vu.
  • Moi aussi je l'ai vu. Dans le buisson.

Un silence passa. Erwin ne put s'empêcher d'esquisser un sourire vainqueur.

  • Mais t'es pas sûr.
  • Tu fais chier, maintenant je doute.

Erwin s'écarta de rambarde et gagna la porte avec une démarche légère, content de lui.

  • Attends, tu vas m'aider à la récupérer non ?
  • Nope.
  • Je te l'ai passée !
  • Pour m'étouffer.
  • Erwin, sinon je dis que toi aussi tu y as participé.

Ce dernier se retourna dramatiquement, prêt à lancer la réplique du sixième Harry Potter que son frère et lui avaient vu des milliers de fois.

  • Tu oses utiliser mes propres sortilèges contre moi, Potter ?

Effectivement, la cigarette était bien tombée dans les roses.

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