2. Erwin

12 minutes de lecture

Bonjour à tous,

Une petite note pour dire que je tiens à m'excuser pour ces douze minutes de lecture, je sais que c'est long mais je ne me voyais pas partager celui-ci en deux donc voilà. Merci à tous ceux qui annotent et commentent, ça me fait très plaisir vu que j'ai reçu beaucoup d'avis positifs et surtout ça m'aide à retravailler mon texte, donc merci beaucoup !

Bonne lecture :)

  • Eh, Erwin !

Le jeune homme se retourna, cherchant du regard qui venait de l'appeler. Alexandre brandit fièrement leur feuille double qu'il venait de sortir de son casier. Il avait oublié ce détail, tient. Un grand sourire vint se loger dans le creux de ses fossettes.

  • William, passe-le moi s'il te plaît.
  • Tu peux pas te lever et aller le chercher toi-même ?
  • Je viens de m'asseoir mec.

Le jeune homme souffla bruyamment puis se retourna sur sa chaise pour tendre le bras vers son ami. Il le passa à Erwin qui s'en empara immédiatement et observa longuement le papier.

  • Et comment je sais où tu as tracé le trait, moi ? s'écria-t-il en relevant vivement la tête.
  • Ah merde, j'ai oublié de mettre les numéros. William ! Passe-le moi !
  • Vous pouvez pas me ficher la paix ? , râla ce dernier.

Soupirant deux fois plus bruyamment, il arracha la feuille des mains d'Erwin pour le donner derrière lui à Alexandre. Le garçon, intrigué, se retourna pour voir ce qu'il était en train de faire.

  • C'est pas bien, William. Les téléphones sont interdits dans l'enceinte de l'école. Quand le professeur arrivera, je vais le...
  • Ta gueule.
  • Tu parles à qui ?

Le brun posa une main sur le haut du crâne d'Erwin et le retourna de force en face de son bureau. À ce moment là, Madden, Emma et Gabrielle entrèrent dans la salle de classe. Ses yeux se fixèrent immédiatement sur la première et l'appelèrent du regard, comme s'il voulait lui envoyer par télépathie « assis-toi à côté de moi, je t'ai laissé la place ». Sauf qu'elle passa à côté de son bureau sans le moindre regard pour lui. William, assis derrière, se retint d'éclater de rire. Il ne râla même pas quand il dut lui passer la feuille double pour la troisième fois. Cette fois-ci, ce fut Erwin qui la lui arracha des mains et il plongea sa tête dedans comme s'il espérait s'y noyer.

Il eut besoin de quelques secondes de concentration pour s'apercevoir que son ami avait dessiné son trait pile à l'endroit fatale. Avec application, il dessina une douzaine de petits carrés avec un E à l'intérieur pour signifier qu'ils étaient à lui. Le jeu des petits carrés étaient vraiment le meilleur. Ils tenaient cette feuille double depuis l'année dernière. Le début avait été ennuyant, puisqu'ils n'avaient tracé que des traits au hasard, mais maintenant qu'il manquait de la place, les rafales de petits carrés s'enchaînaient. Peter s'installa à côté de lui pile au moment où il avait terminé son tour.

  • À toi de jouer.
  • Je l'avais oublié, tiens.
  • T'étais pas le seul.

La plupart des élèves étaient déjà installés quand le professeur entra. Erwin se demanda pourquoi William ne s'était pas assis à côté d'Alexandre, mais il n'eut pas l'occasion de lui demander. Le silence s'était déjà posé sur la salle.

Alors qu'il s'attendait à voir un homme, ce fut une femme qui prit place devant le bureau principal, le sourire aux lèvres. Ses cheveux bruns crépus tombaient en masse sur ses épaules, tandis que dans son regard brillait une lueur de tendresse et d’amabilité. Elle était drôlement jolie pour une prof de français.

  • Bonjour à tous, salua-t-elle d'une voix douce mais posée. Je suis Madame Durois, et je serai votre professeure principale tout au long de cette année.
  • Elle est jolie hein ? lui chuchota Peter dans l'oreille.
  • C'est carrément dangereux d'être notre prof principale.
  • Quelque chose à dire les garçons ?

Erwin se redressa, retenant un sourire.

  • Non, rien du tout.

Mais à son regard, il devina qu'elle avait entendu. Cependant, elle détourna le regard pour fixer la classe entière.

  • Je serai là pour chacun de vous si vous avez besoin d'aide. Et je ne parle pas forcément des études, mais aussi de problèmes familiaux ou entre amis. Je suis arrivée dans ce lycée cette année mais j'ai déjà entendu parler de ce Mur, et je sais qu'ici, j'ai pas mal d'élèves potentiellement visés.

Elle posa un regard entendu sur Erwin et les garçons assis derrière lui, puis aux filles installées à l'autre bout de la classe. Madden tourna la tête vers Emma en relevant les sourcils.

  • Je ne veux pas que vous hésitiez à venir me voir si quelque chose ne va pas. Nous avons déjà perdu une élève l'année dernière, de ce fait le directeur passera pour vous parler.

Erwin ne dit rien, mais le fait que les profs se mêlent de leurs affaires ne lui plaisait pas du tout.

  • Je vous donne mon mail personnel pour que vous puissiez me contacter en cas de besoin.

Elle s'empara du feutre et inscrivit sur le tableau son adresse électronique. Le bruit de trousses et de cahiers sortant de leur sac emplit la pièce, mais Erwin ne bougea pas. Si cette femme croyait qu'il avait besoin d'elle pour vivre et raconter ses problèmes, elle pouvait se mettre le doigt dans l’œil. Pour cela, il y avait les psychologues, et il se passerait bien d'en voir un.

Il remarqua alors qu'il n'était pas le seul. Emma aussi rechignait à noter son adresse, de même que William. À vrai dire, William était plus occupé à dissimuler son téléphone sous la table qu'autre chose. À ce moment là, la porte s'ouvrit sur le directeur et, par surprise, il laissa échapper son Iphone des mains. Pas de chance, le sol était du carrelage qui avait tendance à intensifier les bruits. L'appareil tomba au sol, produisant un bruit si fort que tout le monde se tourna vers lui. Son visage devint livide.

  • Ah, William, s'exclama le directeur d'un ton lassé comme s'il était habitué à ce genre de scène.

Toute la classe s'était déjà levée, et il était le seul encore assis, incapable de se redresser sous la stupeur. Le directeur, un homme aux cheveux et à la barbe grisonnants, habillé d'une chemise et d'un jean simple s'avança à la hauteur de son bureau et prit le malheureux téléphone au sol.

  • Merci pour le cadeau, c'est très gentil à toi. Et la règle dans cette école est qu'on se lève quand un adulte rentre.

Après avoir dégluti difficilement, il se leva en fixant le mur face à lui d'un air terrifié. Erwin se mordit la lèvre pour ne pas éclater de rire. Mais même s'il faisaient des efforts, un sourire idiot ornait son visage trop satisfait.

  • Quelque chose qui te fait rire, Erwin ?
  • Non monsieur, répondit-il avec le plus de sérieux dont il était capable.

Le directeur se retourna en soupirant et dit à Mme Durois :

  • Il faudra s'habituer. Vous avez les pires terreurs de première.

Elle dessina un sourire moqueur et lui laissa la place afin qu'il parle à la classe.

  • Asseyez-vous.

Le raclement des chaises contre le sol résonna fort entre les murs bordeaux de la salle, mais il s'atténua quelques secondes plus tard.

  • Comme vous le savez, notre douleur à tous a été très grande l'année passée, suite à la disparition de notre élève, Leila Revigne.

Erwin soupira et fixa le dehors en posant son menton sur sa main, préférant penser à tout sauf à ça. Il n'écouta que d'une oreille discrète la suite de son discours, jugeant avec méchanceté tous les mots qu'il employait. Tout cela n'était qu'un ramassis de conneries. Des mots censés rassurer les élèves en leur promettant qu'il n'y aurait plus d'autres suicides pour ne plus les traumatiser. Pauvres petits, vraiment. Il souffla bruyamment. C'était lamentable.

  • ... nous tenterons d'être là pour vous, vous écouter, vous aider de notre mieux.

Parce qu'ils pensaient vraiment que si les adolescents ne parlaient pas de certains sujets à leurs parents, ils en parleraient aux professeurs ? Bien sûr que non. Ils disaient cela pour la forme. Parce que rester passif serait mal, et que des parents pourraient se plaindre. « Oh, vous vous rendez compte, ils n'ont pas proposé à mon fils de parler de ses envies meurtrières, quel manque de responsabilité ! ». Alors pour éviter ce genre de scène, ils prononçaient ces mots vides de sens. Et pour cette raison, Erwin n'y accordait pas la moindre attention.

  • Leila nous était chère à tous, et sa disparition...

Non, Leila n'était pas chère à tous. Loin de là. Leila avait foutu la merde juste avant de se tuer. Les adultes pensaient que tous étaient émus par sa disparition, mais c'était faux. Elle avait brisé leur pacte à cause de ses conneries. Il avait perdu Madden par sa faute. Alors entendre que tout le monde regrettait sa perte faisait naître en lui une grande colère.

  • Merci pour votre écoute et passez une agréable rentrée.

Les applaudissements fusèrent, certains essuyaient leurs larmes d'émotions. Erwin les observa avec mépris. Ils ne connaissaient même pas Leila, de quel droit se permettaient-ils de pleurer pour elle ? À son regard, Peter semblait penser la même chose.

  • Tu sais ce qu'on dit ? lui dit-il alors que les réactions sur le discours du directeur parcouraient les bureaux.
  • Quoi ?
  • L'école n'est que le reflet de la société.
  • Et ?
  • Et comme dans la vraie vie, il y a les hypocrites, et ceux qui savent vraiment de quoi ils parlent.

Un petit sourire satisfait éclaira le visage du jeune homme. Ils n'auraient pas pu trouver des mots plus justes. William l'appela derrière lui et il dut se retourner pour l'écouter.

  • Il m'a pris mon téléphone, ce con !
  • On ira le chercher à la récré, lui assura Erwin, devinant que son ami n'avait lui non plus pas prêté attention au discours.

À vrai dire, quand on venait d'être pris avec le téléphone en cours, le reste devenait vite superflu.

  • Tu crois qu'il me le rendra ?
  • Bah, si non je te passerai un vieux à moi.
  • Quelle marque ?
  • Parce que tu fais ton difficile en plus ?
  • Quelle marque? répéta-t-il impatiemment.
  • Samsung.
  • Mmm. Ça va.

Erwin leva les yeux au ciel et se repositionna en face de son bureau. Il n'y avait que William pour se préoccuper de la marque d'un téléphone de rechange.

  • Bien, silence maintenant ! cria Mme Durois.

La suite du cours fut comme toutes les premières classes. Ennuyante. Elle répéta plusieurs fois l'importance du bac de français, comme s'ils venaient de Mars et qu'ils n'en avaient jamais entendu parler, puis elle exposa son programme au vidéo projecteur en leur expliquant tous les projets qu'ils allaient réaliser mais qu'ils ne réaliseraient sûrement jamais par manque de temps. Elle s'emporta à plusieurs reprises sur la beauté des poèmes de Beaudelaire et le réalisme percutant de Zola : ce furent les seuls moments qu'Erwin apprécia en deux heures. La littérature était sa matière favorite. De ce fait, il avait vraiment hâte d'assister au cours de littérature anglaise. Il avait longtemps hésité entre l'anglaise et l'universelle, s'intéressant aussi aux auteurs russes et espagnols, mais son frère s'était empressé de le convaincre de prendre l'anglaise. Il avait été étonné de sa réaction mais avait cédé. Après tout, s'il avait pris universelle, il n'aurait pas été dans la même classe que Madden.

Une question fusa soudainement dans son esprit et il se pencha vers Peter, un œil posé sur la prof pour vérifier si elle ne l'avait pas vue.

  • Dis, tu sais les livres qu'on va lire en littérature anglaise ?
  • Pourquoi tu demandes ça maintenant ?
  • Pour savoir. Réponds.
  • T'es chelou mec.

Il lui donna un coup de coude avant que son ami sorte la liste des livres à acheter.

  • Les sœurs Brontë, lit-il, Oscar Wil...
  • Lequel des sœurs ?
  • Les Hauts de Hurlevent et Jane Eyre.
  • Ah bien. Ensuite ?
  • Oscar Wilde. Le...
  • ...Portrait de Dorian Gray. Je sais. C'est tout ?

Peter tourna la tête vers lui, étonné.

  • Comment tu savais le titre ?
  • Il n'a écrit qu'un roman. C'est celui là, répondit-il en haussant les épaules.

Il plissa les yeux et força un sourire moqueur, d'un air de dire « petit malin va ». À ce moment-là, Mme Durois les surprit et les menaça d'une heure de colle pour chacun. Erwin voulut dire qu'ils parlaient de littérature mais elle reprit aussitôt son explication des oraux du bac. Ce n'était que le premier cours et il la détestait déjà. Cela promettait.

Les cloches sonnèrent la fin des deux heures de français. Il s'empressa de jeter son classeur dans son sac et de s'enfuir de cette salle, mais Mme Durois fut plus rapide que lui.

  • Erwin ? Tu peux rester s'il te plaît ?

Il poussa un juron tout bas et fit signe aux garçons d'aller au prochain cours sans lui. La classe se vida doucement. Son regard se posa irrémédiablement sur Madden qui s'appliqua à l'ignorer. Emma lui adressa un sourire d'excuse et la suivit. Quant à Gabrielle, elle lui fit au revoir de la main avec un grand sourire sur les lèvres. Avoir la sympathie de la donneuse de fêtes était très bon signe, et ce fut la pensée qu'il entraîna avec lui pour ne pas céder à sa mauvaise humeur tandis qu'il s'avançait vers le bureau de l'enseignante.

  • Oui ? lâcha-t-il sur un ton d'ennui, en priant pour que ce qu'elle ait à lui dire soit court.
  • J'ai remarqué que tu n'avais pas noté mon adresse mail, et que tu avais ignoré le discours du directeur.

Il leva un sourcil, l'enjoignant à continuer. Mais elle posa ses coudes sur la table et le fixa pour lui faire comprendre que c'était lui qui devait parler.

  • Et que voulez-vous que je vous dise ?
  • Je veux une explication.

Il n'en croyait pas ses oreilles. Une explication de quoi ?

  • Parce que le lycée c'est comme l'école primaire maintenant ? Tout ce qu'écrit le professeur doit être écrit dans le cahier ? railla-t-il avec un petit rire nerveux.
  • Non, mais ne pas écouter un adulte est un manque de respect.
  • Pardon de trouver la fenêtre plus intéressante que le directeur.

Il savait que son attitude irritait Mme Durois, mais c'était justement ce qu'il recherchait. Ce n'était pourtant pas son habitude de tenir tête à des adultes, son père le lui avait bien fait comprendre petit, mais là, cela avait dépassé les limites. Avec son air innocent et son joli minois, il avait envie de lui refaire le visage. Et pas de la manière la plus agréable.

  • On m'a dit de toi que tu étais un élève exemplaire et sérieux. Je suis étonnée de ton comportement aujourd'hui.
  • Je suis ici pour étudier, apprendre de nouvelles choses. Pas pour assister à un cours d'assistance personnelle.
  • Les enseignants se doivent d'écouter leurs élèves et...
  • Les enseignants se doivent de rester à leur place ! s'écria-t-il, ne contrôlant plus ses pulsions nerveuses.

Mme Durois se leva, le visage rouge. La discussion prenait la mauvaise direction, mais Erwin était déterminé à ne pas se soumettre.

  • Vous ne savez rien de ce qui s'est passé ! fit-il en la pointant du doigt. Rien du tout ! Vous pensez que nous pleurons tous la mort de Leila, mais c'est faux ! Alors occupez vous de vos affaires, et nous nous occuperons des nôtres ! Vous ne...

La porte s'ouvrit brusquement sur Emma. Elle était restée derrière la porte pour l'attendre, car le pressentiment qu'Erwin allait s'emporter l'avait saisi. Il était un peu électrique ces derniers temps, et elle ne voulait pas qu'il se fasse expulser pour ses paroles.

  • Allez viens, c'est bon, dit-elle en passant un bras sous son épaule pour l'emmener vers la sortie.
  • Elle m'a pris la fille que j'aime par ses conneries ! continua-t-il à crier, les yeux brillants.
  • Je sais, je sais, viens, répéta-t-elle le plus calmement possible.

Mme Durois ne dit rien, observant les deux élèves avec inquiétude. Erwin se résigna à laisser tomber et se dégagea d'Emma avec violence. Il sortit de la salle en claquant la porte. La jeune fille se retourna, implorant à sa professeure de fermer les yeux sur ce qui venait de se passer.

  • Je suis sincèrement désolée. Il est... différent de d'habitude, mais il va se reprendre.

L'enseignante hocha lentement la tête. Un soupir de soulagement franchirent ses lèvres.

  • Merci, souffla-t-elle. Vous savez... si vous voulez vraiment nous aider, faites disparaître ce Mur.
  • Est-ce que c'est possible au moins ?

Un sourire triste orna le visage d'Emma.

  • Non. Mais ça ne coûte rien de demander.

Puis elle sortit, en laissant derrière elle ce mélange de fatigue et de tristesse qui l'affligeait elle et son groupe depuis beaucoup trop longtemps.

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