La forêt

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J’aurais du mal à vous décrire cette nuit-là. Je me souviens d’avoir beaucoup roulé. Ma vieille voiture commençait sérieusement à peiner, comme si chaque nouveau virage, chaque nouvelle pente, la rapprochait un peu plus de sa fin.

Je revenais d’une visite à mes parents, qui avaient élu résidence dans un chalet, en plein cœur des montagnes, cédant enfin à leurs idéaux de vie en pleine nature.

J’avais roulé toute la soirée, et je n’avais plus que quelques heures à tirer avant d’arriver à mon appartement.

Dehors, il faisait nuit, une de ces nuits noires et glacées, propres à l’hiver. Le chauffage de ma voiture tournait à plein régime, exagérément bruyant, et je me sentais délicieusement en sécurité, dans cet habitacle tiède et éclairé, tandis que le décor, réduit à un ensemble de forces indissociables, défilait derrière la vitre.

La route de terre et de cailloux étaient entourée d'une forêt de pins touffus qui dépassaient sur le sentier à de nombreux endroits.

Mes phares éclairèrent un panneau mettant en garde contre les cerfs susceptibles de traverser la route ; je ralentis un peu.

La suite alla si vite que je ne pourrais même pas vous la décrire, incapable de démêler la réalité de mes possibles hallucinations.

Je vis sa silhouette sur la route. Je freinai avec violence. Ma voiture fit une petite embardée, et ma ceinture de sécurité me lacéra le torse.

Elle était plutôt belle, cette apparition, même si elle n’avait rien de rassurant. C’était le genre de vision envoûtante qui rendait fou. C’étaient des cheveux, principalement. Comment le décrire autrement ?

Je voyais son visage d’albâtre, son cou et ses épaules blafardes, ses grands yeux blancs et vides. Mais c’était ses cheveux le pire. Des longs cheveux noirs brillants, bien trop longs, qui flottaient d’une manière hypnotique.

Ils entouraient ma voiture de tous les côtés, se frottant contre les vitres, comme des vagues furieuses, ne me laissant plus rien distinguer de l’extérieur.

Une chevelure soyeuse, puissante, qui me donnait l’impression d’être tombé au fond d’un océan. La créature me regarda un peu, ses yeux vides plantés dans les miens. Puis elle se détourna, comme au ralenti, et ses cheveux suivirent, volant à sa suite, se mêlant au ciel.

Elle s’estompa lentement puis finit par disparaître.

Le chauffage de ma voiture s’était arrêté et du givre avait commencé à se former sur les vitres.

Mais je ne pouvais plus le voir.

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korinne
Texte semi autobiographique, semi fictionnel, sous forme de journal intime.

Tout le premier jet est sur le papier, ne me reste plus qu'à le taper sur le clavier... Comme ce n'est pas la partie du boulot que je préfère, je compte sur vos relectures pour m'obliger à avancer :))

Si le premier jet est terminé, il n'est qu'un squelette sur lequel je souhaite greffer autre chose qui est encore assez floue. Donc ne m'en voulait pas si dans un premier temps mes réponses à vos éventuelles questions restent vagues.

D'avance merci à tou(te)s pour votre précieuse aide et votre bienveillance ;)
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