La ferme aux femmes

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Il était six heures du matin et cela devait faire deux bonnes heures maintenant que François patientait. On l’avait fait souffler dans un ballon, pisser dans un bocal, pris des cheveux, de la peau, une bonne dizaine de tubes de sang, vérifié sa vue, son foie, etc… Les progrès médicaux avaient fait en sorte d’obtenir toutes les informations sanitaires possibles et imaginables en quelques minutes.

Enfin, un homme entra. Il portait une blouse blanche impeccablement repassée et un formulaire. Petit, brun, l’air arrogant, un parfait prototype du nouveau monde.

« François Abelon ?

– On prononce Abélonne Monsieur.

– Italien ?

– Espagnol, de mes grands-parents.

– Tant mieux, je n’aime pas les italiens.

– Moi non plus Monsieur.

– De vraies tarlouzes, les espagnols n’ont pas oublié ce qu’était un mec.

– Je ne vous le fait pas dire Monsieur. Malheureusement mon côté Français post soixante-huitard m’a fait oublier mon autre moitié.

– Vous plaisantez ?

– Je crois que non Monsieur… »

L’homme consulta un moment le formulaire.

« Vous avez marqué comme profession : Écrivain.

– C’est exact Monsieur.

– Vous êtes donc ce genre d’homme qui réfléchit tout le temps…

– J’ai arrêté Monsieur, ce n’était pas rentable. Maintenant je vide les têtes.

– Qu’écrivez-vous pour être rentable ?

– Principalement des histoires d’amour bondage soft de télé réalité entre infirmières et loups garous. Téléchargeables sur tablette et en mp3.

– Je vois.

– Je n’espère pas pour votre tête Monsieur.

– …

– …

– Bon, je vois que vous avez suivi toutes les règles.

– Oui Monsieur.

– Pas d’alcool, ni tabac, ni viande, ni masturbation durant un mois ?

– Oui Monsieur.

– Comment ça s’est passé ?

– L’absence de masturbation a été le plus difficile Monsieur. Surtout le matin et surtout sans alcool.

– Très bien. Bon, le reste des examens a l’air correct, nous allons pouvoir y aller. Comment vous sentez-vous ?

– Honnêtement Monsieur ?

– Dans la mesure du raisonnable, donc évitez.

– Je me sens un peu faible Monsieur, je crois que l’on m’a pris trop de sang.

– Vous n’avez pas bu la potion fournie juste après ?

– On ne m’a donné aucune potion Monsieur. »

Le visage de l’infirmier vira au rouge. Il sortit de la pièce comme une balle, sans dire un mot, pour ne revenir qu’une grande demi-heure plus tard. Le formulaire sous le bras, il tenait dans sa main un gobelet en plastique et une plaquette de pilules.

« Excusez-nous Monsieur Abelon. Personnel négligeant. Cela ne se produira plus.

– Ce n’est pas grave. Il y a parfois des mauvais jours.

– Pas ici. Nous ne pouvons pas nous permettre d’être médiocres. L’agent du personnel a été abattu.

– Je comprends, secret professionnel.

– Non, facilité administrative. Voici votre potion. Buvez-la d’un trait. Ce sont des vitamines et des minéraux, vous vous sentirez tout de suite mieux.

– Merci Monsieur. Et les pilules ?

– J’allais vous l’expliquer : vous prendrez la pilule bleue juste avant d’opérer, c’est un stimulant érotique. La rouge elle, sera à prendre juste après, elle supprimera l’érection. Prenez-là bien, sinon vous allez souffrir pendant plusieurs heures.

– Une pilule pour rentrer dans le terrier du lapin blanc et une pour en sortir en somme…

– Comment ?

– Rien Monsieur. Reste de culture cinématographique des 90’s.

– Je ne suis pas certain d’aimer votre humour Monsieur Abelon.

– Moi non plus Monsieur. À la vôtre Monsieur. »

François vida son gobelet cul sec. Ça avait un goût de métal. Il se sentit instantanément mieux, revigoré, prêt à l’attaque.

« Bien Monsieur Abelon, suivez-moi je vous prie. »

L’homme fit traverser deux sas à François. Ils arrivèrent enfin dans la SALLE DE PROCRÉATION : Sur le quai central (une longue bande de béton lissé) étaient déposés des germes de soja, de la salade, des légumes râpés, des galettes de sarrasin, des légumineuses et des fruits coupés en cubes. De part et d’autre du quai, les reproductrices, nues, à genoux, la tête enclavée, broutaient tranquillement. Aucune ne fit attention à leur entrée.

« Ça me rappelle quand je bossais dans l’élevage de chèvres.

– Comment Monsieur Abelon ?

– Laissez tomber.

– Dernière question, quand vous êtes-vous lavé pour la dernière fois ?

– Ce matin juste avant de venir Monsieur.

– Très bien. Les gens qui suivent les instructions hygiéniques sont de plus en plus rares. Je vous félicite.

– J’étais motivé dans ce projet Monsieur.

– N’en faîtes pas trop non plus.

– D’accord Monsieur.

– Comme vous pouvez le voir, certaines reproductrices ont une marque blanche sur la fesse. NE LES SAILLEZ PAS. Elles ont déjà été prises et nous devons les placer dans la SALLE DE CONTRÔLE DES GESTATIONS dans la journée. De toute façon, leur préparation hormonale ne les rend plus humides, vous vous rayeriez le casque.

– Bien Monsieur.

– Dernière règle : INTERDICTION FORMELLE DE SODOMISER. Nous sommes une entreprise sérieuse, notre taux de fertilisation approche les quatre-vingt-dix-huit pourcents. Pour les fessées vous pouvez y aller, mais mollo, n’abîmez pas le matériel de production.

– Ne vous inquiétez pas Monsieur.

– Très bien. Je vous laisse. Prenez votre pilule bleue et placer ce bouchon lorsque vous aurez fini. Vous avez dix minutes. »

L’infirmier sorti. François goba sa pilule et commençant à se promener dans les allées.

C’était quand même quelque chose, tous ses jolis culs, là devant lui, prêts à l’emploi. Du premier choix de fesse classe populaire n’ayant jamais pondu.

La pilule commença à faire son effet, François sentit son barreau lui tendre le futal. Il déboutonna sa braguette et sortit son engin - dieu qu’il était raide ! - tout en continuant sa visite. Ce mois de restriction avait valu la peine… François tomba en arrêt sur un magnifique cul métissé. Qu’est-ce qu’il était beau ! Bien rond, bien lisse, ferme, bombé, sans craquelures ni marque blanche. Le tout nappé d’ambré. Du premier choix ! Un vrai bonbon ! Pas plus de dix-huit ans d’âge. Ouais, ça valait le coup de s’être levé tôt !

François se positionna en levrette comme il le fallait et la pénétra. Elle était tellement humide qu’il rentra d’un coup, jusqu’à la garde ! Une chatte parfaite, serrée et bien huilée. François commença à la travailler. Sa queue était si dure qu’il aurait pu soulever la môme rien qu’avec son manche. L’excitation monta en flèche. Il la bourrina à en défoncer les parois, de plus en plus fort. La gamine, la tête dans ses salades, couinait à peine. François y alla de plus en plus brutalement, jusqu’à lâcher la purée. Un jet d’une puissance incroyable, un vrai lavement des ovaires à haute pression. Il s’écroula sur le dos de la fille, il était trempé. Durant un instant elle avait arrêté ses salades. Mais les reprit bientôt.

François compta rester un moment à l’intérieur, à attendre que ça ramollisse. Mais sa queue ne ramollissait pas. Au contraire, elle durcissait de plus en plus. Ça commençait même à lui faire mal, mais MAL. Il se rappela alors la pilule rouge. Son érection dantesque se coupa trente secondes après. François retira son ver luisant et déprimé puis plaça le bouchon dans le vagin tout trempé de mouille et de foutre. Il fallait préserver le plus de semence possible. Il resta là un instant à contempler ce magnifique cul, l’embrassa tendrement puis rejoint le sas. L’infirmier l’y attendait.

« Tout s’est bien passé Monsieur ?

– Au poil, je crois que je suis amoureux.

– Ne vous faîtes pas d’illusion Monsieur Abelon, Elles sont la propriété de l’entreprise. Tenez, voilà votre argent. Merci pour votre collaboration. »

François prit l’argent, dit au revoir et fut raccompagné à l’extérieur.

En ville, il compta les billets dans sa poche. Pas de quoi payer le loyer. Il entra dans un magasin, acheta de la viande, du whisky, du vin, des fritures et des cigarettes. Tous les billets y passèrent. Arrivé chez lui il se vautra dans le canapé. Programme de la soirée : torchage de gueule et branlette devant des pornos avec des culs tiss’mé.

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