46 - Père-fille

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Livia.

Mon portable sonne, bipe, vibre ... sans cesse. À ce rythme-là, il va se mettre en grève d'ici dix minutes. J'ai juste envie de le balancer dans une corbeille quelque part. Comment peut-on être prêts mais devoir quand même tout re revérifier ? À quoi ça sert que nous ayons tout planifié et tout revérifié jeudi six heures consécutives si c'est pour recommencer aujourd'hui ? Il faut que je trouve Cam sinon je vais buter quelqu'un. Et j'ai trois noms en haut de ma liste.

Il n'est que onze heure trente et j'ai déjà envie de tuer quelqu'un, ça promet ... Surtout quand on sait combien coute ce mariage, enfin, cette journée quoi ! Rien que pour les fleurs ça dépasse les trois cent mille dollars, pour des fleurs ! des fleurs ! Allo quoi ! Je lis un nouveau sms puis compose un numéro. Il décroche à la première sonnerie.

- Je vous préviens Jeffrey, au prochain sms, je vous noie dans une fontaine et je cache votre cadavre dans une jardinière, c'est bien compris ?

Mais c'est que ça le fait rire le con !

- Détendez-vous Livia ! il faut juste vérifier les plans de tables avant que nous ne disposions les marque-places et affichions le panneau d'accueil.

- Vous voulez encore que je vérifie quelque chose que vous avez déjà vérifié jeudi avec Kate et Jamie c'est bien ce que je dois comprendre ?

- C'est tout à fait ça Livia.

- Écoutez, loin de moi l'idée de juger vos méthodes, enfin si, je vais juger en réalité, désolée, enfin non, je ne suis même pas désolée. Vous avez déjà revu le plan de table avant-hier, donc sauf si quelqu'un est porté disparu depuis, personne et je dis bien personne ne reposera ses yeux sur ce putain de plan de table, et encore moins moi ! Je ne veux pas savoir à l'avance qui sera là.

- Mais ...

- Non, pour un mariage à cinq millions de dollars, il n'y a pas de mais ! je lui lance dans le combiner. Je ne suis pas votre assistante, et il n'y a rien à revérifier, tout est parfait Jeffrey, tout est prêt. Vous avez tous fait un excellent travail au vu du temps imparti, tout est magnifique, Laura va adorer, alors détendez-vous maintenant ! Nous avons passé la journée entière d'hier, de sept heures à minuit trente à placer la décoration pour la cérémonie et pour la réception avec vos équipes. Alors je ne plaisante pas, le prochain qui s'amuse à nous appeler Kate ou moi, je l'enterre quelque part ! Maintenant, je retourne avec la mariée, Ciao !

Xanax, donner lui du Xanax ! Même moi elle me fatigue

Ah, ça fait du bien !

Non, je ne suis pas tendue, enfin un peu, mais uniquement parce que je ressens le stress de ma meilleure amie.

Et oui, je suis fatiguée, et pas que physiquement. Je carbure au café, donc ça va aller.

Depuis que Laura est levée, soit environ deux heures, Kate ne l'a pas quittée. Sa petite sœur angoisse que quelque chose se passe mal. J'ai déjà entendu parler du stress de la mariée le jour J : À la télévision dans des émissions, mais aussi dans les magazines. La crainte que le fiancé se dégonfle à la dernière minute, qu'une maitresse apparaisse comme par magie, que la pièce montée n'arrive pas où se renverse, que la belle-mère hystérique fasse changer d'avis son fils adoré, que la robe de mariée ne lui aille plus ... enfin, rien qui ne pourra se passer aujourd'hui.

Déjà et le plus important : Scott est totalement et absolument fou amoureux de Laura. Ça crève les yeux et ... et ils sont déjà mariés ! Donc ce n'est pas comme s'il pouvait partir aujourd'hui. Aujourd'hui, pour presque tous les invités, c'est un mariage, mais en réalité, c'est surtout un renouvellement de leur engagement, devant leurs familles, leurs amis et devant Dieu, puisqu'ils sont croyants, eux. Aucun risque qu'une femme se pointe ici en se présentant comme « la maitresse ». Quoi que, si lui aussi est sorti avec une folle du genre de Kirsten ... il faudrait quand même que j'aille lui poser la question, oui, je vais faire ça, tout à l'heure, juste pour être sure, pour Laura.

J'espère que le jour de son mariage, Hayden n'oubliera pas de black-lister Kirsten Thompson, car elle, ma main à couper qu'elle serait bien capable de venir lui faire un scandale pour tenter de faire fuir sa fiancée. Cette femme est complètement cinglée. Amoureuse de lui peut-être, mais cinglée.

Je traverse le long couloir pour aller respirer l'air encore doux des jardins en cet fin de matinée. Seul le bruit de mes talons sur le sol en pierres claires accompagne mes pensées. La propriété dans laquelle va se dérouler toute la journée, et la soirée, est magnifique, et gigantesque. Elle s'étend sur plusieurs hectares et nous offre à la fois une vue sur l'océan au loin, et sur les vignobles californiens.

Le domaine se compose en plusieurs parties : La villa principale dans laquelle Laura, les demoiselles d'honneur, Scott et ses garçons d'honneur sont en train de se préparer, ou se détendre, cela dépend de qui nous parlons. Laura a hérité de l'aile est, et Scott l'aile ouest, pour qu'ils ne puissent pas se voir avant la cérémonie. D'ailleurs, ils ont respecté la tradition : Ils ne se sont pas vus depuis hier midi et n'ont pas dormi ensemble cette nuit. Par conséquent, c'est Kate et moi qui avons dû passer la nuit avec ma meilleure amie, ici même, toutes les trois dans le même lit. Mais vu la taille de ce lit, nous aurions pu être cinq que nous aurions encore eu de la place. Et d'après ce que mon petit doigt m'a dit, un certain Joshua est frustré de ne pas avoir passé la nuit avec sa compagne ... Il aura bien toute sa vie pour le faire !

Il y a aussi plusieurs grandes dépendances, des écuries, la partie vignobles traversée par plusieurs sentiers pour accueillir les promeneurs, et les balades à cheval, le jardin principal où se déroulera la réception et la soirée - autant être en extérieur vu la vue et les températures - et le jardin secondaire où se déroulera la cérémonie cet après-midi, durant laquelle Scott et Laura pourront rééchanger leurs vœux, au bord du lac artificiel - mais splendide,- avec vue sur l'océan, depuis les hauteurs. Et c'est là que mes pieds me portent.

J'emplie mes poumons d'air frais et laisse mon regard vagabonder lentement, comme si mes yeux me servaient d'appareil photo, pour remplir un peu plus ma mémoire. Je sens d'ici les grands murs de roses blanches et roses que nous avons fait faire pour la cérémonie. Des panneaux de fleurs de trois mètres de hauteur sur trois de large. Ils seront ensuite déplacés dans l'autre jardin pour terminer la décoration pour ce soir, autant réutiliser !

Les chaises sont disposées de parte et d'autre de l'allée centrale, recouverte d'un long tapis or qui mène jusqu'à l'autel. Près de quatre cents chaises, quatre cents. Je n'en reviens toujours pas. Je regarde attentivement chaque détail de la décoration, émue car je sais que Laura le sera en découvrant l'endroit. Elle nous a donné des consignes pour la décoration, des codes couleurs, des matières qu'elle voulait retrouver, mais elle ne s'est pas impliquée plus, elle voulait que ce soit une surprise. Cette femme a une confiance sans borne en nous n'est-ce pas ? N'est-ce pas dangereux, je veux dire ? Vous en connaissez beaucoup des mariées qui laisseraient faire les autres ? Et cela vaut aussi pour LE marié.

Heureusement que nous nous entendons tous bien, les parents de Scott, Ava et Doug ainsi que les frères Miller qui ont tout autant été mis à contribution et que nous étions toujours d'accord au moment de prendre les décisions avec les wedding-planners. Sinon, cela aurait été beaucoup plus compliqué. Je dois bien avouer que même s'ils m'ont bien tapée sur le système avec leurs idées parfois démentielles et démentiellement couteuses, je résultat est là : C'est parfait. Cameron a fait du bon boulot, et son équipe aussi. Nul doute que son propre mariage sera exceptionnel. Et avec un peu de chance par extension, celui de ma belle Mila aussi. Croisons les doigts pour eux ! C'est tout le bien que je leur souhaite. Je passe entre les belles chaises et laisse mes doigts toucher le tissu soyeux ici et là.

Je réalise tout à coup réellement ce qu'il va se passer tout à l'heure, comme si je n'en avais pas vraiment pris conscience avant cette seconde. Mais là, sous mes yeux tout devient concret, ce n'est plus juste dans ma tête : Aujourd'hui, je laisse partir Laura. Je laisse partir ma meilleure amie pour qu'elle entame pleinement le meilleur chapitre de sa vie.

- Tu es resplendissante Livia! tonne une voix grave derrière moi.

Mes yeux quitte l'autel, mon corps fait un demi-tour sur lui-même pour faire face à celui qui certainement, a eu la même envie que moi de venir prendre un peu l'air pour échapper au tumulte des préparatifs à l'intérieur, et peut-être un peu aussi pour, tout comme moi, constater de ses yeux que ce jour est vraiment arrivé, enfin.

- Tu sais que ce n'est pas ma robe de demoiselle d'honneur n'est-ce pas ? Et que je ne suis ni coiffée, ni maquillée ?

- Tu es splendide quoi que tu portes ma chérie.

Je crois que les yeux d'un père ne voient pas la même chose que tout le monde, ou alors, il a tout simplement des problèmes de vue.

- Merci Paps... je lui réponds alors qu'il me prend dans ses bras.

J'aime son odeur réconfortante, et sa chaleur qui m'englobe instantanément quand je me blottie contre lui.

Que contre lui ?

Chut, ce n'est pas le moment.

Oh mais c'est qu'elle m'entend !

Tu es dans ma tête, alors oui, je t'ignore juste la plupart du temps, tu penses n'importe quoi et tu es une obsédée, niveau conseil, c'est zéro ! Même ma mauvaise conscience pense moins de conneries !

Tirage de langue intérieure. Il faut que je me fasse soigner, c'est officiel. Oui, je craque.

Doug donc. J'en ai raté des occasions avec lui, sciemment, je m'en rends bien compte.

- Tu es allée chez le coiffeur pourtant, ça te va bien, tu ressembles de plus en plus à tes sœurs.

Sauf qu'on n'a pas le même ADN ... nous sommes juste blondes toutes les trois, avec les yeux bleus, même si nous n'avons pas toutes les trois la même nuance. Mais il est vrai que j'ai remarqué aussi : avec le contouring plus clair que j'ai fait refaire jeudi matin pour donner un petit coup de soleil dans mes cheveux, je ressemble un peu à Kate, capillairement parlant, je veux dire. Pour le reste ... j'en reviens à ma remarque précédente : Doug voit ce qu'il veut voir.

- Oui ça aurait été dommage qu'en plus vous vous retrouviez avec une brune aux yeux noirs, c'est certain ... je marmonne sarcastique.

- Viens t'assoir ma chérie.

Doug prend ma main et me guide jusqu'à un siège au premier rang.

- Tes sœurs te font des misères aujourd'hui ? Je sais que c'est la grande journée de Laura, mais ne te laisse pas marcher sur les pieds Livia. Et s'il faut j'irai remettre de l'ordre dans tout ça moi-même !

Je sais qu'il le ferait, il l'a toujours fait, dès qu'il considérait que Kate ou Laura, - enfin Laura en particulier-, allaient trop loin. Avec lui ou Ava, je n'ai jamais eu l'impression que je valais moins que leurs deux filles, pourtant je suis arrivée tel un cheveu sur la soupe. Je n'étais pas « prévue » dans leur famille comme disent les enfants conçus «involontairement». Pas prévue de cette manière. Comme s'il lisait en moi, Doug reprend.

- Tu as fait partie de notre famille dès ta naissance Livia, et déjà même avant, quand il nous a été demandé d'être ton parrain et ta marraine. Même à l'autre bout du monde, nous t'aimions tu sais. Nous t'avons vu grandir en photos et en vidéo principalement c'est vrai, mais nous avons chéri chaque instant auprès de vous les fois où nous avons pu vous rendre visite. Tu sais, nous aurions aimé vous voir plus, mais ta mère, Dieu la garde, avait ses raisons. Elle avait besoin de garder ce lien avec Ava, mais en même temps, c'était lui rappeler ce qu'elle n'avait plus, ce qu'elle a dû quitter si jeune. En faisant encore d'Ava ta marraine, et de moi ton parrain, je crois qu'elle a tenté de faire perdurer ce lien qu'elle avait quand même avec les États-Unis, malgré je pense, la douleur d'y penser.

- C'est Ava ma mère.

Les mots passent sèchement la barrière de mes lèvres sans que je n'aie eu le temps d'y réfléchir, comme par reflexe. Doug me regarde tendrement en hochant la tête.

- Et elle aurait été ravie de l'entendre, j'espère que tu le rediras encore ma chérie. Ce que je veux que tu comprennes Livia, c'est que quoi qu'il se passe, quoi qu'il se soit passé et quelques soient les épreuves que nous ayons vécues, tu es notre fille tout autant que tes sœurs, et nous t'aimons tout autant Livia. Nous n'avons jamais regretté ton arrivée tu sais, la seule chose que nous avons regretté, ce sont les circonstances, bien entendu.

- Paps s'il te plait ... je sanglote en retenant mes larmes autant que possible. Je sais tout ça.

Une piqure de rappel n'est jamais inutile, surtout avec toi...

- Tu es une jeune femme intelligente Livia, très intelligente, et nous sommes tous fiers de la jeune femme que tu as su devenir malgré tes combats. Mais non ma chérie, pardonne-moi mais je crois que tu ne sais pas, ou alors parfois, tu oublies, tu nies, je ne sais pas trop. Les choses doivent être dites, surtout en ce moment, alors laisse-moi essayer de t'ouvrir les yeux.

- Mona ... je murmure dans un souffle.

- Mona, acquiesce-t-il. Une femme étonnante, tu lui ressembles beaucoup, et c'est un compliment.

- Elle me manque.

-Je sais ma chérie, pleure, tu en as besoin.

- Je ne fais que ça.

- Il paraît.

- Hayden Miller ? je lui demande en haussant un sourcil alors qu'il caresse mes cheveux.

- Hayden oui, mais ne lui en veux pas Livy, c'est moi qui suis allé me renseigner, et il n'était pas très enclin à me donner des informations, même sur ma propre fille si tu veux tout savoir! Un jeune homme très bien, tout comme Scott et ...

- Tu t'égares Paps ...

- Oui ... heu ... donc, se reprend-il. Encore une fois, pleure si tu en as besoin, mais j'ai l'intime conviction que tu pleures pour beaucoup plus. Et c'est normal, l'horloge tourne n'est-ce pas ?

Mes yeux se posent instinctivement sur mes tatouages. Oui, l'horloge tourne, et j'ai l'impression que le rythme du temps a changé depuis quelques semaines, comme si on avait augmenté le tempo. Je me contente de hocher la tête.

- Livia, ma chérie, est-ce qu'il y a quelque chose dont tu aimerais me parler ?

Une perche, une !

-Non. À part que Laura va bientôt lancer un avis de recherche, tenté-je de plaisanter pour couper court à cette conversation.

Mais en bon avocat, il voit l'entourloupe ... et continue sans relever.

- Je vais reformuler la question, Livia.

- Oui Maître McAlleigh ...

-Livia ... gronde-t-il pour faire disparaître mon petit sourire espiègle, et ça fonctionne. Est-ce qu'il y a quelque chose que je devrais savoir ?

Ouiiii!!!

Putain, pas ça ... Je ne veux pas mentir. Bon, je tente un truc ...

- Tu as quatre jours devant toi Paps ? je souris de nouveau avec une moue de petite fille coquine.

- Quelque chose d'important par pitié ma fille ! s'exclame-t-il en levant les mains au ciel, j'ai déjà assez d'une petit avocate pipelette capable de raconter sa vie pendant des heures, et de faire une thèse toute entière à partir d'une photo de robe dans un magazine !

Oui, il parle bien de ma meilleure amie là !

Quelque chose d'important ... oui, mais du coup, je vais devoir mentir. Pardon Papa, mais c'est pour ton bien, parce que je t'aime et ce n'est pas le jour, en plus...

- Alors non, rien.

Il ne cherche pas plus loin, mais je me sens mal. Pourtant je sais que ce mensonge, c'est pour les protéger. Ils sauront bientôt. Le jour du lever de voile arrivera, mais ce n'est pas aujourd'hui. Le regard de mon père s'évade à son tour sur le somptueux décor qui nous entoure.

- C'est étrange, mais j'ai toujours su que Laura serait la première à se marier, alors que Kate a quelques années de plus, pourtant me confit-il.

- J'imagine qu'à force de parler du jour de son mariage, elle a ancré quelque chose en nous tous, je pouffe.

- C'est tout à fait ça ! Et nous y voilà ... dit-il nostalgiquement en se frottant la nuque. Et elle a vraiment son mariage de princesse, en plus ! Cette enfant nous aura couté cher! s'exclame-t-il en riant à gorge déployée.

Ça me fait du bien de l'entendre rire, j'aime ce son.

- A qui le dis-tu !

- Tu n'étais pas obligée tu sais Livia.

- Je sais Paps, mais j'en avais envie, et ce n'est qu'un peu d'argent, il fallait bien qu'il serve un jour où l'autre.

Doug hausse un sourcil, perplexe, mais ne s'engage pas sur la voie savonneuse via l'idée à laquelle il est en train de penser, je le sais.

- Enfin heureusement, à partir d'aujourd'hui, ce sera le problème de Scott !

- Un joli problème, mais un problème ! je rajoute.

- Tu sais, continue -t-il sur le ton de la confidence, je me suis souvent demandé si Kate n'attendait pas que Laura soit mariée pour se lancer elle aussi, pour la laisser se marier en premier.

- Mais dites-moi Maître McAlleigh, nous auriez-vous caché votre enclin pour les mariages ? Tu penses déjà à descendre l'allée au bras de ton autre fille ?

- Mon Dieu Livia! rit-il, tu m'avais manqué tu sais ma fille ! Nous devrions discuter plus souvent ! Mais tu as raison, je ne serais pas contre le fait de renouveler l'expérience prochainement avec ta sœur ainée, j'aimerais beaucoup ! Avant que je ne doive utiliser un déambulateur, ce serait merveilleux ! Tu devrais glisser deux mots à ta sœur à ce sujet d'ailleurs ...

Heu ... ou pas?

- Paps, tu sais qu'à t'écouter, on croirait que c'est Kate qui est seule décisionnaire de son mariage? Joshua a peut-être son mot à dire aussi, tu ne crois pas ? je lui demande. Et je ne pense pas qu'elle ait attendu le mariage de Laura, moi... Kate n'avait jamais elle laissé paraître qu'elle attendait ce jour avec impatience, contrairement à Laura qui nous a rabattus les oreilles depuis ... toujours en fait, ris-je.

Oui mais maintenant, Kate y pense ... Mais je ne sais pas si elle en a parlé aux Parents, alors je me tais.

- Tu as raison, mais parle-lui en à l'occasion ma chérie, que je sache si je dois casser mon livret d'épargne sous peu ! plaisante-t-il encore.

Pas la peine, je sais qu'elle a envie de se marier ... Et je sais aussi qu'il a les moyens, et que Kate a les moyens de surcroît, personne ne va finir sa vie sous les ponts dans cette famille ! Mariage de Laura, Kate ou du poisson rouge !

- Bon revenons-en à toi ma chérie ...

Bin oui, c'était trop beau. Je regarde ma montre ... Le FBI doit déjà être en état d'alerte !

- Je te libère bientôt Livy. Juste une dernière chose. Mona m'a écrit, il y a une quinzaine de jours, m'informe-t-il en prenant mes mains dans les siennes. En français bien sûr, alors j'ai dû faire traduire sa lettre, et même si j'ai maintenant quelques notions en français sourit-il, je ne suis toujours pas capable de tenir une conversation ou traduire une lettre dans son entièreté, il faut vraiment que tu me donnes des cours ! Et ...il marque une pause.
Et ne sachant pas très bien ce que j'allais y lire, je n'ai pas demandé d'aide à ta sœur mais à une consœur de mon cabinet à Paris. J'ai été touché par ses mots et de la confiance qu'elle a placé en nous toutes ces années et qu'elle continue, même aujourd'hui, de nous accorder.

- Qu'est-ce qu'elle t'a demandé Paps ?

Mes larmes coulent d'elles même et je ne cherche plus à les retenir.

- D'abord, elle m'a parlé de ton père, m'avoue-t-il. Il y avait déjà beaucoup de choses que je savais, mais je crois qu'elle avait besoin de parler de lui. D'autres que j'ignorais mais qui ne m'ont pas étonné car ce sont des traits que tu portes toi aussi, je sais maintenant de qui tu les tiens. Elle m'a aussi parlé de ta mè...

- Non, stop.

- Elle m'a parlé de Victoria aussi.

- Doug ... S'il te plait.

Mais il continue, sans lâcher mes mains tremblantes.

- C'est le genre de journée riche émotionnellement Livia, alors je pense que c'est le bon jour pour en parler ma fille. Donc, reprend-il sans me laisser la possibilité d'en placer une, elle m'a parlé de vous tous, en fait. Les uns après les autres, pour me parler de toi, bien entendu. Pour qu'on n'oublie pas d'où tu viens, qui tu es. Mais jamais nous n'oublierons d'où tu viens Livia, tu m'entends ? Jamais nous ne nierons ta culture, ta famille ou qui tu es au plus profond de toi.

- Je ne l'ai jamais pensé Paps, rassure-toi.

- Livia, est-ce que tu me vois ?

Heu ... oui ... c'est quoi cette question piège encore ?

- Bien sûr ! Tu as commencé le champagne en douce Paps ? Dois-je aller compter les caisses ?

Doug souffle bruyamment, ça commence à chauffer pour moi ... non ?

- Livia Livia Livia ... Ce que tu as vécu, c'est ... le cauchemar de tout parent. Et nous avons eu peur, peur de te perdre, que tu ne puisses pas te relever, surmonter cette épreuve. Mais même en tant que parents, nous savions que la décision devait venir de toi : C'était ton choix, malgré tout l'amour que nous avions pour toi, nous savions que si tu ne voulais pas te relever, personne ne pourrait le faire pour toi. Personne ne peut vivre ta vie à ta place. Aujourd'hui, tu es là, devant moi, mais je sais. Je sais qu'encore une fois, nous avons perdu un petit bout de toi. Mais je suis convaincu de quelque chose ma chérie, si on ne peut pas lutter contre la mort une fois qu'elle a fait son œuvre, on peut lutter pour la vie, et tant que nous sommes en vie, on peut se battre pour retrouver qui on était.

Son regard sonde le mien à la recherche de quelque chose, de ce qu'il pense que j'ai perdu, peut-être. La mort a fait son œuvre oui, et nous ne reviendrons pas en arrière, mais la mort a empiété sur la vie, ma vie, et contre ça, on ne peut pas lutter. Et pas que la mort.

- Dans sa lettre, Mona disait que tu devais apprendre à ouvrir les yeux, et elle a raison.

- Je vois très bien !

- Non, tu ne vois que ce que tu veux voir Livia! contre-t-il. Avec toi, il faut toujours tout expliquer si on ne veut pas que tu passes à coté de quelque chose, regarde Cameron, même lui l'avait compris !

- Cameron ? Mais de quoi est-ce que tu parles enfin ? je lui demande hébétée.

Note à moi-même : aller vérifier le nombre de caisses d'alcool. Réellement.

- C'est bien ce que je dis... soupire mon père. Cameron Beckett, quelle idée quand j'y pense ! J'ai toujours su qu'il n'était pas fait pour toi, enfin, depuis qu'il s'intéressait à toi d'un peu trop près, grogne-t-il. C'est un homme très bien ne te méprends pas, mais il n'était pas pour toi, c'est tout. Pourtant, il s'est montré persévérant, trop, mais on ne peut pas lui retirer cela. Mais toujours respectueux, et il mérite de trouver sa moitié. J'admire l'homme qu'il est devenu et le père qu'il est pour la petite Rose, mais il n'était pas pour toi ma chérie.

- Ok ... je lui réponds sans comprendre où il veut en venir. Je n'ai jamais prétendue être intéressée par Cameron, bien au contraire Paps ...

Punaise il faut que je trouve une sortie et vite. Je n'ai jamais eu ce genre de conversation bizarre avec Doug, et à vingt-cinq ans, je crois qu'il est trop tard pour m'expliquer comment on fait les bébés, non ?

Surtout qu'il a malheureusement pu constater que je sais comment on fait les bébés ... même quand on n'en veut pas.

- Donc tu as bien vu que Cameron lui, était intéressé Livia, n'est-ce pas ?

- Évidemment ! Comment passer à côté Paps ? Il le hurlait sur les toits ! Mais ce n'était qu'une passade et l'intérêt n'était pas réciproque, je l'ai toujours vu comme une sorte de grand-frère, alors jamais je n'aurais fait quoi que ce soit avec lui !

Moment gênant bonjour ...

Bonjour Bonjour même.

- Je suis donc certain maintenant, que tu es passée à côté de plusieurs histoires ma puce. C'est dommage. On ne rattrape pas le temps perdu tu sais, et toute histoire vaut la peine d'être vécue, c'est ainsi qu'on apprend. Moi je ne regrette aucune de mes histoires, de mes petites amies avant ta mère. Ça ne s'est pas toujours bien fini, mais je ne regrette rien.

Je ne crois pas non. J'ai choisi chaque aventure que j'ai eue pour une nuit ou quelques semaines, les « histoires » ça n'a jamais fait partie du plan.

- Tes sœurs nous ont donnés du fil à retordre avec les garçons à l'adolescence, surtout Laura se souvient-il. Ta mère et moi nous appréhendions cette phase de vos vies, surtout pour les filles. Mais Laura, mon Dieu, elle en valait plusieurs ! Kate a eu beaucoup de petits copains mais était moins coureuse de shorts que Laura, elle, tu sais ?

Sa remarque me fait éclater de rire. « Coureuse de shorts », c'est exactement ça !

- Quand elle nous a présentés Josh, nous avons su immédiatement que nous n'avions plus à nous inquiéter pour elle. Mais toi, tu as été tout le contraire de tes sœurs !

- Paps, je ne suis restée qu'un an à Los Angeles et pas la meilleure année de ma vie, alors je ne vois pas comment j'aurais pu aller courir après les ... heu ... je baragouine, les ... enfin comment j'aurais ou avoir envie d'avoir une vie senti ..., bref sortir avec quelqu'un quoi !

Bref, il faut que je me tire d'ici !

- Tu n'as pas non plus sauter sur les garçons en France ma chérie, tu as plutôt pris ton temps de ce côté-là, enfin, tu as eu raison, chacun y va à son rythme.

Hein ?

NONNNNNN !

C'est une blague ? Non, c'est un cauchemar, Laura n'a quand même pas osé parler de ma vie sexuelle -existante ou non - aux parents ? À mes yeux qui doivent sortir de ma tête, mon père comprend à quoi je pense et secoue vigoureusement ses mains devant lui.

- Non non non Livia, ta sœur n'a rien dit ne t'en fais pas! J'avais un informateur, c'est tout. Il fallait bien veiller sur toi-même de loin alors ...

- Je n'ai jamais parlé de ça avec Mona voyons ! Ça ne peut être que Lau ...

- Eliott! c'était Eliott ma chérie!

Entendre son prénom, à haute voix ... Mon cerveau stoppe toute activité instantanément. Eliott ... Ely.

- Ely ?? soufflé-je à un doigt de l'apoplexie.

Mon cœur se serre et mes poumons oublient comment respirer. Je vais manquer d'air, là, ici, tout de suite, alors que c'est justement pour respirer que j'étais sortie de la villa.

- Oh non Livia respire, ça va aller ma chérie, je vais appeler Kate elle va te...

- Non Paps, ça va, ça va ! je le rassure. J'ai besoin d'une minute s'il te plait, juste une minute.

Ou toute une vie, voire plusieurs, mais je n'ai pas ça en stock.

- Il veillait sur toi, il aurait tout fait pour toi .

- Tais-toi ! je m'emporte en me levant, il n'a pas tout fait pour moi, il a fait LA PIRE chose qu'il pouvait me faire, LA PIRE Paps ! Et il a choisi son moment en plus !

Doug se lève à son tour et me prend dans ses bras, puis me berce pour me calmer alors que mes larmes coulent de nouveau. Et il recommence à parler, encore:

- Finissons avant que tu ne repartes ma chérie, c'est important. Ce que je voulais te dire, et je crois que Mona a aussi tenté de te le dire, c'est que ton passé est derrière toi. Je sais que tu n'oublieras jamais, et crois-moi Livy, s'il était possible de changer le passé, je donnerai ma vie pour que jamais une telle horreur ne te soit arrivée. Mais c'est arrivé, et je comprends que tu aies du mal à t'ouvrir aux autres ma fille, c'est encore pire depuis ... Mais tu dois avancer, encore. Parce que tu là toi, tu es vivante.

Doug s'écarte de moi mais caresse ma joue de son pouce, comme Ava aime le faire.

- Tu as changé ces derniers temps, je le vois, ta mère le voit, et tes sœurs aussi. Tu as de nouveaux amis et c'est déjà un grand pas en avant, nous sommes heureux. Alors ne t'arrête pas de marcher s'il te plait.

- Et je suis censée comprendre quoi par cette jolie métaphore ?

Chômage technique

- Oh Livia ... C'est pire que ce que je pensais ! se plaint-il en passant une main sur son visage.

- Bin quoi ? Je n'ai pas besoin de plus d'amis !

Non il m'en aurait même fallu moins en réalité ...

- Tu es une calamité ma fille ! Je ne comprends pas du tout ce que Mona a vu, franchement, elle aurait quand même pu être plus claire dans sa dernière lettre ! s'exclame-t-il.

Ok, il m'a perdue.

Moi aussi

- J'ai reçu une nouvelle lettre il y a quelques jours, m'indique-t-il, et si j'en crois son contenu, Mona l'a écrite après ta dernière visite. Elle y dit qu'elle peut enfin partir en paix car elle venait de voir que tout irait bien pour toi, que ton avenir était devant toi, sous tes yeux, et qu'il fallait simplement que ta mère et moi t'aidions à les ouvrir. Alors je comprends ce qu'elle veut dire, mais je ne sais pas de quoi elle parlait. Pour autant, je ne te parle pas d'avoir plus d'amis, mais peut-être devrais tu commencer à songer , peut-être j'insiste, je ne t'oblige à rien ma chérie, c'est juste une idée comme ça ... quelque chose à exploiter tu ...

Là, il s'embourbe.

- Paps, arrête et accouche !

- Il serait peut-être temps, Livia, que tu songes à avoir une vie amoureuse ? Je veux dire, puisque tu es ... humm ... active.

- Oh Merde ! Je m'affole en m'éloignant, je refuse de parler de ça avec toi ! Non !

Non!
NON!!

- Livia, je suis ton père mais je suis aussi un homme, je sais comment marchent les choses, et je suis ravi que justement, tu aies été active au moins il y a quelques mois malgré ta grossesse non désirée, mais maintenant que le mariage est arrivé, tu n'auras plus besoin de faire tous ces allers-retours ici et tu pourrais peut-être en profiter pour te poser, rencontrer quelqu'un, je veux dire... Enfin, je ne te jette pas hors des États-Unis bien entendu! J'adore que tu sois ici, mais si ta vie est en France alors ...bref, ça t'a pris du temps mais tu as fait du chemin depuis, donc maintenant ...

- « Active » c'est ta manière de dire joliment que je m'envoie en l'air, c'est ça ?

Bah du coup, si je veux mettre fin à cette conversation rapidement, je n'ai plus trop le choix, il faut qu'il soit aussi mal à l'aise que moi ! Ses yeux s'agrandissent à mes mots et je sens que j'ai gagné.

- Heu ... je crois que je vais retourner voir Scott et les garçons, tout bien réfléchi.

Tu m'étonnes !

- Nous reprendrons cette conversation ceci-dit, enfin, sans les deux dernières minutes, ajoute-t-il avant de m'embrasser rapidement sur la joue et de tourner les talons, tout aussi rapidement ...

Reprendre cette conversation ? Je ne crois pas non ...

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Quand Rose, jeune femme intrépide et un brin grande gueule fait ses valises un beau matin pour partir s'installer à l'autre bout du monde sans se retourner, elle sait ce qu'elle quitte, mais ne se doute pas un seul instant de ce qu'elle va trouver, là-bas. Pourtant, elle n'a pas choisi sa destination par hasard, mais rien ne l'avait préparé à un tel choc. Littéralement. Un camaïeu de couleurs, de gens, de cultures, perdu entre terre et montagnes, passé et présent, qui renferme bien plus de secrets que de réponses qu'elle n'était venue en chercher ; et pas que ...

Alors qu'elle pensait pouvoir se faire discrète, Rose s'aperçoit avant même son arrivée que ses prévisions étaient trop téméraires quand on a l'ambition de mettre les pieds dans une ville où même les roues ont des yeux et des oreilles. Une voiture capricieuse qui la lâche au mauvais moment et c'est la première secousse de son séjour pas réellement entamé, qui détruit définitivement son doux espoir d'anonymat. Une collision "titanesque" dont les tremblements ne sont pas que ceux de la tôle froissée.

A la tête des Dark Evil Lions, les bikers protecteurs de la cité, le ténébreux Titàn est l'incarnation même de l'attirante menace. Celle qu'on sait être agressive et prête à tout pour gagner, mais que l'on ne peut s'empêcher de vouloir toucher car irrésistible, et dont l'apparence n'est qu'une partie de la véritable valeur.

Accaparés par deux quêtes différentes, ils s'affrontent, se repoussent, se désirent, se haïssent, jusqu'à ce que la faucheuse elle-même ne sorte de l'ombre pour pointer de son outil aiguisé une question que nul ne se serait jamais posé: Qui est réellement pour eux, le plus grand spectre du danger ?

Doit-on vivre par amour, ou mourir pour lui?

Contient des scènes à caractère sexuel explicit
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Histoire protégée

Plagiat interdit selon Article L335-2, Modifié par LOI n°2016-731 du 3 juin 2016 - art. 44.
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Line P_auteur
Elle pensait avoir tout prévu ... sauf l'imprévisible !

À vingt-cinq ans, Livia suit un chemin tracé dont elle seule détient la carte.
Abimée par les drames de son passé, elle aspire à une vie calme, ne laisse que peu de personnes entrer dans son cercle et a revêtu depuis longtemps un masque pour se protéger.

L'amour ? Pas pour elle; elle le fuit comme la peste, persuadée qu'elle gagnera toujours sa partie de cache-cache avec Cupidon.

Une meilleure amie, un week-end au pied levé à l'autre bout du monde et une dose d'alcool de trop, c'est la recette idéale pour que tout bascule ...

Star de cinéma mondialement connu, Hayden Miller entre dans sa vie telle une tornade inattendue. Entre attirance, rejets, nuits torrides, non-dits et secrets, leur petit contrat amis avec bonus; va raviver son corps et pourrait bien devenir quelque chose de plus ... à condition de s'en rendre compte.

Qui ouvrira les yeux en premier ? Les dangers sont-ils toujours les plus évidents ? Mais surtout ... Toutes les promesses sont-elles faites pour être tenues?

Quand le passé entache le présent, peut-il y avoir un avenir ?

Et si commencer par la fin était finalement la meilleure voie pour trouver son chemin ?


Contient des scènes à caractère sexuel.
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Line P_auteur
[Histoire Terminée ]

Diplômée en Marketing, un emploi stable dans lequel elle prenait peu à peu ses marques, un toit sur la tête et même un futur mari, Elly pensait assez bien contrôler sa petite vie paisible. Sa seule bête noire, c'était sa famille. Ou du moins les quelques membres qui la composaient : des parents absents pourtant envahissants à distance qui voulaient depuis sa naissance régenter son existence, jusqu'à choisir sa voie professionnelle. Et elle ne savait pas encore à quel point ... jusqu'à un soir de février où Elly a tout compris, puis tout envoyé balader.

Sa vie, elle veut maintenant la recommencer loin, en laissant décider le hasard, pour une fois. Et elle va détester le résultat tout autant que son corps va l'adorer.

Il est autoritaire, arrogant, froid comme la glace mais pourtant chaud comme la braise. Une gueule d'ange sur une carrure d'Apollon, mais une attitude de démon. Il la fera enrager et est prêt à tout pour la faire fuir. Mais qui pliera en premier ?

Elle va devoir relever le défi : au fond, peut-il réellement y avoir un perdant ?
Quand l'expérience fausse le présent, comment voir la vérité qui brille de l'éclat de l'évidence ?

Contient des scènes à caractère sexuel.
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