45 - Nuit agitée

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Hayden.

Il y a des jours comme celui d'aujourd'hui, où j'aurais préféré me casser une jambe -voire les deux - pour éviter d'aller bosser. J'adore mon métier, j'ai travaillé comme un dingue pour en arriver là, mais aujourd'hui, j'ai eu ma dose. Ma dose de Kirsten Thompson. Je fais tout pour que ça se passe bien sur le plateau avec tout le monde, qu'il n'y ait pas de tension, que ma non-relation avec elle n'entraîne pas une dégradation de l'ambiance, mais je sens que dans pas longtemps, je vais l'envoyer chier tellement fort que ça va créer un cataclysme.

Je ne la supporte plus. Sa voix déjà, c'est... physique. Je ne peux plus. Il faudrait qu'elle puisse disparaître à chaque fois qu'on entend « coupez ». Sa façon de parler, de me parler. Pourquoi continue-t-elle de me parler d'ailleurs ? J'avais pourtant mis les choses au clair : On ne s'adresse la parole que pour le boulot, rien d'autre. Alors évidemment elle trouve toujours une excuse à la con, mais en plus, elle ne tient nullement compte de ma demande. Elle était dans ma loge quand j'y suis rentré pendant une pause, allongée sur mon canapé, en train de lire un magazine féminin ... au lieu d'apprendre son texte ! Tiens, ça, ça aurait été utile à la communauté !

Évidemment, j'ai vu rouge ... et au souvenir de cette conversation, je me dis que j'ai été trop gentil avec elle.

~~~


- Kirsten, tu t'es trompée de loge. Va-t’en s'il te plait.

- C'est bon Hayden, il n'y a que toi et moi ici, pas la peine de jouer les gros durs !

Si elle commence à minauder comme ça et qu'elle ne vire pas son petit sourire suffisant et aguicheur de sa tête rapidement, la journée est foutue pour elle.

- Kirsten, sors d'ici. Tu n'as rien à faire là.

Je sens mon alarme interne s'activer. Elle mijote quelque chose, elle ne fait rien pour rien. Je regarde autour de moi mais tout semble en place.

- Qu'est-ce que tu cherches mon chéri ?

- Ne m'appelle pas comme ça Kirsten ! Nous ne sommes plus ensemble depuis longtemps, tu n'as plus aucun droit de m'affubler de tes petits surnoms ! Maintenant sors et va faire un truc utile, apprendre ton texte ! J'en ai marre de refaire vingt fois les même prises parce que tu oublies tes réplique ou que tu te plantes !

- Je connais parfaitement mon texte Hayden.

Elle se plante devant moi, petit rictus démoniaque au visage, puis elle se mord la lèvre inférieure en posant ses deux mains à plat sur mon torse. Son toucher me dégoûte et c'est comme si je venais d'être brulé par de la lave. Je me recule et vire ses mains de mon corps. Je sens la colère monter en moins et suis obligé de souffler plusieurs fois pour me contenir. Elle a vraiment de la chance d'être une femme. Et là ... je comprends.

ENFIN !

- Putain Kirsten ! Tu fais perdre du temps à tout le monde et donc de l'argent à la prod volontairement ? Tu fais exprès de foirer tes scènes ? Mais t'es malade ma pauvre fille ! Je me disais aussi que ce n'était pas humain d'être aussi mauvaise actrice ! Même une gamine de trois ans jouerait mieux que toi !

- Oui c'est vrai que tu t'y connais toi, en gamine maintenant.

Ne joue pas à ça Kirsten ...

- Arrête ça. Tu es cinglée ma pauvre Kirsten, faut te faire soigner !

- Je ne suis pas cinglée mon chéri, j'essaie simplement de profiter du temps que j'ai avec toi, et devant la caméra, tu es bien plus agréable ! Et puisque ce sont les seuls moments où tu te montres tendre avec moi, je suis bien obligée de faire durer le plaisir. Et ... tu finiras bien par retrouver la raison, toi et moi, nous sommes faits l'un pour l'autre Hayden !

Mon Dieu mais elle est complètement dingue !

Bonne pour l'asile.

- Toi et moi, c'est fini, révolu, enterré à tout jamais. Je me demande encore comment j'ai pu sortir avec une femme comme toi ! je gronde. Je ne t'aime pas, on ne se remettra jamais ensemble, ni cette vie ni dans aucune autre. Alors maintenant, tu vas sortir de cette putain de loge !

- Une femme comme moi ? Une femme comme moi ? répète-t-elle en colère. Tu veux dire une femme qui t'aime de manière inconditionnelle, qui est prête à accepter tes caprices, ton mode de vie à mil à l'heure, tes absences pour les tournages et ta famille aussi collante qu'un putain de vieux chewing-gum ?

- Ne parle pas de ma famille Kirsten ! C'est toi la malade, pas eux !

- Hayden, il va bien falloir que tu coupes le cordon un jour où l'autre ! Jordan est le pire pot de glue que la terre ait porté, Jamie se croit le droit de pouvoir choisir ta femme et de donner son avis sur tes relation amoureuses, et je ne parle même pas de ta mère la sacro-sainte mère poule dans toute sa splendeur, qui pense qu'il n'y a qu'elle qui sait ce dont tu as besoin !

C'est sûrement le cas ... Il y en a une qu'elle accepte parfaitement ...

Je dis ça, je dis rien ...

La preuve en image que toute ma famille avait raison. Cette femme n'est pas faite pour moi, si tant est qu'elle soit faite pour quelqu'un ... pauvre homme !

- Ça suffit Kirsten ! Ce n'est pas à cause d'eux que nous nous sommes séparés, ça n'aurait pas pu marcher de toute façon, la seule chose que tu aimes, c'est ta carrière et le fric ! Et pas forcément dans cet ordre.

- Parce que tu te crois différent ? vocifère la vipère dont les traits sont tout à coup bien moins lisses. Tu vivais pour ta carrière au lieu de vivre pour moi Hayden et pourtant je suis restée ! Alors oui j'aime le fric comme tu dis ! Qui n'aimerait pas ça ? Et tu n'étais pas contre m'en faire profiter pour avoir l'esprit tranquille quand tu partais !

Quelle folle !

- Quand je partais bosser ! Je ne suis pas allé m'envoyer en l'air ! Et c'est toi qui voulais toujours quelque chose, j'ai juste été assez con de vouloir combler tous tes désirs ! Tu ne vois en moi qu'un tremplin pour ta carrière et un portefeuille très bien rempli, c'est tout !

- C'est faux ! Je vois aussi l'homme merveilleusement séduisant que tu es, tout ce que nous pourrions construire ensemble ! J'aime l'argent c'est vrai et moi je suis honnête avec ça, je ne suis pas une petite campagnarde qui s'est toujours contentée du minimum syndical et qui découvre un jour qu'avec un joli petit cul on peut changer facilement de train de vie ! Et qui en plus fait croire à tout le monde qu'elle est très bien dans la misère dans laquelle elle vit ! J'aime l'argent et j'ai toujours tout fait pour ne pas en manquer, mais j'assume ! Mes sentiments pour toi n'ont rien ...

- Comme les putes quoi ... je lâche sans réfléchir.

-Tu t'y connais bien en pute aussi, oui ...

Je vais me la faire !

Une femme, c'est une femme Hayden ...

- Pourquoi tu dis ça ?

- La petite française qui prend racine chez toi pour ne pas déranger Scott et sa chère épouse, tu crois quoi ? Qu'elle enfile des perles la journée ? Elle doit aller trémousser du cul sur Hollywood Boulevard ou dans un club pour se trouver une riche proie avec qui écarter les cuisses ! Puisque toi tu ne veux pas d'elle, il faut bien qu'elle trouve quelqu'un d'autre avant que tu ne la foutes dehors ! Tu ne crois pas qu'elle va retourner dans son trou perdu quand même ?

Comment ça on ne veut pas d'elle ??

Mon Dieu ! Non seulement elle est mauvaise et complètement conne, mais en plus elle c'est une salope de première classe !

- C'est de Livia que tu parles là ?

Oui, question stupide, mais je descends à son niveau du coup ...

- Qu'elle profite bien de son temps, dès que tu auras retrouvé tes esprits, elle dégage la Cendrillon ! Et s'il faut t'aider un peu, je vais t'aider mon chéri !

Impossible de retenir mon rire cette fois. Alors je ris, je lui ris littéralement au nez.

- Ma pauvre Kirsten, tiens-toi prête parce que quand tu vas comprendre, tu vas t'écraser aussi vite qu'un œuf qui tombe au sol. Ce sera moche et dégueulasse, comme ta bassesse.

Je me dirige vers la porte et l'ouvre en grand, sans ménagement dans un fracas qui fait se retourner tous ceux qui étaient aux alentours. Ils vont pouvoir profiter du spectacle et au moins, les choses seront claires une bonne fois pour toute.

- Maintenant dégage de là et ne mets plus les pieds ici. C'est mon dernier avertissement ! Et arrête de faire foirer le tournage, tu nous fais perdre notre temps à tous et j'ai autre chose à foutre que de tourner cinquante fois les mêmes scènes avec toi ! Ah oui aussi, la prochaine fois que tu essaies de mettre ta putain de langue de vipère dans ma bouche, je te mords, c'est bien compris ou je te fais faire un courrier par mon avocat, qui est aussi mon frère et se fera un plaisir de te le faire dans la seconde ? TA LANGUE TU LA GARDES DANS TA BOUCHE ! Tu n'es rien pour moi, pas même une collègue digne de ce nom. Barre-toi !

***

Tous nos collègues présents, comédiens, techniciens ou maquilleurs nous ont regardés les yeux exorbités et bouche-bée. Tant mieux. J'aurais pu être encore plus virulent mais je me suis retenu. Je n'ai même pas pris la peine de répondre à ses attaques sur Livia, je préfère qu'elle croie ce qu'elle veut pour le moment, la chute n'en sera que plus dure le jour où elle apprendra qui elle est pour moi.

Dès que j'ouvre la porte d'entrée, je me sens déjà mieux, comme si un poids venait de quitter mon corps. Je me débarrasse de ma tablette et de mon téléphone sur la console. En traversant le hall, mes oreilles captent une mélodie que je connais, chantée par deux voix, dont une que je reconnais immédiatement, et je me doute que la deuxième appartient à la petite Rose, qui devait passer la soirée avec mon Trésor jusqu'à ce que son père rentre de son rendez-vous amoureux avec Mila.

A pas de loup pour les observer, j'entre dans le salon mais stoppe mon avancée quand je découvre non pas deux, mais trois silhouettes devant la télévision. Livia est à genoux et chante une chanson de la petite sirène qu'elle a mis en karaoké sur YouTube, sur l'écran plat. Rose tourne sur elle-même en chantant avec ma femme et la troisième c'est Emmy qui tient les mains de Livia, en admiration devant elle. Je ne sais pas ce qu'elle a préparé pour le dîner des petites, mais ça sent divinement bon et j'espère qu'elle m'en a gardé cette fois encore. Elle me garde toujours une assiette.

Dès qu'elle m'aperçoit, Emmy court dans direction et me saute dans les bras. Heureusement que j'ai de bon réflexes. Mon frère me tuerait de blesser sa fille, la prunelle de ses yeux. Elle me fait un énorme câlin comme à chaque fois en enroulant ses petits bras autour de ma nuque. Elle sent bon la vanille, la même odeur que le gel douche de ma femme ... Lorsque Emmy se sépare de moi pour que je la dépose au sol après l'avoir chatouillée un peu, je prends le temps de la regarder. Elle est en pyjama, et Rose qui s'approche doucement de moi en se collant à Livia, l'est aussi. Ma femme me regarde en se mordant la lèvre inférieure avec une petite moue qui veut dire « Hero j'ai fait une bêtise » puis fait un petit signe de tête à Emmy vers moi. Je sens l'embrouille à plein nez ...

Emmy revient vers moi et me tire le pantalon pour que je m'accroupisse et évidemment, j'obéis en me rendant compte que toutes les femmes de cette famille font de moi ce qu'elles veulent.

- Tonton H, Rose et moi on va dormir ici, dans ma chambre, me signe-t-elle lentement pour que je puisse assimiler ses gestes- Je n'ai pas la dextérité de ses parents ou de Livia et Laura- Et même que tata Livia et tata Jane elle ont acheté un lit pour Rose, tout pareil que le mien ! Et aussi on a fait des muffins pour le petit déjeuner demain, et on s'est déguisées, on a pris le bain deux fois et la cuisine c'était le désordre après, et la salle de bains aussi, et ...

-Ma poupée c'est bon, je crois que ton tonton H a compris là ... s'interpose Livia toute penaude. Allez les filles, on se lave les mains et on passe à table cette fois.

Livia prend les filles par la main, une de chaque côté et elles se rendent toutes les trois dans la cuisine. Ma filleule monte sur son marche pied rose que Livia a récupéré dans sa salle de jeux et se lave les mains, puis la petite Rose fait la même chose.

- Livia ...

- Miller ? Allez-vous installer les filles, j'arrive avec les plats.

Rose prend passe un bras sur les épaules de ma petite tornade blonde et toutes les deux partent en sautillant sur la terrasse où Livia a dressé leurs couverts. Livia ouvre le double four et en sort deux plats qu'elle dépose sur un grand plateau.

- Tu as diné ?

- Non bébé, je n'ai pas dîné.

Enfin, elle se retourne et me regarde dans les yeux.

- Jamie m'a demandé de garder Emmy pour la nuit, alors j'ai aussi proposé de garder Rose. Ne sois pas fâché Hayden, elles ne t'embêteront pas !

Livia semble vraiment gênée mais je ne vois pas pourquoi. J'adore ma filleule et j'aime passer du temps avec elle, c'est bien pour cela qu'elle a une chambre et une salle de jeux remplie de tout un tas de jouets pour petite fille ici. Et Rose ne me dérange pas non plus, j'ai comme l'impression que les petites s'entendent bien ça me fait plaisir pour Emmy. Livia a déjà récupéré un couvert en plus qu'elle dépose sur le plateau. Avant qu'elle ne le prenne en main, je me glisse derrière elle et la colle contre mon torse pour humer l'odeur de ses cheveux.

- Pourquoi serais-je fâché Trésor ?

-Parce que je ne t'ai pas demandé...

Sors les rames. On n'est pas arrivé Hayden

Je souffle intérieurement. Géantes les rames. Taille XXXXL.

Le chignon haut qu'elle s'est fait me permet de déposer un long baiser sur sa nuque. Sa peau frissonne et moi ... Je vais avoir un problème, surtout quand je sens son postérieur pile contre mon entre-jambes, postérieur moulé dans un mini short blanc, ça n'aide pas.

- Tu n'as pas besoin de demander bébé ...

- Range tes hormones Miller ! Il y a des enfants là !

Mon petit trésor me donne un coup de fesses pour me faire comprendre qu'elle a bien senti l'effet qu'elle me fait.

- Punaise, les hommes et leur libido, des chiens en rut dès qu'ils voient une paire de fesses j'vous jure ! râle ma belle en français en quittant la pièce son plateau à la main.

Je n'ai aucun problème d'hormones et ma libido se porte comme un charme. Mais j'ai un autre problème ... les rames, il faut qu'elles soient plus grandes, beaucoup plus grandes ...

Le record du tour du monde à la rame, ce n'est pas pour tout de suite ...


***


- Plus fort Hero !

J'aime quand elle dit ça, et ça me booste encore plus. J'accélère mes coups de reins et les gémissements de Livia se font plus bruyants. Heureusement que les filles dorment à l'autre bout de la maison, et à l'étage. Ses parois internes se contractent plus fort autour de mon membre et au moment où Livia se fige, tête rejetée en arrière, je rends moi aussi les armes et me laisse emporter par un orgasme phénoménal qui n'en finit plus en soufflant son prénom. A bout de force, ses bras ne la portant plus, Livia se laisse retomber sur le ventre, et moi avec.

J'essaie de ne pas l'écraser sous mon poids et dépose une nuée de baisers sur sa nuque, ses épaules, le creux de son oreille gauche, et ça la fait ronronner, encore. Il me faut une petite minute pour retrouver un souffle digne de ce nom. Je me retire doucement et vire la capote dans la poubelle de la salle de bains. Livia ne bouge plus sur le lit, toujours sur le ventre. Je comprends, elle a donné tout ce qu'elle avait, et elle avait beaucoup d'énergie à dépenser, une énergie qu'elle a puisé dans son besoin de se sentir vivante ce soir malgré ce qu'elle traverse. Ça a commencé par des préliminaires dans la baignoire, puis sous la douche où j'ai pu découvrir que même ses seins sont très doués ... et le deuxième round dans le lit. Un très long round, qui l'a totalement épuisée, et moi avec.

Nous avons dîné tous les quatre. Livia a laissé les filles veiller jusqu'à vingt-deux heures trente en argumentant qu'« après tout, c'est les vacances» - moi Jamie m'aurait tué, mais avec elle, je suis convaincu que ça va passer comme une lettre à la poste. Nous avons joué au Monopoly pour enfant et à cache-cache dans la maison, et elles ont eu de quoi se cacher ! Ma filleule était ravie de sa soirée et j'ai vu à quel point elle était heureuse d'avoir une copine ce soir, mais aussi de passer du temps avec mon petit Trésor. Je leur ai lu une histoire pendant que Livia signait pour Emmy, pour être sûre qu'elle comprenne tout. L'appareillage est génial mais Emmy est encore petite et il faut y aller pas à pas.

La décision de l'appareillage été difficile à prendre pour Jamie et Zoey, la crainte que ça ne fonctionne pas, qu'Emmy ne le supporte pas, la peur de la déception ... mais pour le moment tout va bien. On ne peut pas bousculer tout ce qu'elle a appris pendant cinq ans et elle a un lourd suivi pour apprendre à parler et articuler. Mais c'est une battante, elle y arrivera.

Rose est une petite fille adorable et très mature pour son âge je trouve, certainement dû au fait que sa mère l'a abandonnée et qu'elle est élevée par un père célibataire. Cameron nous a expliqué ce qu'il s'est passé avec la mère de sa fille. J'avais un avis plutôt mitigé sur le la première fois que je l'ai vu, à la soirée de « fiançailles » de Laura et Scott, certainement dû au fait qu'il avait passé son temps à lorgner et draguer ma femme, mais maintenant que je le connais un peu mieux, je lui tire mon chapeau. Apprendre qu'il élève seul un enfant, une petite fille qui plus est, une enfant que son ex lui a fait dans le dos de surcroît, ça m'a cloué. Il jongle entre sa carrière et sa fille, sans nounou et uniquement avec le soutien de ses parents et de sa sœur quand il ne peut pas faire autrement. Il ne veut pas que Rose se sente délaissée par son seul parent. Du coup, même le fait qu'il se soit montré insistant et lourd avec Livia ne m'atteint plus, encore moins depuis que je sais pourquoi il agissait aussi ouvertement.

Et maintenant qu'il a une copine ...

Après m'être rincé rapidement sous la douche, je contourne le lit et me glisse sous le drap. Je tire Livia vers moi qui grogne qu'elle ne s'est pas douchée, alors qu'elle a pris un bain et une douche il y a ... une heure et demi d'après l'heure qu'indique son réveil. Comme si ça allait m'empêcher de la toucher et de dormir contre elle !

- Je m'en fous, viens par-là bébé.

Elle se laisse finalement faire. J'inspire l'odeur de son cou, vanille, comme tous les soirs.

- Miller t'es pas croyable. Il faut que tu fasses quelque chose pour tes hormones, soupire-t-elle déjà à demi-endormie.

- Mes hormones vont très bien Liv, tu m'attires beaucoup trop Trésor, c'est tout. J'aime l'odeur de ta peau, la texture de ta peau. J'aime ton corps, sa forme, son goût. J'aime caresser tes cheveux, je continue en joignant le geste à la parole, tes seins ronds, embrasser chaque parcelle de ton corps, de la tête aux pieds. J'aime glisser ma langue juste sous le lobe de ton oreille et voir ta peau se couvrir de frissons et de chair de poule. J'aime sentir la chaleur de ta peau quand tu dors contre moi. J'aime voir tes yeux se voiler de désir quand tu as envie de moi et s'illuminer quand tu jouis. J'aime le goût de ta bouche aussi. Non, je l'adore en fait.

- Hayden ... j'ai compris l'idée. Tu n'es pas insensible à mon corps.

Pas insensible à son corps ? C'est pas un scoop ça !

Mon membre dressé est tellement tendu que c'en devient douloureux.

- Mais j'aime aussi ce qui se trouve là-dedans, je lui dis en tapotant doucement son crâne, même si j'aimerais que tu m'en dévoiles un peu plus. Et ... j'aimerais que tu me montres ce que tu caches là, j'ajoute en posant main droite sous la poitrine, sur son cœur.

- Hero ...

Un crépitement étrange fait éclater notre bulle. Je regarde autour de nous mais je ne vois pas d'où cela peut venir. On dirait le grésillement d'un haut-parleur, mais il n'y en a pas dans cette chambre.

- Détends-toi Miller, c'est le baby phone... glousse mon petit trésor en se redressant pour attraper l'objet du crime retourné sur sa table de nuit.

Pour faire débander, RA.DI.CAL. Je comprends pourquoi Jamie voulait profiter de chaque instant quand lui et Zoey étaient seuls sans leur fille. Surtout la nuit, bien entendu. Mais pas que ... Ils nous ont souvent fait faux bond dans la journée, un quart d'heure par-ci, vingt minutes par là ... et après il rit quand j'ai besoin qu'il nous couvre avec Livia !

- Tu as pris le baby phone Liv ? je m'étonne.

- Bin oui ! C'est bien à ça que ça sert ces trucs-là non ? A surveiller les enfants ? Et puis si je l'ai pris c'est parce qu'il était dans la chambre d'Emmy. Tu as bien dû l'acheter à un moment donné et tu vois, il sert ! Ma chambre est en bas et elles sont super loin, il fallait bien garder un œil sur elles, si elles ont un problème ou ... Oh les petites chipies ! s'exclame ma femme. Elles sont réveillées, je crois qu'elles jouent mais je ne vois pas bien d'ici, la chambre est trop grande et la caméra ne couvre pas tout, dit-elle en regardant l'écran, mais elles ont rallumé la lumière ! Regarde !

Livia rit doucement. Elle n'est pas en colère, elle paraît plutôt attendrie. En effet, la lumière est allumée. Livia sort du drap pour se lever mais je la coupe dans son élan en la retenant par le poignet.

- J'y vais bébé, reste là.

- Non, tu travailles demain, enfin tout à l'heure, couche toi.

- Liv j'y vais. Ça ne me dérange pas.

Elle me regarde tandis que je récupère un t-shirt noir et un short dans une commode au fond du dressing. Je m'empare du visiophone qu'elle tient toujours entre ses doigts fins et l'embrasse avant d'aller rejoindre nos deux petites coquines qui jouent les oiseaux de nuit. Arrivé dans le couloir, j'avance lentement pour ne pas les surprendre et leur faire peur, mais aussi pour pouvoir entendre ce qu'il se passe, puisque j'ai coupé le son de l'engin. J'entends Rose parler et ouvre la porte lentement. Les filles sont dans le tipi au font de la pièce dont Emmy se sert de cabane pour jouer avec ses poupées. Emmy suce son pouce et tient contre elle la poupée de chiffon Ariel que lui a acheté Livia à St Tropez, pendant que Rose lui lit une histoire. Elles ont allumé les lampes de chevet mais aussi la guirlande lumineuse en forme d'étoiles que j'avais installé dans le tipi.

Je m'approche et les filles finissent par remarquer ma présence.

- Qu'est-ce qu'il se passe ici ?

- Emmy s'est réveillée et elle voulait une histoire, alors je lui lis une histoire, comme ça elle va vite se rendormir, m'explique Rose avec des petits yeux ensommeillés.

- Emmy ma chérie, tu ne dois pas embêter ta copine quand elle dort, d'accord ?

- Il ne me reste que deux pages, je peux finir Hayden s'il te plaît ?

- Oui Rose tu peux finir.

Je m'assois au sol devant « la cabane » et écoute Rose terminer l'histoire de Rebelle.

Décidément ... Si je voulais des signes, je suis servi. Une fois la lecture terminée, je porte ma filleule dans mes bras et accompagne Rose jusqu'à son lit, puis la borde de ma main libre.

- Je peux avoir un bisou s'il te plaît ? Papa me fait toujours un bisou quand je me couche le soir, même la nuit quand je me réveille et qu'il vient me voir.

Je m'accroupis de nouveau et lui embrasse le front doucement, puis éteins sa lampe de chevet. Je recouche ensuite mon petit paquet dans son lit et recommence le même rituel que pour Rose, qui dort déjà.

- Tu ne te lèves plus Emmy, je lui signe, dodo maintenant.

- C'est ton amoureuse ma tata Livia ?

Je la regarde, les yeux ronds. Cette enfant m'étonnera toujours. Elle sait où appuyer pour avoir toute mon attention.

Comme Livia...

- Pourquoi tu me demandes ça ?

- Parce que je crois que c'est ton amoureuse.

- Non ma chérie.

- Parce que tu lui as pas encore demandé d'être ton amoureuse tonton H ! Il faut que tu lui demandes comme quand papa il a demandé à ma maman quand j'étais pas encore dans le ventre à maman. Demande à mon papa, il va t'expliquer comment il faut faire, il sait bien demander à maman lui ! Et ils sont encore amoureux tu sais ! Il se font des bisous aussi.

Oui ça ne je n'en doute pas ... Mais je ne vais pas avoir cette conversation avec Jamie. Non tout bien réfléchi, on l'a déjà eue cette discussion, sur le yacht, avec Scott et Jordan. Je me suis fait recadrer dans les règles.

- Il faut que tu lui demandes à Livia, comme ça elle sera plus triste.

Minute.

- Elle est triste ?

- Oui, je l'ai vu moi. Alors il faut qu'elle soit ton amoureuse, comme ça elle sera plus triste et toi non plus.

- Je ne suis pas triste ma chérie.

- Si parce que Livia est pas ton amoureuse ! Tu comprends rien tonton H, il faut que tu demandes à mon papa je te dis ! Moi j'ai que cinq ans et demi.

Et elle comprend déjà tellement de choses ... C'est effrayant.

Et tu comprends si peu à trente et un ...

-Dors mon ange, bonne nuit. Je t'aime.

- Moi aussi tonton H, je t'aime jusqu'aux étoiles.

- Jusqu'aux étoiles ma petite tornade.

J'éteins sa lampe et traverse rapidement la chambre. Je suis surpris de trouver Livia, l'épaule et la tête en appuis sur le chambranle de la porte, et rassuré de voir que d'où elle se trouve elle ne pouvait pas voir ce qu'Emmy et moi nous disions car j'étais de dos et lui cachais la vue de la petite.

Les LED à détecteur de mouvement intégrées au plafond et aux plinthes nous éclairent juste Livia et moi, et je vois quelques larmes couler sur son beau visage.

- Trésor ...

- Ils faisaient ça aussi quand j'étais petite, tu sais ?

Nul besoin de réfléchir, j'ai compris. Livia fixe la porte que je viens de refermer et ne me regarde pas.

- Ils te bordaient avec tes draps et ta petite couverture bleue c'est ça ?

- Oui... répond-elle dans un murmure à peine audible.

Je colle mon front au sien, un long moment, comme si je pouvais par ce geste capter ses pensées. Puis dans une lenteur calculée, je remonte son visage vers le mien et l'embrasse, infiltrant ma langue entre ses lèvres pour les laisser se goûter délicatement, s'enrouler l'une à l'autre dans un rythme délicat et sensuel.

- Bébé est-ce qu'aujourd'hui tu as eu envie de te cacher sous ta couverture ?

Livia baisse les yeux au sol et hoche la tête. Quand je repense à sa réaction ce matin, revois son téléphone explosé en plusieurs morceaux au sol, je me dis que déjà, son début de journée été compliqué pour elle.

- Est-ce que tu as toujours envie d'aller ta cacher ce soir ? Liv regarde-moi ...

Elle ancre son regard à la couleur si particulière dans le mien. Son regard mystérieux, comme elle, gorgé de petites taches d'or que je pourrais dessiner les yeux fermés. Quelques larmes s'échappent encore de ses beaux yeux. Mes lèvres se posent sur sa joue droite et embrassent chaque centimètre pour aspirer et faire disparaître les traces de sa douleur à défaut de pouvoir en éradiquer la cause, puis je fais la même chose de l'autre. Livia me laisse faire, passant simplement ses mains sous le tissu de mon t-shirt pour toucher ma peau, jusqu'à remonter sur mes pectoraux sur lesquels elle dessine des arabesques avec la pulpe de ses doigts. Mes mains passent sous ses fesses et je la soulève. Elle enroule ses jambes autour de mes hanches et j'entame la marche dans le couloir pour retourner à notre chambre.

- Très bien Madame Miller, alors maintenant, allons-nous cacher sous une couverture.

On avance, centimètre par centimètre, mais on avance.

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Plagiat interdit selon Article L335-2, Modifié par LOI n°2016-731 du 3 juin 2016 - art. 44.
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Line P_auteur
[Histoire Terminée ]

Diplômée en Marketing, un emploi stable dans lequel elle prenait peu à peu ses marques, un toit sur la tête et même un futur mari, Elly pensait assez bien contrôler sa petite vie paisible. Sa seule bête noire, c'était sa famille. Ou du moins les quelques membres qui la composaient : des parents absents pourtant envahissants à distance qui voulaient depuis sa naissance régenter son existence, jusqu'à choisir sa voie professionnelle. Et elle ne savait pas encore à quel point ... jusqu'à un soir de février où Elly a tout compris, puis tout envoyé balader.

Sa vie, elle veut maintenant la recommencer loin, en laissant décider le hasard, pour une fois. Et elle va détester le résultat tout autant que son corps va l'adorer.

Il est autoritaire, arrogant, froid comme la glace mais pourtant chaud comme la braise. Une gueule d'ange sur une carrure d'Apollon, mais une attitude de démon. Il la fera enrager et est prêt à tout pour la faire fuir. Mais qui pliera en premier ?

Elle va devoir relever le défi : au fond, peut-il réellement y avoir un perdant ?
Quand l'expérience fausse le présent, comment voir la vérité qui brille de l'éclat de l'évidence ?

Contient des scènes à caractère sexuel.
Public averti
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