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Livia

- Livia tu ne nous feras pas faux bon n'est-ce pas ?

Vive la confiance ...

Oui c'est vrai !

- Moms ! je lui réponds en levant les yeux au ciel alors qu'elle ne peut pas me voir, pour la douzième fois, je serai là ! je te signale que je suis là tous les ans, de gré ou de force d'ailleurs, alors DÉTEND-TOI !

À l'autre bout de la ligne, Ava rigole doucement. Elle sait que j'ai raison, j'ai été là tous les 4 juillet, sauf les deux années ou Doug et elles ont préféré venir passer la journée du quatorze juillet en France. Ils m'avaient donc gracieusement épargné le voyage jusqu'à Los Angeles.

- Et tu seras à l'heure Livy ?

- Moms, je vais raccrocher ok ? Les wedding-planners m'ont filé la migraine, j'ai la tête remplie de photos de déco et j'envie Paps d'avoir pu échapper à ça ... je me plains. Je vais donc aller me cacher jusqu'à la fin de mes jours pour enfin avoir la paix dans cette ville !

- Oh ma chérie ! Ne sois pas si rabat-joie, ta sœur sera ravie elle d'assister à tous ces rendez-vous quand ce sera ton tour de te marier ! Et moi ce me fait un bon entrainement quand ce sera votre tour à Kate et toi ...

HEU .... WHAT THE FUCK?

- Livia ? Livia ? Tu es toujours là ?

« Votre correspondant est injoignable, merci de réitérer votre appel ». C'est tout ce que j'ai envie de lui dire. Merde merde merde !

- Moms ...

- Oui mon bébé ?

- Non rien, laisse tomber. Bisous Moms, je dois te laisser !

Mieux vaut écouter, ça allait partir dans tous les sens avec Ava.

Au moment où je raccroche, l'icône mail s'affiche sur l'écran mon mobile.

Un mail d'Alicia B.

De : AB

A :Moi

Bonjour Mlle Gardini,

Livia,

Je reviens vers toi pour faire un point sur la situation, que j'ai déjà abordée par téléphone avec Mila hier soir.

Madame Aubert a répondu favorablement à notre demande la semaine dernière, il a fallu relancer la machine plusieurs fois car elle était en arrêt maladie et sa remplaçante ne voulait rien entendre. Bref, j'ai fait le nécessaire. Nous pourrons clôturer cette affaire en date du 8 juillet si cela te convient.

Pour l'autre affaire qui nous occupe et dont Mila n'est pas informée, tout est prêt de mon côté. Je me suis assurée de la discrétion de mes interlocuteurs qui comprennent l'enjeu et la nécessité de garder sous silence la chose pour le moment et je n'ai pas cité ton nom. Il ne manque plus que quelques signatures. Pour ce dont tu devais t'occuper toi-même, j'attends les documents nécessaires et la somme impliquée.

Enfin, j'ai transféré les fonds demandés à qui de droit. Tu es quitte auprès de tout le monde.

Comme demandé, je ne t'enverrai aucun document par mail. Tout te sera remis en mains propres.

Merci de m'indiquer par retour de mail si la date proposée te convient.

Dans l'attente de te lire,

Passe une bonne journée.

A.B

Bon, une bonne nouvelle ! Je lui réponds.

De : MOI

A : AB

Bonjour Alicia,

Merci pour toutes ces informations. Mais tu es bien matinale ... Je te confirme que je suis d'accord avec la date proposée dans ton dernier mail.

Merci pour tout.

A bientôt

Livia Gardini

Soulagée d'un poids, je désactive le Bluetooth de mon portable, coupe le contact de ma voiture et m'empresse de rentrer dans la maison, au frais. Il y avait encore des paparazzi pas du tout discrets dans la rue mais Hayden a tenu à ce que j'utilise son SUV qui a les vitres teintées. De plus, il ne veut pas que la plaque d'immatriculation de ma voiture soit prise en photo. C'était la condition pour ne pas avoir Sam sur le dos aujourd'hui !

Oui, il m'a fait du chantage avant de partir travailler ... et il était hors de question que qui que ce soit me serve de baby-sitter ! Je ne suis pas ma meilleure amie moi !

D'ailleurs quand on parle du loup ...

- Allo ?

- Livy Baby ! Ça va ?

- Très bien et toi Princesse ?

- Oui oui super, je cours je cours ! Mais c'est génial hein ? Bon, écoute, j'ai plein d'idées pour mon enterrement de vie de jeune fille alors je voulais t'en parler, couine-t-elle dans mes oreilles pas remises des piaillements de ses wedding-planners. En premier ...

- Heu ... oui ... alors il faudrait que tu en discutes ta sœur, c'est elle qui se charge de ton EJVF !

Je mens, mais à moitié seulement.

Que Sainte Kate soit canonisée et vénérée pour des siècles et des siècles ...

AMEN ma sœur !

Gros blanc. Oups !

- Liviaaaaa !!!! se met-elle à crier.

- Pardon Princesse, excuse-moi ... Il faudrait que tu en discutes directement avec Kate, je me reprends. Elle gère cette partie-là. Mais ne t'inquiète pas je m'empresse de lui dire, tu vas ADORER ! J'ai quand même tout validé Laura !

- Je vous aime tellement, commence-t-elle à pleurer au téléphone avant d'éclater en sanglots.

OK ... stress de la future mariée ... Je suis en train de me servir un verre d'eau quand on sonne à la porte. Je me dirige vers le hall en tentant de consoler ma meilleure amie, celle qui est malgré tout le soleil de ma vie, même si je veux qu'elle se consacre plus à elle et son mariage qu'à moi maintenant. Laura compte plus que tout pour moi, je veux qu'elle soit heureuse, qu'elle ait tout ce qu'elle veut même si c'est se marier sur la lune devant Pikachu. Tout ce qu'elle veut j'ai dit !

- Écoute Princesse, c'est normal de craquer ok ? je tente de la consoler en ouvrant la porte.

J'ai un temps d'arrêt en constatant qu'il s'agit du manager d'Hayden et Scott, et une boule d'angoisse me noue l'estomac. Je reprends le fil avec ma meilleure amie en faisant signe à Mr Herrera d'entrer. Après tout il n'a jamais eu besoin de l'autorisation de qui que ce soit pour foutre les pieds dans la villa. Jane, que je n'avais pas vu, arrive devant nous et repart aussi sec en apercevant qui se tient dans le hall.

Je peux faire pareil ?

- Laura, tout va bien se passer. Tes wedding-planners sont certes trop ... « trop » pour moi, je ris, et ils me filent clairement une migraine du tonnerre, mais ils ne manquent pas d'idées, ils sont ingénieux pour toi. Tout avance bien. On a le lieu, les musiciens, le menu, les cartons d'invitations ont été envoyés il y a dix jours avant que je ne parte en vacances. Tu as choisi toi-même les fleurs, et nous avons tous validé les centres de tables ce midi, tu vas adorer. Pour la déco de la salle, c'est en bonne voie. Laura, il faut que tu profites, ok ?

- Oui Livy je sais mais ça va tellement vite ...

Pardon ?

- Vite ? Laura tu plaisantes j'espère ? Tu es déjà mariée avec Scott ! Il t'aime comme un dingue, vous êtes fait l'un pour l'autre ! je lui rappelle avec enthousiasme. Toi qui as toujours rêvé de rencontrer le prince charmant et de vivre un conte de fée, tu es en plein dedans là, Princesse ! A bat la morosité Madame Hartley ! Tu vas arrêter de t'inquiéter, c'est un ordre ! Les parents de Scott sont géniaux Laura, tu as beaucoup de chance je lui glisse plus calmement. Ils s'entendent très bien avec Les Parents. Jamie, Hayden et Jordan aussi se sont beaucoup investis pour Scott et toi. Même les parents Miller ont voulu mettre la main à la patte ! Vous êtes super entourés Laura. Nous n'avons plus besoin de toi maintenant, alors tu vas essayer de ne penser à rien d'autre qu'à toi, à Scott et toi. Je ne sais pas moi, il n'a pas un week-end de libre avant le mariage ? Il ne tourne pas tous les jours il me semble, alors partez loin de tout ça et ne pensez plus qu'à vous ok ?

- Je t'aime tellement Livia ... sanglote-t-elle encore, mais en passant au français. Tu sais que je t'aime hein ?

- Oui je le sais Laura. On déjeune toujours ensemble demain midi ? je lui demande alors que le manager est toujours dans le hall et me regarde avec curiosité.

- Oui, je dois te laisser Chérie, à plus tard.

- A plus tard !

Je raccroche et place mon téléphone dans la grande poche avant de ma longue robe portefeuille blanche. Il est toujours là, droit comme un i, les mains dans les poches de son costumes trois pièces Armani bleu foncé avec le petit mouchoir rouge qui sort de la poche de son veston. Il ne semble pas en colère, enfin avec lui, je me méfie quand même. Laura m'a dit qu'entre Scott, Hayden et leur manager, c'était tendu. De ce qu'elle sait, il y aurait eu une dispute quand ils étaient à la Nouvelle-Orléan avant de rentrer quand je me suis retrouvée à l'hôpital. Moi je sais pourquoi Hayden lui en veux, mais je ne connais pas les raisons de Scotty. En même temps, avec le caractère de merde que ce type semble avoir, pas étonnant qu'il se prennent la tête avec autant de monde ! S'il a eu les mêmes mots envers ma meilleure amie qu'envers moi, Scott ... ah bah non, pas Scott, moi je le tue, clairement !

Mais je ne serai pas celle qui ouvrira les hostilités. Je sais me tenir - oui oui avec de gros efforts - et je n'ai pas envie de me disputer avec lui. Après tout, il est l'agent d'Hayden, et je ne suis pas là pour compliquer les choses et la vie d'Hayden Miller.

- Bonjour M. Herrera, Hayden n'est pas encore rentré. Je vous laisse faire ce que vous avez à faire. Passez une bonne fin de journée.

Trop polie Livia ...

Je tourne les talons et me dirige vers le couloir qui mène à ma chambre mais suis interrompue par sa voix qui perce le silence.

- Bonjour Livia, je sais qu'Hayden n'est pas ici.

- OK, je lui dis en lui faisant face. Vous n'aviez pas besoin de sonner il me semble. Même Jane a été surprise vous avez vu ? Excusez-moi mais j'ai encore des appels à passer ...

- C'est vous que je suis venue voir, Livia.

Oh non, ça recommence ?

- S'il vous plait M. Herrera, ne dites rien, je lui demande dépitée. Je sais ce que vous pensez de moi, et ... je crois que j'ai eu ma dose d'accord ? Alors soyez gentil pour une fois et oubliez-moi.

- Livia, s'il vous plaît, écoutez au moins ce que j'ai à vous dire. Peut-on aller s'assoir au salon ?

Son ton est beaucoup plus doux et calme que toutes les autres fois où il s'est adressé à moi. De son bras gauche, il m'invite à passer dans la grande pièce avec lui. Jane ne doit pas être loin, alors j'acquiesce et vais m'assoir sur l'un des canapés.

Il m'abandonne un instant pour aller se servir un verre au bar.

- Voulez-vous boire quelque chose ? me propose-t-il, enjoué.

- Non, rien pour moi merci.

Il revient un verre en cristal à la main, à demi-rempli d'un liquide ambré, et s'installe en face de moi.

- Je vous écoute.

J'essaie de paraître sûre de moi mais je suis loin de l'être. J'ai les mains moites. « Comme pendant un rendez-vous clients Livia ! » je me répète.

Oui !!!

Je me redresse, décroise mes jambes, croise mes doigts et je pose mes mains sur mes genoux serrés.

- Je vous dois des excuses.

Hein ?

Par réflexe, je regarde dehors, derrière moi et même les caméras. Il va neiger ? C'est une caméra cachée ?

Livia ...

- Pardon ?

C'est tout ce qui sort de ma bouche. Je dois avoir l'air d'un poisson ahuri dans un bocal.

- Vous avez bien entendu. Je vous dois des excuses. Et encore, le mot est faible.

- OK OK stop s'il vous plait ! Il vous a menacé, c'est ça ?

- Quoi ? s'étonne-t-il. Hayden ? Non ! enfin je veux dire ...q

Forcément. C'est ça.

- Écoutez M. Herrera, détendez-vous, vous me prenez pour une arriviste avide d'argent et de notoriété, et vous voyez, je suis toujours vivante. Alors nous allons cesser tout de suite cet entretien très étrange qui pour être honnête avec vous me met très mal à l'aise, je débite d'une traite. Je ne sais pas ce que vous a dit Hayden pour que vous vous décidiez à venir, mais je lui parlerai. Non pas que vous méritiez que je vous défende, mais je ne veux pas qu'il bloque sur ce qu'il s'est passé entre nous durant des mois, ce n'est pas constructif pour sa carrière et votre relation donc ...

- Voilà pourquoi je vais rester ici pour m'excuser Livia, me coupe-t-il. Je me suis trompé sur vous, lourdement. Je me suis laissé aveugler par des raisons que vous ne comprendriez pas. Vous avez raison, continue-t-il en me regardant dans les yeux, Hayden m'a demandé de trouver un moyen de m'excuser auprès de vous, il y a plusieurs semaines déjà. Et jusqu'à la, je ne savais pas comment m'y prendre alors qu'en réalité, c'est si simple, raille-t-il en secouant sa tête... J'avais juste à venir ici vous parler pour vous présenter mes plus plates excuses. Mais j'ai compris que vous êtes une jeune femme intelligente et que vous me verriez arriver de loin avec mes gros sabots, pensant que j'avais quelque chose à y gagner. Alors j'ai réfléchi à comment j'allais essayer me faire pardonner, et j'ai compris.

-Qu'avez-vous compris ?

- J'ai compris que je ne devais pas m'excuser parce qu'Hayden le veut. Évidemment il m'a menacé de me refaire le portrait et il avait raison. Bien sûr qu'il avait raison.

Je le regarde déconcertée. Il est sérieux ? Ou il joue la comédie lui aussi ?

- Je sais ce que vous vous dites. Alors je vais jouer carte sur table. Je suis venu pour m'excuser Livia, mais ne croyez pas que je m'attends à repartir d'ici pardonné, ce n'est pas le cas. Je m'attends à ce que vous m'en fassiez baver et vous aurez raison, je ne mérite rien d'autre.

Il est sous ecstasy ? GHB ? Ce n'est pas possible autrement.

- Pourquoi ?

- Parce que j'ai été un sale con avec vous, me dit-il abruptement. Parce que je ne vous connaissais pas et je vous ai jugée en une seconde sans même vous laisser le bénéfice du doute. Je connais ma réputation, je suis un requin, un dragon. Mais j'ai dépassé les bornes. Professionnellement, je n'avais pas à vous traiter ainsi, même si c'était pour protéger Scott et Hayden. Personnellement, encore moins puisque je ne vous connaissais pas. Je n'avais pas à m'immiscer dans votre chambre sans y être invité, je n'avais pas à vous prendre à partie le soir où vous avez été agressée et où vous avez pris des coups pour que votre sœur ne soit pas blessée. Je n'avais pas à vous insulter de tous les noms après vous avoir trouvée enlacée dans les bras d'Hayden. J'ai été trop loin, beaucoup trop loin, et j'aurais mérité, en plus de votre gifle qui m'a lancé plusieurs heures au passage, que vous me mettiez un coup bien plus bas ou qu'Hayden m'envoie pour de bon chez le dentiste. Alors pour tout ceci, je suis désolé et je vous prie de m'excuser.

- M. Herrera je ...

- Joey, s'il vous plaît. Laissez-moi finir Livia. Si j'étais vous, quoi que je vous dise, je ne me pardonnerai pas. Vous ne méritiez pas d'être traitée ainsi. Je vous ai dit que je serai honnête avec vous, continue-t-il. Sachez qu'Hayden m'a bien menacé de rompre notre partenariat professionnel. Il ne l'a toujours pas fait, mais ce n'est pas pour cela que je suis devant vous aujourd'hui. J'avais besoin de vider mon sac.

J'ai une tête de psy ou bien ?

- Depuis plusieurs années, j'ai un comportement très protecteur envers Scott et Hayden, par rapport à leurs vies sexuelles pour parler un peu crûment. Mais pour ma défense, si je peux être défendu, ils n'ont pas idées de l'ampleur des merdes que j'ai eu à gérer pour enterrer certaines de leurs conneries. Ils savent que j'ai eu du fil à retordre, c'est mon boulot après tout, consent-il, mais ils ne savent pas ce que j'ai dû faire pour étouffer certaines choses. Alors j'ai été trop loin pour les empêcher de s'envoyer en l'air avec n'importe qui et j'ai déraillé. Et avec vous, j'ai atteint un plafond. J'en suis conscient.

- D'accord ...

- Quand j'ai appris que la belle-sœur de Scott vivait chez Hayden, ici, je me suis inquiété, quelque chose clochait. Et je n'avais pas tout à fait tort, vous en conviendrez.

- Je ne sais pas si l'on peut dire que quelque chose clochait, mais qu'il se passait quelque chose de peu habituel, je peux le reconnaitre.

- La première fois que je vous ai aperçue, c'est justement le soir où vous êtes sorties vous, votre sœur et Jessica. Vous ne m'avez pas remarqué à ce moment-là, vous étiez entouré de plusieurs amis d'Hayden, dans la cuisine.

- Je m'en souviens, Kenneth Wommer tentait une technique de drague minable sur moi, je grogne. Même un mannequin de cire n'aurait pas été consentante !

- Ça ne m'étonne pas, mais il n'est pas méchant vous savez, il a un peu le melon avec les femmes. Bref, j'ai vu comment Hayden vous regardait ce soir-là, et je peux vous assurer que son regard n'avait rien de celui que j'ai quand je regarde mes belles sœurs. Alors j'ai voulu vous éloigner et j'ai sciemment choisi de me dire que vous étiez la fautive, que vous l'aviez embobiné et qu'il était tombé dans le panneau, ainsi que Scott de croire que vous ne viviez ici que pour être tranquille. J'ai vraiment cru qu'il ne savait pas pour Hayden et vous ... Quel con ! se flagelle-t-il. Maintenant que j'y pense, c'était vraiment ridicule, à la manière dont Hayden vous regarde, c'est plutôt évident ! Je ne savais pas encore que vous étiez sa femme, mais je n'avais pas à vous traiter ainsi de toute façon. Ce que je vous ai dit ce soir-là, quand vous êtes rentrée de la pharmacie, je n'aurais pas dû. Livia, oubliez tout ce que je vous ai dit, me demande t'il.

- Cela va être un peu compliqué à vrai dire M. Herrera je lui avoue d'un ton assuré ... Vous me l'avez dit vous-même, vous le connaissez depuis très longtemps, vous savez comment il est et qui il est et moi je ne suis personne, je viens de débarquer de ma campagne ...

- Mon Dieu Livia ! Oui je vous ai dit ça aussi, oubliez s'il vous plait.

- Non désolée, je ne vais pas oublier, parce que de tout ce que vous m'avez dit, c'étaient sûrement les paroles les plus sincères et vraies qui sont sorties de votre bouche. Donc non, je ne compte pas oublier, je lui répète, mais je me considère comme avertie. Je sais à quoi m'attendre avec lui, et ne vous inquiétez pas je n'ai pas répété notre aparté à Hayden.

- Vous ne lui avez rien dit ? s'étonne-t-il en se redressant sur le canapé. Mais pourquoi ?

- Parce que comme je vous l'ai déjà dit, s'il y a une chose dont je n'ai jamais douté venant de vous, c'est que vous êtes proche d'Hayden et que vous le connaissez bien, très bien même, professionnellement et personnellement. Pour ma part, je sais qui je suis M.Herrera. Je suis loin d'être parfaite et vous avez raison sur autre chose, je débarque de ma petite France, je ne suis personne à côté de Scott Hartley, Hayden Miller, ou toutes les célébrités que vous représentez ou côtoyez de par votre statut chaque jour à Hollywood, voire ailleurs. Pour autant, je sais qui je suis et qui je ne suis pas, et je ne suis pas une arriviste à la recherche d'une fortune pour m'entretenir jusqu'à la fin de mes jours. Je ne ressens ni le besoin d'être appréciée ni celui d'être défendue.

Il ouvre la bouche pour intervenir mais d'un geste, je le somme de me laisser finir.

- Je ne suis pas une arriviste qui a sauté sur le premier type riche qui a bien voulu d'elle. Je ne vais pas vous dire que l'argent ne m'intéresse pas, c'est faux. J'adore le shopping vous voyez, comme toutes les femmes je présume, mais je fais avec mes propres moyens. Je m'en suis plutôt pas mal tirée toute seule depuis ma majorité. J'ai fait des études, j'ai un travail, un toit sur la tête en France, chaque mois j'ai un salaire sur mon compte. Si je veux plus, je travaille plus. Je n'ai jamais, ô grand jamais cherché un homme pour assurer financièrement mes arrières. Mais la vie est ainsi faite et a parfois des projets différents de ceux que l'on avait imaginés.

Je prends le temps de respirer, il hoche la tête, ses yeux plongés dans les miens.

- Je ne cherche pas à vous convaincre de quoi que ce soit M. Herrera, je ne ressens pas le besoin de justifier qui je suis parce que je sais qui je suis, comme je vous l'ai dit. Mais j'espère que cela vous permettra de comprendre pourquoi je n'ai rien dit à Hayden : je me fous complètement de vos insultes et de celles des autres. Vous pouvez penser de moi ce qui vous chante, je sais qui je suis. D'autre part, s'il y a bien une chose dont je ne me mêlerai jamais, c'est la carrière d'Hayden. Vous êtes son agent depuis plus de dix ans je crois, alors que moi, je « débarque » comme vous le dites si bien. S'il en est là où il est aujourd'hui, je suis convaincue que c'est non seulement grâce à la force de son travail, de son talent et de son ambition mais aussi du votre. Alors je n'interviendrai pas dans vos relations. Si Hayden a un grief personnel ou professionnel avec vous aujourd'hui à cause de moi si je puis dire, c'est parce qu'il vous a entendu m'insulter. Mais ne comptez pas sur moi pour le convaincre de vous garder ou non comme agent. Si vous devez convaincre quelqu'un, c'est lui, pas moi.

Il me regarde et j'ai comme l'impression qu'un rictus essaie sensiblement de se transformer en sourire pour fendre son visage. Mais oui, c'est ça, il sourit !

- Vous voyez Livia, me lance-t-il gaiement en se tapant dans les mains, j'ai bien fait de venir. Je savais qu'il était nécessaire que nous ayons une vraie conversation tous les deux. Je ne vous demanderai pas d'intervenir en ma faveur auprès d'Hayden.

Ah bon ? Bah tant mieux ! Je hoche la tête à mon tour, attendant la suite.

- Je suis venu pour m'excuser de tout de ce que je vous ai dit avant aujourd'hui. Pas parce que je ne veux pas qu'Hayden rompe notre partenariat professionnel, mais parce j'ai eu tort de vous traiter ainsi. En tant qu'ami, je devrais même lui conseiller de me virer pour ce que vous ai dit et fait. D'ailleurs même Scott est furieux contre moi.

- Scott est au courant pour notre altercation ? je lui demande ahurie.

- Scott est au courant pour ça oui, mais aussi pour mon intrusion dans votre chambre et la posture dans laquelle je vous ai trouvés Hayden et vous.

OH PUTAIN DE PUTAIN DE BORDEL DE MERDE ! Pourquoi Hayden ne m'a rien dit ?? Je dois avoir l'air horrifiée car il s'empresse d'ajouter :

- Je suis navré parce que quand j'en ai parlé en quittant la Nouvelle-Orléans, dans la voiture qui nous amenait à l'aéroport, j'étais déjà très en colère. Je venais de découvrir l'attitude de Julianne vis-à-vis d'Hayden, et de Scott et j'ai dû la virer sur le champ.

Oui ça, je sais. Hayden et Scott m'ont raconté cet épisode, et même Jessica a voulu jouer les commères.

- Vous avez dit devant Scott… que… vous… nous avez ... balbutié-je n'arrivant pas à finir ma phrase.

OH. MON. DIEU !

- Scott, Nick et Jordan, précise-t-il penaud en baissant les yeux.

OH MON DIEU !
OH MON DIEU !
OH MON DIEU !
OH NON !

- Livia, à ce moment-là je pensais vraiment que vous cachiez vos réelles motivations à tout le monde et qu'Hayden et vous aviez une relation cachée. Scott allait rejoindre votre sœur à Los Angeles car vous étiez à l'hôpital. Hayden voulait le suivre. Pour moi, rejoindre sa maitresse n'était pas une obligation familiale et j'ai pensé qu'en menaçant Hayden sous cape de révéler sa liaison à Scott, il renoncerait et tiendrait ses engagements professionnels. J'étais loin de me douter que non seulement ils savaient tous pour votre relation, mais qu'en plus vous étiez mari et femme !

C'est pour ça qu'il lui a dit pour le mariage ... je comprends mieux.

Quand j'étais encore à l'hôpital, Hayden m'a dit qu'il avait dû parler de notre statut marital à son manager mais sans lui expliquer comment nous en étions arrivés là et que nous comptions divorcer. Ne voulant pas parler de son agent et ne voulant pas m'immiscer dans ses affaires, je n'ai pas voulu en savoir plus. Après tout, il peut bien lui dire ce qu'il veut, je ne suis plus à cela près.

Enfin ça commence à faire beaucoup de monde au courant prenant en compte que maintenant même Erin sait qu'Hayden est marié avec moi. Trop bizarre de dire ça.

Moi qui pensais qu'Hayden n'avait pas su tenir sa langue sur notre relation de sex-friends, c'est en fait Joey qui a vendu la mèche pour nous faire chier ! Putain !

Mais pourquoi il ne m'a rient dit cet idiot ? Et pourquoi Nick ne m'a rien dit !!! Ce n'est pas faute qu'il ait déjà abordé notre " relation " et que moi, je nie quasiment tout depuis !

- C'est pour cette raison qu'Hayden vous a dit la vérité sur le mariage ... je lui souffle assommée par ce que je viens d'apprendre, et de comprendre.

- Eh bien oui, il ne vous l'a pas dit ?

Je ne peux pas lui laisser penser qu'Hayden et moi avons des problèmes, ça lui ferait sûrement trop plaisir !

- Écoutez M. Herrera, je ne vais pas y aller par quatre chemins, si je ne me mêle de vos relations avec Hayden, je refuse aussi qu'il me parle de vous. Et quand j'étais hospitalisée, vous étiez encore plus le cadet de mes soucis. Donc non, je n'étais pas au courant, je sais simplement qu'Hayden a dû vous avertir de notre situation maritale. Le reste et les circonstances ne comptent pas.

- Bien, alors je vais commencer par ce que j'aurais dû vous dire depuis le début : Félicitations.

Dans la bouche de cet homme, je ne sais pas trop si c'est bon signe, même s'il semble sincère. Mais félicitations de quoi ?

« Félicitations » d'avoir mis le grappin sur l'un des célibataires les plus en vue et riche du pays ?

Face à mon air interrogateur, il précise.

- Félicitations pour votre mariage avec Hayden ! Voyons Livia à quoi pensez-vous ?

- Désolée mais venant de vous, je m'attends à tout...

Je me lève car je ne tiens plus en place. « Félicitations » ? Non mais sérieusement ! La dernière chose que je veux c'est être félicitée pour avoir épousé un homme alors que j'étais bourrée ! Un type que je connaissais depuis 4 secondes à peine ! Putain MOI qui n'ai jamais eu de vraie relation ...

« Félicitations » d'avoir gâché l'idée du mariage que se faisait ses parents ? Et Doug et Ava ?

« Félicitations » pour ce fiasco oui ! du Grand art avec un grand G signé Livia Gardini !

Il ne sait pas Livia calme-toi !

- Je comprends, sans rancune.

Sans rancune ? Putain, il va neiger des billets verts ou alors des petites d'or ?

- Merci, je lui réponds simplement.

Après un silence de plusieurs secondes, je lui demande.

- Qu'attendez-vous de moi M. Herrera ?

Il se met à rire doucement.

- Rien Livia, me répond-t-il. Vous m'avez écouté. Et pour être honnête je ne m'attendais vraiment à ce que vous déniez me faire entrer ici et que vous m'accordiez du temps.

- Pourquoi ne vous aurais-je pas fait rentrer voyons ? Et puis, d'habitude vous n'avez pas besoin de qui que ce soit pour passer cette porte, je lui dis, frondeuse.

- Je me mets à la page ma chère. Je ne peux plus aller et venir à ma guise ici.

- Pourquoi ? Vous êtes puni ? Ou alors vous vous êtes rendu compte que vous n'êtes pas en coloc avec Hayden ?

Cette fois, il part dans un grand éclat de rire.

- Puni ? Oh Livia ! Elle est excellente celle-là !

Il rit toujours. Décidément, nous ne sommes pas sur la même longueur d'ondes, lui et moi. Voyant que je ne réagis pas à son allégresse, le manager finit par se calmer et m'étudie de la tête aux pieds avec circonspection.

- Je ne peux plus rentrer ici sans autorisation voyons, ce n'est plus seulement chez Hayden, c'est aussi chez vous ...

Ah bin il comprend vite quand il veut lui.

Oula. Minute Laurel ...

- Cette propriété appartient à Hero et à lui seul M. Herrera, je le coupe. Ne changez pas vos habitudes à cause de moi je vous prie, d'ailleurs, faites comme si je n'étais pas là à un détail près : interdiction de vous approcher de ma chambre. Pour le reste, faites ce que vous faisiez avant. Rien n'a changé.

Il semble surpris par ma repartie. Pourtant tout est vrai.

- Vous êtes sa femme Livia.

- Je suis marié avec lui, mais je ne suis ni un faire-valoir ni un objet, de la même manière qu'il n'est ni l'un ni l'autre pour moi. Et nous restons deux personnes différentes. Cette villa est la sienne, que nous soyons mariés et que j'y vive n'y change rien. Il l'avait avant, elle lui appartient pleinement et je ne suis pas là pour changer les règles en place ici. Je ne l'ai épousé ni pour ses biens, ni pour son argent, je me moque de tout cela. Même si je suis consciente d'avoir épousé l'acteur, je suis surtout marié à un homme. Et l'homme, c'est Hero. Et vous devriez aussi vous souvenir qu'avant d'être Hayden Miller, il était simplement Hero Miller, M. Herrera, il n'est pas juste une carrière à gérer, c'est un homme qui a une famille et aussi une vie personnelle à vivre même si sa carrière reste sa priorité en ce moment.

- Il a une autre priorité maintenant, vous. Et vous avez le droit à votre intimité dans cette maison.

- Soit, si c'est vous qui vous imposez cette conduite, parfait. Mais moi je ne vous demande rien. Si quelqu'un doit vous demander de frapper avant d'entrer et d'attendre que l'on vienne vous ouvrir, c'est Hayden. Moi, je m'en fiche, et je ne vis pas ici à temps plein de toute façon.

Je ne dois peut-être pas lui expliquer que c'est une fausse relation, mais je ne vais pas non plus mentir pour le plaisir !

- Comment ça ?

- Eh bien comme vous me l'avez répété à plusieurs reprises, je viens de France, et être mariée à Hayden ne change pas qui je suis. J'ai toujours un emploi là-bas, une maison, des amis. Ni Hayden ni moi n'avons pour projet de modifier notre mode de vie. Sa vie à lui est ici, son travail, ses amies, sa famille. Il va continuer ses déplacements professionnels à travers les États-Unis et le reste du monde comme il l'a toujours fait. Et moi, je ferai des allers et retours entre les deux continents quand nos emplois du temps coïncideront.

Joey me regarde comme si j'étais une extra-terrestre tête de licorne.

- Je sais que vous êtes marié Monsieur Herrera.

- Joey.

Heu ... non ?

- Je sais que vous êtes marié et vous ne comprenez peut-être pas notre relation, mais l'important c'est qu'elle nous convienne à Hayden et moi.

- Dans ce cas, je vous conseille d'avoir une discussion avec votre mari Madame Miller, car il semblerait que vous n'ayez pas le même ressenti sur votre mode de vie.

- Je vous demande pardon ?

- Hayden n'est pas le même quand vous n'est pas là. Il est plus tendu, moins avenant moins ouvert avec les gens qui l'entourent, « préoccupé » serait le mot adéquat, me dit-il. Quand il tourne, il est toujours aussi concentré, c'est un vrai pro, mais dès que les caméras sont éteintes, il se renferme. Je le vois, mais sachez que je ne suis pas le seul. Pour ma part, je sais pourquoi maintenant que je connais votre relation. En revanche, tous ceux qui ne sont pas dans la confidence et qui m'en ont parlé sont unanimes : quelque chose le mine certaines semaines, il est lunatique. Et même avant que le tournage ne démarre, ceux qui le côtoient avaient remarqué. J'ai fait le rapprochement entre vos absences depuis plusieurs semaines et son comportement. Vous lui manquez et il s'inquiète quand vous êtes n'êtes pas ici.

Il se trompe. Parce qu'il me voit comme la femme d'Hayden et ça fausse son jugement. Peut-être qu'il faudrait lui expliquer qu'en réalité nous ne sommes pas un couple et que tout ceci n'est qu'une mascarade.

Ouais. C'est pas gagné, je sais ...

- Il doit y avoir autre chose, mais je peux lui en parler.

- Non, et je lui en ai déjà touché deux mots. Vous lui manquez c'est un fait. Il est fou de vous Livia, évidemment puisque vous êtes sa femme, mais maintenant, ça crève littéralement les yeux. Je l'ai vu aussi quand il a pété les plombs hier à cause de cette histoire avec Erin. Il ne veut pas vous perdre, il est amoureux et c'est la première fois que je le vois ainsi pour une femme. Quand vous êtes en ville, il est plus serein, plus détendu.

And the Award goes to : Hayden Miller !

Capable de gruger même son ami et agent de longue date. Quel talent ! Ça fait presque peur ...

Y'a autre chose qui fait peur.

- Ok. J'en discuterai avec lui.

Ou pas ... Faut quand même pas abusé ! Je vais surtout proposer à Hayden de lui dire la vérité histoire qu'il arrête de s'imaginer n'importe quoi, le pauvre homme.

- Donc ... lance-t-il en attendant certainement un verdict de ma part.

- Donc, vous avez dit ce que vous aviez à dire. Certains mots ne pourront être effacés de ma mémoire, je ne vais pas vous mentir, mais cependant comme je vous l'ai dit ce que vous pensez de moi m'importe peu alors, je lui propose dans ma grande bonté, tournons la page, allons de l'avant pour le bien d'Hayden, de sa carrière et de vos relations personnelles.

Un nouveau sourire fend son visage. Vraiment, c'est bizarre.

- Nous enterrons donc la hache de guerre ?

- Je ne vous ai pas fait la guerre Monsieur Herrera, je le corrige sèchement, c'est vous qui avez ouvert les hostilités, vous qui avez lâché les missiles et vous qui proposez l'armistice aujourd'hui. Soyons simplement respectueux l'un envers l'autre et tolérants à partir de maintenant. Faites votre travail, je continue. Hayden a une merveilleuse carrière, du talent et des ambitions. Continuez à l'accompagner mais cessez de vous prendre pour son père ou un geôlier. Et si vous avez encore vous-même l'ambition de faire partie de son cercle d'amis, cessez de vouloir régenter sa vie privée. Il ne vous paie pas pour cela, et ce n'est pas je pense ce qu'il attend de la part de ses amis ou de ceux qu'ils considèrent comme ses frères, sa famille.

Appelez-moi Sainte Livia, j'ai fait ma Bonne action pour le siècle à venir ... Protéger les intérêts professionnels et personnels d'Hayden sans égorger ce type.

Le manager me tend la main en signe d'accord de paix. Je la lui serre.

- Vous n'êtes pas une gamine, j'ai eu tort, vous êtes une jeune femme réfléchie et vous n'êtes pas égoïste. Je vois bien que ce pas en avant, vous le faites pour lui et cela me va. Donc vous n'allez pas lui conseiller de se séparer de moi ?

Merde il est bouché lui ...

- Non, je lui répète dépitée et en soufflant, je n'ai pas à le faire, c'est un grand garçon. Vous formez sûrement un bon duo puisque vous travaillez avec lui depuis plus de dix ans et qu'il est un des acteurs les plus connus de sa génération. Vous travaillez aussi avec Scott, et quand je vois où ils en sont, ce qu'ils font, le succès qu'ils ont, c'est tout ce que je leur souhaite pour les années à venir. Si vous voulez toujours contribuer à leur réussite, alors votre place est à leur côté.

Sans le caractère de merde, ce serait top mais bon, on ne va pas trop en demander ...

- Merci Livia.

-Arrêtez, vous allez vraiment me faire peur, je lui lance narquoise.

L'homme éclate une nouvelle fois de rire. C'est comme de voir Chucky se taper une barre ... ça craint. Une fois calmé, il reprend et me lance le plus sérieusement du monde, le coup de grâce de cette entrevue hors norme.

- Ma femme Clara et moi organisons un brunch le 4 juillet, avec des activités, dans notre propriété en bord de mer. J'ai évidemment invité Hayden, Scott ainsi que votre sœur. J'aimerais beaucoup que vous soyez des nôtres.

Ne pas sourire.

Ne pas rire.
Ne pas pleurer de rire.
Ne pas hurler de rire.
Ne pas faire une syncope en riant.

OH MON DIEU je vais me réveiller ! Je suis en train de rêver, en fait.

J'essaie réellement de garder mon sérieux mais je suis tout de même obligée de pincer mes lèvres pour garder mon calme.

- Merci pour cette attention, mais je vais devoir décliner votre invitation.

Il semble surpris, alors je développe.

- Comme vous le savez, Hayden et moi tenons à garder notre relation et à forceri notre mariage secret le plus longtemps possible, ma place n'est pas donc pas chez vous ce jour-là.

- Mais votre sœur sera présente, contre-t-il.

- Est-ce l'autre sœur de Laura Hartley, Kate, sera là ?

Question purement rhétorique, je connais déjà la réponse. Il me la confirme d'une non de la tête.

- Alors vous voyez, je n'ai pas non plus à y être je lui affirme. Et de plus, sachez que je n'aime pas les mondanités et les réunions familiales. J'essaie déjà toujours d'échapper aux miennes, alors ce n'est pas pour aller m'enliser dans les fêtes non obligatoires des uns et des autres. Eh oui, je suis un peu sauvage, et quelque peu timide au cas où vous vous poseriez la question. J'aime mon train-train à l'abris des regards.

- Étrange pour une jeune femme mariée avec une star.

J'acquiesce volontiers, avec l'envie de lui dire « je n'ai ni choisi Hayden ni eu le choix » mais je le garde pour moi.

- « Pour vivre mieux vivons cachés » Monsieur Herrera. Je vis surtout avec Hero Miller, j'essaie de faire abstraction du Mister Hollywood qu'est Hayden Miller.

Il me regarde un long moment sans parler, m'observe en hochant la tête, une lueur étrange dans les yeux. À cet instant, j'aimerais pouvoir lire dans ses pensées. Il finit par ouvrir la bouche mais le seul son qui arrive à mes oreilles ne provient pas de lui.

- Il se passe quoi ici ?

- Oh bonjour Scott ! entonne le manager en se tournant vers lui. Rien, Livia et moi discutions tu vois. Bonne journée ?

Scott ne répond pas immédiatement, me sondant les yeux plissés pour savoir si tout va bien et si son agent ne lui raconte pas des salades. Quand je lui fais signe que tout va effectivement bien, il daigne lui répondre.

- Bonne oui merci, j'ai deux ou trois choses à voir avec toi dès que tu seras disponible à propos de ...

- Joey ?! Qu'est-ce que tu fais ici ?

Hayden entre dans la pièce, suivi de très près par son King-Kong. Il me rejoint rapidement, et alors que je crois qu'il va déposer un baiser chaste sur mon front ou mes cheveux comme il le fait toujours en public, ce sont mes lèvres qu'il attrape ... en public donc ! DEVANT NICK ET SCOTT ! ... Et Jordan en grand retardataire.

Je suis surprise mais tente de ne rien laisser paraitre. Je le laisse m'embrasser et il ne sembleéprouver aucune gêne.

En même temps c'est lui qui t'embrasse Bécasse !

Son baiser n'est ni timide, ni pudique, il m'embrasse vraiment. Comme quand nous sommes seuls. Pas un petit smack rapide, non non non, un vrai baiser et pas de cinéma ...

Note à moi-même (si mes neurones en sortent indemnes) : Parler à Hayden.

- Bonjour ma chérie, tout va bien ?

Ok, correction : Note à moi-même : Parler à Hayden si je ne suis pas morte d'une crise de colère ou de rire pour ce qu'il vient de dire.

Merde ! Je veux bien qu'il joue un rôle devant son agent, mais il faudrait quand même que nous nous mettions d'accord sur les modalités ! Là, il m'a prise au dépourvu, je n'étais pas prête ! « Ma chérie », non mais il ne pouvait pas rester sur Livia sérieux ? Aller, même «Trésor » ce serait passé ! Pourquoi faut-il toujours qu'il en fasse des tonnes Mister Hollywood ?

- Salut H, tout va bien oui, je lui assure après avoir récupérer ma bouche ... et ma langue, qui porte maintenant son goût.

- Joey ? lui redemande Hayden qui n'a toujours pas eu de réponse.

Son manager a bloqué sur nous un petit sourire au coin des lèvres.

- Je vais vous laisser Messieurs, ma journée n'est pas finie donc ...

- Non non non, toi, tu restes là Livy Baby ! m'ordonne fermement Scott en croisant ses bras musclés sur son torse.

Ah non ! Ils ne vont pas commencer !

- Bon les gars, on ne va pas jouer à celui qui a la plus grosse ...

- C'est moi ! scandent tous les hommes d'une seule voix.

Preuve ?

Non !

Blasée, je secoue vigoureusement ma tête puis frotte mes mains sur mon front. Quelle bande d'ados attardés !

- Trop de testostérone dans ce salon Messieurs ! Monsieur Herrera est venu pour discuter. C'est chose faite, tout va bien, pas de bain de sang, pas de coup, pas de blessure, pas cri et même pas un mot plus haut que l'autre. Vous voyez ? Tout va parfaitement bien. ET puisque vous êtes tous là et que vous voulez discutez, écoutez bien ce qui va suivre, je ne reviendrai pas sur le sujet. Ce qu'il s'est passé entre M. Herrera est moi est classé, il faut aller de l'avant. Nous sommes humains, nous faisons tous des erreurs, l'important et de savoir faire pénitence et de le faire pour les bonnes raisons. Et je pense qu'il s'est excusé pour les bonnes raisons. Pour ma part, le sujet est clos. Je ne vous dirai pas ce que vous devez faire, mais quoi que vous décidiez s'il vous plait, ne le faites pas par rapport à moi. Soyons tous intelligents : Vous travaillez ensemble depuis longtemps et avez probablement des choses à régler. Mais vous êtes aussi amis, tous, et être amis, c'est aussi s'accepter, se parler, s'écouter, s'engueuler et se pardonner. Arrêtez de jouer les gros bras et réfléchissez avec vos cerveaux, même si ... cela va quand même vous demander un sacré effort ! je finis par leur lancer en riant.

- Hey Livy t'es pas sympa ! Râle Scott.

- Tu vas me le payer Livy ! ajoute Nick qui se jette sur moi et me balance en sac à patate sur son épaule avant de courir vers le patio, sous le regard tueur d'Hayden qui hurle un «lâche ma femme tout de suite Nick » et de Jordan qui retire sa veste et nous suit au pas de course.

« A l'eau vilaine » est la dernière chose que j'entends entre les avertissements d'Hayden à son garde du corps, les éclats de rires de Jordan et les encouragements de Scott, avant de finir dans la piscine balancée comme une vulgaire chose.

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