20 - Bad Girl. Acte II

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Hayden.

— Bon, tu viens oui ou non ? Ou t'es juste là pour me faire chier ?

— Hero Miller, parle-moi mieux je te prie ! Tu perds complètement les pédales mon frère ! Tu viens de faire une semaine de six jours et de quatre-vingt-dix heures, c'est n'importe quoi, rentre chez toi. Nick, se tourne-t-il vers celui qui n'a pas pipé mot, tu lui as expliqué pourquoi elle ne voulait rien lui dire ?

— Pas eu le temps de développer, répond King Kong, laconique.

— Parce que comme d'habitude, Madame fait ses coups en douce ! Voilà pourquoi ! Elle a profité de mon absence pour se barrer !

— Tu dis n'importe quoi mon pauvre vieux ! Ça fait un mois que les filles avaient booké leur voyage ! contre-attaque mon frère.

Un mois ??? Celle femme me tue.

— Alors pourquoi ne m'a-t-elle rien dit à moi bordel ? ralé-je.

— Ces quinze derniers jours, tu étais crevé Hayden, lance Nick. Et je te l'ai dit, elle se doutait de ta réaction. Elle..., hésite-t-il, elle voulait que tu rentres chez toi et que tu te reposes ce week-end. Et je pense qu'elle avait besoin de cette coupure loin de tout. De tout le monde.

— J'en parlerai avec elle. Bon, Jordan ?

— Non désolé, je passe mon tour. J'ai deux audiences demain matin et un rencard demain soir, nous énonce-t-il avec un clin d'œil.

— Je vois.

Reprenant son sérieux, il ajoute :

— Et en toute honnêteté, j'aime autant être loin de Livia quand vous arriverez les gars, on ne sait pas trop comment elle va réagir à cette invasion de testostérones. Mais je vous préviens, ne la faites pas chier, ne gâchez pas son dernier jour de vacances, sinon, je mords !

— T'inquiète, on te la ramène entière ta copine, raille Nick.

— Vous avez plutôt intérêt !

— Calme toi Jo, elle sait se défendre la miss ! Bon, je vais prévenir Sam et les autres Hayden, donner mes ordres pour Scott et Joey. J'appelle un taxi, on repasse à l'hôtel et on file à l'aéroport, ça te va ? Ah oui, combien je te dois pour le vol ?

Il me pose la question le plus sérieusement du monde. Sans commentaire.

— Rien du tout, casse-toi avec tes idées à la con Nick, je t'attends ici. Hors de question que je revois l'autre folle ce soir. Dis à Joey qu'on doit filer, il ne devrait pas nous poser de problème. Enfin sauf pour la séance avec le public, mais je m'en tape. J'ai largement fait ma part cette fois.

— Ok. J'en ai pour cinq minutes.

— Je viens avec toi Nick, j'ai deux trucs à dire à Scott et ma veste à récupérer, mais je rentre à l'hôtel avec vous. Vous me déposerez à l'aéroport au passage, annonce Jordan.

Ils s'éloignent et une fois seul, je prends quelques minutes pour repenser aux paroles de Nick. Il a raison, à trop vouloir protéger Livia, c'est plus une forme de contrôle que nous exerçons sur elle. Tout ce qu'elle déteste. D'autres paroles, celles de Laura, font échos dans ma tête.

« Elle finira par craquer ».

Nous risquons de tous nous retrouver sur le banc des accusés, mais je préfère prendre le parti de croire que cela n'arrivera pas.

Laura a épousé Scott au bout de quatre mois de relation à peine. Mais ils s'aimaient déjà. Elle n'a pas eu peur du train de vie hors-norme de son mari, mais elle avait eu le temps de se poser les bonnes questions. Livia elle, se retrouve mariée un beau matin avec une célébrité dont elle veut divorcer, alors qu'elle vit à l'autre bout du monde. Un mariage qui a chamboulé sa vie quoi qu'on en dise, un divorce qui balayerait tout le reste sur son passage. Alors c'est vrai, je repousse autant que possible l'échéance comme si une solution miracle allait me tomber du ciel. Pour autant Laura n'a pas tort, l'annonce de mon divorce ternirait celle de son mariage.

Et... j'ai peur. Que Livia mette fin à notre relation dès lors que la tempête médiatique se réveillera, que l'officialisation d'une séparation de soit plus. Ce sera trop pour elle, je le sens. Je veux encore profiter d'elle, de son sale caractère, de sa présence à la maison, mais aussi de son amitié. De nos discussions et des bons petits plats qu'elle se prépare tous les jours et dont elle me laisse toujours une part ou deux au frigo. D'elle toute entière, pas uniquement de nos parties de jambes en l'air exceptionnelles.

Mais je ne suis pas animé que par une vague d'égoïsme. Je veux aussi lui offrir du temps pour qu'elle profite du calme actuel, car une fois la machine en marche, sa vie ne sera plus la même, et elle ne méritait pas ça. Je me sens coupable. Je suis coupable. De beaucoup. Elle est tombée enceinte le soir où je l'ai épousée, et bien qu'elle ne m'en ait pas reparlé depuis, je suis certain que cette grossesse, l'issu, l'a beaucoup plus marquée que ce qu'elle laisse paraître. Les secrets sont aussi dans sa tête, là où elle ne permet à personne d'entrer, comme si elle devait dissimuler ses pensées.

Elle a dit à l'une de ses tantes qu'elle n'a pas de cœur pour aimer et qu'elle est blindée contre tout sentiments affectifs. « Je ne sais pas aimer ». Je crois surtout qu'elle ne sait plus comment faire, parce que la mort de ses parents l'a traumatisée, qu'elle s'est fermée dans une carapace qu'elle veut impénétrable. Que c'est pour cela qu'elle n'a jamais eu que des liaisons éphémères. En tout cas, elle sait être une amie. Elle me le montre chaque jour, même lors de nos disputes. Jane l'adore, Jordan et Jessica aussi. Depuis qu'elle est entrée dans nos vies, elle nous a fait du bien, à tous.

— Hayden ?

Absorbé par ma réflexion, je n'ai pas vu Erin s'approcher. Dans sa robe blanc-cassé près du corps qui contraste avec ses long cheveux ébènes et son teint mat qui fait ressortir le vert de ses yeux en amande, elle est très en beauté ce soir. Elle a un très bon jeu et je ne doute pas qu'elle a une carrière prometteuse devant elle.

— Erin ?

— J'ai entendu que tu partais déjà, me sourit-elle en coin.

— Oui, je viens de changer mes plans pour le week-end.

Depuis le début du tournage Erin s'est affirmée alors qu'elle était comme intimidée durant les premières répétitions. Or là, elle se triture les doigts, paraissant peu sûre d'elle. Je me lève et me place en face d'elle.

— Tu voulais me dire quelque chose Erin ?

— Oui, oui, opine-t-elle.

Elle plante son regard dans le mien, prend une grande inspiration et se lance :

— Nous n'avons jamais parlé de la fausse relation que voulait vendre la production aux médias pour...

Merde, pas du tout envie de parler de ça maintenant.

— Erin, je suis navré si cela t'a blessée, je t'assure que ce n'était pas mon intention.

— Oui, ton agent nous a expliqué que tu refuses de jouer les faux petits amis.

— Effectivement, affirmé-je avec sincérité, ma vie privée n'est pas un jeu, Et j'ai trouvé cette idée absurde. Tout le monde parle déjà du show, pas la peine d'inventer de fausses love stories entre les comédiens. Ça, c'est bon pour des sitcoms de seconde zone, par pour un tel projet. Je ne parle même pas de la manière dont ils nous l'ont proposé, chacun de notre côté, à plusieurs jours d'intervalle.

Elle reste muette, alors je continue :

— Erin, tu es une très bonne comédienne et une jolie jeune femme avec qui j'ai plaisir à travailler, vraiment, mais je ne joue pas avec ma vie privée, j'ai passé l'âge et...

Sans savoir comment on en est arrivé là, Erin prend mon visage en coupe en même temps qu'elle dépose ses lèvres sur les miennes pour m'embrasser à pleine bouche. Stupéfait, il me faut bien trois ou quatre secondes pour réaliser ce qu'il se passe. Évidemment, je ne réponds pas à son baiser, elle n'est pas celle que je veux avoir dans mes bras. Malgré la beauté d'Erin, je n'ai absolument rien ressenti, preuve que la seule femme qui me fasse de l'effet, c'est la mienne. Quand j'embrasse Livia, tout mon corps crépite de désir pour elle, la lave remplace mon sang dans mes veines dès l'instant où mon corps et le sien se soudent.

Je la repousse doucement par les épaules tandis que je fais un pas en arrière.

— Nous ne sommes pas obligés de faire semblant Hayden...

Ok, celle-là, je ne l'avais pas vu venir.

— Erin, écoute, je pense que je me suis peut-être mal exprimé, m'éclaircis-je la voix.

— Je ne crois pas Hayden, se rapproche-t-elle sensiblement. J'aime aussi passer du temps avec toi. Nous nous entendons plutôt bien derrière la caméra et tu me plais, beaucoup. Tu es un homme charmant sur tous les plans, loin du Golden Boy Serial-Baiseur qu'ont souvent décrit les journaux. Et tu viens de me dire que je suis à ton goût.

— Erin...

— Quand Joey est venu nous annoncer que tu déclinais l'idée de la prod, j'ai pensé que c'était à cause de Kirsten qui faisait déjà courir la rumeur que vous étiez de nouveau ensemble, mais ensuite tu as nié publiquement et...

— Ok, Erin, pause s'il te plait, je l'interromps encore en reprenant mes distances, mais avec plus de fermeté.

Je fais un autre pas en arrière en me frotte le visage. Putain, cette journée ne peut pas être plus pourrie !

— Mon véto n'a rien à voir avec Kirsten, elle et moi c'est fini depuis longtemps. Et tu as raison, tous les deux on s'entend bien, je te trouve charmante, mais cela ne veut pas dire que je sors avec toutes les femmes qui me plaisent, et j'ai pour règle de ne pas, plus, me corrigé-je, fréquenté mes costars.

Un rire narquois la saisit.

— Pardon, mais c'est un peu surfait comme principe Hayden. On ne choisit pas qui nous attire. Donc si demain tu avais un coup de foudre pour une actrice avec laquelle tu travailles, tu t'empêcherais de vivre une belle histoire à cause de cette règle arbitraire ?

Ça mérite réflexion.

— Oui. Sûrement. De toute façon, le problème ne s'est jamais posé.

Et pas sûr qu'il se pose un jour, murmure ma conscience.

— Hayden nous sommes adultes. J'ai vingt-sept ans et je suis parfaitement capable de faire la part des choses entre ma vie professionnelle et privée. Si ça ne marche pas entre nous, notre travail n'en patira pas, je t'assure. Et même si Kirsten me mène la vie dure, je peux encaisser son humeur de chien.

— Qu'est-ce que vient faire Kirsten dans le sujet ?

— Tu n'es pas au courant ?

Je me crispe sous son effarement et la chaleur qui s'éprend de moi.

— Au courant de quoi encore ? dis-je sur un ton plus sec que je ne l'avais prévu.

Erin ne s'en formalise pas et m'explique :

— Elle a dit à toutes les filles du casting que tu es « chasse gardée » Hayden, et que nous n'avons pas intérêt à essayer de te mettre le grappin dessus.

Putain, faut la faire interner, cette folle ! Elle croit pouvoir débarquer et faire sa loi ?

— Elle m'aura tout fait celle-là, merde ! m'exclamé-je en sentant ma colère rejaillir. Bref, je vais me charger d'elle. Quoi qu'il en soit, Erin, et toujours sans vouloir te blesser, il ne se passera rien de personnel ou d'intime du moins, entre toi et moi. Je t'apprécie, je ne reviendrai pas sur mes paroles, mais pour ma part cela s'arrête là. J'espère que ça ne changera pas nos relations et tu as raison, on ne sait jamais de quoi demain sera fait mais aujourd'hui je sais de quoi mon présent est fait et il me convient parfaitement.

Oui, si on fait abstraction que la Kirsten et ses manigances.

La jeune femme fait un pas vers moi en se pinçant les lèvres, me rappelant que ma femme fait exactement la même chose.

— Très bien, j'aurais tenté ma chance ! pouffe-t-elle. Rien ne changera entre nous Hayden, tu es un homme bien et j'espère que tu rencontreras vite la femme de ta vie. Tu le mérites.

— Merci, je te retourne le compliment.

— Et si la seule relation que nous pouvons avoir est amicale, alors je prends. Amis ? me demande-t-elle en me tendant la main.

— Amis, acquiescé-je soulagé.

— Bon eh bien j'y retourne, je vais affronter seule la colère de Sorcière Kirsten !

— Désolé.

— Ne le sois pas Hayden, elle ne me fait pas peur. Allez, à la semaine prochaine et bon week-end !

J'espère qu'il le sera, oui.

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