4 - Perte

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Hayden.


Un silence assommant règne durant un laps de temps indéterminable. De tout ce que nous aurions pu envisager, qu'elle soit enceinte n'était définitivement pas sur la liste des éventualités. Peut-être que le fait que Livia ait uniquement été prise en charge par un service de gynécologie-obstétrique aurait pu nous mettre sur la voie et éliminer un paquet de possibilités nécessitant plutôt de la chirurgie générale par exemple, mais Kate a raison sur toute la ligne : on a surtout pensé à des causes liées à son kyste, en plus d'autres trucs un peu glauques, mais rien d'aussi poussé que Laura et son idée de tumeur.

Cette femme est effrayante de paranoïa et me rappelle mon manager, dans un tout autre domaine, bien entendu.

Mais comment lui en vouloir ? Elle a atteint le fond du gouffre de l'angoisse avant nous, certainement dès l'instant où elle a appris pour Livia. D'ailleurs, je me demande bien comment sa mère s'y est prise pour que ses deux filles ne soient pas hospitalisées car d'après Scott, la plus grande peur de Laura serait de perdre Livia, et si sa mère a pris dix ans, la femme de mon pote n'est pas loin sur le compteur.

La jeune femme vive au regard pétillant même quand elle vous foudroie, vous explique ses inquiétudes vis-à-vis de sa sœur, ou encore de ce qu'il pourrait arriver à vos parties génitales en cas d'outre passement des règles la concernant n'est plus que l'ombre de son ombre, malgré son agacement palpable. Son mascara a coulé, ses cernes descendent jusqu'à ses lèvres et sa coiffure n'en est plus une depuis longtemps, loin de l'image glamour qu'elle renvoyait il y a moins de quarante-huit heures.

En dépit de l'aphasie qui s'est emparée de la pièce, je pense que chacun peut entendre les questions qui se bousculent dans la tête des autres. J'en viens même à avoir du mal à croire les mots de la médecin, à admettre que je suis vraiment ici, parce que je me souviens avec précision des paroles de Livia à l'hôtel sur son absence d'activité sexuelle depuis plusieurs mois avant notre rencontre.

Paroles qui ne collent pas du tout avec le présent. Or, elle avait l'air sincère, d'une part, et absolument pas enceinte de six mois, d'autre part. Et je ne vois pas pour quelles raisons valables elle m'aurait menti sur son calendrier, si ce n'est pour cacher qu'elle...a quelqu'un d'autre. Ce qui expliquerait alors qu'elle m'ait dit que je reste discret, elle ne voit aucun inconvénient à ce que j'aie des liaisons.

Et soudain, c'est un deuxième uppercut dans le ventre me fout K.O., suivi immédiatement d'une baffe mentale que je reçois avec violence quand je me dis que non, elle ne m'aurait pas fait ce coup-là. Pas elle... Si ?

Mes idées s'opposent dans une anarchie qui ne me permet pas de faire un tri cohérent.

Pourtant, l'évidence semble vouloir me rattraper, et ma mère nous répète toujours que l'explication la plus simple est souvent la bonne. Mais imaginer que Livia ait une double vie, triple, quand on considère qu'elle cache non seulement notre mariage à ses parents et amis, mais également notre relation au peu de personnes au fait de notre statut marital qui eux, pourraient comprendre que nous nous soyons réellement rapprochés.

Bien amarré à ma chaise, j'ose un regard vers Laura qui s'est un peu plus décomposée, si cela est possible, les yeux rivés à un document qui l'a laissé sans voix. Plus interloquée qu'elle, ça n'existe pas. Des larmes roulent sur ses joues rougies, le choc doit être rude. Je suis certain que comme moi, elle cherche la pièce du puzzle qui nous empêche de comprendre comment c'est possible. Pourquoi on est là. Ce que Livia a caché.

Au moins, vous êtes deux à ne pas encaisser, me rassure ma conscience.

Pour nous, non-initiés, Kate rompt le silence et explique :

— L'embryon ne s'est pas implanté dans la paroi utérine comme il aurait dû, mais dans la dernière portion de la Trompe de Fallope. C'est un cas de grossesse ectopique plutôt rare, appelé aussi grossesse interstitielle ou cornuale.

Je ne sais pas si elle nous prend pour des génies en médecine, mais malgré mes parents eux-mêmes dans ce domaine et les avoir entendu parlé toutes mon enfance de sujets plus ou moins traumatisants pour des gosses, le jargon ne passe pas à mes oreilles. J'ai besoin de termes simples et précis. De réponses pour ne pas devenir dingue.

— Je n'arrive pas à y croire... renifle Laura en se laissant retomber sur un fauteuil.

— Je sais, et j'avoue qu'il m'a fallu un peu de temps pour saisir d'où venait le problème. Son kyste était de l'autre côté, et c'est ça que je cherchais, nous explique-t-elle. Quoi qu'il en soit, il est incontestable que Livia ne savait pas qu'elle était enceinte.

Encore heureux.

— Elle a bu de l'alcool, balbutie Laura. Et pris des médicaments.

— Elle a fait un déni, donc, marmonne Joshua.

— Pas qu'un peu, soupire Jess en rattachant ses cheveux en chignon.

— Tout à fait, confirme Ava. Quelque chose a dû faire qu'elle n'a jamais considéré pouvoir être enceinte, et Dieu sait à quel point elle voue un culte à sa contraception depuis des années.

— Elle ne veut pas d'enfant, lui adjoint Laura, toujours amorphe. Elle a encore du travail à faire sur elle, mais ça viendra.

— Oui, elle est encore jeune, elle a le temps, ratifie sa mère.

— Elle est psychorigide sur le sujet parce qu'aujourd'hui, elle est encore complétement cloitrée dans un refus de relation stable. Se lier aux autres n'est pas dans son mode d'emploi, énonce Joshua.

— Le temps finira par la guérir mon chéri.

— Il faudrait aussi arrêter de vouloir la caser avec tout le monde à tout bout de champ, continue-t-il en regardant Laura.

Ma respiration prend une mauvaise route.

— T'as un truc à me dire ? lui oppose Laura.

— Je viens de le faire il me semble.

— Ce n'est pas le lieu, veut tempérer Scott. Ni le moment.

— Il me semble justement que puisque nous sommes tous là, c'est le moment de balancer deux ou trois trucs au lieu de toujours détourner le regard pour ne vexer personne. Je l'estime beaucoup et c'est mon ami, mais Cam la rend chèvre et c'est entièrement à cause de tes lubies, Laura. Tu vas trop loin, tout le temps. Laisse-la vivre.

— N'importe quoi, bredouille-t-elle en roulant des yeux. Je ne demande que ça, qu'elle arrête de juste sur...

— Je sais que tu la pousses à rencontrer du monde, faut que tu arrêtes, elle va péter un plomb et faudra pas venir te plaindre après ma grande.

— Chéri arrête, lui adjure sa copine.

— Elle te l'a dit ? Joshua ? Livy t'a dit quelque chose ?

— Que tu te prends pour une bookeuse sentimentale alors qu'elle veut rester libre ? Oui.

Loupé.

— Quand ?

— Noël, son anniversaire, dit-il laconique. Rien de neuf, tu ne changes pas depuis des années.

Mais rien depuis puisque nous nous sommes mariés, donc.

— On s'écarte du vrai sujet, intervient Ava. Mais peut-être qu'une petite mise au point à huit clos s'imposera quand nous serons sortis... d'ici brasse-t-elle l'air. Évitez de discuter de ça devant Doug pour le moment. Il a un niveau de tolérance assez bas lorsqu'il s'agit des pressions faites à Livia.

— Tu nous expliques ? relancé-je à Kate.

— Qu'est-ce qu'il s'est passé ? m'adjoint Nick.

Kate expire, retire sa charlotte chirurgicale puis dénoue lentement sa longue tresse blonde. Mes yeux ne lâchent aucun de ses gestes, et ma pression monte un peu plus chaque seconde. Après ce qu'il m'a paru être une éternité étouffante, elle reprend :

— Au vu de son état quand elle est arrivée avec l'ambulance et dans lequel Joshua l'a trouvée, je pense que son état a dû commencer à s'aggraver il y a quarante-huit heures environ. Il est même probable qu'elle soit restée inconsciente plusieurs heures avant de se réveiller et de m'alerter. C'est certainement ce qui l'a sauvée d'ailleurs.

— S'aggraver ? questionne Scott. Donc c'était déjà...

— Grave. Tous les symptômes que Livia avait pris pour une réaction à un long traitement étaient en fait ceux de sa grossesse. Grossesse tubulaire, qui peut avoir de très sérieuses conséquences sur la santé d'une femme et sa fertilité.

— Non prise en charge à temps, cela peut être même fatal, commente Ava.

— Effectivement. Ce type de grossesse est une urgence médicale et chirurgicale absolue au-delà d'un certain stade.

— Livia était arrivée à ce stade, c'est ça ? m'enquiers-je.

Je n'arrive pas à y croire.

Tu comprends vite, mais il faut t'expliquer longtemps Miller.

Oui. Son malaise vendredi, c' était une alerte qu'elle n'a pas assez prise au sérieux.

J'aurais dû l'obliger à consulter ? suppose doucement Jess.

Personne n'oblige ma fille, Jessica, la rassure Ava. Le seul moyen de la faire s'approcher d'un hôpital...

C'est qu'elle arrive inconsciente d'y être, finit Joshua à sa place. Sa phobie prend le dessus sur le bon sens, c'est quelque chose de récurrent chez elle.

— Je l'ai appelée plusieurs fois hier après-midi et elle n'a pas répondu, dit Laura. J'ai pensé qu'elle dormait, puis qu'elle était trop occupée entre son boulot à rattraper et sa valise à préparer. Je pensais la voir avant son départ aujourd'hui, alors je ne me suis pas plus inquiété que ça. Pour une fois! Une seule fois où je ne m'inquiète pas pour elle ! se flagelle-t-elle.

— Moi aussi, enchaîne Jessica. Je lui ai téléphoné plusieurs fois entre... -elle prend son portable et consulte son journal d'appels- quinze et dix-sept heures.

— Nous pouvons donc supposer qu'hier après-midi elle était déjà partiellement inconsciente, conclue Kate. Incapable de prévenir qui que ce soit.

Donc samedi soir, quand je l'ai ramenée...

La lumière s'allume vieux.

Merde !

Moi aussi, je me suis empêtré dans le déni. Je n'ai pas été assez vigilent, parce que je l'ai laissé décider des sujets à aborder avec elle, laissé décider unilatéralement de quoi nous pouvions discuter ou pas. Livia est une femme secrète qui refuse de parler de ses blessures du passé et je lui ai permis de cultiver ses mystères même pour ce qui relève du présent. J'ai accepté toutes ses fins de non-recevoir, tous les panneaux stop qu'elle m'a collés sous le nez sous prétexte que nous sommes « amis sous contrat », et qu'elle n'a aucun compte à me rendre. Elle a fait de sa vie privée un sanctuaire comme s'il y avait quoi que ce soit classé « secret défense – top secret », et, à force de dresser des murailles entre elle et le reste du monde, entre elle et moi, je me suis retrouvé coincé entre son caractère volcanique et mon envie de la contenter pour ne pas reculer alors que nous commencions enfin à avancer.

Voilà où nous en sommes aujourd'hui, où elle en est, elle. Heureusement pour mon rythme cardiaque qui frôle la vitesse d'une Formule 1, je ne suis pas le seul à avoir manqué quelque chose de capital qui fait qu'on se retrouve tous comme des cons dans un putain d'hôpital.

Surtout elle.

— Hayden ? m'interpelle Laura remarquant mon trouble.

Je passe une main peut sûre d'elle dans mes cheveux.

— Livia s'est endormie dans la voiture quand je l'ai ramenée samedi et elle avait du mal à se déplacer. Il a fallu que je l'aide à marcher jusqu'à sa chambre et son lit, je leur raconte.

— Elle vous a dit quelque chose en particulier ? m'interroge Ava.

— Je lui ai demandé si elle se sentait bien et vous savez comment elle est, elle n'est pas très expansive.

— C'est le moins qu'on puisse dire, commente Kate.

— Elle m'a répondu que la codéine l'avait abattue, qu'elle était très fatiguée. Je ne l'ai pas revue depuis. Je suis parti tôt dimanche matin, jusqu'à...maintenant

Et je n'ai pas dormi avec elle, sinon, j'aurais remarqué que quelque chose n'allait pas ! Bordel.

— Son corps s'est mis en veille pour supporter la douleur, suppose Ava, pour se protéger. Comme l'a dit Kate, une GEU peut avoir une issue dramatique et conduire à une hémorragie cataclysmique.

— Et au décès si la patiente n'est pas prise en charge.

Joshua achève de me décapiter. Un vent glacial me parcourt de part en part me congelant presque jusqu'à l'os. Mes réflexions ne se font qu'en surface, la situation ne me permettant d'aller en profondeur. Un vide se creuse dans mon estomac et je sais que je passe à côté d'un élément crucial dans le tableau, mais impossible de cibler quoi. C'est un bordel sans nom dans ma tête, et pas que. Me faire renverser par un poids lourds n'aurait pas créé un tel chaos intérieur.

— Est-ce qu'elle est toujours... euh ... tente timidement Jessica.

— Non, réplique Kate, elle ne l'est plus.

Là, c'est moi qui prends dix ans dans la tronche. Ou vingt. Pour Livia, même s'ils ont tous affirmé qu'elle est réfractaire au principe de devenir mère, parce que nul ne peut rester de marbre face à ça. Pour ce qu'elle va vivre à son réveil, et à cause de pensées qui me reviennent dans la gueule avec vélocité sans que je puisse y comprendre quoi que ce soit à ce merdier.

— Mais tu as raison de poser la question, ce qui est évident pour nous ne l'est pas nécessairement pour vous, concède-t-elle. C'est une pathologie exceptionnelle heureusement, mais surtout dangereuse pour la femme enceinte et à fortiori non viable à cause de l'emplacement de l'embryon.

— Tu l'as... opérée ? articule péniblement Laura, à présent plus blanche que le mur derrière elle.

— Je n'ai pas eu le choix Laura.

— Laura ?

— Ça va maman. J'ai juste besoin d'une minute pour... je ne sais pas. Continue. Je veux la voir.

Comme nous tous.

— Nous avons dû la traiter par chirurgie à cause de la taille de l'embryon. Nous ne pouvions pas prendre le risque que le traitement par injection ne fonctionne pas ou pas assez rapidement. Je lui ai donc retiré tout ce qu'il fallait et il n'y a plus de... résidu. Par conséquent, elle n'est plus enceinte. Il va simplement falloir un peu de temps à son corps pour remettre tout en place et à son taux d'hormones pour se stabiliser.

— Son kyste ? brigué -je.

— Résorbé. C'est la bonne nouvelle. Son état depuis plusieurs semaines était uniquement dû à la grossesse. Parce qu'elle était enceinte, d'une part, et ressentait donc la plupart des symptômes annonciateurs, et parce qu'il s'agissait d'une grossesse tubulaire, comme je vous l'ai dit.

— Est-ce que tu sais... depuis quand Livia était enceinte ? ose peureusement demander Scott à sa belle-sœur.

— C'est difficile à estimer avec précision car l'œuf ne s'étant pas implanté au bon endroit, il ne disposait pas toujours de tous les nutriments essentiels à son développement normal, mais d'après mes estimations, je dirais que la fécondation a eu lieu il y six à huit semaines environ. Seule Livia pourra nous confirme ç...

— Impossible, oppose Laura qui n'arrive pas à encaisser l'idée même de la grossesse, non elle... Non Kate !

— Laura, viens avec moi ! lui ordonne Scott sans lui demander sérieusement son avis. Excusez-nous.

Il la prend par le coude et la fait sortir de la pièce dans la seconde.

Six à huit semaines ?!

Je sors mon téléphone, ouvre le calendrier et compte en arrière. On était déjà mari... Et je percute. La pièce qui me manquait prend sa place dans le puzzle. Dire que je me sens comme un con est un euphémisme.

Non. PUTAIN.

VEGAS !

Mais comment c'est... ???

Je réponds moi-même ma question stupide. Entre mes frères et mes parents, entre autres, j'ai eu des cours d'éducation sexuelle pour les six prochaines générations quand j'étais ado. Je sais comment. Pourquoi, parce que tout revient. La vérité me foudroie, des émotions contradictoires me transpercent, mon cœur se resserre et un vide m'aspire.

Vegas n'est pas resté à Vegas.

Je me lève et quitte la pièce en trombe sans même m'excuser. Dans le couloir, la même ambiance remuante que plus tôt. Des médecins pressés, des infirmières sollicitées de partout, des familles aux mines tantôt réjouies tantôt dignes d'un jour de funérailles. Les couloirs sont larges mais je me sens à l'étroit. Il ne me faut que quelques secondes pour repérer Laura et Scott, tous les deux adossés à un mur, près de l'ascenseur et de deux distributeurs de boissons.

J'avance vers eux, la boule au ventre, ne sachant pas encore si je dois leur dire. Je me souviens de comment nous en sommes arrivés . Sur le tapis du séjour de la suite de Livia à Vegas, puis sur le canapé, et...

Tu n'es qu'un abruti Hayden ! je me hurle une fois de plus mentalement.

Laura lui parle et s'agite, je n'entends pas le début de la polémique, mais prends le train en marche.

— Ne t'occupe pas de ça. Ce n'est pas ce qui compte, là.

— Si ! Je te dis qu'elle n'a eu personne depuis qu'elle est... coincée avec Hayden ! Elle se trompe.

Coincée ? Ce n'est pas du tout le mot qui me vient à l'esprit quand je pense à Livia... mais ce n'est pas le sujet. Pas le moment de faire des remarques sur son choix de vocabulaire aussi douteux qu'erroné.

— Elle n'aurait jamais fait ça Scott ! Je la connais, elle a ses principes et ses valeurs, même les plus entêtées et étranges, mais elle n'en démord pas !

— Tu prends les choses trop à cœur, on verra ça avec elle.

— Y'a rien à voir ! Je te dis qu'elle se trompe ! Même avant de connaître l'identité de son mari, baisse-t-elle la voix alors que je ne suis plus à trois mètres, dès le moment où elle a appris son mariage, elle a décidé d'honorer ça. Par respect pour la personne qu'elle venait d'épouser. Elle n'a pas trompé Hayden, non, je n'y crois pas !

Non, c'est maintenant sûr, Livia ne m'a pas trompé.

Laura me remarque et se tourne vers moi, paniquée, et me supplie de la croire en me disant les yeux dans les yeux :

— Hayden, je t'assure qu'il doit y avoir une explication ! Livia ne m'a peut-être pas tout raconté de sa vie intime, mais je te promets qu'elle a respecté ses engagements à la lettre, je le sais ! Même avant de te revoir à Paris ! Ma sœur n'a pas menti, non. Ça faisait forcément plus que ce que dit Kate, bien plus, elle a dit que ce n'est qu'une estimatio...

Non. Pas d'erreur.

Je la prends par les épaules pour la faire taire, tout en croisant le regard de mon meilleur ami. Ses yeux s'agrandissent de stupeur lorsqu'il comprend ce que je vais dire avant même que je n'ouvre la bouche.

— Laura, écoute-moi. Je sais que Livia n'a pas trahi notre accord, ok ?

— Ah bon ? Enfin je veux dire, oui, Kate se...

— Et même si elle avait eu quelqu'un avant Paris, ça ne serait pas grave. Nous n'avions pas d'accord à ce moment-là, alors calme-toi.

— Il n'y a eu personne ! répète-t-elle.

Si. Moi. Possibilité qui ne semble pas l'effleurer. Ce serait vexant qi la situation n'était pas ce qu'elle est.

—Je te dis qu'il n'y a aucun problème.

Enfin, pas celui auquel elle a peur que je croie. Comment je vais lui dire la suite ? Si Scott a compris, Laura, elle, ne me facilite pas la tâche.

— Kate se trompe Hayden, et elle ne doit pas se tromper sur ça sinon Livia va paniquer. Déjà qu'elle va faire une crise à son réveil en se rendant compte où elle est, si en plus Kate n'est pas certaine de ce qu'elle avance et que ça ne correspond à rien pour Livy alors... Il faut que je parle à Kate !

Elle se défait de ma prise mais je la retiens. Étonnée, elle incline son visage en scrutant ma main sur son bras.

— Laura, ta sœur va probablement m'arracher les yeux, mais je n'ai plus trop le choix là. Tu le gardes pour toi pour le moment, d'accord ? Pas un mot à Livia.

— Tu sais quelque chose ? Elle t'a dit quelque chose, à... toi ?

— Non. Oui. Bon, tu m'écoutes ?

Scott pose ses deux mains sur ses épaules, par-derrière. Elle acquiesce silencieusement, prête à entendre la suite. Ou pas.

— Kate ne se trompe pas sur les dates.

— Quoi ? Si !

Aussi têtue l'une que l'autre.

— Non. Livia et moi avons passé la nuit ensemble à Las Vegas. Nous nous en sommes souvenus à Londres en...ça n'a pas d'importance. Elle devait bien être enceinte de deux mois Laura.

— Qu'est-ce que...

— De moi.

C'est dit et putain, ça fait un mal de chien de l'extérioriser.

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