~ Chapitre 2 : La disparition ~

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Une fumée se dégageait des grands remparts de bois, la joie s’était emparée de Dalseth, ce petit village cerné par deux grands royaumes qui était loin de toutes leurs préoccupations. Alors qu’un peu plus tôt dans la journée on se rassemblait pour l’inauguration d’une statue, ici on se regroupait pour une tradition annuelle, qui consistait à faire des offrandes pour continuer à avoir la bénédiction des dieux. S’il y avait bien une peuplade qui croyait encore en leur présence, c’était bien celle-ci il faut dire qu’elle était bien plus gâtée que dans les autres régions, la pluie et les animaux restaient abondants, il y avait de quoi croire qu’ils étaient encore bénis. C’était sans compter le fait que l’endroit était rondement régenté par sa plus emblématique famille : celle des Iddesleigh. Il n'y a pas si longtemps elle était réputée pour avoir les meilleurs archers au monde mais elle commençait peu à peu à disparaître des mémoires, parce qu’elle s’était retirée depuis un siècle, lasse de perdre les siens dans d’interminables guerres. Fondatrice du lieu, elle avait su insuffler un mode de vie assez agréable, plutôt libre dans l’ensemble, les mariages arrangés n’existaient quasiment pas et il n’y avait pas d’impôts, il n’y avait aucune allégeance, ni à Nevethen qui était à leur gauche, ni à Isombard qui était à leur droite. Ils avaient déjà beaucoup donné au premier, mais ce n’était pas la raison principale pour laquelle on ne se souciait pas d’eux, le territoire qu’ils occupaient était plutôt petit, personne ne voyait l’intérêt de perdre des hommes pour conquérir un endroit de cette taille, qui abritait tout au plus deux-cents habitants.

Ces irréductibles pouvaient donc en principe dormir sur leurs deux oreilles, mais ils n’étaient pas naïfs, ils avaient fait des tours de gardes aux quatre recoins, ce qui causait quelques déceptions en ces temps de fête, puisque certains étaient réquisitionnés pour les occuper. Loin de l’ennui de ces malheureux, les villageois dansaient autour d’un grand feu de camp.

- M’accorderiez-vous une danse gente dame ?
- Avec plaisir.

Drunwal le patriarche, un grand barbu bien charpenté, regardait Dereth son fils aîné, avec un certain amusement, ce grand aguicheur allait bientôt avoir fait tout le tour du village. C’était certainement celui qui lui ressemblait le plus physiquement, sa chevelure était aussi noire qu’avait pu l’être la sienne, sa carrure était athlétique et ses yeux étaient bleu ciel, son succès n'était donc pas le fruit du hasard.

- Il ne va pas tarder à aller voir ailleurs si l’herbe est plus verte et dense, se désola Nelleth.

La matriarche, une femme bien plus petite que son mari et tout aussi bien conservée, blonde aux yeux vert clair, craignait plus que tout que ses enfants ne se lassent de ce quotidien, qu’ils les quittent afin d’assouvir une soif d’aventure, leur deuxième fils Nevan commençait déjà à le faire en faisant des allers et retours, mais peut-être qu’un jour il n’aurait plus envie de revenir.

- Ne t’inquiètes pas, seul un de nos quatre rejetons s’amuse à voyager et il finit toujours par revenir, c’est plutôt bon signe.
- Tu as oublié qu’il est parti avec Nevan à Nevethen il y a quelques jours.
- Il n’y a pas assez de femmes par ici, je ne peux rien y faire, dit-il en haussant ses épaules.
- Il y en a bien assez et j’aimerais bien qu’il en choisisse une un jour.
- Sois patiente cela arrivera.

Au fur et à mesure, les offrandes arrivaient, elles étaient disposées sur une longue table. Il y avait des sangliers, des cochons, des poteries et quelques bijoux, que des choses coutumières… ou presque, une pierre bleutée en particulier captivait l’attention. Elle serait bien jolie sur elle, cette roche, elle irait tout aussi bien avec sa chevelure dorée que ses yeux bien qu’ils soient moins bleu qu’elle.

- Quelle splendeur, je n’ai jamais vu de pierre aussi belle, d’où vient-elle ? demanda Dielwen l’unique fille de la fratrie des Iddesleigh, qui profita que celle qui l’avait déposé soit toujours à proximité.
- Mes enfants ramassent tellement de choses quand nous nous promenons dans la forêt, que je n’arrive pas à m’en souvenir, répondit la villageoise. Une telle merveille ne peut être destinée qu’à un dieu alors je l’ai mise à la place où elle doit être.

Derrière elles se trouvaient le deuxième brun de la famille, Nevan, qui lorgnait l’objet du coin de son œil verdâtre. Il n’était généralement pas intéressé par les discussions féminines, mais il avait toujours été attiré par les objets de valeur, c’était son péché à lui. Il ne comprenait pas comment on pouvait s’en séparer, mais malheureusement saisir cette pierre lui vaudrait les foudres des Dalsethois, il s’abstint donc en gardant bien ses mains liées derrière son dos.

- Chers amis, il est temps de nous rassembler pour faire nos prières, s'exclama Nelleth.

La tradition voulait que les familles se tiennent la main, que les yeux soient fermés et que les remerciements aux divinités soient faits en chœur, avant de solliciter leur protection et de bien vouloir de leurs modestes offrandes, qu’ils brûlaient par la suite avec des flèches enflammées. Tout le monde se mit en place et fixa les Iddesleigh, quelque chose clochait.

- Nelved ? Montre-toi, réclama-t-elle.

Le benjamin du foyer était âgé d’une dizaine d’années, mais aimait toujours autant jouer à cache-cache, il lui était déjà arrivé de leur faire un mauvais tour.

- Nelved tu n’as pas intérêt de jouer cette fois-ci, c’est un jour sacré, menaça Drunwal.

Les corps tournoyaient dans tous les sens à la recherche du fripon. Il n’était pas sous la table, ni derrière une robe… L’inquiétude commençait à les gagner, les villageois se dispersèrent pour mieux le rechercher.

- Je suis prête à parier qu’il est dans une tour de garde, à jouer avec cet idiot de Ridruth, dit Dielwen qui était accompagnée de ses deux grands frères.
- Je ne le pense pas assez bête pour le garder avec lui lors d’un événement aussi important, répliqua Nevan.
- Il a peut-être oublié quel jour nous étions, supposa l’aîné.
- Comment l’oublier avec la poissonnière qui ne cesse de nous le rappeler ?! s'exaspéra l’archère, fatiguée par cette solidarité masculine. Allons vérifier mes dires.

Ils se rendirent à la tour de garde de l’entrée principale, elle la gravit avec fougue et ouvrit sa bouche avant même de voir ce qui se trouvait à son sommet. Alors qu’elle s’apprêtait à dire que son frère était là, elle se rendit vite compte que ce n’était pas le cas, ce qui augmenta sa colère.

- Hé gros lardon !

Le gardien ne réagissait pas, il dormait à poings fermés. C’était au tour de Nevan de perdre son sang froid, il saisit son col et le secoua.

- Hmm ?
- Est-ce que tu as vu notre frère ? le questionna-t-il.
- Le ptit blond aux yeux d'émeraude là ?
- Oui, dit Dielwen avec un espoir qui commençait à renaître dans ses yeux.
- Non, répondit-t-il nonchalamment.

Il ne se rendait vraiment pas compte de la gravité de la situation, Dereth retint sa sœur de le frapper, voyant bien qu’elle en mourait d’envie.

- Il rendra des comptes plus tard, nous devons explorer les alentours. Il adore aller à la rivière, il y est peut-être.

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