"Je ne dois pas parler en classe"

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Il y avait dans ma classe deux élèves, deux cousines, qui avaient toujours de très bonnes notes aussi. C’était la compétition entre nous trois, à celle qui aurait la meilleure note. Elles étaient de vraies petites filles modèles, bonnes élèves et toujours bien sages. Ce qui n’était pas mon cas, bonne élève mais pas sage. Un jour, j’ai fait une blague à l’une des cousines, je ne sais plus quoi. Elle s’est mise à pousser un cri dans la classe. Elle a été punie par la maîtresse et moi aussi évidemment. Elle a pleuré toute la journée, car c’était la première fois qu’elle était punie. Moi je n’ai pas pleuré, j’étais si souvent punie que j’étais habituée.

Vers l’été, si à la maison on mangeait des cerises en dessert au déjeuner, je repartais avec mes cerises à l’école. Je choisissais toujours des cerises doubles que je suspendais à mes oreilles. Evidemment, je rentrais en classe avec mes boucles d’oreilles en cerises. Et je pavoisais, je jouais la précieuse. La maîtresse ne me ratait pas, c’était punition à chaque fois. Et systématiquement, dès qu’il y avait des cerises à table, je recommençais le même cinéma à l’école, même si je savais qu’il y avait une punition au final.

J’étais punie pratiquement tous les jours. Je bavardais en classe, parfois même seule, ou je faisais mes commentaires sur la leçon à haute voix. Les punitions variaient. Je devais tourner dans la cour les mains dans le dos ou ranger la classe le soir. C’était souvent les autres maîtresses qui me faisaient tourner dans la cour, et je ne le faisais pas très longtemps. Très vite, je m’éclipsais et me cachais au milieu d’un groupe d’enfants. Elles me cherchaient un moment, puis abandonnaient rapidement.

Mais le plus souvent, ma maîtresse me faisait copier cent fois la phrase : « Je ne dois pas parler en classe ». Au total, j’ai dû copier cette phrase des milliers de fois. Ou bien, conjuguer cette même phrase à tous les modes et tous les temps de conjugaison. J’avais d’ailleurs un cahier de brouillon spécial « punitions ». Il m’en fallait souvent plusieurs dans une même année.

Un jour, mon grand frère Daniel, qui devait avoir pitié de moi, m’avait appris à écrire avec deux stylos en même temps entre les doigts. C’était bien plus rapide pour copier les lignes de punition. Lorsque ma maîtresse a vu ma punition avec une écriture bizarre et déformée, elle n’a pas été dupe. J’ai dû refaire le double de lignes.

D’ailleurs, c’est ce que je faisais souvent. Lorsque ma mère découvrait que j’avais encore une punition, elle me donnait le double à faire avec une baffe au passage. J’avais beau me plaindre, l’affaire était toujours entendue. Pour elle, systématiquement, la maîtresse avait toujours raison. Et malheureusement pour moi, la maîtresse avait bien souvent raison.

C’était la compétition avec les deux cousines sages sur le classement du mois. Bien que j’avais souvent de meilleures notes qu’elles, je me retrouvais presque toujours en troisième place, voire même parfois en quatrième position. Il faut dire aussi que ma note de discipline était si basse, qu’elle faisait sérieusement chuter ma moyenne. Je n’ai jamais eu un carnet de notes sans que la maîtresse ne se plaigne de mon indiscipline. Tous les trimestres, c’était pareil, et tous les trimestres, je prenais une baffe à cause des appréciations de la maîtresse : dissipée et bavarde.

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