Génération yéyé et rock and roll

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J’ai deux grands frères, bien plus âgés que moi. Si bien qu’à cette époque eux étaient déjà de jeunes adultes, ils terminaient leurs études ou bien commençaient déjà à travailler. Ils étaient tous deux à fond génération yéyé et rock and roll, fans des Beatles, des Rolling Stones et d’Elvis Presley. Ils avaient beaucoup de disques, des 45 et 33 tours vinyles. Ils étaient peu présents à la maison, entre les études ou le travail et les sorties avec les copains et copines, on les voyait peu. L’aîné, Daniel, avait la coupe de cheveux Beatles, même s’il commençait déjà à perdre ses cheveux -il a été chauve très tôt- et adorait les fringues. Il était toujours bien sapé pour sortir. Il portait une chemise à fleurs très mode, comme le chanteur Antoine ou une veste blazer avec une doublure en satin mauve, j’adorais quand il portait ces vêtements-là. Il était plutôt beau garçon, je crois qu’il avait du succès avec les filles. Le plus jeune des deux, Robert - il portait le prénom de mon oncle - avait plus de mal avec sa tignasse, il avait les cheveux ondulés tendance roux, et passait son temps à se mettre des crèmes sur la peau pour atténuer ses taches de rousseur, ça lui donnait pourtant un certain charme. Ses copains l’appelaient Bob, ça faisait plus yéyé.

Je les vénérais, pour moi tout ce qu’ils disaient était vrai, et tout ce qu’ils faisaient était bien. Et si ma mère criait après l’un ou l’autre, c’était forcément elle qui avait tort. Ils nous appelaient les petites sœurs. Aujourd’hui encore, c’est toujours comme cela qu’ils nous appellent.

Quelquefois, ils nous toléraient dans leur chambre pour écouter de la musique. Ma mère passait son temps à leur demander de baisser le son : « Baissez le son, avec votre musique de beatniks », ils ne le faisaient jamais. Ils avaient un électrophone avec un tube que l’on plaçait au centre du plateau. Ils enfilaient plusieurs disques 45 tours sur le haut du tube, des petits onglets rétractables les retenaient. Et dès qu’ils mettaient en marche, un disque descendait tout seul et le bras s’actionnait pour permettre la lecture du disque. Un par un les disques descendaient dès que le précédent était fini, c’était tout automatique, une nouveauté pour l’époque. J’ai commencé mon éducation musicale avec eux, rock and roll et chansons yéyé françaises. Daniel était toujours fourré chez le disquaire et achetait les dernières nouveautés. Beaucoup de ces disques vinyles sont chez mon beau-frère aujourd’hui, qui est un peu collectionneur. C’est dans les années 80, que je les ai récupérés pour lui chez ma mère.

J’adorais passer en revue les pochettes des disques, certaines étaient jolies. Celles que j’aimais bien c’étaient les pochettes du groupe The Turtles, des dessins en couleur de tortues en train de se trémousser. Et la pochette d’un 33 tours de Johnny Hallyday, qui était en plastique rigide avec une image qui bouge quand on change l’angle de vue. C’était mode ce genre d’images mouvantes, on en avait sur nos taille-crayons pour aller à l’école. On feuilletait leurs magazines de musique « Salut les copains ». Je recherchais toujours dans les pages le petit bonhomme dessiné en noir et blanc, Chouchou il s’appelait. On chantait et on dansait, mes frères nous apprenaient à danser le rock and roll, le twist et le jerk. Ils nous laissaient assez longtemps écouter la musique, ils ne nous viraient pas tout de suite.

Peu de temps après, nous avons eu notre propre électrophone, un modèle plus simple que celui de mes frères. On dansait les chorégraphies des Claudettes, les danseuses de Claude François, chanteur yéyé très en vogue. On tentait de porter la même tenue que les danseuses, avec ce qu’on avait bien sûr : bottes de pluie en caoutchouc, short en nylon fleuri et une corde à sauter servait de micro. On chantait tout en tentant de synchroniser nos pas de danse.

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