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Piotr, avec qui j’étais dans la division Viking dans l’enfer blanc en 1941, et avec qui j’ai subi le siège de La Rochelle en 1627 (sous une autre forme), est venu me proposer une dernière bataille. J’étais curieux, mais il m’a juste dit que, pour cette fois, je devais accepter que c’était le grand final, et que ma mort serait la dernière. Comprendre : sanctionnée par une Dissolution.

Je n’ai pas discuté, parce qu’après tout ce que nous avions vécu, après l’avoir vu mourir à plusieurs reprises à Koursk, dans un mélange de chair et de boue, écrasé par les lourdes chaînes mécaniques des chars T-34, il n’y a rien que l’on ne puisse se dire par un simple regard, autour d’une bonne bouteille de vodka. Alors, nous nous sommes juste bourrés la gueule jusqu’au petit matin.

Quand le soleil a commencé à pointer, il m’a promis que ma mort serait une de celles qui comptent. Après un dernier cul sec, je me suis retrouvé sous un ciel noir et une pluie fine, debout sur une tôle vibrante, trempé jusqu’aux os par les embruns de la Manche, à l’aube du 6 juin 1944. Au loin, je reconnus Omaha Beach.

Le salaud.

Je savais que Piotr était là bas, quelque part, grimé en nazi, confortablement abrité derrière trois mètres de béton armé, la main sur le fusil à travers la meurtrière. Alors, j’ai attendu, calmement, mais en claquant des dents. De jeunes boys vomissaient, d’autres pleuraient. Quelques-uns faisaient les deux à la fois. Sur notre gauche, une barge a explosé, ne nous arrachant qu’un dégoût crispé.

Le pilote a hurlé quelque chose d’incompréhensible, puis j’ai senti la barge frotter sur le sable. J’ai été projeté contre la porte avant, j’ai entendu les balles allemandes ricocher sourdement derrière le métal, puis la porte s’est ouverte, et nous avons tous été réduits en charpie.

Agonisant dans les vagues, tentant de garder un semblant d’abdomen en plaquant mes moignons et mes tripes contre mon tronc, je me suis laissé porter par les flots, roulant dans une eau rouge, comme ma conscience qui se noyait de l’intérieur.

Et puis, j’ai lâché prise, avec pour seul regret de n’être pas mort de la main de Piotr, lors d’un corps-à-corps sauvage dans la noirceur et l’humidité d’un bunker nazi du Mur de l’Atlantique, ouvert de bas en haut par son couteau de boucher. Mais, que voulez-vous ? Dans la vie, on n’a pas toujours ce qu’on veut, alors j’ai arrêté de penser.

Et, pour la dernière fois, j’ai glissé dans le néant, terrifié par la mort, comme au premier jour.

Dissolution.

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