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J’ai vécu l’Holocauste.

De multiples fois.

Du côté des victimes, mais aussi du côté des bourreaux. J’ai fusillé des hommes, des mères de familles et des fillettes, avant de faire rouler leurs petits corps ensanglantés dans la fosse, puis de recouvrir leurs cadavres encore chauds d’une couche de terre noire riche en humus. Avant de recommencer, encore et encore, jusqu’à terminer l’édifice multicouche le plus immonde que l’Homme ait jamais conçu.

J’ai enduré le regard de ceux qui savaient, et des petits garçons qui ne comprenaient pas. J’ai admiré le courage et la dignité de ces mères qui ont accepté leur sort et qui, parfois, se sont allongées d’elles-mêmes sur la fine couche de terre, enjoignant leurs enfants de les rejoindre, avant de leur chanter une comptine, comme pour tromper la mort et nier la barbarie. Leur victoire était toute symbolique, mais elle avait plus de sens que beaucoup d’autres éléments de ma vie d’alors.

Je sais que certains ne comprendront pas pourquoi j’ai fait ça, pourquoi j’ai choisi de vivre ces événements, et encore moins pourquoi je m’y suis livré activement et volontairement.

Mais ces gens là ne savent pas – ne comprennent pas – ce qu’est l’éternité. L’éternité, et la multiplicité. Quand vous pensez avoir tout vu, tout vécu, vous vous rendez compte qu’il y a encore tant à faire. Et, inévitablement, vous en venez à endurer – puis à commettre – les actes les plus sombres de l’Histoire (passée et à venir, réelle et inventée). Mieux, ou, pire : vous les revivez en boucle, vous les améliorez. Vous y prenez du plaisir.

Vous ne pouvez pas me taxer de sadisme, vous ne pouvez pas me coller un procès au cul pour crimes contre l’Humanité, parce que tout ce que j’ai fait est virtuel et n’est pas légiféré.

Alors, oui, j’ai tué de mes mains, via mes multiples avatars, plus de Juifs qu’Hitler n’aurait osé en rêver. Je peux même vous confier mon petit secret : j’ai accompli son rêve le plus fou, la Solution Finale. J’ai exterminé tous les Juifs d’Europe.

Deux fois.

J’ai rasé à la chaîne ces corps de femmes, pour que nos sous-mariniers puissent avoir des chaussures de qualité. J’ai arraché les dents en or, j’ai poussé les corps dans les fours, j’ai humé la fumée âcre des corps carbonisés.

Mais ce n’est pas tout. J’ai lutté des deux côtés, et j’ai été écartelé par les intérêts des nations et les besoin de la lutte partisane.

J’ai travaillé dans les camps du STO de septembre 1942 à juin 1944. J’ai été dans la Résistance – même si ce fut sans grande bravoure, et que j’ai craqué sous la torture, donnant tous mes contacts, avant d’être fusillé sous la pluie, dans une petite cour en Bretagne.

J’ai été déporté. Des centaines de milliers de fois. Plus, même. J’ai vécu le sort de tous les déshérités du ghetto de Varsovie. Je suis mort du froid et du typhus, j’ai été cannibale et cannibalisé, je suis mort de faim et de soif. Plusieurs fois, j’ai été enfourné alors même que je respirais encore. Alors je n’accepterai pas la moindre critique, car je me suis littéralement mis à la place d’autrui, j’ai mis un point d’honneur à vivre chacune des morts que j’ai infligées, et même plus encore.

Je me souviens aussi avoir contribué au démantèlement de l’Allemagne nazie, je me souviens avoir été celui qui a porté le coup final à ce pseudo millénaire qui ne dura que douze ans.

Je me souviens avoir réussi à infiltrer le cercle d’Hitler, d’abord pour l’assassiner, avec réussite une douzaine de fois, toujours d’une façon différente et, je dois le dire, assez artistique.

Et puis, une fois, pour le convaincre de ne pas provoquer la guerre, d’arrêter les persécutions, de tenir tête aux Italiens et aux Japonais, de s’engager auprès de Franklin D. Roosevelt. J’ai fait de lui un pacifiste et un humaniste de premier plan. Il avait renoncé à son idée de base, qui était qu’après quatre mille ans de ces gens-là, il était temps que quelqu’un intervienne et tente quelque chose. Pour accomplir ce retournement historique – jamais réédité, du moins à ma connaissance, dans le monde des Copies –, j’ai étudié le contrôle mental et la manipulation auprès des plus grands psychiatres et spécialistes de l’esprit et des neurosciences, des illusionnistes et des chamans, des charlatans et des gourous.

Et puis, je l’ai tué. Encore. Avec un mélange de gaz moutarde de 1918, de cyanure et de Zyklon B. La boucle était bouclée.

Ne me demandez pas pourquoi. Probablement parce que j’en avais envie, tout simplement. Parce que la vie n’a aucun sens.

Et, rendez-vous compte : le monde a pleuré la mort d’Hitler.

Zap.

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