Chapitre 5 : Le CosmosPolitain (Partie I)

4 minutes de lecture

Le restant de la semaine ce déroula sans encombre. Eléanore avait apprit plus en cinq jours avec monsieur Lindberg, qu'en vingt semaines de stages chez l'autre pervers de Kelerman. Ce vieil homme était un puit de connaissance sans fond, en plus d'être un super pédagogue.

Elle avait dû se résigner a investir dans un vélo pour se rendre au cabinet, elle mettait trop de temps à pied et les transports en communs n'étaient plus une option. Cela avait l'avantage de lui faire faire de l'exercice tous les jours, sans devoir se lever à l'aurore.

La jeune femme rentrait à peine de sa journée exténuante elle n'aspirait qu'à une chose : dormir ! Elle avait pratiquée une splénectomie sur un chien qui avait bien failli mal terminer. Une hémorragie c'était déclarée, compliquant encore plus l'opération. Elle avait été aussi terrifiée qu’excité, tout c'était passé si vite, ses mains assurées avaient gérées parfaitement la situation sans que son patron ai eu à intervenir. Eléanore et Corinne, l'assistante vétérinaire, formaient un bon duo au bloc, elles géraient parfaitement les crises comme celle de ce matin.

Arrivée dans son appartement, elle s'affala sur le canapé, écrasant au passage Laurette qui devait faire sa troisième sieste de la journée.

- Léa tu m'écrases avec tes gros nénés ! vociféra Laurette.

- Tu n'avais pas qu'à être sur mon chemin, tu veux que je te rappelle c'est qui qui travail ici ? Alors du vent ! Ou tu mourras étouffée le nez dans ma poitrine, pouffa Eléanore.

- Je suis certaine que des millier d'homme tueraient pour être à ma place, répondit son amie tandis qu'elle se débattait pour s'extirper du canapé.

Elle finit par sortir vainqueur de son combat contre Eléanore, toujours inerte sur le canapé, qui était bien décidée à ne plus y bouger de la soirée.

- Hey la zombie ! Tu compte passer ta soirée affalée dans le canapé ? lança Laurette à l'encontre de sa zombie-coloc'.

- Regardes toi de plus près et on verras c'est qui le zombie de nous deux, morue.

Laurette ignora sa remarque et s'étira comme un chat, trop fière pour l'admettre. Sa dégaine faisait peine à voir, elle avait passée son vendredi à lire des magasines sur les nouvelles tendances cosmétiques. Ses cheveux blonds était enserrés en un chignon où de nombreuses mèches bouclées s'étaient échappées. Elle portait une t-shirt beaucoup trop grand tâché de café et autres substance indéterminées.

- Dis ma poule, ça te tente de bouger ce soir ? J'ai envie de boire un coup ! proposa Laurette.

- Oh non je suis crevée, demain soir si tu veux, râla Eléanore.

- Si tu dis oui, on ira au Cosmos...

- Adjugé ! dit-elle. Elle était rarement difficile à persuader quand il s'agissait de sortir en ville, surtout pour aller au Cosmos. Mais avant toute chose, je me lave, c'est une véritable infection. Pendant ce temps prépares un truc à manger, je meurs de faim !

Laurette acquiesça, trop heureuse de sortir en ville pour rechigner à la tâche.

Eléanore prit le temps de bien frotter pour faire disparaître cette odeur immonde. Un furet avait déglandé lors d'une consultation cette après-midi, l'odeur était semblable à celle qu'une moufette pouvait émettre : ignoble !

Travailler lui réussissait, elle n'avait plus le temps de grignoter et ses trente minutes de vélo matin et soir commençait à lui raffermir les cuisses et les fesses. Pourtant cela ne faisait qu'une semaine, mais c'était tant mieux pensa-t-elle, depuis le temps qu'elle avait envie de se raffermir tout ça. Elle continua à observer son corps dans le miroir de la salle de bain. Eléanore avait la chance d'avoir un peu de poitrine et l'incendie avait, par bonheur, épargné cette zone. Elle commençait à peine à assumer son corps, elle avait tendance à stocker dans ses hanches, créant chez elle un gros complexe. Comme beaucoup de femmes, elle a longtemps été victime du culte de la maigreur, alors qu'elle était loin d'être en surpoids. Bref, une femme en bonne santé, avec ses qualités et ses défauts.. Cela avait mis du temps, mais maintenant elle prenait le temps de se regarder et de mettre son corps en valeur dans des tenues sexy.

Une odeurs divine fit sortir Eléanore de la salle de bain. Elles engloutirent un énorme saladier de pâtes à la carbonara chacune avant d'aller se faire une beauté. Les deux amies mirent deux heures pour être fin prêtes. Les cheveux de Laurette étaient une plaie à coiffer et Eléanore avait dû s'y reprendre à plusieurs reprises pour bien appliquer son nouveau rouge à lèvre, carmin, qui formait un duo ultra sexy avec ses cheveux noirs. Son amie lui avait fait une magnifique tresse en épi du blé sur le coté. C'était rare qu'Eléanore accepte que Laurette touche à ses cheveux.

Elle se remémora le lendemain de son arrivée à l'orphelinat. Ses cheveux avaient subit de gros dégâts dans l'incendie. Laurette lui avait proposé d'arranger cela, vantant ses compétences de coiffeuse hors pair. La nouvelle arrivante avait finit avec une coupe ultra courte, à tel point qu'on aurait pu penser qu'elle était un garçon. Elle avait dû attendre plus d'une année pour que ses cheveux atteignent une longueur acceptable.

Le plus compliqué fut de choisir une tenue adéquate, pas trop sexy ni trop mémère, tout en étant adaptée à la météo changeante du jour. Autant dire que c'était impossible. Laurette opta pour une robe noire, à manches longues, accompagnée d'un gros collant opaque rouge, qui mettait joliment en valeur ses jambes grâce à un liseré noir derrière. Quant à Eléanore, elle se décida pour un jean noir et un haut rouge à dos nus. Les deux filles s'étaient faites un petit délire en s'accordant au niveau des couleurs.

Elles partagèrent un petit shot de rhum et partirent à pied en direction du Cosmos.

Annotations

Recommandations

Tom Men

 Après avoir quitté Ner Doral pour s'enfoncer dans les entrailles du monde, l'unité de Cole avait longuement arpenté les étroits passages sous la montagne. Creusés par les nains plusieurs millénaires auparavant, certains étaient si étriqués que les plus robustes des soldats avaient du mal à se frayer leur chemin. Au contraire, d'autres étaient tellement démesurés que la lueur des torches ne parvenaient pas jusqu'au plafond. Les discussions allaient bon train, tergiversant sur comment des êtres aussi petits pouvaient bien forer d'aussi grands tunnels.
 L'exploration des sous-sols de l'Afirat dura plusieurs jours. Cole, toujours à la tête de l'expédition, ne faisait que suivre son instinct. Il n'y avait aucune indication, aucune façon de savoir si la direction qu'ils prenaient tous était la bonne. Il se contentait de prendre les volées de marches qui descendaient vers les profondeurs. Quelques uns, dont Kairo, avaient beau lui demander s'il savait où il allait, Cole se limitait à un simple hochement de la tête.
 La route vers Khughbur était finalement plus compliquée qu'un simple escalier reliant la capitale des nains à la surface. Parfois, les soldats atteignaient quelque salle si vaste qu'elle aurait pu abriter un village de bonne taille et quelques champs. Le sol et les murs étaient souvent proprement rabotés, plus lisses que les pierres taillées réservées à un chantier d'agrandissement de palais. Si de l'eau coulait le long des parois, elle était toujours d'une grande pureté et permettait aux hommes de Cole de se rafraîchir et de remplir les gourdes. Bien que boire n'était pas un problème, les soldats se plaignaient de plus en plus du manque de nourriture. L'humeur générale se dégradait à mesure que le groupe avançait vers Khughbur.
 L'unité parvint à rejoindre la capitale après une longue semaine de marche. Cole s'était attendu à découvrir la plus grande caverne du monde, si large qu'il était impossible d'en voir les parois. Il avait espéré trouver une cité aux bâtiments titanesques tout en pierre, aux statues d'anciens héros nains dont on parlait dans les livres et aux fontaines, arches, ponts et autres sculptures à la splendeur inégalée.
 Khughbur n'était qu'un vaste tas de ruines. Tout ce qui avait un jour été construit ici avait été réduit à l'état de gravats. La ville n'en avait que le nom, le reste n'étant désormais que décombres et poussière. Le vent assourdissant qui s'infiltrait et résonnait dans la caverne soulevait d'épais nuages de particules, faisant pleurer et tousser les visiteurs.
 D'un signe de la main, Cole dispersa ses hommes. Kairo attendit qu'ils soient seuls pour se mettre à son niveau. Côte à côte, leurs regards balayèrent les vestiges.
— Une tempête n'aurait pas pu causer autant de dégâts, lança Cole avant même que son ami ne prenne la parole.
 Kairo éclata d'un rire franc et fut prit d'une quinte de toux sèche. Il se débarrassa de la poussière ingérée en buvant une longue gorgée d'eau.
— Évite de t'étouffer, j'ai besoin de toi, plaisanta Cole.
— Je trouve fou que tu arrives à lire dans mes pensées comme ça. Bon, qu'est-ce qu'on fait ?
 Cole ne trouva aucune réponse. Il avait misé toutes ses chances de retrouver la garnison de Ner Doral à Khughbur. Mais la ville n'existait plus, et cela depuis probablement des dizaines d'années. Peut-être même des centaines. Il lui restait un goût amer dans la bouche : celui de n'avoir rien à rapporter avec lui à Dhilia. Kairo se rapprocha.
— Elamin va te massacrer si on retrouve pas les disparus.
— Tu ne m'apprends rien. Donne-moi plutôt une idée.
— Ils sont peut-être plus bas encore.
 Accompagné la parole d'un geste, il pointa deux soldats qui se dirigeait vers le fond de la caverne. Au loin, on distinguait deux grandes portes, du moins ce qu'il en restait. L'une d'elle avait été dégondée et s'était effondrée à l'intérieur de la ville. Il manquait une bonne partie de l'autre, explosée comme si un canon à la puissance phénoménale avait voulu la détruire. De nouvelles ténèbres, dissimulant probablement de nouveaux escaliers, s'échappaient du tunnel que le portail scellait jadis.
 Cole resta en hauteur une ou deux heures. Ses soldats explorèrent les décombres de Khughbur à la recherche de quoi que ce soit d'intéressant : de l'eau, des hommes, des indices. Il n'avait trouvé que pierre, poussière et ossements en quantité. Ceux de nains morts il y a bien longtemps. Les dhiliens se rassemblèrent autour de leur chef pour obtenir de nouveaux ordres. Le chevalier royal avait beau réfléchir, il n'avait aucune autre piste. Aussi, et surtout en désespoir de cause, il se replia sur l'idée de Kairo. Le groupe se dirigea donc vers les grandes portes abattues.
 Les recherches durèrent trois jours de plus. Les hommes traînaient les pieds toujours plus. Cela faisait dix jours qu'ils n'avaient pas vu la lumière du soleil. À cette pensée, Cole se demanda même s'ils avaient vraiment passé autant de temps dans les interminables tunnels. Estimer l'heure était un véritable défi sans lumière naturelle. Peu importait. Tout ce qu'il avait en tête, c'était de se racheter auprès du roi en menant cette mission à bien.
 Ce fut un mystérieux tremblement de terre qui attira son attention. Très léger, survenu pendant son quart de garde, il avait presque cru rêver en sentant la terre vibrer sous ses pieds. Ça n'avait duré qu'une poignée de secondes, mais ce fut suffisant pour comprendre qu'il y avait de la vie non loin. Une secousse si brève ne pouvait être causé que par d'intenses explosions de poudre. Une mine active se trouvait dans les environs, à quelques heures de marche seulement. Le chevalier royal patienta jusqu'au lendemain pour reprendre la route. Il n'y avait pas de raison de se presser et les hommes auraient rechigné à la tâche comme des enfants à qui on demande de l'aide pour dresser la table.
  Ils reprirent ainsi la route en suivant les longs couloirs vides qui couraient dans la montagne. Plus ils avançaient, plus ils descendaient. Cole ignorait combien de marches ils avaient foulé. Deux, trois milles, estima t-il, sans savoir à quel point il était proche de la vérité. Il se surprit à vouloir remonter à la surface. Son esprit vogua du regard terrifiant du roi jusqu'à celui plus affectueux de la princesse Asena. Il espérait qu'elle s'était remise de ses émotions et que sa blessure ne lui apportait aucune difficulté. En y pensant, le chevalier royal se sentit plus responsable que jamais et baissa la tête, en signe de résignation.
 Son pied dégagea une petite pierre bleutée. Cole s'écarta du chemin et alla ramasser le caillou. C'était une gemme azurine, de la taille d'un pouce. Elle rayonnait comme si une luciole était emprisonnée à l'intérieur. Kairo lui posa sa main sur l'épaule, le tirant de sa rêverie.
— Je me demandais quand tu allais remarquer.
 Cole leva les yeux et découvrit, à divers endroits dans la roche, de petits gisements de ce cristal lumineux. Un instant, il n'arriva pas à croire qu'il ne les avait pas remarqué, jusqu'à ce que Kairo lui explique qu'il avait le front tellement plissé que personne n'avait voulu se risquer à le déranger.
— Ça fait bien une heure qu'on en trouve partout.
— Tu sais ce que c'est ?
— Si c'est ce que je pense, les haléens appelent ça de l'overelveya. Une idée ?
— Jade des vénétiens. C'est extrêmement rare.
— Et extrêmement cher, ajouta Kairo. Un morceau de cette taille-là doit bien valoir six mois de soldes.
 La voix de Kairo résonna jusqu'aux oreilles des soldats, qui s'arrêtèrent chacun leur tour de marcher avant de se tourner vers eux. L'appât du gain apparut rapidement sur leurs visages, assombris et creusés par la fatigue et la faim. Cole voulut s'empresser de leur interdire de se servir et sa main se dirigea inconsciemment vers son épée pour les empêcher de détruire tous les cristaux des environs. Puis, voyant les étoiles dans leurs yeux, il capitula.
— Soyez raisonnables, par pitié. Environ une once par personne. Je vous fouillerais dès que nous sortirons de cet enfer.
 Les soldats se jetèrent sur les parois, extirpant à mains nues leur maigre butin. Kairo s'abstint, tout comme Cole, qui envisagea une seconde de garder celui qu'il avait entre les doigts. Il se dit qu'il pouvait servir de cadeau pour le roi. Puis il se ravisa : jamais il ne pourrait racheter son imprudence, même avec toute la jade qu'il pourrait trouver. Il tendit sa pierre à Kairo.
— Tu pourras offrir une nouvelle bague à Kirris, en t'excusant de t'être enfui pour me suivre.
 Kairo s'apprêta à lancer une de ces répliques cinglantes dont il avait le secret quand une détonation fit trembler les murs. L'explosion avait eu lieu à proximité, ce qui fissura le plafond. Quelques grosses caillasses se décrochèrent de la roche pour s'écraser au milieu des soldats. Cole fut le plus prompt à stabiliser sa posture et releva son regard, prêt à éviter toute nouvelle chute de pierre.
 Quand la secousse s'arrêta, les soldats attendirent les instructions. Ils n'étaient plus très loin de ce qu'ils cherchaient. Sans un mot, Cole désigna la direction qu'ils suivaient depuis plusieurs heures. Après seulement cinq minutes, les dhiliens débouchèrent dans une mine de jade des vénétiens. La cavité était parsemée de larges piliers de pierre, comme de colossales stalactites et stalagmites qui s'étaient unis des millions d'années plus tôt. Les colonnes et le plafond étaient recouvert de gisements d'overelveya et illuminaient toute la grotte d'un bleu turquoise diffus.
 Certains piliers étaient entourés de passerelles en bois, disposées sur plusieurs niveaux, afin de permettre aux mineurs d'extraire les cristaux. Les bruits des pioches résonnaient si forts dans toute la caverne que Cole eut l'impression qu'elles s'abattaient à côté de ses oreilles. Tous les sons étaient amplifiés : on entendait le bruit de brouettes pleines à craquer, les discussions animées de quelques ouvriers, un contremaître qui hurlait ses ordres en les accompagnant de divers jurons plutôt fleuris. Rester discret pouvait s'avérer être la tâche la plus aisée du monde, comme la plus difficile : il fallait particulièrement bien gérer le bruit.
 Cole, Kairo et deux soldats grimpèrent sur un monticule pour avoir une vue d'ensemble de la mine. La lueur des cristaux, mêlée à la poussière flottant dans l'air, empêchait de voir le fond de la grotte. Elle prenait même le dessus sur les centaines de torches qui étaient éparpillées un peu partout. De là où ils se trouvaient, ils comptaient une douzaine de colonnes. Trois avaient été déshabillées de leur cristaux, quatre étaient en plein effeuillage, et les autres attendaient leur tour, un peu plus loin. Des hommes poussaient ici et là leurs chariots.
— Ce sont nos soldats ? murmura Cole.
— Impossible à dire, Sire.
 Le chevalier royal observa la scène quelques instants et désigna un travailleur isolé que personne ne surveillait.
— Redescendez et amenez-moi ce mineur. Et faîtes-vous discret. Si nous avons affaire à une entreprise illégale, je préfèrerais ne pas attirer l'attention des contremaîtres.
— Pas tout de suite, en tout cas, corrigea Kairo après que les deux soldats soient partis. Je te connais. Si ce sont des esclavagistes, tu vas vouloir leur faire la peau.
 L'haléen faisait référence aux griefs que Cole avait à l'encontre du sergent Randal. Il n'avait jamais eu l'occasion de lui faire payer ses innombrables sanctions. Depuis, Cole avait développé une haine intarissable pour ceux qui profitaient de la faiblesse des autres et qui exploitaient l'homme pour le plaisir ou pour leur profit personnel.
 Cole redescendit avec Kairo et ils attendirent quelques minutes que les deux soldats envoyés reviennent. Ils réapparurent rapidement avec le mineur. Sur son visage se lisait un mélange de surprise, d'excitation et d'infinie gratitude. Il porta des yeux exorbités d'étonnement et se dirigea, chancelant comme un vieillard, vers le chevalier royal.
— Vous êtes venus pour nous ? demanda t-il, la voix tremblante.
— Toute la garnison de Ner Doral se trouve ici ?
— Oui, Sire. Quelques uns sont morts d'épuisement. Ils se sont débarrassés des corps.
— À quoi doit-on s'attendre ?
— Des nains. Une cinquantaine.
— Cinquante nains ont réussi à capturer les deux cents soldats de la citadelle ? gronda Cole à voix basse.
— C'est ça qui t'étonne ? demanda Kairo, coupant la parole au prisonnier. Pour ma part, c'est de voir des nains forcer des humains à creuser à leur place.
 Le chevalier désigna deux nains, sur l'une des passerelles. Ils passaient un dhilien à tabac. Les autres mineurs aux alentours détournaient le regard et se concentraient sur leur travail. Cole se sentit bouilloner de rage. Il dégaina son épée et serra la garde à s'en faire saigner les doigts.
— Éliminez-moi toute cette vermine, siffla le chevalier entre ses dents.
1
0
0
9
Défi
roland maille
Oui, c'est vrai , je l'avoue, je suis gourmand! pas vous?
6
8
0
0
BEE

Quand j’étais plus jeune, j’aimais le cul. J’aimais le cul plus que tout au monde je crois. Certaines personnes développent une passion pour le sport, les jeux-vidéos, la lecture ou le tricot, moi c’était le cul.Je ne sais pas d’où m’est venu ce goût pour le cul. Si un psychiatre m’avait examiné à cette époque, il aurait certainement trouvé au plus profond de mon subconscient des traumatismes issus de mon enfance, un complexe d’œdipe mal résolu, une forte carence affective ou alors un choc neurologique, un quelconque dommage dans mon cortex pré-frontal – comme la fois où je me suis pris une balle de baseball en pleine tête pendant un match à l’école primaire et que je suis resté bien dix minutes inconscient ? – et m’aurait prescrit des médicaments ou un séjour dans un monastère shaolin.
Oui j’aimais le cul. Et l’alcool aussi. Et le poker. Et les bastons de rue. Et fumer des cigares. J’étais un gros beauf en fait, une mauvaise caricature de Tyler Durden – les abdos en moins. Mais j’étais heureux. Savez-vous ce que ça fait de vous réveiller chaque matin aux côtés d’une nouvelle nana, dans un pieu qui n’est pas le vôtre, dans un quartier différent de la ville après vous être bourré la gueule jusqu’à l’aube et avoir gagné – ou perdu – des fortunes sur un brelan ou une double-paire ? Non bien sûr vous ne pouvez pas le savoir. On vous a mis en tête que tout ça c’était mal, qu’il fallait une vie routinière, la sécurité de l’emploi, une famille, un environnement stable.
J’en ai connu des culs. Des culs arabes, des hispaniques, des pâles, des bronzés, des maigres, des décharnés, des gros, des chinois, des philippins, des créoles, des culs de trans, celui d’un travelo une fois je crois, des français, des slovènes, des suédois, des trous du cul…
Les bien-pensants diront que ce n’est pas une vie, qu’un jour il faut grandir, entrer dans le monde adulte, se trouver un boulot, un vrai boulot – comme postier ou cuistot – et arrêter de glander, de rêver, et peut-être qu’ils auront raison, peut-être que c’est eux qui détiennent la vérité, la parole divine et absolue… Ou peut-être pas. Je n’ai jamais su en fait. Je sais juste qu’à une époque, j’étais accroc au cul et que je m’amusais bien.
0
0
0
2

Vous aimez lire Fanny ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à Scribay !
Sur Scribay, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
0