79 : T'as rêvé, Mec !

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Les Bobs ont cessé de nous poursuivre à l'approche du fumarium des 62P. Le tumulte avait attiré l'attention d'autres teufeurs :

« C'est quoi, ce bordel ?

— On peut vous aider ?

— Vous n'avez pas honte de vous en prendre à des vieux ? »

Quand on s'est engagés derrière les bâches, les possédés avaient subitement changé d'adversaires. Un coup d'œil en arrière m'a donné un aperçu de la nouvelle débâcle. Des gens de tous âges et des deux sexes leur faisaient barrage, attrapant certains par le col. Buttant contre une motte de terre, je me suis étalé de tout mon long. Érig, passant par-là, s'est accroupi pour me saisir sous l'aisselle :

« Ça va ? »

J'ai répondu en me relevant :

« Ouais, ouais ! »

Les Bobs rescapés s'éparpillaient dans tous les sens. La bataille était terminée. Nos sauveteurs de dernière minute, inconscients de qui ils étaient en train de secourir, escortaient les éclopés vers la sortie du teknival, probablement vers le stand des secours. Boîtant, se tenant les membres endoliris, épaules démises et bras cassés, les possédés se laissaient emmener de bonne grâce, soutenus par des bonnes âmes qui n'avaient aucune idée de ce qui venait de se dérouler en ce lieu.

Tiburse et le Capitaine sont arrivés en même temps au caisson insonorisé. Le bâtiment parallélépipédique en bois se dressait encore devant les arbres, sous les étoiles, sombre, à peine visible si on n'y faisait pas attention, d'autant que... les ressorts lumineux multicolores qui lui servaient de fondations à mon arrivée avaient disparu. Le marchepied était toujours là, mais le caisson flottait dans le vide, à un mètre du sol.

Lolo a ouvert la porte, jeté un œil à l'intérieur :

« Ça va, y'a personne ! »

Il s'est effacé pour laisser passer le grand-père, sautant du marchepied. Il s'est penché en avant. Se tenant du bras gauche au mur de la construction, il a enfoncé les doigts de la main droite dans sa gorge et s'est mis à vomir, tandis que, à la queue leu leu, nos amis et les petits vieux pénétraient à l'intérieur. Je suis resté avec lui. Un peu dégoûté mais je sentais qu'il avait besoin d'un soutien. Et puis, j'étais curieux :

« Ils sont passés où, les ressorts ? »

Il s'est redressé au-dessus de sa flaque de gerbe. S'essuyant la bouche du revers de la main :

« Quels ressorts ?

— Les fondations en serpentins que t'as moulés, en matériau composite, pour absorber les vibrations. Une invention à toi ! »

Il m'a regardé, incrédule :

« Tu te fous de moi ? »

Je savais pas quoi répondre. Il a repris :

« C'est archaïque, ça ! »

Il a sorti une lampe torche de son futal, grommelant :

« Des ressorts comme fondations, non mais, on n'est pas à la préhistoire ! »

Éclairant le dessous du caisson :

« Pourquoi pas des colonnes en Chamallow, tant qu'on y est ? »

À la place des plots en béton, je distinguais des disques métalliques, alignés en rangs dans l'herbe. Au-dessus d'eux, d'autres leur faisaient face, collés au fond du caisson.

« Ça, mon vieux, pérorait Lolo, c'est de la sustentation magnétique. »

Se redressant, il a éteint sa lampe et l'a rangée dans sa poche. Il a plongé son regard dans le mien, posé une main couverte de gerbis sur mon épaule et, d'un air navré :

« T'as rêvé, Mec. Y'a jamais eu de ressorts. Mais t'as raison sur un point : c'est une invention à moi. On y va ? Les autres nous attendent. »

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