77 : Avaler la Pilule

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Du coin de l'œil, j'ai vu Lolo ranger ses lunettes dans une poche de son pantalon, d'un geste vif, mais précis, comme s'il avait l'habitude de ce genre de situation. L'instant d'après, c'était la cohue totale. Je savais pas me battre, moi !

J'ai rendu les coups comme je le pouvais. Un direct par-ci, un coup de pied par-là, mais ils étaient trop nombreux ! On se battait contre une fourmilière ! Heureusement, j'avais Worf pour m'épauler. Chaque fois que je prenais un coup, il sautait sur mon adversaire, attrapant bras et jambes entre ses crocs.

Au bord de mon champ de vision, Érig et Célime semblaient engagés dans une chorégraphie artistique, faisant voler les teufeurs par-dessus leurs épaules. Tiburse, quant à lui... c'était carrément brutal. À mi-chemin entre le judo et le karaté, comment faisait-il sans ses binocles ? Je l'ai vu attraper le bras d'un mec en survêtment gris et CRAC ! Je l'ai entendu se briser par dessus la tekno environnante. Le gars s'est mis à hurler. Distrait, je me suis pris un pain en pleine tronche. Titubant, j'ai vu le chien, une fois de plus, se jeter sur mon agresseur... une fille ! Elle s'est retrouvée sur le dos, les cheveux roux éparpillés dans l'herbe, Worf sur la poitrine. C'était Maud ! Reprenant mes esprits, je me suis retrouvé face à Marco. Surpris, j'ai eu un mouvement de recul, juste le haut du corps. Pendant une fraction de seconde, je me suis retrouvé la veille, derrière le son des Ole Mecs, après ma bagarre contre les lapins ninjas. MOI C'EST BOB ! résonnait sa voix dans ma tête. Alors mon buste s'est détendu comme un ressort, vers l'avant, et je lui ai rendu son coup de boule. Il s'est vautré, le cul par terre, alors que je titubais, la tête en feu.

CRAC ! Hurlait la guibole d'une meuf entre les mains de Lolo alors qu'il la faisait tourner autour de son bras comme au rock acrobatique. J'ai brièvement vu une culotte blanche sous une jupe kaki. Inutile de dire que l'instant n'était pas à l'excitation sexuelle. Titubant, les mains sur le front, j'ai hurlé plus fort qu'elle :

« Je croyais qu'on cassait rien à l'aïkido ! »

Il m'a répondu en balançant un atémi dans la poitrine d'un mec torse nu :

« C'est un sport de fillettes, ça l'aïkido ! »

Il lui a attrapé la tête des deux mains. Levant une jambe, il l'a fracassée sur son genou et :

« Le jujitsu, y'a que ça de vrai ! »

Mais moi, je savais pas me battre. J'ai senti qu'on m'attrapait les bras par derrière. Où était Worf ? Je l'ai alors vu, étendu, deux mètres plus-loin... ils avaient réussi à l'assomer ! ou peut-être pire. Je pouvais pas me défaire de cette étreinte. Ni même voir le visage de mon assaillant. Je n'ai pu qu'assister à la défaite de mes amis. À cinq contre... trente ? Quarante ? On avait aucune chance.

À leur tour ils se sont retrouvés immobilisés, tenus chacun par au moins deux adversaires. Je me sentais un peu minable.

Autour de nous, des possédés se roulaient par terre, mecs et meufs gémissant de douleur, serrant leurs membres déboîtés, voire même cassés. Mais il en restait trop.

Ils nous ont alignés de force, comme pour constituer un peloton d'exécution. Worf était inconscient, à nos pieds, mais je le voyais respirer.Tous les Bobs se sont rassemblés derrière nous, sauf trois. Marco s'est avancé, flanqué de Katel et du géant chauve en treillis. Tel un général passant son armée en revue, il s'est planté devant Célime, puis devant Érig. Son front rougeoyait, présageant une bosse à venir. Souriant, il a décidé :

« Vous, on ne peut rien pour vous. Vous êtes déjà investis ! »

Puis il s'est placé devant Lolo et moi, en quinconce. Souriant de plus belle :

« Mais vous... »

Dans un geste rappelant Moïse séparant la mer Égée en deux, il a levé les deux bras vers nous, paumes vers le haut. Un minuscule lapin blanc était posé de profil dans chacune de ses mains.

« Je vais vous faire avaler la pilule ! »

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