71 : T'as déjà pensé à faire calculer ton QI ?

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« T'as déjà pensé à faire calculer ton QI ? »

J'ai regardé Doc, incrédule. Qu'est-ce qu'ils avaient, tous, avec mon QI ?

« On n'arrête pas de lui demander, a soupiré Worf, à mes pieds, mais je suis sûr qu'il prend ça pour une blague. »

J'ai crié :

« Évidemment que c'est une blague !

— Pourquoi ? m'a demandé Célime.

— Mais parce que je réussis à rien ! »

Je les ai regardés à tour de rôle...

« J'ai eu mon BAC du premier coup mais de justesse, sans mention. S, pour faire plaisir à mon père. Mais moi, je voulais faire de la musique ! Je me débrouille au piano et à la guitare. Et j'écris des chansons. Sauf que voilà, c'est pas un vrai métier !

— C'est ton père qui dit ça ? s'est enquis Doc.

— Ouais, et alors ? J'ai échoué lamentablement en fac de sciences. Alors je suis parti en fac de lettres, où je me suis planté aussi. J'en suis à faire des stages de secrétariat parce que, grâce au piano, je tape très vite au clavier, un vrai virtuose ! Alors vous foutez pas de moi avec mon QI, je sais qu'il vole au raz des pâquerettes.

— Non ! s'est insurgé Doc. »

Se massant le menton d'une main, il a insisté :

« Laisse-moi deviner à mon tour. À l'école, tu as toujours obtenu la moyenne en ne faisant rien ?

— Comment ça, rien ?

— T'as déjà fait tes devoirs ? Appris tes leçons ?

— Non.

— T'as survécu en ne retenant que le strict minimum pour ne pas échouer. Pourquoi ? »

C'était une bonne question. Pourquoi ? Si j'avais dû y réfléchir...

« Mon attention était attirée par d'autres problèmes.

— Lesquels ?

— Je sais pas, moi, au choix ! Les bombasses de l'école dont je tombais amoureux ou les petites brutes qui me faisaient sentir à quel point j'étais pas assez bien pour elles ! »

Avec un sourire, il a conclu :

« T'avais un cœur d'artichaud et une certaine propension à la colère ? »

Jamais encore on ne m'avait résumé de façon aussi concise. Le vieux savant s'est penché jusqu'à coller son pif au mien. Avec une pure haleine d'absinthe, il m'a souffé au visage :

« Tu serais pas bipolaire, toi ? »

J'ai répondu avec un mouvement de recul :

« Non ! C'est des conneries, ça ! T'façon, j'ai même pas trente ans !

— Quel rapport ?

— C'est là que ça se déclare, non ?

— Pas du tout ! On s'en rend souvent compte très tard, parce que dans la plupart des cas, il faut des années d'échecs pour s'en apercevoir. »

Moi, bipolaire ? Je ne croyais même pas en cette maladie. C'était juste un mot inventé pour mettre dans un panier des folies que personne n'arrive à comprendre. Le laboratoire s'est mis à tanguer autour de moi. La tête de Doc pulsait comme un ventricule cardiaque. J'ai dû m'appuyer sur l'établi pour pas tomber. J'ai senti qu'on me rattrapait... Célime m'a accompagné jusqu'au pouf au coin opposé à celui d'où Bob nous comtemplait, toujours ficelé et les oreilles bouchées, sur la couche du chien.

Je me suis affalé comme une vieille loque. Doc me tendait de l'eau dans un gobelet en papier. J'en ai bu une gorgée puis deux, puis trois... ça allait mieux ! Ça tanguait moins, tout-à coup.

Moi, bipolaire ? Quelle idée incongrue ! C'est alors que Doc m'a demandé :

« Pourquoi tu te drogues ?

— Pardon ?

— Pourquoi est-ce que tu te mets de telles perches ? »

Je trouvais la question idiote.

« Mais pour le fun ! Pour m'amuser, quoi !

— Ah ouais ?

— Mais oui !

— T'es sûr que c'est pas plutôt pour gommer tes émotions, tellement t'en peux plus d'être hypersensible ? »

C'était comme une gifle en plein visage. Il me scrutait, l'œil inquisiteur. J'ai rétorqué :

« Et toi ?

— On parle pas de moi, là !

— C'est quand-même toi qui m'a abreuvé de LSD !

— Je t'ai pas forcé ! »

Son regard s'est adouci...

« Je te juge pas ! »

Et il a ajouté :

« Mais je suis sûr que tu vaux mieux que tu ne le penses. »

Pour être honnête, là, je savais plus quoi penser.

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