69 : Je vote pour la Distorsion 13

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D'une démarche altière, Célime a dépassé le labmobile de Doc sans même y accorder un regard. Elle a ouvert la porte du camping-car et je suis monté derrière elle. Le mec en jean et t-shirt noirs nous y attendait, assis sur l'une des banquettes, dos au siège conducteur. Il était saucissonné par une corde de tractage blanche arborant des points rouges la remontant en spirale. Devant la penderie veillait Worf, assis sur son arrière train. Mon amie s'est assise face au gars. Les avants bras posés sur la table, elle m'a invité à la rejoindre d'un signe de tête. J'ai fermé la porte et je me suis posé à côté d'elle.

Elle est restée un moment sans rien dire, le regard plongé dans celui du prisonnier, sous la lumière faiblarde du plafonnier surplombant la fenêtre. Finalement, elle a sorti un sachet en plastique d'une poche de sa tunique. Elle en a extrait deux petites boules blanche... allait-elle les lui faire avaler ? Non. Se penchant au-dessus de la table, elle les lui a collés de force dans les oreilles. Des boules Quiès ! Il a résisté un brin, mais elle avait de la poigne !

Puis, se redressant, elle a lancé au chien :

« On commence par toi. Comment ça se fait que tu parles aux indigènes ? »

Il a jeté un regard vers moi et :

« Bah, heu... il est au courant. »

J'ai ajouté :

« Alors c'est vrai, vous venez du futur, vous aussi ? »

Elle a poussé un soupir :

« Oui c'est vrai, mais c'est toujours moi, Célime. On peut encore se tutoyer. »

À l'attention du clebs :

« Je ne comprends pas. Il n'est pas censé être au courant. Érig était catégorique. »

J'ai précisé, sarcastique :

« Il paraît que je suis un élément indéterminé. »

Une idée m'a soudain traversé l'esprit :

« Pourquoi Érig ? Toi aussi, tu devrais t'en souvenir, non ? »

Elle a éludé :

« Peu importe. Tu sais ce que ça signifie ?

— Oui. Il faut pas que j'en parle à qui que ce soit. Jamais. Même pas à vous. »

J'ai ajouté :

« Enfin... aux vous de maintenant.

— C'est ça. »

Croisant les mains sur la table, elle a changé de sujet, portant son attention au mec ficelé devant nous.

« Et lui ? Il s'est passé quoi, dans l'espace détente ? »

J'ai fait, étonné :

« Vous étiez là, non ?

— Après, avec les deux autres. Les filles qui se sont barrées. Qu'est-ce qui s'est passé ? »

Je sentais encore pulser mes bijoux de famille. Alors je lui ai raconté :

« Quand il les a touchées, elles ont gerbé. Après, elles se sont levées pour partir. J'ai essayé de les rattraper mais l'une d'elles s'est retournée. Elle m'a filé un coup de pied dans les burnes en criant "Je m'appelle Bob" et elles sont parties, c'est tout !

— Comme pour les autres.

— C'est ça ! »

Elle a poussé encore un énorme soupir...

« Bob ! »

Après quelques secondes de réflexion, elle a finalement lâché :

« Est-ce qu'il a investi des gens qui devaient se rendre à ce teknival ? Combien d'entre eux ?

— C'est impossible, a répondu Worf. On s'en serait rendu compte.

— Alors quoi ? »

Sur le moment, j'ai trouvé que pour des gens du futur, ils avaient la comprenette un peu longue. Alors j'ai levé la main droite, index en l'air, comme pour demander la parole à une maitresse d'école et j'ai lancé :

« Je vote pour la Distorsion Treize.

— Quoi ? ont-ils réagi en chœur.

— Elle y est forcément pour quelque-chose ! »

Un ange est passé encore, puis...

« On va voir Doc, a décidé Célime en me poussant dans l'allée du camping-car. Il nous dira si c'est possible.

— Je reste-là ? a demandé le chien, la langue pendante. »

La femme aux couettes grises les a contemplés à tour de rôle, lui et le prisonnier. Il nous scrutait lui-même d'un œil mauvais. Finalement elle a décidé :

« Non, on a besoin de toi. On l'emmène. »

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