68 : On se connaît ?

2 minutes de lecture

« Eh mec !

— Ça va ?

— T'as besoin d'aide ?

— Qu'est-ce qu'on peut faire ? »

Les quatre chépers restants s'étaient rassemblés autour de moi, inquiets, ne sachant comment réagir, apparemment, mais soucieux de mon bien-être. Mon entrejambe me lançait douloureusement. Les quelques autres teufeurs éparpillés dans le fumarium n'avaient pas bougé d'un pouce, occupés à rouler leurs pétards ou tout simplement affalés surs leurs sièges automobiles. La foule se tenait devant le mur de son, sous la Delorean translucide qui tournait lentement sur elle-même. C'était le début de la nuit, personne ne songeait encore à se reposer.

Je me suis relevé tant bien que mal :

« Ouais, ça va aller ! On va s'assoir. »

Ils m'ont suivi jusqu'au carré de banquettes. Je me suis affalé comme un vieux chiffon. Ils ont pris place également. le blond, coupé mi-long sous la capuche d'un sweat bleu marine, face à moi. Le brun, en treillis des surplus de l'armée, sur le siège de gauche et le troisième, crâne rasé, jean bleu et t-shirt noir arborant un symbole celtique blanc, sur celle de droite. Johanne s'était assise près de moi, une main sur mon bras, l'air toujours inquiet entre ses couettes châtaigne sur un poncho châle vert feuille. Je les ai regardés tour à tour, indécis. Après un gros silence, la jeune femme a brutalement retiré sa main. Son expression avait changé. Elle avait l'air surprise. Elle m'a demandé :

« On se connaît ? »

J'ai répondu :

« Oui, tu viens de me ramasser par-terre, j'ai pris un mauvais coup dans les... oh et puis laisse tomber. T'as gobé un truc.

— Ah bon ?

— Mais oui. On est en teuf. T'as avalé un bonbon en forme de lapin blanc et t'as égaré tes potes parce que tu oublies tout au fur et à mesure.

— Ah bon ?

— Voilà ce que c'est que d'avaler n'importe quoi ! est intervenu le blond avec un sourire. »

Je l'ai regardé fixement :

« Tu te souviens comment t'es venu là, toi ?

— Bah oui je... en fait, heu... »

Son sourire a disparu.

« Non.

— T'es lequel des trois G ?

— Quoi ?

— Tu t'appelles pas Bob ?

— Non, moi c'est Gilles.

— Donc eux c'est George et Gérôme, ai-je conclu en montrant les deux autres. »

Ils ont réagi en chœur :

« On se connaît ? »

Je me sentais fatigué... vraiment épuisé de toute cette histoire. Pas seulement physiquement. Moralement, mentalement... j'avais envie de me réveiller dans mon lit et de m'apercevoir que tout ceci n'était qu'un rêve.

À ce moment, Célime et Érig sont apparus, sous la bâche du fond. Ils sont venus vers nous. Balayant le carré du regard :

« Il en manque deux ? m'a-t-elle demandé. »

J'ai soupiré :

« Elles sont parties en prétendant s'appeler Bob. »

Évidemment, je n'ai rien dit à propos de mes bijoux de famille. À son tour, elle a poussé un énorme soupir :

« Pffff ! OK, viens avec moi. »

À l'attention des autres :

« Vous attendez ici, on ira chercher vos potes après. Profitez de la musique.

— OK !

— Je bouge pas.

— Quels potes ?

— On se connaît ? »

Puis, s'adressant à son homme :

« Tu peux rester là, s'il te plaît ? Veille à ce que personne ne les touche.

— OK ! »

Je me suis levé, l'entrejambe encore en feu, et je l'ai suivie avec une démarche de canard jusqu'au camping-car de Doc.

Annotations

Versions

Ce chapitre compte 8 versions.

Recommandations

Gérard Legat (Kemp)
Réalité augmentée.
7
9
5
1
Petit Brouillard Debout

Malgré le soleil,

L’eau se déverse d’en haut,
Naissent les couleurs.
174
109
7
3
Léa Wellens

Mon pelage est un brasier où luit ma prison
Gagnant ma maigre pitance au prix de prouesses
Pour cela, saute vers Krakatoa d'un seul bond
De mauvaise grâce ploie le genoux, votre altesse !
Mais je n'oserais dire un mot, je suis vivant
Me contenterais-je de cette situation ?
Mais de ma maison vous avez fait néant
Je succombre sous les coups d'un soleil de plomb
Montrant ces richesses qui ornent ma machoire
Qui selon une tradition guérira tout
Pourbeaucoup ma vie n'a que le prix de l'ivoire
Humains prenez-moi en pitié, Sauvez-nous !

Totem sacré, Nanouk est un de mes prénoms
Pour eux, peuple de la nuit, je suis une déesse
Et les dieux m'ont transformé en constellation
Pour avoir brisé mon serment de chasseresse
Cela est mon royaume depuis la nuit des temps
Je régnais sur cette immensité mon garcçon
En maitre des neiges le pelage luisant
Mangeant à ma faim, êtres des mers à foisson
Mais Poséidon poussé par le désespoir
Voit son royaume terassé de noirs poisons
Sans autres issues déferlent sur mon territoire
Humains prenez-moi en pitié, Sauvez-nous !

Pauvres huamains, dois-je vous traiter de guenon ,
Pour avoir fait courber Gaïa sous la tristesse
Où dans ses bras, je vagabonde trublion
Faut-il vous rappeler qu'elle seule est maitresse
Qui décidera sans appel des habitants
Et qui grâce à elle et sur elle vivront
Riant de vous, moi, moqueur tel un chenapan
pourtant parmi les clowns vous êtes le bouffon
Regardez ce que vous faites pour votre gloire
Vous me dites cousin car je suis proche de vous
Mais je suis plutôt rat dans vos laboratoires
Humains prenez-vous en pitié, Sauvez-nous!

Ô humain, vous qui êtes maitre du lendemain
Tigres, Ours et Singe ambassadeurs de ses légions
Les animaux exigent de vous votre devoir
Léguer la terre de vos aïeux, c'est tout
Car si terre se meurt alors avenir est noir
Prenez-nous en pitié, Sauvez-vous!
2
1
0
1

Vous aimez lire Éric Gélard ?

Commentez et annotez ses textes en vous inscrivant à Scribay !
Sur Scribay, un auteur n'est jamais seul : vous pouvez suivre ses avancées, soutenir ses efforts et l'aider à progresser.

Inscrivez-vous pour profiter pleinement de Scribay !
0