54 : L'Hippocampe

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Surpris, j'ai fait !

« Pardon ? »

Il m'a lancé son regard de fou et :

« Le cerveau est comme un ordinateur, empilé par couches. Un processeur central, dans la partie reptilienne, relié à des processeurs périphérique sensoriels gérant la vue, l'ouïe, etc, un disque dur à la surface, ou sont dispersés les souvenirs, de façon, disons un peu éclatée. Chaque événement est comme un paquet regroupant son, image, odeurs, goûts, sensation tactiles et bien-sûr les mots, les conversations, les textes appris par cœur, les chiffres, la musique... sauf que le disque dur, lui, n'est pas rubriqué par événements, mais par capacités, sensorielles et autres. Une zone pour le son, une autre pour l'odeur etc... Alors, pour pouvoir retrouver chaque élément d'un événement, notre tête dispose d'une sorte de gare de triage, au plus profond du cerveau limbique, qu'on appelle l'hippocampe.

— C'est poétique !

— C'est surtout très utile pour ne pas s'y perdre. Sans lui, notre mémoire serait un sacré capharnaüm. C'est un genre de secrétaire super qualifié, qui se charge d'enregistrer chaque événements dans les différentes zones du cerveau, et de les retrouver plus tard. À mon avis, la Distorsion Treize le met en sommeil. Du coup, pas de nouveaux souvenirs. Les infortunés oublient tout au fur et à mesure.

— Tu en est sûr ? a demandé Érig. Endormi et pas grillé ?

— Eh bien, non. Pas totalement. Mais ayant interrogé vos amis perchés, dehors, je soupçonne cette drogue de faire plus que ça. Apparemment, l'hippocampe agit un peu comme un somnambule, réorganisant les souvenirs à long terme, afin qu'il n'en reste plus que des bons. Les vieux traumatismes disparaissent, transformant les sujets en Bisounours. »

Mon ami est resté pensif un long moment. Il a soupiré, le menton dans une main, le coude posé dans l'autre... il a murmuré :

« C'est par les limbes qu'on arrive. »

J'ai fait :

« Quoi ? »

Il m'a regardé :

« Quand on investit un indigène, lors du voyage temporel. On se loge dans le cerveau limbique, in utéro. C'est ça qui nous permet de rester au niveau inconscient, tout en inspirant l'hôte par les songes et les rêves, tout au long de sa vie. Je n'ai pas tout saisi aux détails techniques. Un pilote ne connaît pas toute la mécanique de son véhicule. Mais il me semble bien qu'on est introduit par l'hippocampe. »

Il est resté encore un moment sans rien dire, pensif. Doc a sorti Juliette de sa boîte, au creux de sa paluche gauche. Érig a murmuré :

« Il faudrait être sûr !

— Oh, pour ça ! s'est exclamé le vieux savant. »

Et crac ! de la main droite, il a tordu le cou de la souris. Avec un haut le cœur, je me suis exclamé :

« Beuarh ! Tu pourrais prévenir, avant ! »

Souriant, il a rouvert le placard, derrière la table, en a sorti un énorme microscope, devisant :

« La prochaine fois, je t'enverrai un faire part ! »

Puis, posant l'appareil et le cadavre sur l'établi couvert de fioles :

« Je vais examiner le cerveau de ma championne. Vous voulez m'assister ? »

J'ai répondu :

« Sans façon. »

Me tournant le dos, il s'est penché vers l'infortunée tandis qu'Érig décidait :

« On va aller faire un tour au bar. Il fait soif ! »

Le vieux s'est tourné vers moi, tendant sa petite fiole bleue de LSD :

« T'en veux ? »

Du tac au tac, j'ai répondu :

« Bof, ce serait pas raisonnable...

— Tu préfères un soda ? m'a alors demandé Cyril. »

Notre ami rencontré la veille me tendait une bière par-dessus le comptoir improvisé de la buvette. J'ai regardé autour de moi... on était dehors ! À coté de moi, Érig sirotait un ice-tea en canette. Doc avait disparu. Ou plutôt, c'est le décor qui avait changé, instantanément, comme ça : pouf !

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