36 : Le chimiste

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Le dernier talus était bordé de stands divers, sous des tonnelles de différentes couleurs : blanche pour la croix rouge, rouge pour les pompiers, à côté de laquelle attendait un quad déjà couvert de poussière.... et une toile jaune pour le testing de produits. Même les gendarmes disposaient de leur stand bleu marine, sous lequel ils pratiquaient la prévention anti drogue, à l'aide de tableaux sur tréteaux présentant, à grands renforts de shémas tenant du dessin de maternelle, les méfaits des substances interdites.

On a franchi une vraie entrée de champ, entre les bleus et les rouges, sans enjamber quelque butte que ce soit, encadrée de barrières métalliques qui menaient à un immense terrain vague couvert de véhicules alignés en doubles rangées.

Beaucoup de fourgons plus ou moins vétustes, quelques camping-cars, un bus aménagé, genre car de voyage, orange mais couvert de fleurs, laissant voir des couchettes et même un lustre à l'ancienne à travers ses carreaux sales, et surtout énormément de voitures, de tous les âges, certaines même quasiment neuves. Il y a de toutes les bourses, en teuf.

On a pas eu à chercher loin, pour trouver le camion du chimiste. Un gros van rose bonbon, couvert d'énormes pâquerettes propablement tatouées à l'aérographe. Célime a frappé à la porte latérale. Elle a coulissé de côté, révélant un visage émacié auréolé de cheveux blancs épars, voire filasses, au-dessus d'une longue blouse rose pâle. Le mec portait des lunettes à monture de plastique bleu-ciel, et un lapin rose sur l'épaule.

« Vous voulez-quoi ? nous a-t-il accueillis d'une voix de fausset. »

Le lagomorphe me contemplait de ses yeux rouges vifs, machouillant un chewing-gum imaginaire. Un albinos ! Mais teint, artificiellement, en rose. Célime a répondu :

« Des Distortion Treize.

— J'en ai plus ! »

Le mec a rabattu la portière, mais mon amie l'a vivement retenue d'une main et renvoyée violemment en sens inverse. Avant que j'aie le temps de comprendre ce qui se passait, elle était déjà à l'intérieur, repoussant le vieux dans le camtar. Elle l'a plaqué contre la paroi du fond puis, par dessus son épaule :

« Mais monte, qu'est-ce que t'attends ? Qu'il gèle au Mozambique ? »

j'ai obéi.

Je sais pas ce que je m'attendais à trouver dans ce camion. Ou si, je le sais, mais... rétrospectivement, c'était complètement absurde. J'avais imaginé un laboratoire de chimie, comme dans la remorque de Doc. Des fioles, des béchers, posés sur des becs bunsen. Dans un vieux van rose couvert de fleurs ! Mais où avais-je la tête ?

C'était juste un camtar aménagé. Une couchette le long d'une cloison, sur laquelle le lapin avait atterri en vol plané quand Célime était entrée en force, et en face : des plaques de cuisson au gaz et un évier en zinc, encastrés dans une console en contreplaqué creusée de placards. Pas même de chiottes ! Absolument décevant. Célime tenait le mec plaqué contre une espèce de frigo de fortune.

« Mais ferme la porte ! aboyait-elle. »

Là encore, je me suis exécuté. On s'est retrouvés seuls avec lui.

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