29 : Doc

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Ils nous attendaient, alignés devant le talus couvert d'arbres. Cela dit, le camion tenait plus du camping-car que du fourgon. Doté d'une capucine, de fenêtres et d'une porte latérale, mais recouvert de plaques d'acier rivetées. Il était cependant accompagné d'une remorque tout droit surgie des vieux films d'attaques de banques. Parallélépipédique, métallique, aucune ouverture à part les portes arrières, à laquelle Célime est allée frapper.

Elles se sont ouvertes sur un personnage énorme. Grand, vêtu d'une ample blouse blanche de chimiste, la tête ornée d'une tignasse de cheveux blancs mi-longs qui lui faisaient comme une couronne, et de lunettes de plongée relevées sur le front... la seule différence avec Doc Brown, c'est qu'il devait peser au moins cent-cinquante kilos !

« Les amis ! s'est-il écrié avec la même voix, la même intonation et le même regard de fou que le célèbre personnage de cinoche. Vous revenez trop tôt, j'ai à peine commencé ! »

Il baignait dans une intense lumière blanche provenant de l'intérieur de la remorque. Derrière lui, sur des établis, bouillonnaient des substances liquides, dans des fioles et béchers de chimie. Célime a répondu :

« On a besoin de ton camtar.

— Pour des ablutions, m'a fait sursauter la voix d'Érig derrière moi. »

J'avais oublié qu'il nous suivait. Le vieil obèse m'a jeté un regard aux pupilles dilatées. Il a reniflé un coup en l'air et :

« Ah ouais, je vois ça ! »

Fouillant dans une poche de sa blouse, il a tendu un trousseau de clés à Célime puis, pointant l'index vers moi :

« Tu laisses les lieux comme tu les as trouvés. Je veux pas attraper tes germes !

— OK, OK ! »

Plongeant à nouveau la main dans sa poche, il en a extrait une petite fiole bleue en plastique, avec un bouchon blanc. Il l'a ouverte, a déposé une goutte liquide sur le creux de son pouce, comme pour priser du tabac. Mais au lieu de la sniffer, il l'a léchée d'un grand coup de langue. Puis il m'a proposé avec un regard lubrique :

« T'en veux ? »

J'ai demandé :

« C'est quoi ?

— Du LSD, fabrication maison. »

Tout-à coup, je me suis retrouvé comme séparé en deux. J'étais bien tenté, mais j'ai eu comme un haut-le-cœur. Du tac au tac, j'ai répondu :

« Ah non, heu... désolé mais... je reviens à peine de mon dernier trip.

— Tu parles, est encore intervenu Érig, il est toujours en plein dedans !

— Ah ouais, a finalement conclu Doc. D'où les ablutions ? OK ! Y'a des t-shirts dans le placard, mais il faudra me le rendre. Et fais gaffe au camion. Propreté exemplaire. Sinon, tu sauras jamais dans lequel de tes en-cas j'en aurai versé des gouttes. C'est clair ? »

Il a refermé les portes sur lui avant que j'aie le temps de répondre.

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