28 : Beuaarh, tu Schlingues !

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Le son des Back In Time était disposé à peu de choses près comme celui des 62P, mais en plus petit et de façon inversée. Les platines et une buvette à gauche, un fumarium à droite, le tout sous des barnums d'origine militaire. Kakis, quoi !

Et au fond, le mur : un empilement d'enceintes noires au-dessus duquel flottait une réplique de la Delorean du film Retour Vers le Futur, tournant lentement autour d'un axe vertical, les roues à l'horizontale, balayée par le faisceau de spots bleus comme dans le jingle de 21th Century Fox.

Derrière les platines, le casque sur les oreilles, se trémoussait une version féminine de Marty Mac Fly. Une veste orange matelassée d'où dépassaient des manches en jean. Mais le renflement, sous sa chemise blanche quadrillée de bleu, ne laissait aucune place au doute : c'était une meuf. La foule de teufeurs, sur l'espace entre les barnums, d'une moyenne d'âge quelque peu plus élevée qu'ailleurs dans la teuf, se trémoussait sur un vieux tube du dernier millénaire.

Na na na na na naa na, na naa na, na naa na...

Érig lui-même balançait des hanches en pénétrant sous le fumarium, chantant :

« Freed from desire... nanananana freed from desire... »

Des teufeurs se prélassaient de ci, de là, sur des sièges et vieilles banquettes automobiles parmi lesquelles je pouvais presque reconnaître les entrailles de la 4L de mon grand-père, ou la 2CV de ma grand-tante. Partout, sous des spots multicolores, ça roulait, fumait des pétards, tirait sur des bangs en verre voire même sniffait, sur d'antiques tables basses en formica, des rails de ce qui était probablement tout sauf du sucre en poudre ou de la farine. Cyril et Jérem nous attendaient en plein milieu, affalés sur une banquette de DS Citroën, en tissu. Celle qui me rendait abominablement malade sur les routes, quand j'étais petit. Je suis sûr qu'en me penchant un peu, j'y aurais senti la même odeur de moisi. Face à eux, sur trois autres banquettes disposées en carré : les six chépers choisis par Éric avant l'attaque des lapins. Katel et ses compagnons de perche avaient toujours l'air dans le cirage.

Et au milieu : Worf, assis sur son arrière train.

Pris d'une nouvelle crise de nausée dans mon nuage de vomi et de pisse de chien, j'ai pu voir le clebs se lever en nous apercevant. Mais au lieu de venir vers nous, il s'en est allé au fond du barnum, disparaissant derrière une bâche noire.

En me voyant approcher, nos amis ont équarquillé les yeux.

« La vache, s'exclamait Jérem, tu fais pas les choses à moitié !

— Waahhhhh ! C'est quoi cette odeur ? Tu schlingues ! surenchérissait Cyril en se pinçant le pif. »

Au fond, Worf est réapparu, Célime sur les talons. Elle aussi, s'est bouché le nez en arrivant à notre hauteur. D'une voix de canard enrhumé, elle m'a dit, sur un ton navré :

« Allez viens ! Y'a ce qu'il faut, derrière, pour te nettoyer un peu. »

Je sais pas ce que je m'attendais à trouver derrière le son des Back In Time.

En tout cas, pas des fourgons blindés.

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