25 : La Maison en Pain d'Épices

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Je marchais au fond des bois, dans la pénombre. Bouleaux, chênes, châtaigniers... les arbres en ombres chinoises se dressaient au-dessus d'un sous-bois aux buissons épars : houx, ronces... Dans le coton noir de leur feuillage se dessinaient des oasis de ciel piquetées d'étoiles.

Le nez en l'air, j’ai trébuché sur une pierre. Pris dans mon élan, j’ai couru en freinant des pieds. Le sentier étroit descendait en pente abrupte, entre les arbres couverts de lierre. Je courais, freinais, les bras tendus en avant pour éviter de m'en prendre un. Je suis miraculeusement arrivé en bas de la pente sans tomber. Toujours debout, j’ai posé les mains sur mes cuisses pour reprendre mon souffle.

Derrière moi, au loin, j'entendais toujours cette vibration lointaine, rythmée, ce son que je fuyais à toutes jambes… la teuf maudite, avec les lapins ninjas et les chiens qui parlent.

J’ai repris ma marche entre les fourrés. Le sentier descendait toujours, mais moins fort. Il plongeait vers ce qui ressemblait à une clairière, au fond d'une vallée. L'ombre d'une maison se dessinait en son centre. Une toute petite bicoque, à peine assez grande pour contenir une pièce. Elle était coiffée d'un toit dont le faîte formait un segment minuscule chevauché par une cheminée fumante.

Sortant des bois, j’ai pénétré dans la clairière.

La maison s’entourait de rosiers, eux-mêmes encadrés d'un parterre multi-incolore de tulipes aux teintes volées par la nuit. Le sentier coupait à travers les fleurs, jusqu'à une porte sombre au sommet arrondi. Je me suis penché pour humer une fleur. À mesure que je m'approchais d'elle, je distinguais sa couleur : bleu irisé. Elle dégageait un parfum sucré. La touchant du doigt, j’ai senti coller son pollen. Approchant mon nez… elle sentait le sucre d'orge ! J’ai posé ma langue dessus, c’était du sucre. Alors, cassant la tige, j’ai goûté la fleur. Elle était bien en sucre d’orge. J’ai croqué un pétale, il a immédiatement fondu dans ma bouche pour couler, onctueux, tapisser ma gorge d'un velours liquide.

La porte d’entrée était entrouverte. Je me suis approché, franchissant les tulipes et les roses dans un nuage invisible mais presque collant de sucre. Avançant le bras, j’ai posé la main sur le battant... mes doigts se sont retrouvés gluants d'une matière noire et visqueuse. J’en ai juste léché un. Noir, chatouillant les papilles gustatives… toute la porte était en chocolat ! Quant au mur, brun, poreux, j'en ai facilement arraché un morceau, il était fait de pain d'épices.

Je me suis retourné, m'attendant à voir débarquer Hansel et Gretel, les personnages de Grimm... un petit garçon et sa sœur s'apprêtant à rencontrer la méchante sorcière. Personne, dans cette toute petite clairière.

Que faire, m'enfuir ? Si je poussais cette porte, j’allais me faire dévorer par une sorcière. J’ai décidé de tourner les talons et partir. Mais mon bras s’est tendu en avant, animé d’une volonté propre. J’ai délicatement poussé la porte. J'avançais, la fleur à la main...

L'intérieur semblait beaucoup plus grand que l'extérieur. Il n'y avait qu'une pièce, mais immense. Les murs en briques de pain d'épice formaient un parfait octogone, alors que l'extérieur était carré. Pas une seule fenêtre.

Des fioles en verre, des bocaux en terre étiquetés d'une écriture serrée et soigneuse, des livres et parchemins en rouleaux s’étalaient sur des étagères moulées dans un chocolat plus clair, probablement au lait.

J'avais soif !

Sur ma droite, une cheminée encastrée dans un mur brûlait d’un feu qui ne dégageait apparemment aucune chaleur. Elle n’aurait pas dû se trouver là. En fermant les yeux, je voyais encore le toit, la cheminée en son milieu... Elle aurait dû trôner au centre de la pièce.

De toute façon, elle brûlait, mais sans chauffer.

Je sentais une chaleur, qui venait de la direction opposée.

Je n’étais pas seul.

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