22 : Back in Time

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À la file indienne, on a encore franchi un talus couvert d’arbres, ou plutôt deux, les champs étaient séparés par un chemin creusé d’ornières de tracteur. Sur le sentier, des voix criaient :

« Des taz, des trips ! Des taz, des trips !

— Du shit ! J’ai du shit !

— Distorsion Treize, les mecs. Distorsion Treize ! Qui veut gommer le présent ? »

Une rue du commerce, parcourue de teufeurs à la recherche de bonheurs artificiels. Une fois encore, je suis passé le dernier, Worf sur les talons. Je feignais d’ignorer son existence.

« Allez, c’est facile ! Insistait-il alors que j’enjambais la butte plus basse entre les arbres, pour entrer sur le terrain suivant. Dis : t’es pas un klingon ! »

Accéder à sa demande, c’était accepter de perdre les pédales. Mais j’ai perdu patience. Debout sur la partie basse du talus, je me suis retourné, pour l’envoyer balader. J’ai ouvert la bouche, mais aucun son n’est sorti. Au milieu du sentier, assis sur son arrière train, me contemplait un lapin blanc. Dans la pénombre sous le feuillage et les étoiles, je pouvais presque distinguer des yeux rouges, luisant comme ceux d’un chat. Un albinos ! Plus loin, sur le talus, encore un autre ! Au pelage brun, celui-là.

« Allez, dis-le que je suis pas un klingon ! suppliait le chien sans faire attention aux lagopèdes derrière lui. »

Secouant la tête, j’ai repris ma marche, en accélérant le pas ; les autres avaient pris de l’avance. On s’est arrêtés au milieu du champ.

Un nouvel épicentre, un peu moins coordonné que celui des 62P, mais plus homogène en tailles de sound-systems. Une demi-douzaine de murs de son se partageaient, en cercle, ce terrain plus petit que celui du centre de la teuf.

Érig donnait des instructions au groupe, faisant assoir les deux tiers de l’assistance :

« Vous allez nous attendre ici, avec Fred, Cyril et Worf. On est bien, ici, c’est la teuf profitez-en, reposez-vous !... »

L’un des sons était encadré lui aussi de robots, moins élaborés que ceux des 62P. Genre papier mâché. Un autre arborait une énorme tête de sorcière, avec de longs cheveux gris et filasses et même une verrue sur le nez !

« …Toi, toi… »

Un autre encore présentait un hologramme de troll dansant au-dessus de son public de teufeurs.

« …toi, toi… »

Un quatrième s’encadrait de vrais murs en contreplaqué, graphés à la bombe, de décors précolombiens. Temples mayas, têtes d’indiens !

« …toi et toi… »

Le cinquième était couvert de peluches de tous les animaux de la jungle et le sixième…

« …vous venez avec nous ! »

Une Delorean volante ! Ébahi, je me suis assis avec les autres tandis qu’Érig, Célime et Jérem s’éloignaient du groupe, guidant les six chépers désignés vers ce véhicule futuriste des temps cinématographiques passés. Trois mecs, trois meufs, dont Katel.

C’était pas un hologramme mais une vraie ! La voiture tournait sur elle-même, à un mètre environ au-dessus d’un mur d’enceintes noires, de taille appréciable, qui crachait un son difficilement discernable des autres mais… il me semblait reconnaître une voix féminine :

This is the rythm of the night…

Un tube du dernier millénaire ! Une foule de teufeurs dansait devant. Au sommet du mur s’affichait en néons multicolores :

BACK IN TIME

Une voix graveleuse m’a tout-à-coup ramené sur Terre :

« Je suis pas un klingon ! »

Tournant la tête, j’allais une nouvelle fois envoyer bouler Worf mais… au fond du champ, une armée de lapins franchissait, un par un, le talus par lequel on était arrivés, entre le son de la sorcière et celui du troll.

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