21 : Ça parle pas, un chien !

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Je me sentais comme un chien de berger. Érig et Célime avaient pris la tête. Jerem faisait la navette entre l'avant et l'arrière, Worf à ses pieds. Cyril et moi, on fermait la marche, emboîtant le pas à la vingtaine de chépers qui obéissaient aux instructions, demandant simplement, régulièrement, ce qu'on faisait là.

« Mais où est-ce qu'on va ? demandait Katel.

— Je dois retrouver mes potes, intervenait un mec châtain en sweat gris, un peu enveloppé.

— On doit aller en teuf, ponctuait Maud.

— On se connaît ? s'enquérait Marco, une fois de plus. »

On se contentait de leur répondre :

« On y est déjà. On va les retrouver. Tout va s'arranger. »

Mais en fait, je n'étais plus très sûr de moi. Le paysage ne tanguait pas, comme d'habitude quand j'avale un trip, mais je voyais fleurir des oreilles de lapins, partout dans l'herbe. Blanches, grises, brunes, noires. Certaines même dépareillées.

Le groupe a franchi le passage à la queue leu leu, entre les champs, où le dealer nous avait vendu l'objet du délit et les cachets en forme de lagopèdes. Juste derrière le bateau de pirates et le son aux spirales psychédéliques. Le mec n'était plus là. Il avait dû changer de lieu commercial. Je suis passé le dernier.

Alors qu'on avait repris la formation, dans le champ voisin, entourés de nouveaux sound-systems aux décorations plus folles les unes que les autres, j'ai secoué la tête très fort, les yeux fermés, pour chasser les oreilles de lapins. Mais quand, je les ai rouverts, elles étaient toujours là. J'ai poussé un grand soupir et je me suis exclamé :

« Tu rêves, c'est tout, c'est du délire !

— Eh ! m'a alors interpelé une voix graveleuse à mes pieds. »

Baissant, la tête, j'ai vu Worf qui trottait à mes côtés. L'énorme chien gris au poil hirsute me contemplait, la truffe levée vers moi, les babines retroussées en un sourire quasiment humain. Il m'a lancé :

« T'entends des voix ? »

Alors j'ai accéléré. Louvoyant derrière les chépers, j'ai failli heurter Cyril qui marchait sur l'autre flanc du troupeau. Les yeux toujours explosés, il m'a lancé avec un sourire béat :

« Ça va ? Je te sens tendu !

— Ouais, ouais, ça va, mais... tu veux pas changer de place ?

— OK ! »

Et, comme ça, on a échangé de côtés. Sauf que Worf collait à mes basques, s'exclamant :

« Eh, c'est pas grave !

— Mais t'es un chien ! ai-je finalement crié dans sa direction. »

Les chépers faisaient pas attention à moi. Mais Cyril m'a lancé un drôle de regard. Alors je me suis redressé et, plus doucement, j'ai marmonné :

« Ça parle pas, un chien.

— Et alors ? m'a répondu le clebs. Qu'est-ce qu'on s'en tape ? T'es perché ! T'as gobé un trip, tu te souviens ?

— Seulement un demi.

— Ouais, mais un Hoffman ! Il paraît qu'ils sont puissants, cette année.

— Lâche-moi, tu veux ? »

Il a laissé passer quelques secondes, trottant, haletant, la langue pendante, puis :

« Seulement quand tu reconnaîtra que je suis pas un klingon. »

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