16 : Worf

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Une surprise nous attendait au fumarium. Au fond du barnum éclairé par des spots de couleur, certains assis sur les poufs, fauteuils et divans fatigués, d'autres debout, se trémoussant sur la musique techno, nous attendaient non pas sept chépers mais quinze, gardés par Célime, Jérem et un énorme chien gris aux allures de loup. Six meufs, dont Maud et Katel, et neuf mecs, dont Marco. Les autres teufeurs leur avaient cédé la place, installés plus avant dans le salon, fumant pétards et consommant boissons.

Nous apercevant, le clebs est venu vers nous en galopant. j'étais impressionné. Mais il s'est jeté sur Érig, posant ses pattes avant sur son torse et léchouillant son visage avec des gémissements canins.

« Mais oui, mon Meunium ! s'extasiait mon ami en caressant la fourrure hirsute de l'animal. Moi aussi je suis content de te revoir ! »

Le chien s'est remis à quatre pattes, son maître se penchant pour continuer de le câliner.

« Qui c'est qui va rentrer à la maison ? »

Célime venait vers nous. Se relevant, Érig m'a lancé avec un sourire :

« Je te présente Worf. C'est notre chien.

— Comme le clingon ? »

Le clebs s'est mis à grogner.

« Fais attention, a plaisanté mon ami. Il aime pas qu'on le traite de clingon.

— Ha, ha ! ai-je ri.

— Il est en garde partagée.

— Comment ça ?

— Chaque fois qu'on se retrouve, Célime et moi, il change de foyer.

— Il va trop me manquer, remarquait cette dernière en arrivant à notre hauteur.

— C'est quoi, tout ce beau monde ? a demandé mon ami avec un signe de tête en direction des chépers.

— D'autres amnésiques. Même perche. Il en arrive de plus en plus.

— Et merde ! »

Il a semblé réfléchir un instant puis...

« Il me semble avoir aperçu le son de Doc en venant, entre ici et le parking.

— Je l'ai vu aussi mais je ne me suis pas arrêtée. J'avais le sentiment que je te trouverais au centre.

— Toi et tes intuitions ! Je savais même pas que j'allais te voir !

— Tu sais bien que je ne l'explique pas.

— Peu importe. Je me suis pas attardé non plus. Lolo a commencé son mix ?

— Je crois, oui. Ils ont joué à la chaise musicale. Un type appelé Chaussette a pris le relais à la buvette et c'est Jéremy qui nous assiste.

— OK, allons le voir. »

Alors que je leur emboîtais le pas, Érig s'est retourné :

« Tu peux rester avec Cyril et Worf, s'te plaît ? Faites connaissance, on n'en a pas pour longtemps.

— OK ! »

J'avais complètement oublié le mec en transe. Il dansait sur place, lui aussi, derrière moi, le visage fendu d'un sourire d'une oreille à l'aure. Pour tout dire, ça ne me dérangeait pas. J'étais moi-même un peu dans le coton. Alors je me suis assis sur un pouf. Le couple est allé rejoindre Jérem qui surveillait les chépers. L'autre se trémoussait, toujours debout. Le chien, assis sur son arrière-train, me contemplait, haletant, la langue pendante. Il semblait sourire, le regard plongé dans le mien.

« Il te manque que la parole, à toi, lui ai-je lancé en souriant. »

Puis, sentant tanguer le fumarium autour de moi, j'ai lâché un long soupir en fermant les yeux. Une voix graveleuse m'a répondu :

« Tu l'as dit, bouffi ! »

J'ai immédiatement rouvert mes mirettes. Qui m'avait répondu ? Ça semblait venir du chien ! Érig revenait vers nous. Je me suis levé, la tête tournant encore légèrement. J'ai demandé :

« Alors ? C'est quoi, le programme ?

— Célime va retrouver un ami à nous. Toi, tu viens en mission avec moi.

— Faire quoi ?

— On va pécho un dealer.

— Heu... ai-je réagi, indécis. Je pratique pas l'aïkido, moi !

— T'inquiètes, tout va bien se passer. »

Puis, à l'intention de Cyril :

« Tu peux rejoindre les autres, là-bas, avec mon ami Jérem ?

— Pas de problème !

— Worf !

— Wouf ! »

Montrant les chépers du doigt :

« Garde le troupeau avec Cyril !

— Waf ! »

Et enfin, il a pris la direction de l'épicentre. J'ai jeté un dernier regard vers le chien, perplexe. Il semblait me contenpler d'un œil goguenard. Finalement, j'ai décidé :

« J'ai dû rêver. De toute façon, j'ai rien pris, encore.

— Alors, tu viens ? m'apostrophait mon ami, s'étant retourné, plus loin.

— J'arrive, j'arrive ! »

Mais alors que je lui emboîtais le pas, la même voix graveleuse, derrière moi, s'est exclamée :

« Tu parles ! Tu pues le pétard à pleine truffe ! »

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